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Full text of "Histoire naturelle des champignons comestibles et vnneux"

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DES 


CHAMPIGNONS 


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C03IESTIBLES  ET  VENENEUX 


DES 


CHAMPIGNONS 


COMESTIBLES  ET  VÉNÉNEUX 


G-.   SICS-A-FLID 


Préface    par    Ad.    CHATIN,    do    l'Institut 


OUVRAGE   ACCOMPAGNÉ    DE    SOIXANTE-QL'J.NZE    TLANCUES  COLORIÉES 


•  t. 


PARIS 

LIBRAIRIE    CH.    DELAGRAVE 

1S,    RUE    SOUFFLOT,    lo 


1883 


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PREFACE 


Longtemps  délaissées  du  botaniste  et  de  l'amateur,  que  n'atti- 
rait pas  à  elles  l'éclat  des  fleurs,  apanage  des  phanérogames, 
les  plantes  cryptogames,  commencèrent  seulement  à  fixer  l'atten- 
tion lorsque  l'étude  paléontologique  du  terrain  houillier,  y  mon- 
trant l'existence  presque  exclusive  de  leurs  débris  fossiles,  vint 
apporter  un  éclatant  témoignage  de  la  prééminence  qu'elles  occu- 
pèrent dans  la  végétation  aux  premières  époques  géologiques. 

Mais  ce  n'est  que  dans  la  seconde  moitié  du  siècle  actuel  que 
les  cryptogames  cellulaires,  et  spécialement  les  Champignons 
—  quoique  beaucoup  fussent  anciennement  connus  —  s'im- 
posèrent réellement  à  l'attention  générale,  prenant  dès  lors, 
dans  les  travaux  des  botanistes,  une  place  qui  grandit  chaque 
jour. 

Le  moment  de  la  faveur  qui  s'attache  aujourd'hui  à  l'étude 
des  cryptogames  était  d'ailleurs  comme  marqué  par  les  progrès 
réalisés  dans  la  botanique  phanérogamique. 

Pour  celle-ci,  en  effet,  abstraction  faite  de    la  physiologie, 


VI  PRÉFACE 

de  l'histologie  et  de  la  philosophie  taxinomique  qui,  durant  de 
longues  années  encore,  solliciteront  les  recherches  des  savants, 
on  est  arrivé,  pour  la  connaissance  des  espèces,  et  surtout  des 
espèces  indigènes,  à  acquérir  des  notions  si  précises,  si  étendues, 
que  de  nombreux  adeptes  de  Flore,  n'ayant  plus  à  espérer  d'ob- 
servations nouvelles,  se  sont  mis,  croyant  être  dans  la  voie  du 
progrès,  à  démembrer  les  vieux  genres,  les  anciennes  espèces,  en 
fragments  infinis,  tellement  multiples  et  ténus,  qu'ils  deviennent 
souvent  méconnaissables,  même  pour  leurs  créateurs. 

Mieux  valait  —  et  c'est  la  voie  où  beaucoup,  et  des  plus  sages, 
se  sont  engagés  —  se  tourner  vers  les  cryptogames,  étudier  les 
merveilleux  phénomènes  qui,  dominant  leur  existence,  se  trou- 
vaient cependant  naguère  encore  complètement  ignorés.  A  cette 
introduction  biologique  succéda  naturellement  la  description  do 
nombreuses  espèces,  restées  jusque  là  inconnues,  et,  par  une 
marche  inverse  de  celle  qui  avait  guidé  trop  de  phanéroga- 
mistes,  on  se  trouva  conduit  à  ramener,  par  l'observation,  à  un 
môme  type  générique  ou  spécifique,  des  Champignons  considérés 
d'abord  comme  distincts,  parce  qu'ils  n'avaient  pas  été  suivis  dans 
le  cycle  évolutif  de  leurs  différents  âges. 

C'est  ainsi  que  furent  révélés  ces  curieux  polymorphismes,  par 
lesquels  passe  la  rouille  du  Berberis  lorsque,  changeant  d'hôte, 
elle  va  se  fixer  sur  les  graminées,  ou  le  Posidonia  du  Sabinicr, 
devenant  le  Bœstellia  du  Poirier,  etc. 

Respiration  des  Champignons.  —  Les  expériences  de  Th.  de 
Saussure  ayant  montré  que  les  Champignons  absorbent  constam- 
ment de  l'oxygène  et  rejettent  dans  le  milieu  ambiant  de  l'acide 


PRÉFACE  VIT 

carbonique,  on  avait  regardé  le  fait  comme  exceptionnel, 
conformément  à  la  croyance  généralement  admise  et  suivant 
laquelle  les  végétaux  eussent  du  posséder  une  respiration 
«  inverse  »  do  celle  des  animaux;  les  délicates  recherches  de 
M.  Garreau  ont  fait  justice  de  cette  prétendue  dualité  fonc- 
tionnelle. Nous  savons  maintenant  quo  la  respiration  est 
toujours  identique  dans  les  deux  règnes  et  s'y  traduit  par 
une  absorption  d'oxigène  et  une  exhalation  d'acide  carbo- 
nique ;  nous  ne  songeons  plus  à  la  confondre  avec  la  fonc- 
tion chlorophyllienne,  s'exprimant  par  une  décomposition 
d'acide  carbonique,  une  fixation  de  carbone  et  une  exhala- 
tion d'oxygène,  véritable  acte  nutritif  limité  aux  parties  vertes 
et  se  manifestant  seulement  sous  l'action  de  la  lumière.  Chez 
les  Champignons,  la  chlorophylle  faisant  défaut,  la  respira- 
tion n'est  pas  masquée  par  la  fonction  chlorophyllienne  ;  mais 
il  no  serait  pas  plus  légitime  de  séparer  les  Champignons 
des  autres  végétaux  que  de  retirer  de  la  sério  zoologiquo 
les  animaux  qui,  comme  l'Euglône  ou,  comme  divers  Cœlen- 
térés et  Turbellariés,  possèdent   de  la  chlorophylle. 

Reproduction.  —  La  reproduction  des  cryptogames  forme  l'un 
des  chapitres  les  plus  intéressants  do  leur  histoire,  étant  données 
les  découvertes  inattendues  auxquelles  son  étude  a  donné  lieu  en 
ces  dernières  années. 

On  sait  aujourd'hui  que  beaucoup  de  ces  plantes  possèdent, 
pour  une  môme  espèce,  des  moyens  de  reproduction  variés,  dont 
l'un  procède  d'une  véritable  fécondation. 

Naguère  encore,  avant  les  belles  recherches  de  M.  G.  Thuret, 


VIII  PRÉFACE 

recherches  qui.,  limitées  d'abord  aux  algues,  ne  tardèrent  pas 
à  recevoir  une  rapide  extension  et  dont  le  résultat  immédiat 
fut  de  modifier  totalement  les  idées  antérieurement  admises 
sur  le  mode  de  reproduction  des  divers  cryptogames,  nul  n'eut 
pensé  pouvoir  admettre  une  fécondation  dans  ces  végétaux,  dési- 
gnés souvent  par  le  nom  d'Agames,  ce  qui  impliquait  la  néga- 
tion de  toute  fécondation. 

Et  cependant,  qu'y  a-t-il  de  mieux  étudié,  d'aussi  certain,  de 
plus  admirable  que  cette  fécondation  aux  manifestations  variées  : 
tantôt  produite  par  le  développement,  sur  la  même  plante,  de 
deux  cellules  mâle  et  femelle  qui  se  mettent  en  contact,  ailleurs 
par  le  mouvement,  réciproque,  de  deux  individus  d'abord  écartés; 
tantôt  assurée  par  ces  merveilleux  anthérozoïdes,  sortes  de  grains 
de  pollen  qui  empruntent  aux  infusoires,  avec  leurs  appendices, 
leur  motricité,  pour  aller  à  la  recherche  des  archégones  au  fond 
desquelles  le  germe  femelle  attend  d'eux  son  imprégnation  afin 
d'évoluer  en  une  plante  nouvelle. 

Moins  bien  partagés  que  la  plupart  des  autres  cryptogames,  les 
Champignons  n'ont  guère,  jusqu'à  ce  jour,  offert  de  fécondation 
que  dans  leurs  petites  espèces  ;  cependant  ce  phénomène,  qui 
n'a  jamais  été  encore  observé  dans  les  Basidiosporés  '(Agarics, 
Bolets,  etc.),  a  été  constaté,  par  divers  observateurs  (de  Bary, 
Tulasne,  etc.),  chez  des  Pezizes;  c'est  aussi  sur  une  de  ces  plantes 
(Peziza  nigra)  qu'il  a  été  constaté  par  M.  Sicard. 

Germination.  —  La  germination  des  cryptogames,  celle  des 
Champignons  en  particulier,  entre  pour  une  part  importante  dans 
les  recherches  auxquelles  se  livrent  les  botanistes  depuis  30  ans. 


PRÉFACE  IX 

C'est  en  suivant  la  germination  de  leurs  spores  que  Ton  a  surpris, 
disséminés  sur  les  prolhalles  des  Fougères,  des  Equisétacées,  etc., 
les  archégones  et  les  anthéridies.  C'est  aussi  sur  le  mycélium 
naissant  des  Bulgaria,  Peziza,  etc.,  qu'on  a  vu  se  produire 
les  cellules  fécondatrices. 

M.  Sicard  a  compris  toute  l'importance  qui  s'attache,  dans  les 
Champignons,  à  l'étude  de  leur  germination  ;  il  y  consacre,  dans 
son  deuxième  volume,  de  nombreuses  planches. 

Aussi  facile  à  observer  que  rapide  à  se  produire  dans  beaucoup 
de  Champignons,  la  germination  se  montre  réfractaire  (dans  nos 
expériences,  du  moins)  chez  d'autres,  dans  la  Truffe  notamment,  où, 
malgré  de  multiples  recherches,  elle  n'a  pas  encore  été  constatée. 

Transformisme.  —  Certes,  quand  on  se  reporte  à  certains 
Champignons,  si  différents  entre  eux  suivant  l'âge,  l'organe 
reproducteur  qui  leur  a  donné  naissance,  l'hôte  qui  fournit  à  leur 
subsistance,  on  peut  être  conduit  à  se  demander  s'il  n'y  a  pas  là 
des  faits  que  le  transformisme  soit  en  droit  d'invoquer. 

Mais,  quand  on  considère  que  ces  formes  si  diverses  se  repro- 
duisent suivant  un  cycle  constant  pour  la  même  espèce,  on  est 
immédiatement  mis  en  garde  contre  le  courant  auquel  se  laissent 
aller  de  nos  jours  tant  de  naturalistes  —  les  jeunes  surtout  —  qui 
se  passionnent  pour  une  hypothèse,  rajeunie  par  Darwin,  mais 
qui  date  de  Lamarck  et  d'Etiennne  Geoffroy-Saint-Hilaire  , 
et  fut  déjà  si  victorieusement  combattue,  de  leur  temps,  par 
Cuvier,  de  Blainville  et  le  collaborateur  en  botanique  de  Lamarck 
lui-même,  Pyrame  de  Candolle,  qu'on  aurait  pu  la  croire  aban- 
donnée pour  toujours. 


X  PRÉFACE 

Malgré  les  assertions  des  savants  paléontologistes  qui  voient 
partout  des  formes  ancestrales  successivement  modifiées  par  le 
temps  et  les  milieux,  le  transformisme  n'est  pas  mieux  établi 
par  les  faits  géologiques  que  par  les  observations  contempo- 
raines. 

Il  suffit,  pour  s'en  convaincre,  de  rappeler  que  son  action 
eût  dû  s'exercer  sur  tous  les  êtres  des  premiers  âges  de  notre 
planète,  de  telle  sorte  qu'il  n'existât  aujourd'hui  que  des  êtres 
perfectionnés,  sans  nulle  trace,  nul  reste  des  premières  espèces. 

Et  cependant,  que  voyons-nous  ?  des  Conifères,  des  Fougères, 
des  Lycopodes,  même  des  Champignons  et  des  Algues,  ces  repré- 
sentants les  plus  inférieurs  de  l'échelle  végétale,  encore  organisés 
comme  leurs  congénères  enfouis  dans  les  terrains  les  plus 
anciens;  et  dans  le  règne  animal,  encore  des  Reptiles,  des 
Poissons,  des  Mollusques,  des  Arthropodes,  des  Vers  et  des 
Protozoaires,  comme  à  l'époque  de  ces  formations  géologiques, 
sur  lesquelles  ont  passé  tant  de  siècles  et  de  cataclysmes  plané- 
taires. 

Les  conséquences  de  ces  faits,  qu'il  serait  facile  de  multiplier, 
se  déroulent  d'elles-mêmes,  pleines  de  force  et  d'enseignements, 
s'imposant  à  tout  esprit  non  prévenu. 

L'hypothèse  du  transformisme  —  car  ce  n'est  qu'une  hypo- 
thèse —  suppose  que,  toutes  les  espèces  créées  à  l'origine 
devaient,  par  mutations  et,  dit-on,  sélections  successives,  donner 
naissance  à  tous  les  êtres,  aux  formes  encore  représentées  dans 
la  nature  actuelle  comme  aux  formes  éteintes  avec  les  époques 
antérieures  ;  on  serait  donc  forcé  d'admettre  que  certaines  espèces 
privilégiées  n'ont  cessé  d'être  soumises  â  des  perfectionnements 


TRÉFACE  XI 

progressifs  dont  la  période  actuelle  ne  constituo  qu'une  simple 
phase,  tandis  que  d'autres  espèces,  initialement  semblables  aux 
êtres  perfectibles,  sont  condamnées,  par  suite  d'une  déchéance 
originelle,  à  demeurer  stationnaires  dans  leur  infériorité  pri- 
mitive 

Modifiant  profondément  le  principe  môme  de  leur  doctrine,  les 
transformistes  sont  ainsi  conduits  à  assigner  aux  premières  créa- 
tions une  double  destinée  capable  d'expliquer  comment,  auprès 
de  l'Homme  et  des  Singes  anthropomorphes,  ses  ancêtres  immé- 
diats, on  trouve  encore  des  Protozoaires,  des  Articulés,  des 
Mollusques  et  des  Poissons,  tandis  que  dans  le  règne  végétal 
coexistent,  avec  les  Gamopétales  hypogynes  aux  brillantes 
corolles,  des  Fougères,  des  Mousses,  des  Algues,  des  Champi- 
gnons réduits  parfois  à  une  seule  cellule  ou  même  à  un  simple 
globule  de  proloplasma. 

Rappelons,  enfin,  que  les  plus  fervents  adeptes  du  transfor- 
misme ne  peuvent  parvenir  à  se  mettre  d'accord  sur  le  sujet, 
cependant  bien  limité,  que  nous  examinons  en  ce  moment.  Dès 
qu'on  les  invite  à  faire  connaître  l'ancêtre  probable  do  nos 
Champignons,  ils  formulent  des  conclusions  absolument  dissem- 
blables ;  les  uns  croient  pouvoir  placer  cet  ancêtre  dans  le 
groupe  des  Siphonées  ;  pour  d'autres,  il  résiderait  parmi  les 
Monôres  archégoniques  ;  enfin,  quelques  auteurs,  désespérant 
de  pouvoir  le  trouver  dans  aucun  des  groupes  connus,  n'hésitent 
pas  à  considérer  la  classe  des  Champignons  «  comme  un  troi- 
sième règne  intermédiaire  aux  «  deux  règnes  organisés  ». 

De  telles  divergences  suffisent  à  faire  apprécier  la  doctrine 
transformiste  :  sachons-lui  gré  des  travaux  qu'elle  provoque,  des 


XII  PRÉFACE 

recherches  qu'elle  inspire,  mais  gardons-nous  de  partager  ses 
séduisantes  illusions,  ses  dangereuses  erreurs. 

Chimie  des  Champignons.  —  Nous  ne  saurions  suivre  l'auteur 
de  l'Histoire  des  Champignons  alimentaires  et  vénéneux  dans  les 
vues  qu'il  développe  sur  la  chimie  de  ces  végétaux;  quelques 
mots  cependant  sur  ce  sujet  : 

Considérés  au  point  de  vue  de  leur  constitution  chimique,  les 
Champignons  présentent,  à  côté  de  faits  bien  établis,  des  incon- 
nues qui  sollicitent  les  travailleurs,  leur  promettant,  au  delà  de 
difficultés  qui  en  doubleront  le  prix,  des  découvertes  utiles, 
peut-être  brillantes. 

Ce  que  l'on  sait  bien,  depuis  les  analyses  de  Vauquelin,  c'est 
que  les  Champignons  sont  assez  azotés  pour  qu'on  puisse  les 
regarder  comme  formés  par  une  sorte  de  chair  végétale,  analogue 
aux  substances  protéiques,  ce  que  justifient  leurs  qualités  alimen- 
taires, appréciées  et  utilisées  clans  beaucoup  de  pays,  où  ils  sont 
une  ressource  de  premier  ordre. 

Mais  ce  que  nous  connaissons  encore  mal,  malgré  les  recherches 
de  savants  chimistes ,  c'est  la  nature  du  —  ou  mieux  —  des 
principes  actifs  des  espèces  vénéneuses.  On  a  bien  indiqué  un 
alcaloïde,  Yamanitine,  mais  ce  corps,  dont  la  composition  élé- 
mentaire ,  les  caractères  chimiques  et  les  propriétés  toxico- 
physiologiques  n'ont  jamais  été  contradictoirement  établies,  ne 
paraît  pas  être  le  même  pour  tous  les  chimistes. 

D'ailleurs,  les  Champignons  de  genres  et  d'espèces  divers 
renferment-ils  tous  le  même  poison?  N'existe-t-il  pas  plusieurs 
matières  toxiques,  les  unes  fixes,  les  autres  volatiles  et  se  dissi- 


PRÉFACE  XIII 

pant  par  la  chaleur?  Avec  des  alcaloïdes  fixes,  comme  la  stry- 
chnine et  la  morphine,  ne  s'en  trouve-t-il  pas  dont  la  volatilité 
rappelle  la  cicutine  et  la  nicotine?  Les  Lactaires  n'ont-elles  pas 
pour  principes  vénéneux  des  résines  ou  des  huiles  en  suspension 
dans  le  suc  cellulaire,  tandis  qu'ailleurs  existerait  un  composé 
albuminoïde  que  la  coction  neutralise  en  le  coagulant?  Peut-être 
encore  les  Champignons  vénéneux  renferment-ils  de  ces  corps 
qui,  comme  l'acide  prussique  du  Laurier-Cerise  et  des  amandes 
amères  ou  l'essence  sulfo-azotée  du  Raifort  ne  se  forment  qu'au 
moment  du  contact  de  sucs  d'abord  enfermés  dans  des  cellules 
différentes  ? 

Culture  des  Champignons.  —  Un  mot,  pour  terminer,  sur  la 
culture  des  Champignons. 

M.  Sicard,  à  qui  la  culture,  si  développée  dans  la  banlieue  de 
Paris  et  jusque  dans  l'enceinte  de  la  capitale,  du  Champignon 
de  couche  (Agaricus  campestris)  est  familière,  l'a  traitée  de  main 
de  maître.  Ce  qu'il  en  dit  sera  un  guide  sûr,  comme  les  belles 
planches  de  son  livre,  dessinées  par  lui-même  et  coloriées  d'après 
ses  types,  rendront  faciles  à  tous  la  connaissance  des  Champi- 
gnons, de  ceux  surtout  que  chacun  doit  et  veut  connaître  en 
raison  de  leurs  qualités,  ou  nocives,  ou  alimentaires. 

En  quelques  pays  on  cultive,  mais  par  des  pratiques  assez  peu 
assurées,  divers  Agarics  et  même,  assure-t-on,  la  Morille.  Il  en 
est  autrement  de  la  Truffe  (Tuber  cibarium)  dont  la  production 
a  pris  de  grands  développements ,  surtout  dans  la  région  du 
Mont- Ventoux ,  à  l'aide  des  glands  tombés  sur  les  truffières 
et  semés  dans  les  terres  calcaires  des  régions  propres  à  la  matu- 


XIV  PRÉFACE 

ration  du  raisin.  Les  importantes  cultures  de  Truffes  de  M.  Rous- 
seau, qui  s'étendent  sur  plus  de  20  hectares  aux  portos  de 
Garpentras,  seront  toujours  citées  comme  des  modèles  à  suivre. 

L'observation  suivante  établit,  entre  cent  autres,  la  nécessité 
pour  la  Truffe  des  sols  calcaires. 

Quand  on  se  rend  de  Poitiers  à  Périgueux  en  passant  par 
Limoges,  on  voit  la  Truffe  disparaître  vers  Montmorillon ,  à 
l'entrée  dans  le  massif  granitique,  pour  ne  plus  se  montrer  qu'à 
Thiviers,  après  que  celui-ci  a  été  franchi. 

Etant  données  ainsi  ses  conditions  biologiques,  on  voit  quels 
vastes  territoires  sont  réservés  à  la  production  de  la  Truffe , 
appelée  à  suivre  celle  de  la  vigne  sur  tous  les  sols  calcaires, 
comme  déjà  elle  l'accompagne  en  Provence,  Dauphiné,  Quercy, 
Périgord,  Poitou,  Anjou,  etc.  Dans  la  Champagne  et  la  Bourgogne 
en  particulier,  l'introduction  de  l'excellente  Truffe  noire  (Tuber 
cibarium  ou  melanosporum)  est  tout  indiquée  pour  remplacer  les 
médiocres  Tuber  brumale  et  T.  mesentericum  qui  y  croissent. 


Ces  considérations  suffisent  à  faire  apprécier  la  haute  valeur 
qui  s'attache  à  l'étude  des  Champignons.  Par  les  phénomènes 
qui  caractérisent  leur  biologie,  ils  s'imposent  tout  particuliè- 
rement à  l'attention  du  naturaliste;  maison  se  tromperait  étran- 
gement si  l'on  regardait  leur  histoire  comme  purement  spéculative. 
Nul  chapitre ,  au  contraire ,  de  la  Botanique  générale  n'offre 
d'aussi  nombreuses,  d'aussi  fréquentes  applications.  Dans  ce 
groupe  se  succèdent ,  presque  sans  interruption ,  des  espèces 
tantôt  utiles ,  tantôt  nuisibles ,   que   rapproche  la  plus  intime 


PRÉFACE  XV 

parenté.  Pour  les  bien  connaître,  pour  éviter  ces  déplorables 
méprises  qui  se  renouvellent  trop  souvent,  il  importe  de  les 
soumettre  à  un  examen  rigoureux  et  pour  lequel  le  beau  livre  de 
M.  Sicard  constituera  le  guide  le  plus  sûr.  Grâce  à  lui,  on 
parviendra  facilement  à  poursuivre  des  études  fructueuses  entre 
toutes,  puisqu'elles  nous  apprennent  à  distinguer  quelques-uns 
des  auxiliaires  et  des  adversaires  que  nous  rencontrons  journelle- 
ment dans  cette  incessante  lutte  pour  l'existence  qui  résume  la 
vie  de  l'homme  comme  celle  de  tous  les  organismes. 

Ad.  CIIATIN. 


HISTOIRE   NATURELLE  «w  y««* 

•OTAN! 

DES  ■        ■ 

CHAMPIGNONS 

COMESTIBLES  ET  VÉNÉNEUX 


PREMIÈRE  PARTIE 


CHAPITRE    PREMIER 

DISPOSITION  DU  LITRE 

L'étude  des   Champignons,   qui  paraît  si  difficile  et  si   peu 
attrayante,   ne  tarde  pas  à  séduire  ceux  qui  s'y  livrent.  Nous 
savons  tous  que  ces  êtres  bizarres,  à  plus  d'un  titre,  sont  univer- 
sellement appréciés  du  riche  comme  du  pauvre;  ils  sont  le  condi- 
ment indispensable  d'une  infinité  de  mets  servis  journellement 
sur  nos  tables,  et  môme  au  temps  de  disette,  l'homme  trouve 
encore  dans  les  champignons  une  véritable  ressource. 
Mais  combien  de  fois  n'a-t-on  pas  vu  ces  cryptogames  si  esti- 
ez mes  ,   si    recherchés,    porter  le  deuil    et  la  mort  au  sein  des 
*p  familles,  par  suite  d'une  méprise  faite  en  cueillant  dans  les  bois 
crj  ou  dans  nos  prairies  des  Champignons  vénéneux  pour  des  comes- 
ct;  tibles.  Ces  malheurs,  trop  fréquents,  sont  dus  à  l'extrême  res- 
5£  semblance  que  présentent  entre  elles  une  foule  d'espèces,  ce  qui 
rend  leur  détermination  aride  et  difficile;  aussi  le  but  de  ce  livre 

1 


DISPOSITION   DU   LIVRE 


est-il  de  populariser  la  connaissance  des  Champignons,  et  de 
donner  l'habitude  et  la  pratique  nécessaires  pour  distinguer  une 
espèce  comestible  d'une  espèce  vénéneuse. 

Mais,  indépendamment  des  caractères  communs  qui  leur  assi- 
gnent une  place  parmi  les  végétaux,  les  Champignons  en  ont  de 
particuliers  qui  les  différencient  entre  eux,  et  les  rendent  suscep- 
tibles de  subdivisions  nombreuses.  Depuis  Théophraste  jusqu'à 
Pline,  on  ne  trouve  que  l'indice  vague  de  quatre  sortes  de  cham- 
pignons, non  compris  les  Agarics,  qu'on  regardait  comme  des 
excroissances  d'arbres  ;  de  Pline  à  Tournefort,  à  peine  y  a-t-il 
trace  de  quelques  genres  convenablement  caractérisés.  On  les 
considérait  comme  des  végétaux  imparfaits,  privés  de  feuilles  et 
de  racines.  Nous  développons,  du  reste,  ce  passage  de  l'antiquité 
à  nos  jours  au  chapitre  II,  Considérations  générales. 

Les  Champignons  sont  tellement  multipliés,  et  de  natures  si 
diverses,  soit  par  leur  taille,  la  conformation  de  leurs  parties 
essentielles  et  accessoires,  leurs  manières  d'être  particulières,  le 
degré  de  consistance  du  réceptacle,  la  nature  du  tissu  hyménial, 
leur  couleur,  leur  odeur,  etc.,  que  j'ai  dû  exposer,  au  chapitre 
troisième,  les  diverses  classifications  proposées  par  les  savants, 
et  celles  que  la  plupart  des  mycologues  modernes  ont  adop- 
tées, avec  les  modifications  exigées  par  la  connaissance  plus  par- 
faite et  toute  récente  des  organes  de  la  fructification. 

C'est  au  quatrième  chapitre  que  le  lecteur  trouvera  la  méthode 
rationelle  de  Léveillê.,  qui  divise  les  Champignons  en  six  classes, 
et  permet,  en  un  instant,  d'embrasser  et  de  comprendre  les  rela- 
tions naturelles  qui  existent  entre  tous  les  groupes. 

La  manière  dont  les  Champignons  se  reproduisent,  a  été  long- 
temps, même  chez  les  savants  les  plus  distingués,  un  problème 
difficile  à  résoudre,  bien  qu'il  fût  naturel  de  penser  que  ces 
plantes  doivent  comme  les  autres  se  reproduire  de  graines.  Mais 
il  y  a  dans  cet  acte  essentiel  des  phénomènes  si  singuliers,  les 
spores  ou  semences  sont  si  difficiles  à  apercevoir,  qu'on  ne  doit 
point  être  surpris  que  les  anciens  botanistes  aient  laissé  indécise 
la  question  de  savoir  si  la  reproduction  des  cryptogames  est 
l'elfet  de  la  fermentation  ou  de  la  germination.  Cette  question 
importante  est  résolue  au  cinquième  chapitre. 

La  fécondation  sexuée  et  asexuée,  le  polymorphisme  et  les  gêné- 


DISPOSITION    DU   LIVRE  3 

rations  alternantes  forment  trois  paragraphes  ;  la  respiration,  la 
nutrition,  le  développement  du  tissu  cellulaire,  nous  apprennent 
comment  vivent,  respirent  et  se  développent  les  Champignons  : 
c'est  l'objet  du  chapitre  sixième. 

Le  difficile,  dans  un  livre  de  la  nature  de  celui-ci,  n'est  pas 
d'étonner  les  esprits,  ni  de  les  entraîner  pour  un  moment;  c'est  de 
les  attacher  à  l'étude  par  la  solidité  des  principes,  par  le  nombre 
et  l'évidence  des  preuves;  c'est  surtout  de  le  faire  si  claire- 
ment, qu'ils  puissent  voir  tous  les  objets,  et  chacun  d'eux  en  par- 
ticulier, avec  les  caractères  qui  lui  sont  propres.  Pour  atteindre  à 
ce  but,  j'ai  cru  nécessaire  de  décrire  séparément  les  divers  orga- 
nes qui  composent  les  Champignons,  et  d'étudier  ces  mêmes 
organes  par  rapport  à  leur  forme,  leur  nombre  et  leurs  situations, 
comme  caractères  distinctifs  des  genres  et  des  espèces.  En  consé- 
quence, les  chapitres  septième,  huitième,  neuvième,  sont  consa- 
crés à  l'organisation,  à  la  structure  interne  et  externe  de  ces 
plantes. 

Le  genre  Agaric  est  le  plus  intéressant  pour  nous  ;  c'est  celui 
que  l'on  consomme  le  plus  communément,  que  nous  devons  par 
conséquent  le  mieux  connaître,  et  comme  les  espèces  en  sont  très 
nombreuses,  qu'elles  se  ressemblent  par  certains  points,  mais 
diffèrent  par  d'autres ,  il  faut  les  classer  suivant  des  caractères 
définis  qui  permettront  de  se  rappeler  leur  place  et  de  les  trouver 
facilement.  Pour  distinguer  deux  Champignons  de  diverses  espèces 
on  devra  donc  les  connaître  tous  ou  presque  tous,  et  dans  tous  les 
détails  de  leur  organisation  ;  alors  seulement  nous  pourrons  les 
grouper  de  manière  à  en  former  un  ensemble,  un  plan  naturel 
tel  que  les  plus  dissemblables  soient  éloignés  les  uns  des  autres. 

Au  chapitre  dix,  les  grands  Agarics  sont  divisés,  selon  la 
méthode  de  Léveillé,  en  onze  sous-genres.  Dans  ce  groupement, 
l'étude  d'un  caractère  unique  ne  suffit  point,  car  elle  mène  aux 
erreurs  inséparables  des  systèmes.  L'étude  de  plusieurs  carac- 
tères ne  suffit  pas  non  plus  ;  seule  la  considération  de  tous  les 
caractères  pourra  conduire  à  une  classification  avouée  par  la 
méthode  naturelle  ;  c'est  celle  que  je  suivrai  dans  ce  livre.  Au 
chapitre  suivant,  le  onzième,  je  décris  87  genres  et  415  espèces 
les  plus  utiles  à  l'homme  et  aux  animaux.  Ces  genres,  ces 
espèces  sont  dessinés  en  grandeur  naturelle  et  coloriés  d'après 


DISPOSITION    DU    LIVRE 


nature,  sur  soixante-quinze  planches  soigneusement  numérotées 
en  chiffres  romains.  Les  espèces  sont  numérotées  en  chiffres  ordi- 
naires, afin  d'éviter  toute  confusion.  Les  comestibles  sont  précé- 
dées de  la  majuscule  C,  les  vénéneuses  de  la  lettre  V,  les  suspectes 
se  désignent  par  un  S. 

DEUXIÈME  PARTIE 

Dans  le  premier  chapitre  de  la  Deuxième  partie,  essentielle- 
ment consacré  aux  données  chimiques,  je  montre  comment  la 
nature  opère  ses  diverses  transformations.  Après  quelques  obser- 
vations sur  les  champignons  comestibles  et  vénéneux,  et  les 
influences  que  ces  cryptogames  exercent  sur  l'homme  et  les  ani- 
maux, j'indique  un  moyen  presque  infaillible  de  remédier  aux 
accidents  produits  par  ces  poisons  redoutables  et  redoutés  ; 
moyen  que  j'ai  eu  l'occasion  d'expérimenter  souvent  sur  les  ani- 
maux. 

Les  chapitres  cinq,  six,  sept,  sont  réservés  à  la  culture  des 
Champignons,  qui  a  pris  de  nos  jours  un  immense  développeront. 
Presque  toutes  les  carrières  et  les  Catacombes  de  Paris  renfer- 
ment des  couches  artificielles  de  Champignons  qu'on  exporte  en 
partie  au  Havre  et  clans  le  centre  de  la  France  ;  exemple  remar- 
quable et  peut-être  unique  d'une  substance  alimentaire  qui  sort 
de  Paris  au  lieu  d'y  être  apportée.  Après  avoir  indiqué  pour  diffé- 
rents pays,  la  manière  de  construire  les  couches  à  l'air  libre  et 
dans  les  caves,  j'ai  montré  comment  on  prépare  le  fumierf  puis 
j'ai  dessiné  une  planche  spéciale  afin  que  l'on  comprît  bien  les 
diverses  phases  de  ces  opérations  (voyez  planche  LXXV, 
fig.  406  à  411).  Ce  simple  exposé  prouvera  que  j'ai  cherché  à  faire 
un  livre  utile,  et  à  la  portée  de  tous.  Je  l'ai  soumis  du  reste  au 
jugement  de  M.  Ad.  Chatin,  professeur  de  botanique,  directeur  de 
l'Ecole  de  pharmacie  et  membre  de  l'Institut,  dont  les  bienveil- 
lants conseils  et  les  excellents  encouragements  ne  m'ont  jamais 
fait  défaut  ;  et  je  croirai  avoir  atteint  mon  but,  si  je  parviens  à 
rendre  moins  fréquentes  les  méprises,  à  éviter  les  empoisonne- 
ments, et  à  faire  adopter  comme  alimentaires  un  grand  nombre 
d'espèces  réputées  dangereuses. 

Noisy-le-Sec,  près  Paris.  Décembre  18S2. 


CONSIDÉRATIONS   GÉNÉRALES  g 

CHAPITRE  II 

CONSIDÉRATIONS  GÉNÉRALES 

Les  anciens  botanistes  ne  connaissaient  guère  que  les  Truffes, 
les  Oronges,  quelques  Bolets,  qu'ils  employaient  comme  aliments 
et  comme  médicaments.  Toutes  les  autres  espèces  paraissent  leur 
avoir  été  à  peu  près  étrangères.  Pline,  rapporte  que,  de  son  temps 
on  faisait  déjà  une  grande  consommation  de  Champignons,  et  que 
souvent  même  on  avait  de  nombreux  accidents  à  déplorer.  Les 
anciens  définissaient  vaguement  ces  cryptogames;  ils  compre- 
naient quelquefois  plusieurs  espèces  en  une  seule,  et  les  réunis- 
saient, d'après  leurs  caractères  communs  et  suivant  leurs  proprié- 
tés alimentaires  et  médicinales.  Nous  devons  traverser  une  longue 
suite  de  siècles,  jusque  vers  l'an  1550,  avant  de  rencontrer  des 
ouvrages  de  quelque  importance  sur  l'ensemble  des  Champignons. 

A  la  renaissance  des  lettres,  tandis  qu'on  croyait  devoir  tout 
découvrir  dans  les  livres  des  auteurs  grecs  et  latins,  on  n'y  trouva 
que  de  longs  et  pénibles  commentaires  sur  cotte  question.  Les 
naturalistes  du  xvie  siècle,  en  multipliant  les  espèces,  en  créant 
des  genres  nouveaux  sans  ordre  et  sans  suite  s'égarèrent  dans  une 
voie  fausse  et  bientôt  le  moment  arriva  où  l'encombrement,  la 
diversité  de  tous  ces  mots  nouveaux  dépassèrent  les  forces  cle  la 
mémoire  humaine.  Il  fallut  lui  venir  en  aide,  et  établir  un  certain 
ordre  dans  cet  amas  confus. 

Micheli,  le  premier,  dans  son  Gênera  Plantarum,  publié 
en  1729,  réunit  en  une  espèce  tous  les  Champignons  semblables 
entre  eux.  Il  examina,  il  chercha  pour  les  grouper  sous  une  défi- 
nition commune,  toutes  les  espèces  qui  offraient  entre  elles  une 
certaine  ressemblance  par  rapport  aux  autres. 

Ce  fut  le  professeur  Link  qui,  avec  sa  grande  patience  et  sa 
sagacité,  fit  de  ces  unités  nommées  espèces  par  Micheli,  des 
unités  d'un  ordre  plus  élevé  auxquelles  il  donna  le  nom  de  genres. 
Quelques  naturalistes,  comme  Medicus,  Maerklin,  Ackermann, 
Kaeler,  Harerle,  ne  virent  dans  ces  productions  que  le  résultat 
d'une  combinaison  et  d'un  mélange  des  sucs  pituiteux  de  plantes, 


6  CONSIDÉRATIONS   GÉNÉRALES 

modifiées  par  l'influence  de  l'air  et  des  agents  extérieurs.  Comme 
les  Champignons  n'ont  ni  feuilles  ni  racines,  et  qu'ils  n'en 
connaissaient  pas  les  moyens  de  reproduction,  ces  auteurs  les  consi- 
déraient comme  des  productions  fortuites  dues  à  la  pituite  des 
arbres,  au  limon  de  la  terre,  où  à  des  phénomènes  atmosphériques, 
comme  le  tonnerre.  Ils  ont  même  attribué  la  Truffe  du  cerf  à 
certaines  humeurs  que  le  cerf,  le  lynx,  le  tigre  répandaient  sur 
le  sol. 

Marsili,  dans  la  lettre  qu'il  écrivit  à  Lancini,  reconnut  le 
premier  que  les  Champignons  commencent  par  une  petite  moisis- 
sure. 11  ne  s'agissait  plus  alors  que  de  savoir  si  cette  moisissure 
appartenait  à  une  génération  spontanée,  à  une  transformation  des 
substances  animales  et  végétales,  ou  à  des  graines  qui  échappaient 
aux  moyens  d'investigation  des  observateurs  de  cette  époque. 
Vers  la  fin  du  xvme  siècle,  Necker,  clans  un  ouvrage  qu'il  publia 
à  Manheim,  sous  le  titre  de  Traité  sur  la  Mycetologie,  crut  voir  le 
tissu  cellulaire  et  parenchymateux  des  plantes  se  transformer  en 
un  corps  radiculaire  auquel  il  donna  le  nom  de  carcithe,  et  qui 
est  le  blanc  de  Champignon  proprement  dit.  Cette  opinion  n'a  été 
adoptée  par  personne. 

Il  était  réservé  à  Micheli  de  prouver  que  les  cryptogames, 
comme  toutes  les  autres  plantes,  proviennent  de  germes  ;  la  décou- 
verte des  spores  ou  organes  reproducteurs  et  les  expériences  qu'il 
fit  dans  le  bois  de  Boboli,  aux  environs  de  Florence,  présentaient 
alors  toutes  les  garanties  que  l'on  pouvait  exiger  pour  établir  la 
nature  des  Champignons.  Mais  l'opinion  de  Micheli  ne  fut  pas 
admise,  et  l'on  vit  Buttner,  Wilke,  Weiss,  Otto  de  Manchausen 
et  même  Linné  les  considérer  comme  des  Polypiers.  Néanmoins 
Weisse  et  Linné  n'ont  pas  osé,  dans  leurs  ouvrages,  les  séparer  des 
végétaux. 

Muller  seulement  plaçait  les  Clavaires  dans  le  règne  animal, 
parce  qu'il  avait  aperçu  du  mouvement  clans  les  spores.  Enfin 
Trattinnick,  en  nous  faisant  connaître  les  propriétés  et  le  mode 
de  formation  du  Mycélium,  a  confirmé  l'opinion  que  Micheli 
avait  émise,  et,  à  partir  de  cette  époque,  les  Champignons 
n'ont  plus  cessé  de  faire  partie  du  règne  végétal.     • 

Parmi  les  nombreux  auteurs  qui  ont  depuis  étudié  les  Cham- 
pignons au  môme  point  de  vue  et  desquels  on  consultera  toujours 


CONSIDÉRATIONS    GÉNÉRALES  7 

les  travaux  analytiques  avec  fruit,  je  citerai  Schmiedel,  Gleditsch, 
Tode,  Hedwig,  Bulliard,  Paulet,  Schmidt,  Nées  d'Esenbeck, 
DittxMar  ,  Persoon  ,  Link  ,  Fries  ,  Ehrenberg  ,  Kunze  ,  Ad. 
Brongniart  ,  Corda  ,  Schlechtendal  ,  Montagne  ,  Chevallier  , 
Kickx,  DESMAziÈREet  surtout  Greville  dont  les  analyses  surpassent 
en  fidélité  et  en  exécution  tout  ce  qui  a  été  fait  jusqu'à  ce  jour. 
Malgré  ces  nombreux  travaux  représentant  parfois  plusieurs 
années  d'expériences  et  d'observations,  on  n'avait  pas  encore  une 
idée  exacte  et  bien  arrêtée  des  organes  de  la  fructification. 

Lorsque  le  12  mars  1837,  le  docteur  Léveillé  lut  à  la  Société 
Philomatique  de  Paris  un  mémoire  ayant  pour  titre  :  Recherches 
sur  VHymenium  des  Champignons,  il  y  déclarait  que  l'opinion  sur 
l'organisation  de  la  membrane  fructifère  de  tous  les  vrais  Cham- 
pignons, universellement  admise  par  Hedwig  était  complètement 
erronée  dans  la  plupart  des  genres,  et  particulièrement  chez  les 
Agarics,  les  Bolets,  les  Clavaires,  etc.,  genres  qui  ont  toujours 
été  considérés  comme  devant  former  le  type  essentiel  de  cette 
famille,  et  qui  en  renferment  la  majorité  des  espèces. 

Cette  opinion  était  tellement  nouvelle,  tellement  en  contra- 
diction avec  tous  les  travaux  récents  des  auteurs  les  plus  justement 
estimés  par  l'exactitude  de  leurs  recherches,  que  la  Société  Philo- 
matique dut  employer  une  grande  réserve  avant  de  l'approuver 
ou  de  la  rejeter.  Les  commissaires  chargés  de  faire  les  rapports, 
MM.  Ad.  Brongniart  et  Guillemin,  demandèrent  à  vérifier  sur 
des  espèces  de  Champignons  aussi  variées  que  possible  les  obser- 
vations de  Léveillé.  Ils  prièrent  Decaisne,  aussi  exercé  dans 
l'emploi  du  microscope  qu'habile  à  figurer  ce  qu'il  y  observait, 
d'examiner,  de  son  côté,  toutes  les  espèces  qu'il  rencontrerait,  et 
c'est  après  avoir  rapproché  ces  dessins  faits  séparément,  que  la 
commission  crut  pouvoir  établir  son  opinion  sur  des  bases  assez 
solides  pour  la  soumettre  à  la  Société.  Je  donne  à  lire  les 
conclusions  du  rapport  de  Ad.  Brongniart. 

«  Après  les  vérifications  nombreuses  et  très  attentives  faites 
«  pendant  tout  l'été  et  l'automne  par  vos  commissaires  et  par 
«  M.  Decaisne,  la  commission  ne  peut  conserver  aucun  doute 
«  sur  l'exactitude  des  observations  de  M.  Léveillé,  dans  tous  les 
«  genres  qui  ont  été  soumis  à  leurs  observations,  dans  un  grand 
«  nombre    d'espèces    différentes    d'Agarics   et  de  Bolets,   dans 


8  CONSIDÉRATIONS   GÉNÉRALES 

«  plusieurs  Théléphores ,  dans  des  Chanterelles ,  dans  des 
«  Clavaires,  et  même  dans  des  Trémelles,  ils  ont  reconnu  la 
«  structure  signalée  par  M.  Léveillé. 

«  Ils  ont  vu  presque  constamment  les  sporules  fixées  à  l'extré- 
«  mité  de  quatre  pointes  coniques  plus  ou  moins  allongées  qui 
«  terminent  chacune  des  cellules  de  l'hyménium  ;  ils  ont  reconnu 
«  ces  sporules  ainsi  quaternées  à  différents  âges  depuis  leur 
«  première  jeunesse  jusqu'à  leur  état  adulte,  sans  jamais  les  avoir 
«  vues  dans  l'intérieur  des  cellules  qui  leur  servent  de  base.  En 
«  examinant  cette  membrane  fructifère  perpendiculairement  à  sa 
«  surface,  la  disposition  quaternée  des  sporules  est  facile  àrecon- 
«  naître,  et  on  voit  qu'elle  est  presque  constante,  les  cas  où  les 
«  sporules  sont  simplement  ternées  étant  très  rares,  mais  se 
«  rencontrant  accidentellement  sur  les  mêmes  feuillets  ou  les 
«  mêmes  tubes.  La  disposition  géminée  des  spores  dans  les 
«  Clavaires  et  leur  disposition  solitaire  dans  les  Trémelles,  ont 
«  également  été  constatées  ;  enfin  ils  ont  reconnu  que  dans  le 
«  Cantharellus  cibarius  les  sporules  sont  ordinairement  réunies 
«  six  par  six  ou  rarement  par  cinq  ou  par  sept. 

«  La  généralité  de  cette  structure,  et  le  soin  que  vos  commis- 
ce  saires  ont  mis  à  la  vérifier  ne  leur  laissent  aucun  doute  sur 
«  l'exactitude  des  observations  de  Léveillé,  et  sur  les  déductions 
ce  qu'il  en  a  tirées  relativement  à  la  classification  des  Chaîn- 
ée pignons  à  membrane  fructifère  en  deux  ordres,  les  Helvellées 
ce  thécasporées  et  les  Agaricinées  basicliosporées.  » 

Ce  rapport  dû  à  la  plume  d'un  éminent  botaniste  ,  Ad. 
Brongniart,  qui  a  bien  voulu  m'honorer  de  son  amitié,  eut 
un  grand  retentissement.  Des  observations  sur  le  même  sujet, 
publiées  en  Allemagne  par  M.  Ascherson  d'une  part  et  par 
M.  Corda  de  l'autre,  vinrent  confirmer  la  découverte  de  Léveillé. 


BIBLIOGRAPHIE 

Depuis  une  cinquantaine  d'années,  les  Champignons  sont 
beaucoup  mieux  connus  qu'ils  ne  l'étaient  auparavant,  quoique  le 
nombre  des  espèces  ait  prodigieusement  augmenté.  On  pourrait 
croire  que  cet  avantage  doit  être  rapporté  aux  ouvrages  qui  ont 


CONSIDÉRATIONS    GÉNÉRALES  9 

été  publiés  ;  la  littérature  y  a  contribué  certainement  pour 
beaucoup,  mais  il  est  dû  principalement  à  Persoon.  Ce  célèbre 
botaniste,  on  peut  l'affirmer  sans  crainte,  est  le  père  de  la  myco- 
logie ;  il  en  a  semé  le  germe  dans  tous  les  pays.  Plein  de  zèle, 
studieux,  doué  d'une  vue  perçante,  d'un  jugement  sain ,  bon, 
modeste,  obligeant  envers  tout  le  monde,  il  était  en  relations  avec 
tous  les  savants  de  son  époque,  et  chacun  d'eux  voulait  avoir  son 
avis  ;  des  envois  de  cryptogames  lui  étaient  faits  de  tous  pays,  et 
sa  collection  précieusement  conservée  au  musée  de  Leyde 
augmente  incessamment  par  les  soins  des  professeurs. 

La  mycologie  possède  de  nombreux  matériaux  ;   malheureu- 
sement leur  prix  et  leur  dissémination   les  rendent  difficiles  à 
consulter,  et,  pour  étudier  cette  science  avec  fruit,  il  faut  avoir 
recours  aux  livres  descriptifs,  surtout  à  ceux  qui  sont  accom- 
pagnés de  figures,  les  unes  noires,  les  autres  coloriées.  Dans  les 
premiers  on  trouve   Sterbeeck,   Clusius,    Micheli,    Gleditsch, 
Battara,  etc.,  dans  les  seconds,  Krapf,  Schiffer,  Bulliard, 
Paulet,  Bolton,  Persoon,  Sowerbij,  Vittadini,  Roques,  Krom- 
bholtz,  Berkeley,  etc.  Avec  ces  ouvrages,  en  comparant  les  indi- 
vidus vivants  aux  figures  qui  les  représentent,  on  parvient  à  les 
reconnaître  assez  facilement.  Quelques  auteurs,  abstraction  faite 
de  l'ensemble  des  Champignons,   ont  publié  des  traités  parti- 
culiers sur  ceux  qui  sont  comestibles  ou  vénéneux  ;  leur  nombre 
est  très  considérable.   Paulet,  Bulliard  et  Persoon,  en  com- 
mençant leurs  ouvrages   avaient  principalement  ce   but;   mais 
plus  tard  ils  n'ont  pu  s'empêcher  d'y  ajouter  des  genres  et  des 
espèces  qui  sortaient  du  cadre  tracé.   Les  autres,  au    contraire, 
comme  Kerner,  Duchanoy,  Lenz,  Fries,  Letellier,  Krombholtz, 
Roques,    Descourtils,    Noulet,    Cordier,    Dassier,    etc.,    sont 
demeurés  fidèles  au  titre  qu'ils  avaient  adopté.   Les  docteurs 
Mougeot  et  Quelet  on  rendu  un  véritable  service  à  la  science,  en 
publiant   les  Champignons   qui   croissent  dans    la  Meurthe,    la 
Moselle,  le  Jura;  M.  Barla  a  représenté  les  Champignons  des 
environs  de  Nice  ;  et  ce  qui  augmente  leur  valeur,  en  a  désigné 
les  espèces  par  leur  véritable  nom.  M.  Gillet  publie  les  Cham- 
pignons de  la  Normandie,  plusieurs  fascicules  ont  déjà  paru.  En 
Angleterre,  Saunders,  Berkeley,  Cook  et  Worthington  Smith  ont 
réuni  en  deux  feuilles  les  figures   coloriées  des  Champignons 


10  CONSIDÉRATIONS   GÉNÉRALES 

comestibles  et  vénéneux  les  plus  communs.  Outre  les  ouvrages 
déjà  cités,  on  pourra  consulter  avec  avantage  le  grand  ouvrage  de 
Corda,  sous  le  titre  d'Icônes  Fungorum,  dans  lequel  on  trouve  l'ana- 
lyse d'un  grand  nombre  de  genres.  Ce  travail  recommandable  à 
bien  des  titres  sérieux  révèle  aux  botanistes  la  structure  intime  de 
beaucoup  de  Champignons.  MM.  Tulasne,  en  publiant  le  Selecla 
Fungorum  Carpologia,  et  de  nombreux  articles  dans  les  Ann. 
des  Sciences  Nat.  ont  fait  faire  un  grand  pas  a  cette  partie  de  la 
botanique;  le  Manuel  de  Mycologie  de  Bonorden  est  à  lire, 
Quelet,  Boudier,  De  Seyne,  Cornu,  Boze,  Richon,  Cordier,  etc.; 
en  France,  De  Bary,  etc.,  en  Allemagne,  ont  écrit  des  travaux 
remarquables.  Il  existe  encore  beaucoup  d'autres  livres  et  des 
collections  qui  sont  moins  connues.  La  bibliothèque  de  la  rue  de 
Richelieu  en  possède  une  superbe  qui  provient  de  M.  Roussel, 
ancien  fermier-général.  On  en  voit  à  la  bibliothèque  du  Jardin 
des  Plantes  de  Paris  une  autre  non  moins  curieuse,  et  dont 
Persoon  a  de  beaucoup  augmenté  la  valeur  en  désignant  par  leur 
véritable  nom  un  grand  nombre  d'espèces.  M.  Wallays,  de 
Courtray,  a  étudié  les  Champignons  de  la  Belgique;  M.  Kickx(J.), 
la  Flore  cryptogamique  des  Flandres  ;  Secretan,  la  Mycologie 
suisse,  etc.,  etc.  Quelques  auteurs  enfin  ont  publié  des  collections 
en  cire,  le  Muséum  d'histoire  naturelle  en  possède  deux  :  l'une,  de 
Trattinnick  ,  a  été  donnée  par  François  II  d'AuLriche  à 
Louis  XVIII;  l'autre  a  été  faite  par  Pinçon.  Un  de  mes  anciens 
collègues  des  hôpitaux,  le  docteur  Lemoine,  professeur  à  l'Ecole 
cle  Médecine  et  de  Pharmacie  de  Reims,  a  essayé  de  former  une 
nouvelle  collection  de  ce  genre  ;  le  peu  que  j'en  ai  vu  était  parfai- 
tement exécuté;  M.  Barla,  de  Nice,  vient  d'offrir  à  M.  Chatin, 
pour  l'École  de  Pharmacie  de  Paris,  une  fort  belle  collection  en 
cire  de  Champignons  grandeur  naturelle. 


DES   CLASSIFICATIONS  11 

CHAPITRE  III 

DES  CLASSIFICATIONS 

Mon  livre  ne  saurait  être  complet  sans  quelques  notions  sur 
l'arrangement  systématique  ou  classification  que  ces  plantes  ont 
reçu  des  botanistes.  Les  Champignons  sont.,  comme  les  animaux 
et  les  autres  végétaux,  soumis  à  la  loi  générale  de  la  nature  ;  aussi 
veux-je  mettre  le  lecteur  en  état  de  comprendre  la  valeur  et  la 
relation  clés  différents  groupes  dans  lesquels  les  Champignons  ont 
été  répartis.  Nous  savons  déjà  que  les  botanistes  qui  ont  précédé' 
Persoon  comprennent,  et  cela  pour  ainsi  dire  sans  exception, 
dans  un  genre  unique,  le  genre  Agaricus.  Persoon  a  le  premier 
distingué,  avec  sa  sagacité  ordinaire,  un  certain  nombre  de  séries, 
de  formes  analogues,  qu'il  trouve  cependant  naturel  de  séparer 
les  unes  des  autres  sous  des  dénominations  spéciales.  En  1797, 
parut  son  Tentamen  Dispositionis  methodicœ  Fungorum  (Lipsiœ). 
Quatre  ans  après,  en  1801,  le  Sinopsis  methodica  Fungorum 
(Gottingœ).  Il  établit  trois  grandes  divisions  dans  les  espèces 
alors  connues  du  genre  Agaricus.  Ce  sont  les  genres  Amanita, 
Agaricus  et  Merulius;  le  genre  Agaricus  se  subdivise  lui-même 
en  plusieurs  sous-genres  qu'il  appelle  Lepiota,  Cortinaria, 
Gymnopus,  Mycena,  Coprinus,  Pratella,  Lactifluus,  Ihissulu, 
Omphalia  et  Pleuropus.  La  création  de  ces  groupes  est  si  natu- 
relle que  la  plupart  d'entre  eux  sont  encore  conservés,  et  que  les 
parties  modifiées  ont  servi  elles-mêmes  de  point  de  départ  à  des 
sections  nouvelles. 

En  1817,  F.  G.  Nées  d'Esenbeck  fit  paraître  son  System  der 
Pilze  und  Schwaemme  ;  les  fondements  de  cette  classification  ne 
sont  pas  assez  solides.  Elle  est  censée  reposer  sur  les  principes 
réels  et  déduite  de  l'analyse  des  caractères.  En  l'étudiant  avec 
attention  on  reconnaît  qu'il  n'en  est  pourtant  pas  toujours  ainsi. 
L'auteur  puise  dans  les  ouvrages  ce  qu'il  y  trouve  de  mieux,  il  en 
fait  un  corps  sans  jambes  ;  il  n'a  pas  vérifié  les  observations  et 
plusieurs  sont  fautives.  Cependant  son  travail  renferme  des  consi- 
dérations   mycologiques    élevées,    des    rapprochements    extrê- 


12  DES    CLASSIFICATIONS 

mement  ingénieux,  un  nombre  immense  d'observations  fines  et 
délicates. 

Rien  d'étonnant  donc  à  ce  qu'il  ait  été  pris  pour  modèle  par  les 
auteurs  modernes  qui  ont  écrit  sur  les  Champignons.  Le  professeur 
Fries  notamment,  pour  établir  son  Systema  Mycologicum  lui  a 
emprunté  des  matériaux  précieux. 

Nées  d'Esenbeck  divise  ces  végétaux  en  trois  familles  : 

lre  Famille,  Coniomycètes,  renferment  trois  divisions  et  cinq 
subdivisions  ; 

2me  Famille,  Hyphomycètes,  quatre  divisions  et  huit  subdi- 
visions ; 

3me  Famille,  Gasteromycètes,  six  divisions  et  huit  subdivisions. 

On  reconnaîtra  sans  peine  que  cette  classification  en  trois 
familles,  treize  divisions  et  vingt-trois  subdivisions  était  tout  au 
moins  l'œuvre  d'un  esprit  véritablement  classificateur,  et  qui, 
pour  l'époque,  avait  réussi  à  créer  un  très  utile  et  très  ingénieux 
système  artificiel. 

En  1825,  M.  Ad.  Brongniart  proposait,  dans  un  livre  bien 
connu,  ayant  pour  titre  :  Essai  d'une  nouvelle  classification  natu- 
relle des  Champignons,  de  diviser  cette  classe  en  cinq  tribus,  les 
Urédinées,  les  Mucédinées,  les  Lycoperdacées,  les  Champignons 
proprement  dits  et  les  Hypoxylon.  En  1845,  dans  son  Enumé- 
ration  Générale  des  plantes  cultivées  au  Muséum  d'histoire  natu- 
relle, M.  Brongniart  décrit  et  adopte  le  système  de  Fries,  sauf 
quelques  modifications;  il  divise  les  Champignons  en  quatre  ordres 
comprenant  neuf  tribus  : 

1°  Hyphomycées,  Mycélium  filamenteux  produisant  directement 
sur  une  partie  de  ses  rameaux  les  spores  ou  les  vésicules  qui  les 
renferment.  Mucédinées,  Mucorées  et  Urédinées; 

2°  Gastéromycées,  Mycélium  donnant  naissance  à  des  excrois- 
sances fongueuses  dont  la  partie  externe  forme  une  enveloppe, 
Péridium,  contenant  dans  son  intérieur  les  utricules  productrices 
des  spores  (Sporanges  ou  Basides).  Tubéracées,  Lycoperdacées  et 
Clathracées  ; 

3°  Hyménomycées,  Mycélium  produisant  des  excroissances 
fongueuses  dont  une  partie  de  la  surface  (Hymenium),  est  formée 
par  les  utricules  productrices  des  spores  (Basides  ou  Thèques)  : 
Agaricinées  et  Pezizées  ; 


DES    CLASSIFICATIONS  13 

4°  Sclcromycées ,  Mycélium  produisant  des  excroissances 
fongueuses,  contenant  un  ou  plusieurs  conceptacles  durs  ren- 
fermant des  Thèques  :  Hypoxilées. 

Persoon  avait  d'abord  été  tenté  de  diviser  les  Agarics  en 
plusieurs  genres,  mais  il  a  reculé  devant  cette  innovation  ;  nous 
savons  trop  peu  de  chose,  disait-il,  sur  la  structure  et  les  organes 
de  la  reproduction,  sur  la  structure  et  les  fonctions  des  différentes 
parties,  pour  établir  des  genres  véritables.  Ce  que  Persoon  n'avait 
osé,  M.  F  ries  le  fit  dans  un  ouvrage  extrêmement  remarquable, 
publié  en  1821  sous  le  titre  de  Systema Mycologicum.  Il  présenta 
une  nouvelle  distribution  du  genre  Agaricus,  basée  principa- 
lement sur  la  couleur  des  spores,  ce  qui  lui  permit  d'établir  six 
classes,  savoir  : 

1°  Coniomycètes,  Champignons  qui  envahissent  les  végétaux 
vivaces  :  Epiphytes  et  Endophytes  :  genres  JEcidium,  Uredo, 
Puccinia,  Ustilago  ; 

2°  Hyphomycètes,  Champignons  qui  se  développent  sur  les 
substances  en  moisissure  :  les  Mucorécs  et  les  Mucédinées  ; 

3°  Gasteromycètes,  Champignons  dont  les  organes  de  repro- 
duction sont  renfermés  dans  des  cavités  sinueuses  :  Tubéracées, 
Lycoperdaeées,  Clathracées,  etc.  ; 

4°  Pyrenomycètes,  Champignons  dont  les  corps  reproducteurs 
se  forment  dans  un  nucléus  :  Sphêriacées  ; 

5°  Discomycètes,  Champignons  dont  les  corps  reproducteurs 
sont  portés  par  une  sorte  de  disque  plan  ou  en  coupe  :  Pezizées  et 
Phacidiées  (Hypoxilées)  de  de  Candolle  ; 

6°  Hymenomy  cèles,  Champignons  à  hyménium  :  Agaricinées, 
Polyporées,  Auricularinées,  Clavarinées  et  Trcmcllinées. 

Son  sous-genre  Agaricus  comprend  à  lui  seul  presque  toutes  les 
espèces  d1  Agaricinées  connues.  Ces  espèces  sont  réparties  en 
plusieurs  groupes  ou  sous-genres  secondaires  dans  cinq  sections, 
et  d'après  la  coloration  des  spores,  comme  je  l'ai  fait  remarquer 
plus  haut.  Toutefois,  M.  Fries  ne  devait  pas  s'en  tenir  là.  Assez 
heureux  pour  consacrer  une  longue  et  laborieuse  existence  à 
l'étude  des  Cryptogames  (cinquante-trois  ans),  dans  un  dernier 
volume  qu'il  vient  de  faire  paraître  (Hymenomycètes  Europœi, 
sive  Epicriseas  systematis  Mycologici  editio  altéra,  Upsalœ,  1874), 
il  divise  les  Agaricinées  en  vingt  genres,  et  subdivise  les  Agaricus 


14  DES   CLASSIFICATIONS 

en  trente-cinq  sous-genres,  rassemblés  en  cinq  sections  d'après 
la  coloration  des  spores. 

Division  du  genre  Agaricus,  de  FRIES 

A.  Leucospori  (Sporis  albis)  :  Amanita,  Lepiota,  Armilaria, 
Tricholoma,  Clitocybe,  Collybia,  Mycena,  Omphalia,  Pleurotus  ; 

B.  Hyporhodii  (Sporis  roseis)  :  Volvaria,  Annularia,  Pluteus, 
Entoloma,  Clitopilus,  Leptonia,  Nolanea,  Eccilia,  Claudopus  ; 

C.  Dermini  (Sporis  ochraceis)  :  Pholiota,  Inocybe,  Hebeloma 
Flammula,  Naucaria,  Pluteolus,  Galera,  Tubaria,  Crepidotus; 

D.  Pratelli  (Sporis  atro-purpureis  )  :  Chilonia,  Psalliota, 
Stropharia,  Hypholoma,  Psilocybe,  Psalhyra  ; 

E.  Coprinarii  (Sporis  atris)  ;  Panœcolus,  Psathyrella. 

Dans  cette  nouvelle  classification,  l'illustre  Fries  dégage  de 
son  ancien  genre  Agaricus,  des  groupes  indépendants  :  Corti- 
narius,  Hygrophorus,  Gomphidius,  Russula,  Lactarius,  etc., 
qu'il  soustrait  ainsi  à  la  caractéristique  primordiale  de  la  colo- 
ration des  spores.  Il  en  résulte,  je  ne  dirai  pas  de  la  confusion, 
mais  un  bouleversement  général  dans  cette  partie  de  la  myco- 
logie. 

Que  vont  faire  les  disciples  du  maître,  ceux  surtout  qui  aiment 
la  clarté  et  la  simplicité  des  méthodes  et  des  dénominations?  Je 
crois  que  les  savants  cryptogamistes,  MM.  Quelet,  Boudier, 
Richon,  Cornu,  Roze,  etc.,  constitueront  une  sorte  de  famille  dont 
les  sous-genres  de  Fries  deviendront  des  genres  principaux. 

En  réalité  mon  avis  est,  qu'il  ne  doit  plus  exister  qu'un  seul 
grand  genre  :  les  Agarics,  dont  le  nom  typique  Agaricus  n'a  plus 
besoin  d'être  accouplé  avec  un  nom  générique  de  section,  suivi 
d'un  terme  spécifique  pour  désigner  une  espèce  connue  en 
Europe.  La  classification  de  Léveillé,  que  j'expose  plus  loin,  a 
l'avantage  de  grouper  les  genres  dans  un  ordre  systématique  où 
l'importance  de  tous  les  caractères  différentiels  sont  pris  en  consi- 
dération. M.  Bonorden,  en  1864  (Abhandlungen  aus  dem  Gebiete 
der  Mykologie),  admet  douze  ordres  : 

1°  Coniornycètes  ;  2°  Hyphomycètes  ;  3°  Mucorini ;  4°  Mycélini, 
Tubercularini,  Siilbini,  Hymenularii,  Isariei,  Trichodermacei  ; 
5°  Tremellini  ;  6°  Hymenomycètes  ;  7°  Discomycètes  ;  8°  Myxomy- 


DES   CLASSIFICATIONS  15 

cètes  ;  9°  Gasteromycètes  ;  10°  Cryptomycètes  {Nemasporei  et 
Pseadiei)  ;  11°  Sphœronemei,  Asterinei,  Thyrcomy  cètes,  Exci- 
pidini,  Leptosporici,  Podosporiacei,  Sporocadei,  Crijptotrichei, 
Sympixidei;  12°  enfin  les  Pyrenomycès  ou  Sphœriacei  com- 
mençant par  les  Erysiphei  et  finissant  par  les  Tuberacei. 

Dans  la  préface  de  son  Handbuch  der  Physiologischen 
Botanik,  1866,  M.  de  Bary,  un  mycologiste  allemand  des  plus 
distingués,  établit  quatre  ordres  subdivisés  en  treize  familles  : 

1°  Physcomycètes  ou  Champignons  algues,  Saprolegnicés,  Pcro- 
nosporées,  Mucorinées;  2°  Hypodermès  ou  Champignons  entho- 
phytes,  Urédinées,  /Ecidiées;  3°  Basidiomycètcs  ou  Champignons  à 
basides,  Tremellinés,  Hymenomy cotes  et  Gasteromycètes  ;  4°  Asco- 
rnycètes  ou  Champignons  à  thèques  (Protomy cètes,  Tubéracés, 
Omjijcnés,  Pyrenomycètes  et  Discomycètes). 

M.  J.  Berkeley,  dans  ses  Outlines  of  a  British  Fungologie,  suit 
à  peu  de  chose  près  la  classification  de  Fries.  Après  les  Hyméno- 
mycètes,  les \  Gasteromycètes,  les  Coniomycètes  et  les  Hyphomycètes, 
il  adopte  un  cinquième  ordre  sous  le  nom  d' Ascomycètes  {Asci- 
thecœ),  Champignons  à  thèques,  Thécasporées,  répondant  à  la 
division  des  Endosporées  de  M.  Tulasne,  et  dans  lequel  il 
comprend  les  Helvcllacées,  les  Tubéracées,  les  Phacidiées,  les 
Sphériacées,  les  Perisporiacées  et  les  Onygénécs,  plus  un  sixième 
ordre,  les  Physcomycètes  pour  les  Antennariées  et  les  Mucorinées. 

M.  Bertillon,  dans  le  Dict.  encyclopédique  des  Sciences 
médicales,  a  proposé  des  modifications  sur  divers  genres.  Un 
savant  mycologue  anglais ,  M.  Worthington  Smith,  dans  le 
Journal  ofBotany,  London  1871,  eul  l'heureuse  idée  de  publier 
des  tableaux  synoptiques  dans  lesquels,  en  alliant  naturellement 
les  divers  sous-genres  du  genre  Agaricus  de  Fries,  il  se  contente 
de  les  grouper  d'après  deux  nouveaux  caractères,  mais  il  accepte 
lui,  avec  empressement,  Y  émancipation  que  lui  a  léguée  son 
maître  Fries,  et  sans  se  laisser  arrêter  par  une  autorité  dont  il  ne 
connaît  plus  la  voix,  il  pénètre  partout  ;  à  l'aide  du  microscope  il 
cherche  à  reviser  les  sous  genres,  à  les  faire  concorder  avec  la 
méthode  naturelle. 

Un  autre  ouvrage  intéressant,  c'est  le  volume  intitulé  :  Les 
Champignons  de  la  France,  1869,  qu'a  publié  avant  sa  mort  mon 
regretté  ami  M.  Cordier,  et  dans  lequel  il  a  cherché,  en  fervent 


H)  DES   CLASSIFICATIONS 

disciple  de  Persoon,  à  subordonner  le  système  de  Fries  à  celui  de 
son  savant  maître. 

M.  C.  Cooke,  savant  botaniste  bien  connu,  dans  son  livre  sur 
les  Champignons,  Paris  1875,  et  surtout  dans  son  Manuel  des 
Champignons  de  la  Grande-Bretagne,  adopte  et  suit  la  classifi- 
cation de  M.  J.  Berkeley.  M.  Ernest  Roze,  dans  les  séances  des 
11  février  et  10  mars  1876,  présenta  à  la  Sociélé  Botanique  de 
France  son  essai  d'une  classification  nouvelle  des  Agaricinées. 

Mais  toutes  ces  classifications  sont  artificielles  et  arbitraires.  Il 
n'en  est  aucune,  quelles  que  soient  ses  prétentions,  qui  mérite, 
quand  on  veut  la  prendre  dans  son  ensemble,  le  titre  de  classifi- 
cation naturelle. 

En  cryptogamie,  tout  reste  à  faire.  On  ne  connaît  pas  môme  les 
fonctions  du  Champignon,  on  ignore  à  quoi  servent  les  éléments 
qui  les  composent  ;  on  discute  fort  sur  les  organes  et  sur  leur 
importance,  et  bien  peu  pourraient  dire  ce  qu'ils  sont  et  à  quoi 
ils  concourent.  Comme  l'appât  d'une  gloire  vaine  a  porté  bien  des 
cryptogamistes  à  démembrer  des  espèces  et  des  genres  pour 
leur  imposer  leur  nom,  on  devra,  ce  me  semble,  réagir  de  toutes 
ses  forces  contre  cette  tendance,  n'admettre  des  espèces  qu'à  bon 
escient  et  ne  point  faire  des  genres  de  complaisance.  Il  faudra 
se  rappeler  que  la  classification  parfaite  présente  pour  caractère 
essentiel,  une  disposition  de  tous  les  êtres  par  passage  insensible, 
les  groupements  naturels,  quelque  petits  qu'ils  soient,  contri- 
buant à  simplifier  et  réunir  :  tel  est  le  but. 

Les  descriptions  devront  être  claires,  précises,  nettes,  dégagées 
de  ces  termes  barbares,  dont  on  s'est  plu  à  encombrer  le  langage 
du  mycologiste,  comme  pour  rebuter  les  commençants  et  les 
dégoûter  de  sa  science  dès  les  premiers  pas. 


DIVISION    DES    CHAMPIGNONS  17 


CHAPITRE  IV 

DIVISION  DES  CHAMPIGNONS 

Par   J.-H.    LÉVEILLÉ 

Les  Champignons  se  divisent  en  six  classes  : 

1°  Les  Basidiosporés  renferment  les  Champignons  les  plus 
connus.  Leur  réceptacle  est  très  variable  dans  ses  formes  et  sa 
structure.  Les  organes  de  la  fructification,  qui  se  composent  de 
basides,  sont  situés  sur  sa  face  externe  ou  dans  son  parenchyme, 
et  quelquefois  dans  des  conceptacles  particuliers  ; 

2°  Les  ThécasporéSj,  très  variables  aussi  dans  leur  structure,  se 
reconnaissent  aux  utricules  ou  thèques,  dans  lesquelles  les  spores 
sont  renfermées.  Ces  petits  appareils  peuvent  être  placés  à 
l'extérieur  ou  dans  l'intérieur  du  réceptacle  ; 

3°  Les  Clinosporés  sont  extrêmement  nombreux  et  ordinai- 
rement volumineux,  les  spores  se  fixent  sur  un  clinode,  et  le 
clinode  est  tantôt  nu,  tantôt  renfermé  dans  l'intérieur  d'un 
réceptacle  le  plus  souvent  corné  ; 

4°  Les  Cystisporés  sont  caractérisés  par  des  réceptacles  filamen- 
teux,, simples  ou  rameux,  le  plus  souvent  cloisonnés,  terminés  par 
des  sporanges  vésiculeux  dans  lesquels  les  spores  sont  enfermées  ; 

5"  Les  Trichosporés  ont  des  réceptacles  simples  ou  rameux, 
continus  ou  cloisonnés,  recouverts  en  tout  ou  en  partie  de  spores 
nues.  Dans  certains  genres,  elles  sont  fixées  à  l'extrémité  des 
rameaux,  et,  dans  d'autres,  distribuées  plus  ou  moins  réguliè- 
rement sur  un  ou  plusieurs  points  de  leur  surface  ; 

6°  Les  Arthrosporés  se  distinguent  à  la  disposition  des  spores 
qui  sont  articulées  ensemble  et  placées  bout  à  bout,  comme  les 
grains  d'un  collier  ou  d'un  chapelet.  Le  réceptacle  qui  les  supporte 
est  quelquefois  si  court  que  ces  champignons  semblent  n'être 
formés  que  des  spores. 

Les  trois  premières  classes  se  partagent  en  deux  grandes  sous- 
divisions,  la  première  de  chacune  d'elles  renferme  tous  les  genres 
qui  ont  les  spores  à  la  surface  du  réceptacle,  et  la  seconde  ceux 

2 


18  DIVISION    DES    CHAMPIGNONS 

qui  les  ont  dans  des  conceptacles  particuliers.  Pour  exprimer  ces 
deux  sous-divisions,  et  prenant  la  partie  pour  le  tout,  afin  d'avoir 
des  noms  moins  longs  et  plus  doux  à  l'oreille,  je  distingue  : 
1°  les  Basidiosporcs  en  Entobasides  et  Ectobasides  ;  2°  les 
Thecasporés  en  Endothcques  et  Ectothèques  ;  3°  les  Clinosporés 
en  Endocline  et  Ectoclmes.  J'ai  cru  devoir  appeler  tribus  et 
sections  les  divisions  qui  suivent  ;  elles  comprennent  l'énumé- 
ration  des  genres.  Le  nom  de  famille  m'a  paru  trop  élevé  et  trop 
bien  défini  en  botanique  pour  le  donner  à  ces  petitsgroupes  ; 
je  conserve  donc  la  famille  des  Champignons  dans  le  même  sens 
que  A.-L.  de  Jussieu  l'a  établie. 

Pour  mettre  les  lecteurs  en  état  de  comprendre  la  valeur  et 
la  relation  des  différents  groupes  formés  par  Léveillé,  j'ai  tenu 
à  la  donner  textuellement,  afin  que  chacun  par  une  lecture  atten- 
tive pût  bien  se  pénétrer  de  l'idée  de  l'auteur,  car  il  est  impossible 
de  juger  le  classement  sans  avoir  l'ensemble  complet.  Nous 
pouvons  dire  seulement  que  ses  groupes  semblent  plus  naturels 
et  mieux  liés  entre  eux  que  ceux  des  autres  classifications. 


DISTRIBUTION  MÉTHODIQUE  DES  CHAMPIGNONS 


DIVISION  I.  —  BASIDIOSPORÉS  (1) 

Réceptacle  de  forme  variable.  Spores  supportées  par  des  basides  qui 
recouvrent  sa  surface,  ou  qui  sont  renfermés  dans  son  intérieur. 

Sous-division  I.  —  ECTOBASIDES. 
Basides  recouvrant  une  partie  seulement  ou  la  totalité  du  réceptacle. 

Tribu  I.  —  Idiomycètes. 

Réceptacle  charnu,  coriace  ou  trémelloïde,  pédicule,  sessile  ou  résupiné, 
nu  ou  renfermé  dans  une  volve;  face  basidiophore  lisse  ou  garnie  de 
lames,  de  veines,  de  pores  ou  d'aiguillons. 

(1)  Extrait  du  Dictionnaire  universel  d'Histoire  naturelle,  par  M.  C.  d'Orbigny,  tome  8, 
p.  486  et  suivantes. 


DIVISION    DES    CHAMPIGNONS  19 

Section  I.  —  Agaricinés. 

Réceptacle  nu  ou  renfermé  dans  une  volve.  Basides  situés  sur  des 
lames. 

A.  Lames  disposées  en  rayons  ou  en  éventail. 

Genres  :  Amanita,  Lam.;  Agaricus,  L.;  Lentinus,  Fr.;  Montacjnites,  Fr.; 
Plerophyllits,  Lév.;  Héliomyces,  Lév.;  Panus,  Fr.;  Xcrotus,  Fr.;  Trogia,  Fr.; 
Schizophyllum,  Fr.;  Cantharellus,  Adans.;  Lenzi/rs,  Fr. 

B.  Lames  concentriques. 
Genre  :  Cyclomyces,  Klotzsch. 

Section  IL  —  Phlébophorés. 

Réceptacle  charnu  ou  trémelloïde,  membraneux  ou  épais,  sessile  ou 
pédicule;  face  basidiophore  parcourue  par  des  plis  ou  par  des  veines 
irrégulières,  simples,  dichotomes. 

Genres  :  Phlebophora,  Lév.;  Phlebia,  Fr.;  Xylomyzon,  Pers. 

Section  III.  —  Polyporés. 

Réceptacle  charnu,  coriace,  subéreux,  épais,  membraneux,  sessile, 
pédicule  ou  résupiné,  nu  ou  renfermé  dans  une  volve.  Pores  lamelleux, 
anastomosés,  parallèles,  anfractueux,  alvéolés,  discrets  ou  réunis,  dans 
lesquels  sont  renfermés  des  basides  tétraspores  avec  ou  sans  cystides. 

A.  Réceptacle  charnu.  Pores  parallèles,  distincts,  séparables,  tubuleux. 
Genres  :  Boletus,  Fistulina,  Bull. 

B.  Réceptacle  charnu.  Pores  anfractueux  inséparables. 
Genres  :  Secotium,  Kze.;  Polyplocium,  Berk. 

G.  Réceptacle  coriace,  subéreux.  Pores  allongés,  formés  par  des  lames 
sinueuses  anastomosées. 
Genres  :  Hymenogramme,  Mntg  et  Berk.;  Dwdulea,  Pers. 

D.  Réceptacle  coriace,  subéreux.  Pores  parallèles,  tubuleux,  insépa- 
rables. 

Genres  :  Polyporua,  Trame/es,  Glœoporus,  Mntg. 

E.  Réceptacle  coriace.  Pores  parallèles,  inséparables,  grands,  anguleux, 
alvéoles. 

Genres  :  Junguhnia,  Cord.;  Favolus,  P.  B.;  Hexagona,  Fr. 

Section  IV.  —  Hydnés. 

Réceptacle  charnu  ou  coriace,  épais  ou  membraneux,  pédicule,  sessile 
ou  résupiné.  Basides  situés  sur  des  aiguillons  ou  des  papilles  fortement 
prononcées. 

Genres  :  Bydnum,  L.;  Hericium,  Pers.;  Irpex,  Fr. ;  Radulum,  Fr. ; 
Sistotrema,  Pers.;  Grandinia,  Fr.;  Odontia,  Fr.  =  Cymatoderma,  Jnghn. 
Kneiffia,  Fr. 

Section  V.  —  Théléphorés. 

Réceptacle  coriace,  subéreux  ou  charnu,  pédicule,  sessile  ou  résupiné. 


20  DIVISION    DES    CHAMPIGNONS 

Face  fertile,  lisse  ou  recouverte  de  petites  soies,  ou  de  petites  cupules 
membraneuses. 

Genres  :  Craterellus,  Fr.;  Thelephora,  Ehrbg.;  Leptochœte,  Lév.  =  Hymmo- 
chœle,  Lév.;  Coniophora,  DC;  Hypochms,  Ehrbg.;  Cladoderris,  Pers.;  Cora, 
Fr.;  Cyphella,  Fr. 

Section  VI.  —  Clavafjés. 

Réceptacle  charnu,  rarement  coriace,  rarneux  ou  en  forme  de  massue, 
recouvert  de  basides  sur  toute  sa  périphérie. 

Genres  :  Sparassis,  Fr.;  Gomphus,  Pers.;  Clavaria,  L.;  Lachnocladium, 
Lév.  =  Eriocladus,  Lév.;  Calocera,  Fr.;  Merisma,  Pers.;  Crinula,  Fr.; 
Pterula,  Fr.;  Pistillaria,  Fr.;  Typhula,  Fr. 

Section  VIL  —  Trémellés. 

Réceptacle  gélatineux,  sessile,  rarement  pédicule.  Surface  fertile, 
humide,  glabre,  unie  ou  plissée,  couverte  de  basides  monospores. 

Genres  :  Tremella,  L.;  Nœmatelia,  Fr.;  Myxacium,  Wallr.;  Dacrymyees, 
Nées;  Exidia,  Fr.;  Guepinia,  Fr.;  Tremiscus,  Pers.;  Laschia,  Fr.;  Lemalis, 
Fr.?;  Hirneola,  Fr."?;  Phyllopta,  Fr.;  Pyrenium,  Tode? 

Tribu  IL  —  Asérosmés. 

Réceptacle  pédicule,  renfermé  dans  une  volve,  campanule,  arrondi  ou 
divisé  en  étoile,  alvéolé  ou  sinueux.  Surface  fertile  recouvrant  toute  la 
surface  du  réceptable  ou  située  à  la  partie  interne  et  à  la  base  de  ses 
divisions,  se  réduisant  en  un  liquide  fétide.  Pédicule  simple,  lacuneux  ou 
divisé  en  différentes  parties  qui  s'anastomosent  et  forment  un  treillage  à 
mailles  plus  ou  moins  grandes. 

Section  I.  —  Phalloïdes. 

Réceptacle  campaniforme,  libre  ou  adhérent,  alvéolé  ou  lisse.  Basides 
situés  à  la  périphérie.  Pédicule  simple  lacuneux,  nu  ou  garni  d'un  réseau. 

Genres  :  Dictyophora,  Desv.;  Sophronia,  Pers.?;  Phallus,  Mich.;  Cyno- 
phallus,  Fr.;  Simblum,  Klolzsch;  Fœtidaria,  Mntg.? 

Section  IL  —  Clathracés. 

Réceptacle  globuleux,  muni  d'une  volve  et  placé  au  centre  d'un  pédi- 
cule divisé  et  anastomosé  en  forme  de  treillage. 

Genres  :  Clathrus,  L.;  Ilcodictyon,  Tul.;  Coleus,  Cav.  et  Sech.;  Laternea, 
Turp.;  Aserophallus,  Mntg.? 

Section  III.  —  Lysurés. 

Réceptacle  pédicule,  charnu,  enfermé  dans  une  volve,  divisé  en  lanières 
du  sommet  à  la  base.  Surface  fertile  située  en  dedans  et  à  la  base  des 
divisions. 

Genres  :  Lysurus,  Fr.;  Aseroë,  Labill.;  Calathiseus,  Mntg.;  Staurophallus, 
Mntg.? 


DIVISION   DES   CHAMPIGNONS  21 

Sous-division  II.  —  ENTOBASIDES. 

Basides  situés  dans  le  parenchyme  même  du  réceptacle,  ou  dans  des 
sporanges  particuliers  qui  y  sont  renfermés. 

Tribu  I.  —  Coniogastres. 

Réceptacle  globuleux,  ovale  ou  allongé,  membraneux,  charnu,  papy- 
racé,  nu  ou  enfermé  dans  une  volve,  sessile  ou  supporté  par  un  pédicule 
qui  le  traverse  quelquefois  en  tout  ou  en  partie  sous  forme  d'axe.  Paren- 
chyme spongieux,  compacte  ou  mou,  se  réduisant  en  poussière  et  en 
filaments.  Basides  tétraspores,  discrets,  tapissant  les  vacuoles  ou  pressés 
les  uns  contre  les  autres. 

Section  I.  —  Podaxinés. 

Réceptacle  rond,  ovale  ou  allongé,  charnu  ou  mou,  nu,  traversé  en 
tout  ou  en  partie  par  un  axe  central. 

Genres  :  Podaxon,  Desv.;  Cauloglossum,  Grev.;  Hyperrhiza,  Bosc; 
Cycloderma,  Klotzsch;  Stetnonitis,  Pers.;  Diachra,  Fr. 

Section  II.  —  Battarrés. 

Réceptacle  presque  globuleux,  enfermé  dans  une  volve  se  réduisant 
en  spores  et  en  filaments  à  sa  partie  supérieure.  Pédicule  long  et  fibreux. 
Genre  :  Battarrea,  Pers. 

Section  III.  —  Tylostomés. 

Réceptacle  globuleux,  déprimé  en  dessous,  papyracé,  enveloppe  dans 
une  volve  fugace,  s'ouvrant  par  un  pore  régulier,  cartilagineux  ou  se 
déchirant  irrégulièrement.  Pédicule  allongé,  fibreux,  plein  ou  fistuleux. 

Genres  :  Tylostoma,  Pers.;  Schizostoma,  Ehrbg.;  Calostoma,  Pers.?; 
Vitremyces,  Nées?;  Riella,  Rafin.;  Suspicante,  Schweinitz? 

Section  IV.  —  Géastrés. 
Réceptacle  arrondi,  membraneux,  sessile  ou  pédicule,  s'ouvrant  à  sa 
partie  supérieure  ou  sur  plusieurs  points  de  sa  surface,  renfermé  dans 
une  volve  persistante,  coriace,  hygrométrique,  qui  se  rompt  du  sommet  à 
l.i  base  sous  forme  d'étoile. 

Genres  :  Myriostoma,  Desv.;  Pkcostoma,  Desv.;  Geas/er,  Mich.;  Disciseda, 
Czern.;  Actinodermum,  Nées?  Diploderma,  Lk. 

Section  V.  —  Brooméié.s. 
Réceptacles  globuleux,  sessiles,  s'ouvrant  irrégulièrement  à  la  partie 
supérieure,  et  plongés  en  partie  dans  une  base  commune. 
Genre  :  Brooméia,  Berk. 

Section  VI.  —  Lycoperdés. 
Réceptacle  presque  globuleux,  recouvert  d'un  cortex  verruqueux  plus 
ou  moins  fugace  s'ouvrant  à  sa  partie  supérieure,  sessile  ou  supporté  par 


22  DIVISION    DES    CHAMPIGNONS 

un  pédicule  celluleux  en  dedans  et  persistant.  Spores  sessiles  ou  pédi- 
cellées,  glabres  ou  hérissées. 
Genres  :  Lycoperdon,  Mien.;  Bovista,  Pers.;  Lycogala,  Pers. 

Section  VII.  —  IIippoperdés. 

Réceptacle  charnu,  recouvert  d'un  cortex  fugace.  Parenchyme  celluleux 
et  persistant,  ne  se  réduisant  pas  en  filaments.  Spores  rondes,  sessiles, 
glabres  ou  hérissées. 

Genre  :  Hippoperdon,  Mntg. 

Section  VIII.  —  Phellorinés. 

Réceptacle  arrondi,  ovale,  coriace,  subéreux,  persistant,  s'ouvrant  en 
lanières  irrégulières  à  sa  partie  supérieure. 
Genres  :  Phellorina,  Berk.;  Mycenastrum,  Desv.;  Endoneuron,  Czern. 

Section  IX.  —  Polysaccés. 

Réceptacle  arrondi  ou  ovale,  sessile  ou  pédicule,  membraneux  ou 
coriace,  puis  fragile,  s'ouvrant  irrégulièrement,  divisé  à  l'intérieur  en 
plusieurs  loges  qui  renferment  des  conceptables  particuliers  arrondis  ou 
difformes. 

Genres  :  Polysaccum,  DC;  Scoleiocarpus,  Berk. 

Section    X.    —   SCLÉRODERMÉS. 

Réceptacle  presque  globuleux,  sessile  ou  pédicule,  coriace,  indéhiscent, 
ou  se  brisant  au  sommet.  Parenchyme  compacte,  enfin  pulvérulent. 
Basides  pressés  les  uns  contre  les  autres. 

Genres  :  Scleroderma,  Pers.;  Goupilla,  Mér. ? 

Section  XI.  —  Triciiodekmés. 

Réceptacle  arrondi  ou  en  forme  de  coussin,  sessile  ou  pédicule,  partie 
supérieure  filamenteuse  et  disparaissant  spontanément  pour  donner  issue 
aux  spores. 

Genres  :  Trichocoma,  Jnghn.;  Pilacre,  Fr.;  Trichoderma,  Pers.,  Ostraco- 
derma,  Fr.;  Institalc,  Fr.;  Hyphelia,  Fr.? 

Section  XII.  —  Réticulariés. 

Réceptacle  arrondi  ou  en  forme  do  coussin,  d'abord  mou,  diftluent,  puis 
pulvérulent. 

Genres  :  Reticularia,  Bull.;  JEthalium,  Lk.;  Lignidium,  Lk.;  Diphtherium, 
Ehrbg.;  Enteridium,  Ehrbg.;  Lachnobolus,  Fr. ?;  Ptycogaster,  Gord.? 

Section  XIII.  —  Spumariés. 

Réceptacles  nombreux,  fixés  à  une  membrane  muqueuse  commune, 
recouverte  d'une  enveloppe  molle,  diffluente  comme  de  l'écume,  et  qui 
se  réduit  enfin  en  poussière. 

Genres  :  Spumaria,  Pers.;  Pitlocarpium,  Lk.? 


DIVISION    DES    CHAMPIGNONS  gg 

Section  XIV.  —  Physarés. 

Réceptacles  de  forme  variable,  sessiles  ou  pédicules.  Parenchyme 
formé  par  un  réseau  solide,  sans  élasticité  et  naissant  des  parois  du 
réceptacle. 

Genres  :  Physarum,  Pers.;  Didymium,  Schrad;  Tricamphora,  Jnghn; 
Cupularia,  Lk.;  Tripotrichia,  Cord.;  Craterium,  Trentp.;  Diderma,  Pers.; 
Cionium,  Lk.;  Leocarpus,  Lk.;  Leangium,  Lk.;  Polyckysmium,  Cord.; 
Angioridium,  Griv.;  Stegasma,  Cord.;  Cylichnium,  Wallr.?  Trichulius,  Sehmid.:' 

Section  XV.  —  Triciiiacés. 
Réceptacle  ovale  ou  arrondi,  sessile  ou  pédicule.  Réseau  élastique. 
Genres  :  Trichia,  Hall.;  Arcyria,  Hall.;  Cirrhotus,  Mart.? 

Section  XVI.  —  Cribrariés. 
Réceptacle  globuleux,  ovale,  pédicule.  Réseau  solide,  persistant,  et 
dépourvu  d'élasticité. 
Genres  :  Dictydium,  Schrad.;  Cribraria,  Schrad. 

Section  XVII.  —  Licés. 

Réceptacle  de  forme  variable,  sessile.  Parenchyme  sans  texture  mani- 
feste, et  ne  présentant  à  l'époque  de  la  dispersion  des  spores  que  peu  ou 
point  de  filaments. 

Genres:  Perichxna,  Fr.;  Licm,  Schrad.;  Tubiilum,  l'ers.;  Vhclonilis,  Ghev.; 
Tipularia,  Chev.;  Dichosporium,  Nées?;  Clissosporium,  Fr. ?;  Asterothecium, 
Wallr.?;  Amphisporium,  Lk.'? 

Tribu  I.  —  Cyophorés. 

Réceptacle  sessile  ou  pédicule,  subglobuleux  ou  urcéolé,  floconneux, 
membraneux  ou  fibreux,  renfermant  dans  son  intérieur  un  ou  plusieurs 
sporanges.  Ouverture  irrégulière,  circulaire  ou  en  lanières,  nue  ou  munie 
d'un  épiphragme.  Sporanges  sphériques,  ovales,  sessiles  ou  attachés  à 
un  funicule,  quelquefois  lancés  au  loin  avec  élasticité. 

Section  I.  —  Polygastrés. 

Réceptacle  arrondi,  sessile,  floconneux  ou  subéreux,  s'ouvrant  irrégu- 
lièrement.  Sporanges  nombreux  et  sessiles. 

Heures  :  Polygaster,  Fr.;  Endogone,  Lk.;  Gemmularia,  Rafin.?;  Arachnion, 
Schweinz;  Myriococcum,  Fr.;  Polyangium,  Lk.;  Ciliciocarpus,  Cord. 

Section  IL  —  Nidulariés. 

Réceptacle  arrondi  ou  urcéolé,  coriace  ;  ouverture  irrégulière  ou  orbi- 
culaire,  nue  ou  munie  d'un  épiphragme.  Sporanges  superposés,  le  plus 
souvent  lenticulaires,  sessiles  ou  attachés  à  un  funicule  élastique. 

Genres  :  Crucibulum,  Tul.;  Cyathtts,  Pers.;  Cyathea,  Br. 

Section  III.  —  Carpobolés. 
Réceptacle  arrondi  ou  urcéolé,  sessile;  ouverture  simple,  orbiculaire 


24  DIVISION    DES    CHAMPIGNONS 

ou  divisée  en  lanières.  Sporange  unique,  sessile,  ovale  ou  arrondi,  lancé 
quelquefois  avec  élasticité. 

Genres  :  Atractobolus,  Tode;  Thelebolus,  Tode;  Carpobolus,  Mich. 

Tribu  III.  —  Hystérangiés. 

Réceptacle  globuleux  ou  difforme,  charnu,  indéhiscent.  Parenchyme 
compacte  ou  spongieux,  homogène  ou  veiné.  Basides  libres  ou  pressés 
les  uns  contre  les  autres. 

Genres:  Gaut/iiera,Vilt.;  Splanchnomyces,  Gord.;  Hymenangium, Klotzsçh.; 
Octaviana,  Tull.;  Melanogaster,  Gord.;  Hyperrhiza,,  Bosc?;  Hydmngium, 
Wallr.;  Hysterangium,  Vitt.;  Bromicolla,  Eichwald.? 

DIVISION  II.  —  THÉGASPORÊS. 

Réceptacle  de  forme  variable.  Spores  renfermées  dans  des  thèques 
avec  ou  sans  paraphyses,  situées  h  sa  surface  ou  dans  l'intérieur  du 
réceptacle. 

Sous-division  I.  —  ECTOTHÈQUES. 

Réceptacle  charnu,  coriace  ou  trémelloïde,  sessile  ou  pédicule,  capi- 
tulé, membraneux  et  plié,  en  forme  de  massue  ou  de  cupule,  lisse, 
sinueux  ou  alvéolé. 

Tribu  I.  —  Mitres. 

Réceptacle  charnu,  allongé,  en  forme  de  langue,  de  massue,  capitulé. 
membraneux,  sinueux,  alvéolé,  ou  plié. 

Section  I.  —  Géoglossés. 

Réceptacle  charnu,  pédicule,  lisse,  en  forme  de  massue  ou  capitulé. 
Genres  :  Spathularia,  Pers.;  Geoylossum,  Pers;  Leotia,  Pers.;  Mitrula,  Fr.; 
Heyderia,  Fr.;  Vibrissea,  Fr. 

Section  II.  —  Morchellés. 

Réceptacle  pédicule,  charnu  ou  trémelloïde,  sphérique,  campanule  ou 
conique,  sinueux  ou  alvéolé. 

Genres  :  Morchella,  Pers.;  Eromitra,  Lév.  =  Miirophora,  Lév.;  Gyroce- 
phalus,  Pers.;  Verpa,  Pers. 

Section  III.  —  Helvellés. 
Réceptacle  pédicule,  membraneux,  divisé  en  lobes  plies  et  rabattus, 
libres  ou  adhérents  au  pédicule. 
Genre  :  Helvella,  L. 

Tribu  II.  —  Cyathydés. 

Réceptacle  sessile  ou  pédicule,  charnu,  coriace  ou  trémelloïde,  en 
forme  de  cupule. 


DIVISION    DES    CHAMPIGNONS  25 

Section  I.  —  Gyttariés. 

Réceptacle  sessile  ou  pédicule,  trémelloïde,  présentant  à  sa  périphérie 
un  plus  ou  moins  grand  nombre  de  cellules  dans  lesquelles  les  thèques 
sont  renfermées. 

Genre  :  Cyttaria,  Berk. 

Section  II.  —  Pézizés. 

Réceptacle  charnu,  rarement  coriace,  sessile  ou  pédicule,  en  forme  de 
cupule  plus  ou  moins  profonde,  ou  de  disque  convexe. 

Genres  :  Peziza,  L.;  Ascobolus,  Pers.;  Bulgaria,  Fr.;  Rhizina,  Fr.;  Patel- 
laria,  Fr.;  Helotium,  Pers. 

Section  III.  —  Agyriés. 

Réceptacle  charnu,  sessile,  convexe  ou  plat. 

Genres  :  Agyrium,  Fr.,  Cord.;  Pyronema,  Carus;  Cryplomyces,  Grev.; 
Propolis,  Fr.,  Cord.;  Xylographa,  Fr."?;  Sarea,  Fr."? 

Section  IV.  —  Génangiés. 

Réceptacle  sessile,  rarement  pédicule,  coriace,  déprimé  ou  concave; 
ouverture  nue  ou  munie  d'un  voile  membraneux  fugace. 
Genres  :  Cénangium,  Fr.;  Tympanis,  Tode;  Dennea,  Fr.  ? 

Section  V.  —  Stictés. 

Réceptacle  sessile,  membraneux;  ouverture  entière  ou  divisée  en 
lanières. 

Genres  :  Stictis,  Pers.;  Cryptodiscus,  Cord.;  Godronia,  Moug.  et  Lév.; 
Melittosporium,  Cord. 

Sous-division  IL  —  ENDOTHÈQUES. 

Réceptacle  sessile  ou  pédicule,  charnu,  coriace,  subéreux  ou  charbon- 
neux, nu;  conceptacles  isolés  ou  réunis  en  plus  ou  moins  grand  nombre, 
sphériques,  ovales  ou  déprimés,  s'ouvrant  en  une  ou  plusieurs  fentes, 
ou  par  un  pore. 

Tribu  I.  —  Rhegmostomés. 

Conceptacles  sessiles,  cornés  ;  ouverture  linéaire  ou  radiée. 

Section  I.  —  Hystéries. 

Conceptacles  sessiles,  cornés,  saillants  ou  déprimés,  orbiculaires, 
ovales  ou  linéaires;  ouverture  longitudinale,  linéaire. 

Genres  :  Glonium,  Muhlenb.;  Hystérium,  Pers.;  Hysterographium,  Cord.; 
Lophium,  Fr.;  Aylographum,  Libert;  Dichœna,  Fr.;  Oslropa,  Fr.;  Sporomega, 
Cord.;  Endotrkhiim,  Cord.;  Schizothecium,  Cord.;  Chcilaria,  Libert;  Rhy- 
tisma,  Fr. 


26  DIVISION    DES    CHAMPIGNONS 

Section  II.  —  Cliostomés. 

Conceptacles  sessiles,  cornés,  déprimés,  s'ouvrant  en  plusieurs  fentes 
du  centre  à  la  circonférence. 
Genres  :  Phacidium,  Fr.;  Aclidium,  Fr.;  Cliostomum,  Fr.;  Pi/idium,  Kz. 

Tribu  II.  —  Stégillés. 

Conceptacles  sessiles,  cornés,  aplatis,  la  partie  supérieure  se  détache 
en  forme  d'opercule  ou  d'écaillé,  et  met  à  découvert  les  thèques. 
Genres  :  Stegilla,  Rchb.;  Schizoderma,  Ehrbg. 

Tribu  III.  —  Sphériacés. 

Conceptacles  globuleux,  ovales,  aplatis,  coriaces  ou  cornés,  isolés  ou 
réunis  en  grand  nombre,  libres  ou  supportés  par  un  réceptacle  'allongé, 
pulviné  ou  étalé,  charnu,  subéreux,  carbonacé  ou  composé  de  fibres 
rayonnantes,  indéhiscent,  ou  s'ouvrant  par  un  pore  en  forme  de  papille, 
ou  situé  à  l'extrémité  d'un  col  ou  bec  plus  ou  moins  prononcé. 

Genres  :  Hypocrea,  Fr.;  Hypoxylon,  Bull.;  Acrosphseria,  Cord.;  Acroscy- 
phus,  Lév.;  Thamnomyces,  Ehrbg.;  Chœnocarpus,  Rebent.;  Cordyceps,  Mntg., 
Fr.;  Bacillaria,  Mntg.;  Sphxria,  L.;  Podostrombium,  Kz.  =  Hypolyssus 
Hontagnei,  Berk.;  Aposphwria,  Berk.;  Depazea,  Fr.;  Stigmea,  Fr.;  Sporotheca, 
Cord.;  Dotidea,  Fr.;  Pyrenochium,  Link.;  Polystigma,  Pers.;  Saccothecium, 
Mntg.;  Melanospora,  Cord.;  Splanchnonema,  (lord.;  Asterina,  Lév.;  Pisomyxa, 
Cord.?;  Lembosia,  Lév.;  Meliola,  Fr.?;  Microthyrium,  Desmaz.;  Micropeltis, 
Mntg.;  Pemphydium,  Mntg.;  Hypospila,  Fr.?;  Perisporium,  Fr. 

Tribu  IV.  —  Angiosarques. 

Réceptacles  charnus,  arrondis  ou  tubéreux,  sessiles,  pédicules  ou 
placés  sur  une  base  filamenteuse,  le  plus  souvent  indéhiscents;  paren- 
chyme uniforme  ou  veiné;  spores  au  nombre  de  six  à  huit,  renfermées 
dans  des  thèques  arrondies  ou  ovales,  rarement  cylindriques. 

Section  I.  —  Tobéracés. 

Réceptacle  hypogé,  arrondi,  tubéreux,  lisse  ou  verruqueux  à  sa  surface  ; 
spores  lisses  ou  hérissées,  renfermées  dans  des  thèques  arrondies,  ovales 
•ou  cylindriques. 

Genres  :  Tuber,  Mich.;  Choiromyces,  Tul.;  Pachyphlseus,  Tul.;  Hydnobo- 
lites,  Tul.;  Delastria,  Tul.;  Sphxrosoma,  Klotzsch;  Elaphomyces,  Nées; 
Bahamia,  Vitt.;  Genea,  Vitt.;  Picoa,  Vitt. 

Section  IL  —  Oxygénés. 

Réceptacle  sphérique  ou  en  forme  de  capitule,  charnu,  compacte,  indé- 
hiscent, supporté  par  un  pédicule  plein,  charnu  ;  spores  renfermées  dans 
des  thèques  ovales  ou  arrondies. 

Genres  :  Onygena,  Pers.;  Spadonia,  Fr.?;  Hypochxna,  Fr.? 


DIVISION    DES    CHAMPIGNONS  27 

Section  III.  —  Érysiphés. 

Réceptacle  charnu,  spliéiïque,  le  plus  souvent  indéhiscent,  supporté 
par  une  base  floconneuse  superficielle  ou  cachée  ;  spores  au  nombre 
d'une  à  huit,  renfermées  dans  des  thèques  arrondies  ou  ovoïdes. 

Genres  :  Erysiphe,  Iledw.  fils;  Lasiobotrys,  Kze. 

DIVISION  III.  —  CLINOSPORÉS. 

Réceptacle  de  forme  variable,  recouvert  par  le  clinode  ou  le  renfermant 
dans  son  intérieur. 

Sous-division  I.  —  ECTOCLINES. 
Clinode  charnu  recouvrant  en  tout  ou  en  partie  la  surface  du  réceptacle 

Tribu  I.  —  Sarcopsidés. 

Réceptacle  charnu,  mou,  en  forme  de  capitule,  de  coussin,  sessile  ou 
pédicule. 

Section   I.   —  TUBERCULARIÉS. 

Réceptacle  charnu,  sessile  ou  pédicule;  spores  déliquescentes. 

Genres  :  Tubercularia,  Tode;  Ditiola,  Fr.;  Ceratopodium,  Gord.;  Cilicipo- 
dium-,  Gord.;  Hymenula,  Fr.;  JEgerita,  Pers.;  Epicoccutn,  Lk.;  Conisporium, 
Gord.;  Sphxrosporium,  Sehweinz.;  Chromostroma,  Gord.;  Crocisporium,  Cord.; 
Fusarium,  Lk.;  Sphacelia,  Lév.;  Selenosporium,  ('.uni.;  Stromateria,  Cord.; 
Seimatosporium,  Gord.;  Sphœrosporium,  Schwnz.;  Chrooslromu,  Gord.;  V.owu- 
laria,  Cord.;  Gymnosporiutn,  Gord.'?;  Chromosporium,  Cord.?;  Amphisporium. 
Lk."?;  Echinobotryum,  Cord.?;  Coniothecium,  Cord.1?;  An  status  abortivu* 
variatum  Sphœriarum?  Blennoria,  Fr.  ? 

Section  II.  —  Stilbés. 

Réceptacle  pédicule,  terminé  en  tète,  mou,  déliquescent,  enfin  pulvé- 
rulent. 

Genres  :  Hyalopus,  Cord.;  Stilbum,  Tode;  Graphium,  Cord.;  Melanostroma, 
Gord.;  Gloiocladium,  Cord. 

Section  III.  —  Excipulés. 
Réceptacle  membraneux,  excipuliibrme,  sessile  ou  pédicule;  clinode 
convexe,  déliquescent;   spores  continues,    cloisonnées,   avec  ou  sans 
appendices  filiformes. 

Genres  :  Excipula,  Gord.;  Dinemasporium,  Lév.;  Polynema,  Lév.;  Chœto- 
stroma,  Cord. 

Section  IV.   —  Mélanconiés. 

Réceptacle  charnu,  plat,  simple  ou  lobé,  caché  sous  l'épidémie;  spores 
continues  ou  cloisonnées,  mélangées  avec  une  matière  gélatineuse,  et 
sortant  sous  forme  de  masses,  de  fils  ou  de  rubans. 

Genres  :   Stegonosporium,  Gord.;   Asterosporium,    Kze.;   Didymosporium. 


28  DIVISION    DES    CHAMPIGNONS 

Nées;  Stilbospora,  Pers.;  Cryptosporium,  Kze.;  Dictyosporium,  Corel.;  Fusi- 
coccum,  Gord.;  Nxmaspora,  Pers.;  Libertella,  Desmaz.;  Myxosporium,  Lk.; 
Dicoccum,  Gord.?;  Fusoma,  Cord.?;  Aptenoum,  Cord.? 

Section  V.  —  Myrothécies. 
Réceptacle  membraneux,  sessile,  superficiel,  marge  nue  ou  formée  par 
des  poils  dressés. 

Genres  :  Myrothecium,  Tode;  Psilonia,  Fr.;  Myrosporium,  Cord.;  Tricho- 
teconium,  Cord.;  Scolicotrichum,  Kze."?;  Aseimotrihum,  Cord.?;  Volutella, 
Tode? 

Tribu  II.  —  Coniopsidés. 

Réceptacle  charnu,  coriace,  trémelloïde,  pulviné,  convexe,  ou  lingui- 
forme,  d'abord  caché,  puis  saillant;  spores  caduques  pulvérulentes,  sim- 
ples ou  cloisonnées,  sessiles  ou  pédiculées. 

Section  I.  —  Urédinés. 

Réceptacle  charnu,  en  forme  de  coussin  ou  subulé  ;  spores  rondes  ou 
ovales,  continues,  sessiles  ou  pédiculées. 

Genres  :  Uredo,  Pers.;  Cronartium,  Fr.;  Spilocea,  Fr.?;  Papularia,  Fr.?; 
Phyllxdium,  Fr.?;  Physoderma?;  Protomyces,  Ung. ? 

Section  II.  —  Ustilaginés. 

Réceptacle  filamenteux,  fugace,  caché;  spores  situées  dans  l'épaisseur 
des  tissus  qu'elles  détruisent  pour  se  répandre  au  dehors  sous  forme  de 
poussière. 

Genres  :  Poltjcystis,  Lév.;  Ustilago,  Dittm.;  Sporisorium,  Ehrbg;  Tcsticu- 
laria,  Klotzsch. 

Section  III.  —  Phragmidiés. 

Réceptacle  charnu,  coriace  ou  trémelloïde  ;  spores  pédicellées  et  cloi- 
sonnées. 

Genres  :  Puccinia,  Pers.;  Rhopalidium,  Motg.  =  Puccinia  brassicx,  Mntg.; 
Solenodonta,  Castg.  =  Puccinia  coronata,  Cord.;  Melampsora,  Castg.;  An 
status  abortivus  Puccinia1?  Polythrincium,  Kze;  Phragmidium,  Fr.;  Xenodo- 
chus,  Schlect.;  Triphragmium,  Lk.;  Gymnosporangium,  Lk.;  Podisoma,  Lk.; 
Coryneum,  Nées;  Spohdesmium,  Lk.;  Ceratosporium,  Schweinz.;  Clasteros- 
poriuni,  Schweinz.;  Hymenopodium,  Cord.;  Didymaria,  Cord.;  An  Puccinia 
in  statu  juvenili?  Entomyclium,  Wallr. ?  Bryomyces,  Miq.;  An  germinal io 
muscorum  ? 

Sous-division  IL  —  ENDOCLINES. 

Réceptacles  coriaces  ou  cornés,  sessiles  ou  pédicules,  renfermant  lu 
clinode  et  les  spores  dans  leur  intérieur. 

Section  I.  —  Actinothyriés. 
Réceptacle  sessile,  adné,  se  séparant  sous  forme  d'écaillé. 


DIVISION    DES   CHAMPIGNONS  29 

Genres  :  Actinothyrium,  Kze.;  Leptostrouia,  Leptothyrium,  Kze.;  Parmu- 
laria,  Lév.;  Coniothyrium,  Cord.;  Lichenopsis,  Sckweinz. 

Section  II.  —  Labrellés. 

Conceptacle  corné,  sessile,  s'ouvrant  par  une  fente  longitudinale. 
Genres  :   Labrella,  Fr.?;   Endotrichum,   Cord.;   Phragmotrichum,   Kze.; 
Strigula,  Fr.? 

Section  III.  —  Astéromés. 

Gonceptacles  hémisphériques,  cornés,  et  s'ouvrant  par  un  pore  au 
sommet,  supporté  par  un  réceptacle  composé  de  fibres  solides,  rayon- 
nantes et  adnées. 

Genres  :  Asleroma,  DC,  Libert;  Ypsilonia,  Lév.;  Dendrina,  Fr. 

Section  IV.  —  Pestalozziés. 

Conceptacle  nu,  hémisphérique,  corné,  s'ouvrant  par  un  pore;  spores 
cloisonnées,  pourvues  d'appendices  filiformes. 

Genres  :  Péstalozzia,  Dntrs.  =  Robillarda,  Castg.;  Discosia,  Libert;  Dilo- 
phospora,  Desmaz.;  Neoltiospora,  Desmaz.;  Seiridium,  Nées;  Phhjctidium, 
Wallr.,  Dntrs.;  Prosthemium,  Kze. 

Section  V.  —  Sphéronémés. 

Conceptacle  libre,  rarement  supporté  par  un  réceptacle,  globuleux, 
conique,  cylindrique,  aplati,  corné  ou  membraneux;  spores  simples  ou 
cloisonnées,  sortant  sous  forme  de  tache  du  de  globule. 

Genres  :  Zythia,  Fr.;  Sphseronxma,  Fr.;  Herçospora,  Fr.;  Ascospora, 
Libert;  Septoria,  Fr.;  Phoma,  Fr.;  Melasmia,  Lév.;  Ceuthospora,  Grev.; 
Stigmella,  Lév.;  Sporocadus,  Cord.;  Couturea,  Castg.;  Cryptosporium,  Kze.; 
Hender sonia,  Berk.;  Acrospermum,  Tode;  Micropera,  Lév.;  Cylispora,  Fr.; 
Polyehœion,  Pers.;  Fumago  cifri,  Pers. 

Section  VI.  —  Sphéropsidés. 

Conceptacle  corné,  charbonneux,  globuleux,  ovale,  hémisphérique, 
isolé  ou  supporté  sur  un  réceptacle  commun,  uniloculaire,  indéhiscent, 
ou  s'ouvrant  par  un  pore  en  forme  de  papille  ou  situé  à  l'extrémité  d'un 
col  plus  ou  moins  allongé;  spores  continues  ou  cloisonnées. 

Genres  :  Acrosphxria,  Cord.?  Phylacia,  Lév.;  Corynelia,  Fr.?  Sphseropsis, 
Lév.;  Piptostomum,  Lév.;  Sphinctrina,  Fr.;  Scopinella,  Lév.  =  Scopulina, 
Lév.;  Diplodia,  Fr.;  Apiosporium,  Kze.;  Microtheàum,  Cord.;  Gibbera,  Fr.; 
Spilobolus,  Lk.;  Coccobolus,  Wallr.;  Pyrenotrichum,  Mntg.;  Selerococum,  Fr.; 
Chsetomium,  Kze.;  Myxotricfmm,  Kze.;  Angiopoma,  Lév.;  Vermicularia,  Fr.; 
Schizothecium,  Cord.;  Apiosporium,  Kze.;  Dryophilum,  Schweinz.;  An  iticu- 
nubulu  insectorum  ? 


30  DIVISION    DES    CHAMPIGNONS 

DIVISION  IV.  —  CYSTOSPORÉS. 

Réceptacles  floconneux,  cloisonnés,  simples  ou  rameux;  spores  conti- 
nues; renfermées  dans  un  sporange  terminal,  membraneux,  muni  ou  non 
d'une  columelle  centrale. 

Tribu  I.  —  Columellés. 

Sporange  renfermant  une  columelle  à  l'intérieur,  se  déchirant  irrégu- 
lièrement ou  circulairement  au-dessous. 

Section  I.  —  Cratéromycés. 
Sporange  vésiculeux,  terminal  ou  latéral,  ouvert  à  sa  partie  supérieure. 

A.  Sporange  sans  opercule. 
Genres  :  Calyssosporium,  Gord.;  Hemiseyphe,  Cord.;  Cratéromycés,  Cord.; 
Didymocrater,  Mart.;  Zygosporium,  Mntg.'? 

B.  Sporange  opercule 
Genre  :  Diamphora,  Mart. 

Section  II.  —  Ascophorés. 

Sporange  vésiculeux,  s'ouvrant  irrégulièrement  ou  circulairement 
au-dessous. 

Genres  :  Ascophora,  Tode;  Rhizopus,  Ehrbg.;  Mucor,  Mich.;  Sporodinia, 
Lk.;  Cystopora,  Rabenb.? 

Tribu  II.  —  Saprophilés. 

Sporanges  terminaux  ou  latéraux,  isolés  ou  conjugués,  continus  ou 
operculés,  sans  columelle  à  l'intérieur. 

Section  I.  —  Mucorinés. 

Sporange  vésiculeux,  sans  columelle  à  l'intérieur,  s'ouvrant  au  sommet. 

Genres  :  Hydrophora,  Tode;  Melidium,  Escbw.;  Helicostyluin,  Cord.;  Thc- 
Iractis,  Mart.;  Acrostalagmus,  Cord.;  Azygites,  Fr.;  Cepha/euros,  Kze.*?; 
Endodromia,  Berk.? 

Section  II.  —  Pilobolés. 

Sporange  vésiculeux,  terminal,  recouvert  d'un  opercule. 
Genres  :  Pilobolus,  Tode;  Pycnopodium?,  Cord.;  Chordostylum?,  Tode; 
Caulogasler ?,  Cord./ 

Section  III.  —  Syzygités? 

Réceptacle  floconneux;  sporange  résultant  de  la  conjugaison  des 
rameaux  latéraux. 

Genres  :  Syzygités,  Ehrbg.;  An  alga  aerea? 


DIVISION    DES    CHAMPIGNONS  31 

DIVISION  V.  —  TRICHOSPORÉS. 

Flocons  du  réceptacle  isolés  ou  réunis  en  un  seul  corps,  simples  ou 
rameux;  spores  extérieures  fixées  sur  toute  la  surface  ou  sur  quelques 
points  seulement. 

Sous-division  I.  —  ALEURINÉS. 

H, ptacles  isolés  ou  formés  de  plusieurs  flocons  réunis,   allongés, 

membraneux  ou  capitules;  spores  situées  sur  toute  leur  surface  ou  seule- 
ment à  la  partie  supérieure. 

Tribu  1.  —  Isariés. 

Réceptacle  composé,  solide,  capitulé  ou  allongé. 
Genres  :   Maria,   Pers.;   Amphichorda,    Fr.;    Peribotryon,   Fr.?;    Tricli- 
nium,  Fée? 

Tribu  II.  —  Scoriadés. 

Réceptacle  membraneux,  eupuliforme  ou  rameux,  diffluent  ou  persis- 
tant, recouvert  de  spores. 
Genres  :  Ceratium,  Ub.  et  Schweinz.;  Dacrina,  Fr.;  Epiehysium,  Tode? 

Tribu  III.  —  Périconiés. 

Réceptacle  composé,  plein  ou  cloisonné,  subuliforme,  termine  en  un 
capitule  arrondi,  ovale  ou  allongé,  couvert  de  spores. 

Genres  :  Periconia,  Tode;  Sporocybe,  Fr.;  Paehnocybe,  Berk.;  Cephalo- 
trichum,  Lk.;  Doratomyces,  Gord.,  an  genus  distinctum? 

Tribu  IV.  —  Sporotrichés. 

Réceptacles  floconneux,  rameux,  recouverts  de  spores  sur  toute  leur 
surface. 

Genres  :  Sporotrichum,  Lk.;  Fusidium,  Lk.;  Aleurisma,  Lk.;  Asterophora, 
Dittam;  Mycogone,  Pers.;  Sepedonium,  Lk.;  Nemalogonium,  Desinaz.;  Colle- 
tosporium,  Gord.;  Acrothamnium,  Nées'?;  Plecotrichum,  Gord.?;  Mainomyces, 
Gord.;  Chrysosporium,  Gord.?;  Chromosporium,  Gord.?;  Myxonema,  Cord.?; 
Melanotrichum,  Cord.?;  Memnonium,  Cord.?;  Artotrogus,  Mntg.? 

Tribu  V.  —  Ménisporés. 

Réceptacles  floconneux,  simples,  cloisonnés,  obtus  ou  aigus  au  som- 
met; spores  nombreuses,  simples  ou  cloisonnées,  ovales,  allongées,  cour- 
bées ou  anguleuses,  terminales  et  verticillées. 

Genres  :  Menispora,  Pers.;  Rhinotrichum,  Cord.;  CamptôUm,  Lk.;  Arthri- 
nium,  Kze.;  Gonatosporium,  Lk.;  Psilonia,  Fr.?;  Medusula,  Tode?,  Bala- 
iittiin,  Wallr.;  Spondycladium,  Mark;  Cœlosporium,  Lk.;  Ospriosporium, 
Cord.?;  Trichostroma,  Cord.?;  Œdemium,  Lk. 


32  DIVISION    DES    CHAMPIGNONS 

Sous-division  IL  —  PHYCOCLADÉS. 

Réceptacles  simples  ou  rameux,  cloisonnés;  spores  simples  ou  cloison- 
nées, fixées  sur  une  vésicule  terminale,  ou  isolées  à  la  pointe  des  rameaux. 

Tribu  I.  —  Céphalosporés. 

Réceptacles  simples  ou  rameux;  spores  continues  ou  cloisonnées,  fixées 
à  la  surface  des  vésicules. 

A.  Spores  continues. 

Genres  :  Phycomyces,  Kze.;  Acmosporium,  Cord.;  Cephalosporium,  Cord.; 
Myriocephalum,  Dntrs.;  Rhopalomyces,  Cord.;  Cltorefopsis,  Cord.;  Haplotri- 
chum,  Cord.;  Haplaria,  Lk.;  Gonatobotrys ,  Cord.;  Desmotrichum,  Lév.; 
Chlonostachys,  Cord.;  Myotrichum,  Kze.;  Gonytrichum,  Nées;  Ramulia, 
Ung?;  Actinocladium,  Enrbg.?;  Capillaria,  Pers.?;  Chionypha,  Thien?; 
Schinzia,  Nag.?;  Naegeiia,  Rabenb.? 

B.  Spores  cloisonnées. 
Genres  :   Arthrobotrys,  Cord.?;  Strachybotrys,  Cord.;  Diplosporium,  Lk. 

Tribu  IL  —  Oxycladés. 

Réceptacles  simples  ou  rameux,  cloisonnés;  spores  continues  ou  cloi- 
sonnées, fixées  en  plus  ou  moins  grand  nombre,  ou  solitaires  à  l'extré- 
mité des  rameaux  terminés  en  pointes. 

Section  I.  —  Cladobotryés. 
Spores  plus  ou  moins  nombreuses  à  l'extrémité  des  rameaux. 

A.  Spores  continues. 
Genres  :  Polyaclis,  Lk.;  Cladobotryum,  Nées;  Stachylidium,  Cord. 

B.  Spores  cloisonnées. 
Genres  :   Trichothecium,  Lk.;  Cephalothecium,   Cord.;  Dactylium,   Nées; 
Mystrosporium,  Cord.;  Stachybotrys,  Cord. 

Section  IL  —  Botrytidés. 

Réceptacles  simples  ou  rameux,  cloisonnés;  spores  simples  ou  cloison- 
nées, solitaires  à  l'extrémité  des  rameaux. 

A.  Sjwres  continues. 
Genres  :  Botrytis,  Lk.;  Peronospora,  Cord.;  Verticillium,  Nées;  Acremo- 
nium,  Lk.;  Pterodinia,  Cbev.;  Streblocaulium,  Chev.;  Ampliiblistrum,  Cord.; 
Geotrichum,  Lk.?;  Zygodcsmus,  Cord. 

B.  Spores  cloisonnées. 
Genres  :  Blastolrichum,  Cord.;  Brachycladium,  Cord.;  Triposporium ,  Cord.; 
Acrothecium,  Cord.;  Anodotrichum,  Cord. 


DIVISION   DES   CHAMPIGNONS  33 

Sous-division  III.  —  SCLÉROCHÉTÉS. 

Réceptacles  pleins  ou  cloisonnés,  formés  d'un  seul  rang  de  cellules  ou 
de  plusieurs  réunis  ensemble,  simples  ou  rameux  ;  spores  isolées  répan- 
dues çà  et  là,  ou  réunies  en  plus  ou  moins  grand  nombre  à  la  base  ou  au 
sommet. 

Tribu  I.  —  Hélicosporés. 

Spores  filiformes,  cloisonnées,  tournées  en  hélice,  fixées  sur  toute  la 
surface  des  réceptacles. 
Genres  :  Helicotrichum,  Nées;  Helicoma,  Cord. 

Tribu  II.  —  Gyrocérés. 

Réceptacles  composés,  simples  ou  rameux;  rameaux  stériles  plus  ou 
moins  courbés;  spores  fixées  en  grand  nombre  autour  de  la  base. 

Genres  :  Gyrothrix,  Cord.;  Gyrocerus,  Cord.;  Chœtopsis,  Grev.;  Slrepto- 
thrix,  Cord.;  Ceratocladium,  Cord.;  Circinotrichum,  Nées. 

Tribu  III.  —  Helminthosporés. 

Réceptacles  solides  ou  cloisonnés,  simples  ou  rameux;  spores  cloison- 
nées, solitaires,  fixées  à  l'extrémité  des  rameaux  ou  sur  différents  points. 

Genres  :  Helminthosporium,  Lk.;  Podosporium,  Schweinz.;  Soredospora, 
Cord.;  Azosma,  Cord.;  Mitrosporium,  Cord.;  Macrosporium,  Fr.;  Coccosporium, 
Cord.;  Midonotrickum,  Cord.;  Septosporium,  Cord.;  Stemphylium,  Cord.; 
Triposporium,  Cord.;  Trichxgum,  Cord.;  Macroon,  Cord.;  Amphitrichum, 
Nées"?;  Midonosporium,  Cord.? 

DIVISION  VI.  —  ARTHROSPORÉS. 

Réceptacles  filamenteux,  simples  ou  rameux,  cloisonnés  ou  presque 
nuls;  spores  disposées  en  chapelet,  terminales,  persistantes  ou  caduques. 

Sous-division  I.  —  PHRAGMONÉMÉS. 
Réceptacles  rameux;  spores  ou  articles  persistants. 

Tribu  I.  —  Antennariés. 

Réceptacles  rameux,  étalés,  rarement  dressés,  cloisonnés  et  atténués 

de  la  base  au  sommet,  articles  persistants;  spores 

Genre  :  Antennaria,  Lk. 

Tribu  IL  —  Alternariés. 

Réceptacles  simples,  dressés;  spores  continues  ou  cloisonnées,  sépa- 
rées par  un  étranglement  bien  marqué. 
Genres  :  AKeniaria,  Nées;  Phragmotrichum,  Kze. 

3 


34  DIVISION   DES   CHAMPIGNONS 

Sous-division  II.  —  HORMISCINÉS. 

Réceptacle  formé  d'un  seul  rang  de  cellules  ou  de  plusieurs  réunies 
ensemble,  solide  ou  cloisonné,  simple  ou  rameux,  capitulé  ou  allongé; 
spores  caduques,  continues  ou  cloisonnées,  terminales  ou  fixées  au 
capitule. 

Tribu  I.  —  Corémiés. 

Réceptacle  plein,  renflé  à  son  extrémité  supérieure  en  forme  de  capi- 
tule ou  de  massue. 
Genres  :  Coremium,  Lk.;  Stysanus,  Gord. 

Tribu  IL  —  Aspergillés. 

Réceptacle  floconneux,  simple  ou  rameux;  spores  fixées  sur  une  vési- 
cule arrondie  ou  ovale  terminale. 
Genres  :  Aspergillus,  Mich.;  Monilia,  Hill.;  Pénicillium,  Lk. 

Tribu  III.  —  Oidiés. 

Réceptacles  simples  ou  rameux,  floconneux;  spores  terminales,  faisant 
suite  aux  rameaux  ou  verticillées. 

A.  Spores  à  l'extrémité  des  rameaux. 
Genres  :  Oidium,  Lk.;  Rhodocephalus,  Cord.;  Demalium,  Pers.;  Cladospo- 
rium,  Lk.;  Chloridium,  Lk.? 

B.  Spores  disposées  en  verticilles. 
Genres  :  Sporodon,  Cord.;  Gonatorrhodon,  Cord. 

Tribu  IV.  —  Septonémés. 

Réceptacles  floconneux,  simples  ou  rameux  ;  spores  cloisonnées. 
Genres  :  Dendryphium,  Cord.;  Solenosporium,  Cord.;  Cladolrichum,  Cord.; 
Trimmatospora,  Cord.;  Sepioncma,  Cord.;  Bispora,  Cord. 

Tribu  V.  —  Torulacés. 

Réceptacle  floconneux,  nul  ou  presque  nul  ;  spores  continues. 

Genres  :  Torula,  Pers.;  Telracolium,  Kze.;  Cylindrosporium,  Grév.; 
Sporendonema,  Desmaz.;  Speirea,  Cord.;  Gongylocladium,  Wallr.?;  Helico- 
myces,  Lk. 


Doué  d'une  intelligence  supérieure  et  d'un  esprit  juste,  Léveillé 
n'oublia  point  la  marche  suivie  avant  lui  pour  arriver  à  grouper 
les  Champignons  ;  il  remarqua  que  ces  groupes  avaient  été  classés 


DIVISION   DES   CHAMPIGNONS  35 

d'après  leurs  formes  extérieures,  et  comprit  tout  de  suite  que  les 
nouvelles  divisions,  les  sous-divisions,  les  tribus,  les  sections  et 
les  genres  doivent  être  faites  d'après  l'organisation  microscopique 
des  espèces.  Il  résolut  donc  de  les  étudier  tous,  dans  tous  les 
genres,  dans  toutes  les  espèces.  C'était. un  travail  gigantesque, 
mais  il  sentait  qu'il  lui  deviendrait  facile  ensuite  d'établir  les 
affinités  de  ces  cryptogames  en  comptant  le  nombre  des  caractères 
semblables  et  en  jugeant  leur  valeur  ;  Léveillé  se  mit  donc  à 
l'œuvre,  résolument;  après  plus  cle  vingt  années  d'un  labeur 
assidu,  il  publia  sa  Méthode,  qui  fut  adoptée  par  le  docteur 
Mougeot,  dans  rémunération  des  Champignons  des  Vosges  (1). 

M.  Ad.  de  Jussieu  la  suivit  dans  son  Cours  élémentaire  de  bota- 
nique, page  412,  chapitre  545  ;  Payer,  professeur  de  botanique  à 
la  Faculté  des  sciences,  l'accepta  dans  sa  Botanique  cryptogai ni- 
que, 1850. 

Les  découvertes  récentes  qui  permettent  d'établir  chez  une 
même  espèce  de  Champignons  la  faculté  de  développer  dans  le 
cours  de  son  existence  plusieurs  systèmes  de  reproduction,  nous 
font  encore  prévoir  la  possibilité  de  séries  nouvelles.  En  effet, 
chez  les  Clinosporés,  les  Champignons  varient,  l'espèce  n'est  pas 
fixe,  et  cette  variété  fixée  d'une  manière  durable,  constituera  une 
nouvelle  série  d'êtres  avec  des  caractères  anatomiques  et  physio- 
logiques qui  la  différencieront  de  l'espèce  mère.  Dans  quelques 
tribus  de  la  division  des  Clinosporés,  l'espèce  première  se  trouvera 
donc  démembrée  et  divisée  ;  mais  il  reste  à  les  étudier  espèce  par 
espèce  et  à  les  classer;  aujourd'hui  on  ne  saurait  présumer,  même 
approximativement,  ce  que  pourra  être  un  jour  le  nombre  des 
genres,  qui  deviendra  certainement  considérable  et  dont  par  suite 
le  classement  sera  excessivement  laborieux. 

(1)  Statistique  du  département  des  Vosges,  partie  botanique. 


36  GERMINATION   DES   SPORES 

CHAPITRE  V 

GERMINATION  DES  SPORES 

Les  organes  reproducteurs  des  Champignons  ont  reçu  le  nom 
collectif  de  spores.  Ce  sont  des  cellules  simples,  formées  généra- 
lement de  deux  enveloppes  et  d'un  contenu  proloplasmique  ;  elles 
sont  le  résultat  d'une  production  cellulaire  ou  d'une  reproduction 
sexuelle.  Lorsque  la  spore  porte  des  appendices  locomobiles,  on 
la  désigne  sous  le  nom  de  zoospore;  si  elle  en  est  dépourvue,  elle 
garde  sa  qualification  de  spore.  On  trouve  aussi,  chez  les  Cham- 
pignons, d'autres  cellules  reproductrices,  avec  ou  sans  appendices 
locomobiles,  qui  se  montrent  analogues  aux  précédentes  mais 
sont  le  résultat  d'une  reproduction  sexuelle,  et  ont  reçu  souvent 
des  noms  particuliers  rappelant  leur  origine 

Enfin,  il  existe  encore  dans  un  grand  nombre  de  Champignons 
plusieurs  sortes  de  petits  corps  susceptibles  de  germination,  ainsi 
que  d'autres  dont  le  rôle  n'est  pas  suffisamment  connu  ;  tous  se 
montrent  indépendamment  d'une  génération  sexuelle,  qui,  si  elle 
existe,  n'a  pu  du  moins  être  constatée.  Ceci  posé,  étudions  la 
germination  des  spores  dans  les  Champignons  à  chapeau. 

En  beaucoup  d'espèces,  il  n'y  a  pas  de  dificulté  à  étudier  la 
germination  des  spores,  tandis  que  chez  d'autres  le  succès  est 
fort  incertain.  Toutefois,  la  germination  s'effectue  sous  l'influence 
des  mêmes  agents  qui  agissent  sur  les  graines;  l'eau,  l'oxygène  et 
la  chaleur.  On  obtient  quelquefois  la  germination  de  spores  sous 
l'eau.  Les  températures  extrêmes  entre  lesquelles  peut  se  produire 
la  germination  varient  suivant  l'espèce  ;  elles  sont  en  général 
comprises  entre  six  et  quarante  degrés.  M.  HofFiMann  s'est  livré  à 
de  nombreuses  expériences  portant  sur  quarante-huit  espèces,  et 
il  en  a  consigné  les  résultats  dans  le  Pringshcim  Jahrbuch. 
de  1860,  page  267.  M.  de  Seynes,  qui  a  fait  des  Basidiosporés  un 
objet  spécial  d'études,  ne  donne  aucun  renseignement  sur  la  ger- 
mination et  l'accroissement  de  la  spore. 

Jusqu'ici  on  ne  sait  presque  rien  de  positif  ;  la  plus  grande 
spore  de  Champignon  est  microscopique,  la  plus  petite  est  à  peine 


GERMINATION  DES  SPORES  37 

visible  avec  un  grossissement  de  trois  cents  diamètres ,  la 
planche  II,  fig.  V,  sp.,  représente  les  spores  de  l'Agaric  mouche, 
Amanita  musearia  grossies  de  six  cents  diamètres.  La  forme  de  la 
spore  toujours  sphérique  dans  le  principe,  persiste  ainsi  tant  que 
la  spore  est  attachée  auxbasides.  Dans  les  Amanites,  les  Lépiotes, 
les  spores  sont  ovoïdes,  plus  ou  moins  allongées  ou  atténuées  à 
partir  du  hile,  qui  se  distingue  par  sa  transparence.  D'autres  fois 
les  spores  affectent  l'aspect  fusiforme,  avec  des  extrémités  ou 
régulièrement  atténuées  comme  dans  l'Agaric  couleuvre  , 
Agaricus  procerus,  planche  VII,  fig.  21,  ou  obtuses,  comme  dans 
l'Agaric  nu,  Agaricus  nudus,  planche  XII,  flg.  43.  Elles  sont 
assez  irrégulières,  réniformes  ou  comprimées  dans  l'Agaric  coni- 
que, Ag.  conieus,  planche  XXXIV,  fig.  178.  Tous  les  Coprins  ont 
les  spores  ovales-ovoïcles,  plus  ou  moins  allongées  ou  atténuées  à 
partir  du  hile,  planche  XL,  fig.  209.  L'exospore  est  quelquefois 
rugueux,  parsemé  de  verrues  plus  ou  moins  proéminentes,  ainsi 
qu'on  peut  le  voir  dans  les  Russules,  planche  XLVI,  fig.  244,  ou 
dans  les  Lactaires,  planche  XLIII,  fig.  230.  Chez  l'Agaric  nain, 
Ag.  nanus,  il  y  a  un  commencement  de  forme  polygonale, 
planche  XXVII,  fig.  143,  mais  les  angles  sont  fort  arrondis,  et 
c'est  dans  l'Agaric  satiné,  Ag.  sericeus,  planche  XXVIII,  fig.  151. 
L'Agaric  velu,  Ag.  ephebeus,  planche  XXXIV,  fig,  181,  que  la 
forme  polygonale  devient  le  plus  distincte. 

Les  spores  des  Champignons  sont  des  cellules  qui  diffèrent  des 
cellules  végétatives,  comme  nous  venons  de  le  voir,  par  leur 
forme,  leur  dimension,  leur  couleur,  la  structure  de  leur  mem- 
brane d'enveloppe  et  leur  mode  d'accroissement.  Les  trois 
spores  les  mieux  déterminées  sont  les  plus  rares,  la  zoospore, 
cellule  d'origine  agame  ou  masse  de  protoplasma  nu  se  mouvant 
avec  des  cils  vibratiles,  après  avoir  pris  naissance  à  l'intérieur 
d'une  cellule  mère  nommée  sporange;  ïoospore ,  née  aussi  à 
l'intérieur  d'une  cellule  mère  nommée  oogone  et  se  développant  à 
la  suite  d'une  fécondalion  ;  la  zijgospore  résultant  de  la  conju- 
gaison de  deux  cellules  qui  vont  au-devant  l'une  de  l'autre,  puis 
s'accolent  par  leur  sommet,  et  dont  le  protoplasma  se  confond  en 
une  seule  masse  après  la  résorption  de  la  double  paroi  mitoyenne. 
Ordinairement  simple,  la  spore  se  cloisonne  chez  certaines  espèces 
et  paraît  multiple. 


38  GERMINATION  DES  SPORES 

Le  protoplasma  qui  la  remplit  est  tantôt  finement  granuleux, 
tantôt  condensé  en  une  masse  très  réfringente,  homogène  ;  parfois 
il  présente  une,  deux  ou  plusieurs  gouttelettes  huileuses  isolées, 
à  forme  de  nucléoles,  qui  doivent  clans  les  premiers  temps  de  la 
germination  servir  d'aliment  aux  jeunes  filaments  mycéliens.  Les 
enveloppes  des  spores  varient  en  épaisseur,  et  le  plus  souvent  il  y 
en  a  deux;  l'endospore  intérieurement,  l'épispore  extérieurement. 

Celle-ci,  presque  toujours  colorée  et  dont  les  nuances  sont  aussi 
variables  que  la  forme,  offre  les  teintes  les  plus  sombres  ou  les 
plus  délicates;  rose,  isabelle,  jaune,  violet,  gris  cendré,  chamois, 
orangé,  olive,  cannelle,  rouge  brique,  rouge  brun,  noir  sépia,  etc. 
L'examen  de  ces  colorations  constatées  sous  le  champ  du 
microscope  par  la  transparence  dans  une  goutte  de  glycérine, 
prouve  que  la  membrane  extérieure  ne  peut  pas  être  modifiée  par 
l'huile,  assez  souvent  colorée,  qui  s'incorporerait  au  protoplasma, 
comme  on  le  prétend  sans  se  rendre  compte  des  teintes  vraies  de 
la  membrane  et  du  nucléus. 

La  coloration  des  spores  est  un  fait  physiologiquemenl  inté- 
ressant, et  sur  lequel  repose  la  division  du  genre  Agaricus  du 
professeur  Pries  ;  mais  elle  n'est  point  permanente. 

Dans  les  Agarics  à  feuillets  blancs,  les  spores  sont  blan- 
ches, et  chez  tous  les  individus,  dans  les  Agarics  à  feuillets 
colorés,  la  membrane  externe  de  la  spore  prendra  la  môme  colo- 
ration que  les  feuillets;  la  couleur  du  chapeau  peut  subir  des 
variations  comme  les  plantes  phanérogames.  Il  n'est  pas  néces- 
saire de  signaler  ici  en  détail  toutes  les  modifications  que  subissent 
la  forme  et  la  couleur  des  spores  chez  les  différents  groupes.  Le 
fait  est  indiqué  en  particulier  pour  chaque  espèce. 

Quand  un  Agaric  ou  un  Bolet  est  mûr,  si  Ton  coupe  la  tige  au 
niveau  des  feuillets  tournés  en  bas,  sur  une  feuille  de  papier  noir, 
et  qu'on  le  laisse  pendant  quelques  heures  dans  cette  position,  on 
trouvera,  imprimée  sur  le  papier,  l'image  du  chapeau,  avec  ses 
feuillets  rayonnants  ;  c'est  que  les  spores  se  sont  répandues  de 
l'hyménium  sur  le  papier,  et  en  grand  nombre.  Cette  petite  expé- 
rience montre  la  facilité  avec  laquelle  les  spores  se  disséminent. 

Les  tubes  des  Bolets,  les  pores  des  Polysporées,  les  épines  des 
Hydnées,  sont  des  modifications  de  l'hyménium  produisant  un 
résultat  semblable. 


GERMINATION   DES   SPORES  39 

Pour  déterminer  les  spores  ou  semences  de  Champignons  qui 
germent  sous  nos  yeux,  il  faut  les  placer  dans  des  conditions 
convenables  de  chaleur,  d'humidité,  et  sous  une  température 
toujours  constante  de  15  à  25  degrés,  selon  les  espèces.  Ces  germi- 
nations artificielles  qu'on  peut  suivre  pas  à  pas  sous  le  champ  du 
microscope  se  produisent  dans  des  cupules  de  verre  imaginées  par 
le  professeur  Van-Thieghem. 

J'ai  reconnu  que  le  purin  obtenu  en  faisant  bouillir  pendant 
cinq  minutes  trente  grammes  de  crottin  de  cheval  dans  cent 
grammes  d'eau  distillée,  puis  filtrant  le  liquide  chaud  au  travers 
du  papier  Joseph  pour  avoir  trente  grammes  de  liqueur,  donne 
des  résultats  satisfaisants  ;   mais  avant  d'en  faire  usage,  on  le 
soumet  à  l'ébullition  afin  de  détruire  les  bactéries  qui  existent 
toujours  et  détruiraient  les  germinations.  J'ai  semé  plusieurs  fois 
avec  une  goutte  de  ce  liquide,  sur  le  disque  de  verre  mince  n°  2, 
qui  doit  être  fixé  sur  la  cupule,  trois  spores  d'Agaric  champêtre, 
trois  ou  quatre  d'Agaric  sauvage,  trois  d'Agaric  des  champs, 
deux  d'Agaric  comestible.  Tout  d'abord,  le  contenu  de  ces  spores 
semblait  formé  de  deux  parties  distinctes,  il  y  avait  une  grosse 
goutte  d'huile  chamois,  de  la  môme  forme  que  les  spores,  et  l'espace 
compris  entre  elles  et  la  paroi  de  l'endospore  était  occupé  par  un 
liquide  clair  plus  fluide  et  moins  réfringent,  sans  être  incolore. 
Dix  heures  après,  à  mesure  que  la  membrane  absorbait  la  liqueur 
environnante,  ceLte  quantité  de  liquide  augmentait;  au  bout  de 
vingt  heures,  tout  le  contenu  de  sept  spores,  qui  jusque-là  était 
resté  partagé  en  deux  parties,  présentait  un  aspect  homogène  ;  il  n'y 
avait  que  des  granulations  nombreuses,  presque  de  même  taille, 
le  remplissant  complètement,  et  atteignant  la  paroi  de  l'endos- 
pore ;  la  fig.  408,  409,  de  la  planche  LXXV,  rend  compte  du 
développement.  Après  trente-cinq  heures,  et  sous  une  tempéra- 
ture constante  de  vingt-deux  degrés,  les  sept  spores  s'accroissent 
rapidement,  devenant  parfois  irrégulières,  et  le  volume  se  double, 
planche  LXXV,  fig.  410.  Dix  heures  plus  tard,  se  montre  à  la 
surface,  généralement  à  un  des  sommets  de  l'ellipse,  une  petite 
proéminence  avec  une  membrane  extrêmement  fine,  qui  ne  paraît 
pas  se  séparer  de  l'enveloppe  sporale  ;  il  est  difficile  de  dire  si 
c'est  un  prolongement  de  Yexospore  passant  au  travers  de  Yendo- 
spore,  ou  simplement  un  appendice  formé  par  une  continuation 
de  Yendospore. 


40  GERMINATION   DES   SPORES 

Quelquefois  on  aperçoit,  au  point  où  le  premier  filament 
mycélien  sort  de  la  spore,  une  marque  circulaire  semblant 
indiquer  la  rupture  de  l'exospore.  Dès  lors,  un  autre  changement 
survient  dans  le  contenu  ;  le  protoplasma  qui  paraissait  huileux, 
réfringent  et  liquide,  intervertissant  les  situations,  occupe  main- 
tenant la  position  extérieure,  avec  quelques  parcelles  au  centre  ; 
les  autres  spores  restent  immobiles,  ne  changent  ni  de  forme,  ni 
de  couleur  ;  elles  seront  stériles,  car  celles  qui  doivent  germer 
commencent  à  le  faire  rapidement.  Petit  à  petit,  le  mycélium  ou 
blanc  de  champignons  forme  adroite  et  à  gauche  des  ramifications 
ayant  môme  diamètre  que  le  filament  principal. 

Il  se  produit  alors  une  germination  dont  certaines  branches 
s'étendent  les  unes  à  la  surface  du  disque  de  verre,  les  autres 
dans  le  vide  de  la  cupule.  Souvent  plusieurs  d'entre  elles  chemi- 
nent côte  à  côte,  et  s'unissent  en  forme  d'écheloir  par  des 
anastomoses  transverses.  Il  y  a  des  spores  qui,  en  ne  germant  que 
d'un  côté,  produisent  une  seule  branche  de  mycélium,  quelquefois 
double  ;  c'est-à-dire  que  deux  rameaux  issus  de  deux  points 
voisins  ou  séparés  de  la  même  spore  se  sont  anastomosés;  ceci  est 
le  cas  le  plus  rare. 

On  observe  encore  que  la  germination  peut  être  multiple,  formée 
de  plusieurs  branches  de  mycélium  douées  d'un  accroissement 
commun  ;  dans  ce  cas,  la  branche  mère  du  mycélium  émet  près 
de  sa  base  un  rameau  grêle  possédant  la  même  vigueur.  Elle  se 
compose  alors  de  deux  rameaux  n'ayant  ni  l'un  ni  l'autre  la  forme 
de  chaînette  et  ne  se  détachant  point.  Tous  ces  filaments  sont  légè- 
rement colorés,  principalement  ceux  qui  proviennent  des  spores  à 
colorations  diverses  et  d'un  purin  choisi. 

Si,  après  avoir  expliqué  comment  les  spores  germent  et  de 
quelle  manière  elles  donnent  naissance  au  mycélium,  je  pousse 
plus  loin  mes  observations,  on  assistera  à  ses  différentes  ramifi- 
cations, à  ses  anastomoses,  qui  finissent  par  former  un  tissu  plus 
ou  moins  épais,  planche  LXXV,  fig.  411. 

Le  mycélium  est  la  partie  la  plus  active,  la  plus  vivante  du 
Champignon  ;  il  possède  une  existence  à  lui.  Sur  ses  filaments 
repose  la  récolte  à  venir;  il  est  la  souche  et  le  tronc  du  Cham- 
pignon (fig.  411,  m.),  qui  petit  à  petit  va  atteindre  son 
complet  développement,  pour  servir  à  l'alimentation.  Les  Bolets, 


GERMINATION   DES   SPORES  -il 

les  Hydnes,  les  Clavaires,  demandent  encore  à  être  soumis  à  des 
expériences  persévérantes  et  à  des  études  attentives  quant  à  leur 
mode  de  germination,  et  plus  spécialement  quant  aux  conditions 
essentielles  à  la  production  d'un  mycélium  fertile. 

Dans  les  prairies,  dans  les  bois,  ces  cryptogames  étant  mangés 
par  des  insectes  tels  que  les  limaces,  les  syphildes,  etc.,  les  spores 
subissent  dans  ces  estomacs  une  incubation,  et,  les  insectes  une 
fois  morts,  ces  spores  en  voie  de  germination  se  trouvent  dissé- 
minées çà  et  là.  Partant  de  ce  principe,  j'ai  nourri  plusieurs  lapins 
pendant  quelques  jours  avec  des  chapeaux  de  Bolets,  d'Hydnes, 
de  Clavaires,  etc.,  ce  qui  m'a  conduit  à  des  observations  que  je 
publierai  un  jour. 

M.  Tulasne  a  décrit  la  germination  de  la  spore  clans  le  Tremella 
violacea  (Ami.  des  Se.  Nat.,  3e  série  XIX,  p.  193),  et  a  suivi  égale- 
ment la  germination  des  pseudospores  des  /Ecidium  violœ, 
euphorbiœ ,  ranunculacerum ,  et  les  pseudospores  de  celui-ci 
émettent  trois  longs  filaments  qui  décrivent  des  spirales 
imitant  les  circonvolutions  de  la  tige  du  liseron.  M.  Cornu,  dans 
ses  expériences  sur  les  pseudospores  du  Podisoma  juniperi  a 
obtenu  la  germination  d'un  assez  grand  nombre  d'entre  elles  ;  ses 
communications  à  la  Société  Botanique  de  France  ne  laissent  aucun 
doute  à  cet  égard. 

Dans  le  Peridermium,  les  pseudospores  plongées  dans  l'eau 
germent  à  n'importe  quel  point  de  leur  surface.  Il  en  paraît  être 
presque  de  même  chez  les  Urèdinées. 

Les  pseudospores  et  les  spores  d'un  assez  grand  nombre  de 
Pezizes  et  d'autres  espèces  appartenant  à  différents  groupes,  ne 
donnent  pas  directement  naissance  au  mycélium.  Si  l'on  met, 
dans  des  conditions  propres  à  leur  germination,  d'autres  sortes 
de  Champignons  Thécasporés,  on  voit  bientôt  apparaître  une 
petite  éminence  qui  s'allonge  légèrement,  se  gonfle  à  son  extrémité. 
Le  gonflement  s'accroît,  devient  réni forme  comme  la  spore,  dont 
cette  nouvelle  cellule  reproduit  la  structure  tout  en  restant  plus 
petite.  Une  cloison  la  sépare  du  filament  qui  la  soutient,  mais 
auparavant  le  protoplasma  qui  remplissait  la  spore  s'est  porté  en 
entier  dans  la  spore  secondaire  ou  sporiclie  ainsi  formée  qui  ne 
tarde  pas  à  se  détacher  de  la  spore  mère.  La  sporiclie  est 
quelquefois  beaucoup  plus  petite  que  la  spore  d'où  elle  provient, 
et  ressemble  à  une  spermatie. 


42  GERMINATION   DES   SPORES 

La  germination  des  Ustilaginées  s'est  enrichie  grâce  aux  travaux 
du  docteur  Ficher  de  Waldheim  (  Pringsheim  Jarhbucher , 
vol.  VII,  1869),  de  nouvelles  connaissances  sur  les  Pseudospores 
de  Tilletia  caries  avec  les  spores  secondaires  accouplées.  Au  bout 
de  quelques  jours,  on  voit  un  petite  tube  obtus  passer  à  travers 
l'épispore,  portant  à  son  sommet  de  longs  corps  fusiformes,  qui 
sont  les  spores  de  première  génération.  Ils  s'accouplent  au  moyen 
de  petits  tubes  transversaux,  et  forment  de  longs  sporules  de 
seconde  génération  portés  sur  de  courts  pédicelles  ;  ces  sporules 
germent  à  leur  tour,  produisant  sur  de  petits  stérigmates  des 
spores  semblables  de  troisième  génération. 

Le  professeur  de  Bary  a  observé,  dans  le  Cystopus  candidus 
(Ann.  des  Se.  Nat.,  4e  série,  XX,  p.  5),  deux  sortes  d'organes 
reproducteurs  ;  d'abord  ceux  qui  se  trouvent  à  la  surface  de  la 
plante  et  crèvent  à  travers  la  cuticule  en  pustules  blanches,  se 
disposant  sous  forme  de  chaînes,  et  que  de  Bary  nomme  conidies; 
ensuite  certains  corps  globuleux  appelés  oogones ,  qui  se  déve- 
loppent sur  le  mycélium  dans  l'intérieur  des  tissus  de  la  plante 
nourricière.  Quand  les  conidies  sont  semées  sur  l'eau  ,  elles 
absorbent  rapidement  l'humidité  et  se  gonflent  ;  le  centre  de  l'une 
des  extrémités  devient  promptement  une  grande  papille  obtuse, 
semblable  au  col  d'une  bouteille.  Cette  partie  se  remplit  d'un 
protoplasma  où  se  forment  des  vacuoles. 

Bientôt  cependant,  ces  vacuoles  disparaissent,  et  de  très  fines 
lignes  de  démarcation  séparent  le  protoplasma  en  portions  polyé- 
driques, au  nombre  de  cinq  à  huit,  présentant  chacune  au  centre 
une  vacuole  faiblement  colorée.  Presque  aussitôt  après  cette  sépa- 
ration, la  papille  se  gonfle  à  l'extrémité,  s'ouvre  et  en  môme 
temps  les  cinq  à  huit  corps  formés  dans  l'intérieur  sont  chassés  un 
à  un;  ce  sont  des  zoospores,  qui  d'abord  prennent  une  forme  lenti- 
culaire, et  se  groupent  devant  l'ouverture  de  la  cellule  mère  en 
une  masse  globuleuse.  Cependant  ils  commencent  à  se  mouvoir, 
des  cils  vibratiles  se  montrent,  et  au  moyen  de  ces  appendices,  le 
globule  tout  entier  se  meut  par  oscillations,  tandis  que  les 
zoospores  se  séparent  une  à  une ,  chacune  devenant  isolée  et 
nageant  en  liberté  dans  le  fluide  environnant.  Le  mouvement  est 
précisément  le  même  que  celui  des  zoospores  des  Algues. 

Le  mode  de  germination  des  Mucors  a  été  étudié  par  différents 


MYCELIUM  43 

observateurs,  en  dernier  lieu  par  MM.  Van-Tiiieghem  et  Le 
Monnier,  Ann.  des  Se.  Nat.,  1873,  XVII,  p.  211,  et  dans  une  des 
formes  les  plus  communes,  le  Phycomyces  nitens.  D'après  eux  la 
germination  de  cette  espèce  n'a  pas  lieu  clans  l'eau  ordinaire, 
mais  elle  se  produit  facilement  dans  d'autres  milieux,  tels  que  le 
jus  d'orange  ,  etc.  La  spore  perd  sa  couleur,  se  gonfle  et  absorbe 
le  fluide  qui  l'entoure,  jusqu'à  ce  que  son  volume  se  double  et  que 
sa  forme  devienne  ovoïde.  Alors  de  l'une  de  ses  extrémités  quel- 
quefois de  deux,  elle  émet  un  fil  épais  qui  s'allonge  et  porte  des 
ramifications  en  forme  d'ailes.  On  obtient  ainsi  des  sporanges, 
tandis  que  chez  d'autres  espèces  il  se  forme  des  chlamydospores. 
M.  Van-Thieghem  décrit  pour  un  autre  cryptogame  un  second 
procédé  de  reproduction,  qui  n'est  pas  rare  dans  les  Mucorinées. 
Des  fils  accouplés  sur  la  matière  nourricière  élaborent  par  degrés 
des  zygospores,  mais  celles-ci,  contrairement  à  ce  qui  se  passe 
ailleurs,  sont  entourées  de  curieux  appendices  ramifiés  qui 
émanent  des  cellules,  arquées  aux  deux  bouts,  de  la  zygospore 
nouvellement  développée. 

Ce  que  j'ai  dit  au  sujet  des  divers  types,  suffit  à  faire  connaître 
la  germination  des  spores  ;  les  particularités  spéciales  à  iliaque 
forme  ou  aux  différentes  espèces  seront  indiquées  avec  tous  les 
détails  que  comporte  une  étude  pareille,  dans  mon  second 
volume. 

§1 

MYCÉLIUM 

Nous  venons  de  voir  que  le  premier  développement  de  la  spore 
produit  une  sorte  de  filament  cellulaire,  de  couleur  variable,  mais 
généralement  blanchâtre,  plus  ou  moins  allongé,  d'abord  simple  et 
qui  se  complique  ensuite  en  se  ramifiant  et  s'anastomosant.  Le  my- 
célium est  la  souche,  le  tronc  des  Champignons  ;  sans  lui  ils  cessent 
d'être.  La  meilleure  preuve  que  l'on  puisse  en  donner,  c'est  que  le 
mycélium  a  une  existence  propre,  qu'il  est  annuel  ou  vivace,  et 
qu'à  une  époque 'fixe,  quand  les  circonstances  sont  favorables,  on 
le  voit  donner  naissance  à  des  Champignons.  L'époque  de  sa 
fructification  écoulée,  il  rentre  dans  le  repos  et  attend  son  prin- 


44  FÉCONDATION 

temps,  son  automne,  sa  saison,  en  un  mot,  pour  donner  de 
nouveaux  fruits. 

Tout  est  semblable  ici  à  ce  que  l'on  observe  chaque  jour  et  dans 
tous  les  végétaux  ;  pourquoi  les  Champignons  s'écarteraient-ils 
donc  de  la  règle  générale? 

Léveillé  distingue  quatre  formes  de  mycélium  : 

1°  Le  mycélium  nématoïde  ou  filamenteux.  C'est  le  plus 
fréquent  de  tous  ;  il  consiste  en  filaments  simples  ou  rameux, 
cloisonnés,  distincts,  diversement  colorés,  souvent  anastomosés  ; 
on  le  trouve  assez  généralement  à  la  base  du  pédicelle  des  Cham- 
pignons, sous  la  forme  de  filaments  blancs  ; 

2°  Le  mycélium  hyménoïde  ou  membraneux  ne  diffère  pas 
sensiblement  du  nématoïde  ;  seulement  les  filaments  sont  plus 
rapprochés ,  plus  confondus  ,  et  forment  des  membranes 
d'épaisseur  variable.  On  le  trouve  principalement  entre  les 
feuilles,  sous  les  écorces,  dans  les  trous  pratiqués  par  les  insectes 
aux  troncs  des  arbres  morts  ; 

3°  Le  mycélium  scléroïde  ou  tuberculeux  n'est  jamais  primitif, 
il  est  toujours  consécutif  ou  nématoïde.  Sur  différents  points  de 
celui-ci  on  voit  naître  de  petits  tubercules  qui  augmentent  peu  à 
peu  de  volume.  Soumise  au  microscope,  leur  substance  est  com- 
posée de  cellules  étroites  et  anguleuses.  Ces  tubercules  ont  été 
décrits  sous  les  noms  de  Sclerotium,  Rhizoctonia,  etc.,  et  se  font 
remarquer  par  les  dégâts  qu'ils  causent  à  certaines  de  nos 
cultures  ; 

4°  Le  mycélium  malacoïde  ou  pulpeux,  est  moins  connu  que 
les  autres.  Il  se  présente  sous  la  forme  de  membrane  ou  de  fila- 
ments charnus,  mous,  anastomosés.  Dans  le  second  état,  c'est  le 
Phlebomorpha,  de  Persoon,  dans  le  premier,  le  Mesenterica,  de 
Todf;  lorsque  la  saison  est  favorable,  ce  mycélium  se  recouvre  de 
réceptacles  de  Physariées,  de  Trichiacées,  etc. 

FÉCONDATION 

Les  observations  faites  sur  les  Basicliosporés  tendaient  à 
démontrer  la  formation  d'un  carpogone  donnant  naissance  par 
une  prolifération   cellulaire  au   réceptacle  hyménié    à   basides 


FECONDATION  4  b 

sporifères;  mais  l'acte  fécondateur  n'a  pu  être  saisi.  Dans  ces 
dernières  années,  MM.  Reess,  Van-Thieghem,  Kirchner,  Karsten, 
Œrstedt,  ont  étudié  cette  question.  Les  trois  premiers  supposent 
l'existence  d'un  macvocyte  qui  rappelle  les  macrocytes  ou  les 
scolecites  des  Thecasporés  ;  pour  MM.  Karsten  et  Œrstedt, 
l'organe  mâle  est  représenté  par  un  ou  plusieurs  rameaux  nés  du 
mycélium  faisant  fonction  d'anthéridie  ;  c'est  une  illusion  qui  a 
pour  un  moment  paru  réalité.  M.  de  SEYNEVoit  également  chez  le 
Lepiota  cepœstipes  une  macrocyste,  mais  il  n'a  reconnu  aucun 
organe  auquel  on  puisse  attribuer  une  fonction  copulatrice.  Dans 
ces  dernières  années  M.  Œrstedt,  poursuivant  ses  recherches, 
aurait  observé  dans  l'Agaric  variable  de  Persoon  ,  des  oocystes 
ou  cellules  réniformes  allongées,  qui  poussent  comme  des 
branches  rudimentaires  sur  les  filaments  du  mycélium,  et 
renferment  un  abondant  protoplasma,  peut-être  même  un  nucléus. 

A  la  base  de  ces  oocystes  apparaissent,  à  un  moment  donné,  les 
anthéridies  supposées,  c'est-à-dire  un  ou  deux  filaments  délicats, 
qui  généralement  tournent  leurs  extrémités  vers  les  oocystes,  et 
viennent  s'y  appliquer.  Dès  ce  moment,  sans  éprouver  de  modi- 
fication appréciable,  Voocyste  s'enveloppe  d'un  réseau  de  fila- 
ments de  mycélium  nés  sur  le  filament  qui  la  porte,  et  ce  tissu 
forme  les  rudiments  du  chapeau. 

Si  la  théorie  de  M.  Œrstedt  se  confirme,  naturellement  la 
totalité  du  chapeau  des  Agaricinées  sera  le  résultat  d'une 
fécondation. 

M.  Worthixgton  G.  Smith  a  fait  des  observations  sur  le  Coprin 
radies,  et  les  a  communiquées  au  Woolhope  Club  de  Hereford, 
le  14  octobre  1875.  Quand  une  lamelle  de  Coprin  est  placée  dans 
l'eau,  dit  M.  Smith,  au  bout  de  trois  heures  toutes  les  cellules  sont 
mortes,  mais  les  granules  fécondateurs,  après  une  couple 
d'heures,  reprennent  vie,  sont  doués  d'un  mouvement  giratoire, 
s'attachent  aux  spores,  en  percent  l'enveloppe  et  déchargent  leur 
contenu  dans  la  substance  de  ces  organes.  Trente-quatre  ou 
quarante  heures  écoulées,,  la  spore  laisse  échapper  de  son  inté- 
rieur une  nouvelle  cellule,  qui  sera  la  première  du  chapeau  d'une 
nouvelle  plante.  Au  contraire  la  spore  non  fécondée  produit  un 
mycélium  qui  lui  est  particulier. 

Nous  n'avons  pas  à  discuter  toutes  les  autres  théories,  tous  les 


46  FÉCONDATION 

prétendus  faits  découverts  sur  les  organes  de  la  fécondation  des 
Champignons  Basidiosporés.  Parmi  ces  observations  les  unes  sont 
incomplètes  et  sans  aucun  résultat  définitif;  quant  aux  faits 
rapportés  plus  haut  et  regardés,  à  tort  ou  à  raison,  comme  des 
fécondations  sexuelles,  quelques-uns  étonnent  le  naturaliste  par 
leur  étrangeté.  Pourquoi  cet  étonnement?  Est-ce  parce  que  nous 
leur  donnerions  une  fausse  interprétation?  Est-ce  parce  que  ces 
phénomènes  présenteraient  une  allure  à  laquelle  nous  ne  sommes 
pas  habitués?  Est-ce  enfin  parce  qu'ils  n'auraient  pas  été  étudiés 
avec  tout  le  soin  désirable?  Mais  si  la  fécondation  n'est  point 
encore  démontrée,  on  ne  saurait  tout  à  fait  admettre  qu'elle 
n'existe  pas. 

Avant  de  nier  absolument,  examinez  les  œufs  de  tel  ou  tel 
animal  dont  la  structure  se  rapproche  en  réalité  beaucoup  de  la 
cellule  qu'on  a  sous  les  yeux.  Il  y  a  plus,  cette  anthéridie  qui 
fonctionne,  dont  le  liquide  fécondateur  rempli  de  corpuscules  se 
fond  dans  le  protoplasma  au  sein  duquel  sont  les  germes,  n'est-ce 
pas  la  reproduction  de  l'acte  par  lequel  se  fécondent  eux-mêmes 
les  animaux  supérieurs. 

§111 

La  reproduction  sexuée  chez  les  Champignons  est  une  décou- 
verte toute  récente  due  plus  particulièrement  aux  travaux  de 
MM.  Pringsheim,  de  Bary,  Voronine,  Cienkowski,  Tulasne,  Van- 
Tiiieghem,  Cornu,  etc.  Elle  a  lieu  par  le  moyen  de  conceptacles 
remplis  de  spores  immobiles  ou  sexuées  provenant  d'une  fécon- 
dation. Tantôt  l'organe  mâle  est  constitué  par  des  branches  laté- 
rales terminées  par  une  cellule  anthéridie  qui  contient  des  anthé- 
rozoïdes ;  dans  d'autres  cas,  il  n'y  a  pas  de  branches  latérales, 
mais  des  anthéridies  qui  diffèrent  suivant  les  genres. 

La  reproduction  asexuée  s'effectue  par  le  moyen  de  zoospores, 
produits  dans  des  cellules  mères  spéciales  qu'on  nomme  sporanges; 
les  sporanges  sont  formés  par  le  cloisonnement  d'une  portion 
terminale  de  l'utricule  unique,  diversement  ramifiée,  qui  constitue 
l'espèce.  Le  protoplasma  qui  s'est  accumulé  en  cet  endroit  se 
divise  ensuite  en  petites  masses  égales,  dont  chacune  devient  une 
zoospore. 


FÉCONDATION  47 

Prenons  comme  exemple  le  Saprolegnia  monoiea,  auquel 
M.  Cornu,  en  1872,  a  consacré  une  monographie  étendue.  Le 
Saprolegnia  monoiea  est  monoïque  comme  son  nom  l'indique.  A 
l'extrémité  des  filaments  cloisonnés  qui  constituent  ces  petites 
plantes  se  développe  un  sporange  sphérique  ou  allongé  nommé 
oogone.  Au-dessous  de  Yoogone  une  cellule  présente  un  proto- 
plasma plus  clair  qui  se  groupe  en  petits  corps  ovoïdes  ;  elle  s'ouvre 
par  un  pore  latéral  situé  à  la  partie  supérieure,  et  donne  issue  à 
des  corps  de  môme  forme  que  les  zoospores,  munis  comme  ces 
derniers  d'un  cil  vibratile  ;  ce  sont  les  anthérozoïdes.  Ils  se 
meuvent  et  s'appliquent  sur  la  paroi,  puis  pénètrent  à  l'intérieur 
de  Yoogone  dont  l'extrémité  supérieure  est  à  ce  moment  large- 
ment béante  ;  là,  ils  se  confondent  avec  la  masse  protoplasmique  de 
Yoogone,  qui  devient  Yoospore. 

Une  seconde  espèce  de  fécondation,  dite  par  copulation  et 
observée  chez  les  Cystopus,  les  Peronospora,  etc.,  s'opère  ainsi  : 
les  oogones  se  développent  au  sommet  des  rameaux  du  mycélium, 
la  figure  403,  k,  planche  LXX1V,  représente  la  plante,  la  lettre  J, 
un  rameau  mycélien  avec  huit  oogones,  voy.  en  L"  une  oogone 
grossie  de  neuf  cents  diamètres,  la  lettre  L  indique  le  filament 
mycélien  producteur  de  l'oogone,  en  même  temps  se  forme  sur  ce 
rameau  ou  sur  un  voisin  une  branche  plus  fine,  L',  qui  s'applique 
par  son  sommet  L'  sur  Yoogone,  se  renfle,  et  l'extrémité  renflée 
s'isole  par  une  cloison  du  filament  qui  la  supporte,  c'est  Yanthé- 
ridie  ;  le  protoplasma  contenu  clans  l'oogone  se  concentre  en  une 
gonosphère  isolée  des  parois,  tandis  que  l'anthéridie  pousse  un 
prolongement  tubuleux  mince,  qui  perfore  la  membrane  de 
Yoogone  et  prend  l'aspect  d'une  sorte  de  bec,  L'.  Ce  bec  s'allonge 
dans  l'intérieur  de  Yoogone,  arrivée  à  la  rencontre  de  Yoosphère  : 
celle-ci  s'enveloppe  d'une  membrane  de  cellulose  et  devient  une 
oospore ,  exactement  comme  chez  les  monoblepharis,  après  le 
contact  et  la  fusion  de  Y  anthérozoïde. 

Le  troisième  mode  de  fécondation,  appelé  par  conjugaison,  est  le 
plus  anciennement  connu  ;  il  fut  découvert  par  Ehremberg  (Silvœ 
mijcol.  Berioliense) .  Sur  une  moisissure  primitivement  appelée 
Syzygites  megalocarpus,  Yoospore  appelée  ici  zygospore,  par  allu- 
sion à  la  jonction  des  deux  rameaux  dont  elle  est  née,  est  une  spore 
hibernante,  protégée  comme  Yoospore  par  d'épaisses  enveloppes. 


48  FÉCONDATION 

Le  phénomène  se  passe  de  la  manière  suivante  :  deux  filaments 
se  rencontrent,  chacun  poussant  vers  l'autre  un  processus  de 
même  diamètre  que  le  filament  et  s'unissent  intimement  ;  ils  se 
renflent  au  point  de  contact  et  deviennent  claviformes,  émettant 
entre  eux  un  corps  posé  en  travers  des  filaments  conjugués. 
Chacun  des  processus  se  crée  une  memhrane  transversale  qui  le 
sépare  du  corps  médian  et  s'enrichit  de  protoplasma,  l'un  gran- 
dissant plus  que  l'autre.  Les  extrémités  de  ces  corps  ou  cellules 
copulatives,  dont  les  membranes  formaient  deux  cellules,  se 
confondent  en  une  seule  par  destruction  de  ces  membranes,  et  il 
en  résulte  un  corps  médian  à  cavité  unique.  Ce  corps,  résultat  de 
la  réunion  des  deux  cellules  géminées,  est  une  spore  ou,  pour 
rappeler  la  manière  dont  il  s'est  fait,  une  zygospore.  Cette  zygos- 
pore prend  la  forme  d'un  petit  tonneau,  sa  membrane  s'épaissit  et 
se  compose,  à  la  maturité,  d'une  épispore  solide,  bleu  noirâtre 
foncé,  couverte  de  verrues  sur  la  surface  convexe,  et  d'une  endos- 
pore  épaisse  à  plusieurs  couches,  incolore,  couverte  de  verrues 
pleines  entrant  dans  les  creux  internes  formés  sur  l'épispore.  Le 
contenu  est  du  plasma  à  gros  grains  avec  des  gouttes  d'un  liquide 
oléagineux. 

La  famille  des  Mucorinées  offre  des  exemples  nombreux  et 
diversifiés  de  ce  mode  de  fécondation.  D'après  MM.  Van- 
Thiegiiem  et  Le  Monnier  (Recherches  sur  les  Mucorinées,  1873, 
in.,  Ann.  des  Se.  Nat.),  quelquefois  les  deux  cellules  qui  doivent 
se  rencontrer  s'arrêtent  dans  leur  croissance  avant  de  se  toucher 
et  donnent  chacune  naissance,  par  leurs  extrémités  qui  se  regar- 
dent, à  une  oospore  de  môme  forme  et  de  même  structure  que  la 
zygospore ,  d'ordinaire  plus  petite.,  susceptible  de  germer,  et  à 
laquelle  on  donne  le  nom  d'azygospore. 

Ces  cellules  sont  différenciées,  quoique  faiblement,  dans  les 
Pliycomyccs  et  les  Rhizopus,  et  l'on  ne  rencontre  pas  d'azygos- 
pore  chez  ces  Mucorinées. 

MM.  de  Bary  et  Woronine  ont  observé  dans  le  Peziza  pyronema 
confluais,  Pers.,  un  phénomène  que  M.TuLASNEa  vérifié  et  auquel 
il  ajoute  d'importants  détails. 

Résumons  tout  ce  qu'on  sait  de  certain  sur  la  fécondation  et  la 
sexualité  chez  les  Champignons,  bien  que  nous  n'avions  rien  de 
précis  actuellement  sur  les  Agarics  et  les  Bolets. 


POLYMORPHISME.    —  GÉNÉRATIONS   ALTERNANTES  49 

Dans  les  Peronosporés,  la  fécondation  semble  se  rapprocher  de 
celle  des  phanérogames  ;  l'extrémité  de  l'anthéridie,  semblable  à 
celle  du  tube  pollinique,  s'approche  sans  se  rompre  de  la  cellule  à 
féconder. 

Chez  le  Syzygites  megalocarpus,  le  résultat  de  la  fécondation 
est  une  zygospore  qui  germe  à  la  vérité,  mais  jusqu'ici  nous  ne 
savons  pas  sûrement  ce  qu'elle  donne. 

Dans  le  Rhizopus  nigricans,  les  Syzygites ,  c'est  presque  la 
production  conjuguée  des  Algues,  une  sorte  de  greffe  sur  un 
nouveau  modèle. 

D'autres  Champignons  Thécasporés  ont  donné  lieu  à  de 
nouvelles  observations.  Ainsi,  chez  le  Peziza  Pyroncma,  il  se 
produit  non  pas  des  spores  simples,  non  pas  des  sacs  à  spores, 
mais  du  tissu  hyménial,  des  thèques,  qui  elles-mêmes  donneront 
naissance  aux  spores.  Dans  VErijsiphe  cichoraceum,  c'est  une 
Thèque  qui  crée  de  toutes  pièces,  contenant  et  contenu,  aussitôt 
que  deux  filaments  se  sont  rencontrés. 

Faut-il  s'étonner  de  la  multiplicité  des  procédés  de  repro- 
duction quant  on  voit  la  multiplicité  des  produits  ?  Dans  les 
exemples  qui  précèdent,  chaque  rapprochement  amène  des  effets 
divers  pour  les  différentes  plantes. 

§IV 

POLYMORPHISME.  —  GÉNÉRATIONS  ALTERNANTES 

J'ai  déjà  indiqué  les  principaux  faits  qui  peuvent  établir,  chez 
une  même  espèce  de  Champignons,  la  faculté  de  développer  dans 
le  cours  de  son  existence,  soit  simultanément,  soit  l'un  après 
l'autre,  plusieurs  systèmes  de  reproduction.  Deux  catégories 
distinctes  de  phénomènes  ont  été  groupées  sous  le  nom  de  poly- 
morphisme. Dans  la  première,  deux  ou  plusieurs  formes  de  fruits 
se  présentent  successivement  ou  ensemble  sur  le  même  individu, 
et  dans  la  seconde,  deux  ou  plusieurs  formes  se  montrent  sur  des 
mycéliums  différents,  sur  des  parties  différentes  de  la  même 
plante  ou  sur  une  substance  nourricière  entièrement  distincle. 

Les  cas  les  plus  simples  sont  ceux  où  l'on  n'a  reconnu  jusqu'ici 
que  deux  formes  de  corps  reproducteurs,  mais  ce  dimorphisme 


50  POLYMORPHISME.  —  GÉNÉRATIONS  ALTERNANTES 

présente  lui-même  plusieurs  variétés.  Chez  les  Basidiosporcs, 
M.  de  Seyne  a  observé  que  la  Fistuline  hépatique,  outre  les  spores 
portées  par  les  basides,  porte  des  conidies  à  la  partie  supérieure  du 
réceptacle,  disséminées  dans  le  parenchyme.  Une  fois  développée, 
la  conidie  est  un  peu  plus  grande  et  plus  régulière  que  la  spore, 
mais  elle  s'en  rapproche  cependant  beaucoup  par  la  forme  et  la 
couleur. 

M.  Tulasne  a  prouvé  que  les  expansions  trémelloïdes  connues 
sous  le  nom  de  Coryne  sarcoidcs  Pers,  avec  leurs  fines  spermaties 
et  conidies  blanches,  ne  sont  qu'une  phase  reproductrice  du 
Peziza  sarcoidcs  Pers. 

Un  des  cas  les  plus  anciens  de  dualisme  a  été  observé  parmi  les 
Urédinées.  Il  y  a  plusieurs  années,  on  croyait  à  une  relation 
mystérieuse  entre  la  rouille  (Tricobasis  rubigo  vera)  du  blé  et  des 
graminées,  et  la  Nielle  du  blé  (Puccinia  graminis)  qui  lui  succède. 

La  rouille  à  spores  simples  fait  d'abord  son  apparition  ;  plus 
tard  vient  la  Nielle  à  spores  biloculaires,  et  il  n'est  pas  rare  de 
trouver  les  deux  formes  dans  la  même  pustule. 

Les  spores  de  l'Uredo,  toujours  simples,  restent  dans  cet  état, 
excepté  clans  VUredo  linearis,  où  l'on  a  observé  chaque  phase 
intermédiaire.  Les  unes  et  les  autres  sont  parfaites  dans  leur 
genre  et  capables  de  germination  ;  de  plus  une  même  espèce  peut 
donner  naissance  à  quatre  principales  formes. 

Prenons  comme  exemple  la  Fumagine,  qui  recouvre  d'une  suie 
noirâtre  les  feuilles  de  beaucoup  de  plantes,  principalement  des 
orangers;  on  voit  la  forme  reproductrice  conidienne,  la  plus 
répandue  de  toutes,  représentée  par  un  mycélium  brun  qui  donne 
naissance  à  une  grande  quantité  de  conidies  formant  un  chapelet 
de  moisissure,  et  connue  sous  le  nom  de  Cladosporium  ou 
Torula. 

Plus  tard  naît  du  même  mycélium  un  réceptacle  noirâtre, 
contenant  des  thèques  à  six  spores.  Avant  l'apparition  de  ces 
réceptacles,  on  en  rencontre  qui  ont  l'aspect  de  bouteilles 
allongées,  s'ouvrant  par  le  sommet,  ce  sont  des  pycnides  d'où 
s'échappent  des  stylospores  allongées,  cloisonnées,  peu  différentes 
des  vraies  spores.  Le  même  mycélium  produit  parfois  des  récep- 
tacles d'une  forme  très  analogue  aux  pycnides  et  donne  nais- 
sance à  des  spermaties  linéaires,  ce  sont  des  spermogonies. 


POLYMORPHISME.    —    GÉNÉRATIONS   ALTERNANTES  51 

Enfin  il  existe  un  autre  type  de  polymorphisme,  dans  lequel 
se  rencontrent  à  la  fois  une  succession  de  formes  alternantes  et  un 
réceptacle  nouveau.  Lorsqu'un  Champignon  parasite  prend  toutes 
ces  formes  sur  un  même  individu,  on  le  qualifie  de  monoxène 
ou  autoïque  ;  lorsqu'il  varie  en  changeant  de  nourriciers,  il  est 
hétéroïque.  Je  ferai  remarquer  que  le  Champignon  peut  offrir  dans 
ses  différents  états  des  moyens  de  reproduction  différents. 

M.  de  Bary  a  montré  comment  la  Puccinie  des  Graminées  qui 
se  montre  sur  le  chaume  des  céréales,  est  hétéroïque.  Après 
FUredo  rougeâtre,  que  l'on  appelle  la  Rouille  du  blé,  du  seigle, 
ce  dimorphisme  s'est  compliqué  par  l'adjonction  d'un  troisième 
terme,  YMcidium  berberidis,  sur  les  feuilles  des  Epines-Vinettes. 

Voici  comment  on  peut  donner  une  idée  du  cycle  complet  de 
végétation  de  ces  curieux  parasites.  A  la  fin  de  l'été,  sur  le 
chaume  des  Graminées ,  le  même  réceptacle  possède  deux 
sortes  de  spores  :  1°  des  uredospores  qui  peuvent  germer  sur 
la  même  plante  en  reproduisant  des  Uredo;  2°  des  corps  d'une 
grande  dimension,  arrondis  et  plus  larges  vers  le  haut,  à  deux 
loges  et  prenant  une  teinte  brune,  foncée  ou  noirâtre  ;  ces  corps 
nommés  par  M.  de  Bary  téleutospores  (spores  delà  fin)  ou  spores 
parfaites,  pénètrent  après  le  sommeil  hibernal  dans  les  jeunes 
feuilles  de  l'Epine-Vinette  et  y  développent  un  mycélium  qui 
donne  naissance  à  de  petites  conidies  transparentes ,  ou  spores 
secondaires,  connues  sous  le  nom  de  sporidics. 

Ce  sont  les  sporidies  issues  des  téleutospores  qui  germent  sur 
l'Epine-Vinette  et  percent  les  cellules  épidermiques  pour  se  déve- 
lopper dans  le  parenchyme  en  Mcidium  berberidis. 

Qu'une  spore  d'AZcidium  tombe  sur  une  feuille  de  seigle  ou  de 
blé,  elle  y  émet  un  filament  germinatif  qui  pénètre  par  un  stomate 
et  se  transforme  en  Uredo  caractéristique  de  la  Puccinie  des 
Graminées,  lesquels  se  propagent  eux-mêmes  sous  leur  forme 
Uredo. 

C'est  de  même  au  moyen  <¥ uredospores  et  de  téleutospores  que 
le  Puccinia  straminis  se  reproduit  à  l'état  d'Uredo  sur  les  Grami- 
nées, à  l'état  d' Mcidium  sur  les  Borraginées,  etc.,  et  1' 'Mcidium 
fournit  à  son  tour  des  spores  qui  engendrent  l'Uredo. 

Le  cycle  comprend  quelquefois  moins  de  formes  ;  tel  est  celui 
des  JEcidies  des  Pomacées,  que  l'on  sait  aujourd'hui  formées  par 


52  RESPIRATION    DES   CHAMPIGNONS 

la  germination  de  sporidies  issues  des  téleutospores  des  Gymno- 
sporangium  et  Podissoma  gélatineux  qui  se  développent  sur  les 
genévriers. 

C'est  à  l'instigation  du  docteur  Léveillé  que  M.  Decaisne  fit 
venir  d'Alençon  un  pied  de  Sabine  couvert  de  Podisoma.  Cette 
conifère  fut  placée  au  Jardin  des  Plantes  dans  l'école  des.  Poiriers, 
arbres  sur  lesquels  on  n'avait  jamais  observé  la  présence  d'Uredo. 
Peu  de  semaines  après,  toutes  les  feuilles  des  poiriers  placés  dans 
le  voisinage  du  Podisoma  se  trouvèrent  couvertes  de  taches 
orangées,  premier  indice  de  la  présence  du  Rœstelia.  M.  Decaisne 
fit  enlever  les  Sabines;  depuis  cette  époque  on  n'a  plus  aperçu  la 
moindre  tache  de  Y  JEcidium. 

M.  Cornu  obtenait  le  même  résultat  avec  Y  JEcidium  rhamni 
(Société  Botanique  de  France,  séance  du  2S juin  1880). 

Ce  chapitre  doit  être  considéré  comme  donnant  des  aperçus  et 
des  indications,  mais  nullement  comme  traitant  la  question  d'une 
manière  complète. 

Dans  notre  second  volume  il  nous  sera  possible  d'étendre  consi- 
dérablement tous  les  cas  de  polymorphisme,  en  y  joignant  nos 
observations,  et  les  exemples  énumérés  dans  les  ouvrages  des 
mycologistes  d'Europe. 


CHAPITRE  VI 

RESPIRATION  DES  CHAMPIGNONS 

Les  Champignons,  en  contact  avec  l'atmosphère  par  la  plupart 
de  leurs  parties,  sont  constamment  en  rapport  avec  cette  enve- 
loppe gazeuse  de  notre  globe.  Tantôt  ils  absorbent  les  gaz  qui 
entrent  dans  leur  composition  ;  tantôt  au  contraire,  ils  exhalent 
des  matières  gazeuses  de  nature  diverse,  suivant  les  circonstances, 
et  qui,  en  se  mêlant  ainsi  à  l'air,  contribuent  à  modifier  plus  ou 
moins  les  proportions  de  leurs  éléments  essentiels.  Ce  sont  ces 


RESPIRATION   DES   CHAMPIGNONS  53 

rapports  incessants  des  Champignons  avec  l'atmosphère,  ces 
exhalations  et  ces  absorptions  de  gaz  opérées  par  eux  qui  consti- 
tuent la  respiration,  phénomène  essentiel  à  leur  existence,  entrevu 
depuis  longtemps  déjà,  mais  dont  la  connaissance  exacte  ne 
remonte  pas  au  delà  de  la  fin  du  siècle  dernier. 

M.  de  Humboldt,  en  1793,  dans  le  Flora  Fribergensis ,  était 
arrivé  à  cette  donnée  importante  que  VAgaricus  edulis  respire 
comme  les  parties  colorées  des  Phanérogames,  que  les  Champi- 
gnons vicient  rapidement  l'air,  en  lui  prenant  son  oxygène,  pour 
le  remplacer  par  un  autre  gaz  :  l'acide  carbonique.  Le  savant 
voyageur  allemand  prouva  par  de  nombreuses  expériences  que  les 
mômes  phénomènes  respiratoires  se  manifestent  avec  la  même 
intensité  le  jour  et  la  nuit,  et  annonça  le  premier  que  les  Agarics 
placés  au  soleil  ou  dans  l'obscurité  produisent  un  second  gaz, 
l'hydrogène. 

De  Candolle  (Flore  Française,  tom.  11,  page  2)  confirma  cette 
découverte  sur  des  Champignons  de  différents  genres,  et  ses 
recherches  nombreuses  sur  la  respiration  des  Champignons 
devinrent  la  base  de  la  théorie  moderne  de  ce  phénomène.  Au  fait 
déjà  reconnu  par  de  Humboldt  et  de  Candolle;  Marcet, 
(Bibliothèque  Universelle  de  Genève,  tom.  LVII,  p.  393,  1834),  en 
ajouta  plusieurs  nouveaux  d'une  importance  majeure.  Ainsi  des 
Agaricus  campestris,  plongés  dans  de  l'eau  privée  d'acide  carbo- 
nique, dégagent  ce  même  acide,  et  diverses  expériences  de  Marcet, 
faites  dans  des  atmosphères  artificielles  cette  fois,  ont  amené  un 
égal  résultat. 

Cet  ingénieux  observateur  fit  passer  un  courant  d'air  atmos- 
phérique dans  une  cloche  de  verre  contenant  un  kilogramme  de 
Champignons,  et  obtint  de  l'acide  carbonique,  mais  en  moindre 
quantité  que  s'il  remplaçait  l'air  atmosphérique  par  du  gaz 
oxygène,  et  moins  encore  que  s'il  remplace  l'oxygène  par  l'azote. 

L'expérience  a  démontré  que  les  Champignons  expirent  aussi 
de  l'azote.  M.  Grischow  ayant  mis  dans  un  récipient  de  quinze 
centimètres  cubes  de  capacité  un  jeune  Amanita  muscaria 
d'environ  six  centimètres  cubes  de  volume.,  et  l'ayant  exposé  au 
soleil  pendant  deux  heures,  après  l'avoir  laissé  préalablement  une 
nuit  dans  son  récipient,  remarqua  que  cette  atmosphère  limitée 
avait  diminué  de  trois  centimètres  cubes,  et  qu'elle  présentait  la 


54  DE   LA   NUTRITION 

composition  suivante,  0,13  d'acide  carbonique,  0,0b  d'oxygène, 
0,82  d'azote,  avec  des  traces  d'hydrogène.  Nous  venons  de 
voir  chez  les  Champignons  l'azote  et  l'hydrogène  faire  partie  du 
gaz  expiré. 

M.  Muntz  (Compt.  rend.  Acad.  des  Sciences.  LXXX,  p.  178),  en 
plaçant  un  Agaricus  campestris  dans  un  courant  d'air  continu, 
n'a  jamais  recueilli  aucune  trace  d'hydrogène,  mais  en  changeant 
l'air  atmosphérique  par  un  courant  d'azote  ou  d'acide  carbonique, 
il  a  toujours  vu  se  produire  de  l'hydrogène.  L'auteur  en  tire  cette 
conclusion  :  dans  le  premier  cas,  les  Champignons  ont  joué  leur 
rôle  ordinaire  ;  ils  ont  brûlé  avec  l'oxygène  de  l'air  les  maté- 
riaux dont  ils  disposent  ;  dans  le  second  cas,  cette  combustion, 
devenue  impossible,  a  été  remplacée  par  une  combustion  inté- 
rieure, accompagnée  d'un  dégagement  d'hydrogène  dû  à  la 
fermentation  de  la  mannite  qui  se  décompose  en  acide  carbo- 
nique, alcool  et  hydrogène.  En  résumé  ces  Cryptogames,  comme 
les  fleurs,  ont  une  respiration  analogue  à  celle  des  animaux  : 
ils  absorbent  de  l'oxygène  et  dégagent  de  l'acide  carbonique. 

§1 

DE   LA  NUTRITION 

La  nutrition  constitue  la  manifestation  la  plus  universelle  de  la 
vie  :  c'est  la  mutation  continuelle  des  particules  qui  forment  l'être 
vivant  animal  ou  végétal,  et  la  propriété  commune  la  plus  générale, 
la  plus  essentielle  de  tout  élément  organique,  qui  consiste,  pour 
les  êtres  vivants,  à  puiser  leurs  principes  nutritifs  soit  dans  le  sol, 
soit  dans  l'air  qui  les  environne.  Le  Champignon  se  les  incorpore 
pour  un  temps  donné,  les  élabore  et  les  élimine  ensuite,  ces  Cryp- 
togames ayant  la  propriété  d'être  en  relation  d'échange  constant 
avec  le  milieu  où  ils  vivent  par  un  perpétuel  mouvement  d'assi- 
milation ou  de  désassimilation  ;  c'est  en  quelque  sorte  une  réno- 
vation moléculaire  insaisissable  pour  nos  yeux,  mais  très  visible 
au  moyen  d'appareils  appropriés  et  à  l'aide  des  instruments  que 
la  science  met  à  notre  disposition  ;  on  constate  l'entrée  et  la  sortie 
des  sucs  nourriciers  qui  traversent  incessamment  leur  organisme, 
le  renouvellent  dans  sa  substance  et  le  maintiennent  en  sa  forme. 


DE   LA  NUTRITION  55 

Nous  avons  vu  que  la  germination  des  spores  de  Champignons 
produit  des  filaments  connus  sous  le  nom  de  mycélium,  ou  blanc 
de  Champignons  ;  dans  sa  jeunesse  il  rampe  sous  le  sol  ou  sur  le 
fumier,  et  vient  puiser  là  les  éléments  nécessaires  à  son  existence; 
ces  éléments  sont  gazeux,  liquides  ou  solubles.  Le  premier  est 
représenté  par  l'air,  l'acide  carbonique,  l'ammoniaque,  etc.  ;  le 
second  par  la  pluie,  la  rosée,  la  neige  ;  le  troisième  par  la  masse 
de  matières  organiques  complexes  qui  existent  dans  la  terre  ou  à 
sa  surface.  L'acide  carbonique  de  l'air  ou  du  sol  pénètre  en  même 
temps  que  l'eau,  dans  les  cellules  du  mycélium  sur  le  protoplasma 
qui  a  la  propriété  de  décomposer  une  partie  de  l'acide  carbonique, 
et  l'eau,  les  deux  éléments  combinés  l'un  à  l'autre  forment  ce 
que  les  physiologistes  désignent  habituellement  sous  le  nom 
d'hydrate  de  carbone. 

Les  propriétaires  qui  cultivent  artificiellement  des  Champignons 
sur  couche,  se  servent  de  fumier  bien  préparé  qui  renferme  une 
importante  quantité  d'acide  carbonique.  J'ai,  par  de  nombreuses 
expériences,  la  preuve  qu'il  présente  au  mycélium  une  source 
alimentaire  lente  et  continue.  Dans  les  forêts,  dans  les  prairies  où 
le  Champignon  sort  du  sol  spontanément,  sans  culture,  ces 
substances  se  forment  par  la  décomposition  des  feuilles,  des 
racines,  de  tous  les  débris  de  végétations  antérieures  qui  consti- 
tuent ce  que  les  agronomes  nomment  matière  ulmique.  Là  tout 
est  réuni  ;  l'humidité,  Tair,  l'azote  même  existant  dans  le  sol  à 
l'état  de  nitrate  et  de  sels  ammoniacaux,  ou  sous  la  forme  de  ma- 
tières organiques  complexes. 

M.  Boussingault  est  parvenu  à  démontrer  avec  une  netteté 
parfaite  que  tous  les  végétaux  trouvent  dans  les  nitrates  que 
renferme  la  terre  l'azote  nécessaire  à  la  reconstitution  et  à  l'ali- 
mentation de  leur  tissu.  Je  conclus  de  ceci  qu'aussitôt  la  germi- 
nation des  spores,  tous  les  éléments  nutritifs  viennent,  pour  ainsi 
dire,  à  la  rencontre  du  mycélium,  qui  se  développe  sans  efforts 
sous  l'impulsion  de  ces  aliments,  aidé  par  une  température  appro- 
priée. 

Le  protoplasma  contenu  dans  l'intérieur  des  cellules  mycéliales 
agit  à  son  tour  sur  ces  aliments  organiques  et  inorganiques  en 
produisant  une  action  réductrice  qui  est  la  base  de  toute  activité 
organique,  et,  en  présence  de  tous  ces  éléments  azotés  et  carbonés, 


î)0  DÉVELOPPEMENT   DES   TISSUS 

le  mycélium  s'étend  graduellement,  de  dislance  en  distance,  se 
cloisonne  transversalement,  puis  se  feutre,  et  à  sa  surface  on  voit 
apparaître  de  petits  agrégats  assez  compactes  semblables  aux 
petits  cônes  de  sapin,  planche  LXXV,  fig.  411,  m.  C'est  le 
premier  rudiment  du  Champignon  ;  les  mycologues  le  nomment 
stroraa. 

Après  sa  formation,  le  petit  stroma  subit  un  temps  d'arrêt  néces- 
saire à  son  organisation  ;  il  vit  encore  aux  dépens  du  mycélium 
générateur  qui  absorbe  les  aliments  bruts,  et  les  élabore,  la 
chaleur  et  l'humidité  du  sol  aidant,  en  sève  nourricière.  En 
observant  avec  le  microscope,  au  moyen  de  coupes  minces  et 
longitudinales,  les  jeunes  tissus  du  stroma,  on  constate  en  effet 
que  les  filaments  cellulaires  sont  tous  parallèles  et  qu'ils  s'allon- 
gent ensemble  à  leur  sommet,  tandis  que  la  base  du  cône  se 
constitue  par  les  filaments  du  mycélium  qui  leur  sert  de  point 
d'appui  et  de  nourriture.  Remarquons  en  passant  que  les  matières 
minérales  ne  sont  pas  étrangères  à  l'élaboration  des  principes 
immédiats  de  nature  organique,  par  rapport  au  rôle  physique  et 
chimique  qu'elles  peuvent  exercer,  et  que  c'est  dans  des  condi- 
tions extrêmement  favorables  que  les  jeunes  stromas  poursuivent 
leur  développement. 

§11 

DÉVELOPPEMENT  DES  TISSUS 

Au  point  de  vue  chimique,  les  cellules  du  mycélium  sont  cons- 
tituées fondamentalement  par  des  substances  albuminoïdes,  de 
l'eau  et  des  matières  minérales,  associées  pour  former  une 
substance  à  demi  solide,  à  laquelle  on  a  donné  le  nom  de  proto- 
plasma, et  qui,  clans  toute  cellule,  quelle  qu'en  soit  la  complexité 
d'organisation,  représente  la  seule  partie  douée  des  propriétés  qui 
caractérisent  la  vie.  Toute  modification  apportée  dans  la  compo- 
sition chimique  de  cette  substance  entraîne  nécessairement  une 
modification  correspondante  dans  les  propriétés  de  la  cellule  ,  et 
si  les  changements  apportés  à  sa  composition  dépassent  certaines 
limites,  ces  propriétés  disparaissent,  soit  pour  un  temps  plus  ou 
moins  long,  soit  d'une  façon  définitive. 

Ainsi,  qu'on  enlève  par  la  dessiccation  au  protoplasma  contenu 


DÉVELOPPEMENT   DES  TISSUS  57 

dans  les  cellules  du  mycélium,  l'eau  qui  est  nécessaire  à  sa  consti- 
tution chimique  normale,  et  l'on  verra  le  jeune  stroma  cesser  de 
se  nourrir,  cesser  de  se  reproduire.  Si,  au  contraire,  les  cellules 
du  mycélium  sont  placées  dans  un  milieu  favorable,  elles  s'arron- 
dissent comme  un  fil,  se  couchent  horizontalement,  s'entrelacent 
et  se  feutrent  de  plus  en  plus.  Rien  de  plus  variable  que  la  forme, 
la  taille,  la  coloration,  la  structure  de  ces  individualités  anato- 
miques  et  physiologiques.  Sous  le  champ  du  microscope,  le  tissu 
primitif  au  sommet  du  cône  du  jeune  stroma  est  régulier  ;  ses 
cellules  sont  plates,  leur  direction  toujours  parallèle  et  verticale, 
et  plus  on  s'éloigne  de  la  base  du  cône,  plus  il  est  facile  de  recon- 
naître ce  tissu.  Pour  ce  qui  concerne  la  forme,  la  multiplication 
des  cellules  des  Champignons,  nos  connaissances  s'appuient  sur 
un  grand  nombre  de  sérieuses  expériences  ;  nous  sommes  beau- 
coup moins  avancés  au  sujet  des  filaments  du  mycélium  et  de  la 
démarcation  entre  lui  et  la  première  apparition  des  cellules  du 
Champignon,  et  nous  ne  pouvons  à  cet  égard  que  formuler  des 
hypothèses,  plausibles  il  est  vrai,  mais  non  démontrées  par  des 
faits  positifs. 

11  existe,  chez  le  Champignon,  un  mode  de  multiplication  et  de 
formation  des  cellules  à  l'aide  de  cellules  préexistantes  :  le  mycé- 
lium. Nous  pouvons  admettre  que  le  protoplasma  tout  entier 
d'une  cellule  se  condense,  sort  de  la  membrane  du  mycélium  qui 
l'emprisonnait,  et  va,  sous  une  forme  nouvelle,  acquérir  de  nou- 
velles propriétés;  on  a  désigné  le  phénomène  sous  le  nom  de  rajeu- 
nissement. En  résumé,  on  distingue  parfaitement  les  filaments 
mycéliens  des  cellules  du  Champignon  ;  mais  le  passage  de  l'un  à 
l'autre  est  plus  difficile  à  saisir  et  il  y  a  là  toute  une  série  d'inté- 
ressantes recherches  à  faire.  Reprenons  l'examen  de  nos  certi- 
tudes. 

Avant  d'arriver  à  la  surface  du  sol,  le  petit  Champignon  subit 
un  temps  d'arrêt  qui  varie  avec  les  circonstances  et  le  milieu,  et 
pendant  lequel  les  cellules  du  jeune  cryptogame  s'organisent; 
elles  absorbent  les  éléments  nutritifs  du  mycélium  dans  un  état 
de  simplicité  limité  mais  suffisant  pour  le  développement  de 
toutes  les  couches  cellulaires.  C'est  la  plus  externe  qui  s'organise 
la  première  et  forme  un  tissu  très  résistant  qui  sera  Tépiclerme 
planche  II,  fig.  T,  u',  u.  Deux  lacunes  aérifères  se  sont  formées, 


58  DÉVELOPPEMENT   DES  TISSUS 

fig.  71,  RR,  et  les  tissus  filamenteux  s'accroissent  de  telle  façon 
que  les  parois  supérieures  des  deux  lacunes  forment  déjà  en  minia- 
ture la  face  inférieure  du  chapeau. 

On  observe  aussi  que  les  filaments  cellulaires  participant  à  cet 
allongement  ont  subi  trois  partitions  principales  ;  la  première 
oblique  à  droite,  la  deuxième  à  gauche,  la  troisième.,  qui  occupe  le 
milieu  de  l'espace  annulaire,  semble  se  diviser  en  deux  parties  et 
se  sépare  par  une  petite  cloison  transversale,  fig.  71,  P,  située  juste 
au  centre  du  jeune  Champignon.  A  mesure  que  le  petit  cône  se 
développe,  les  deux  premières  partitions  en  RR  forment  les  bords 
du  chapeau,  la  troisième  couche  résistante  et  compacte  devient 
plus  manifeste  ;  elle  s'abaisse  en  s'inclinant  et  constitue  le  pédi- 
celle  qui  doit  fixer  le  Champignon  au  lieu  où  il  a  pris  naissance. 

Nous  avons  dit  plus  haut  qu'au  moment  de  la  séparation,  il  se 
forme  un  renflement  en  P,  fig.  7',  dans  lequel  s'accumule  un 
protoplasma  granuleux  sans  noyau  ;  ce  renflement  sépare  le  pédi- 
celle  du  chapeau  par  la  formation  de  la  cloison  transversale,  et 
l'on  peut  admettre  que  celte  cloison  se  produit  au  dessous  de  la 
masse  de  protoplasma  granuleuse,  qui  s'accumule  au-dessus  de 
la  séparation. 

Vers  la  partie  supérieure  de  cet  amas,  on  trouve  un  proto- 
plasma plus  dense,  plus  incolore,  plus  transparent,  sphérique, 
représentant  le  protoplasma  de  la  jeune  cellule  ;  au  milieu  un 
noyau  punctiforme  grossissant  peu  à  peu,  mais  plus  lentement,  à 
mesure  que  la  zone  du  protoplasma  clair  qui  l'entoure  s'élargit  de 
son  côté.  Ce  noyau,  d'abord  parfaitement  homogène,  réfracte 
fortement  la  lumière,  ce  qui  le  fait  comparer  à  une  tache  d'huile, 
et,  tandis  que  le  protoplasma  de  la  cellule  s'accroît,  il  devient 
réticulé. 

Pendant  la  première  partie  de  leur  existence,  ces  cellules  sont 
dépourvues  d'enveloppes  ;  c'est  seulement  lorsqu'elle  est  complè- 
tement individualisée,  et  lorsque  la  cellule  arrive  au  contact  de 
ses  voisines,  qu'un  dépôt  de  cellulose  s'effectue  autour  d'elle  et 
lui  constitue  une  membrane.  Si  on  fait  une  coupe  longitudinale 
de  ce  petit  Champignon  avant  qu'il  atteigne  la  surface  du  sol,  on 
distingue  adroite  et  à  gauche  des  bords  du  chapeau,  fig.  72,  u,u, 
deux  taches  teintées  de  jaune  plus  ou  moins  foncé.  Examinant 
sous  le  champ  du  microscope  une  coupe  de  ce  tissu,  on  obser- 


STRUCTURE.  —  ORGANISATION  DES  CHAMPIGNONS  b9 

vera  facilement  deux  espèces  de  cellules  placées  côte  à 
côte  ;  les  unes  sont  polyédriques,  les  autres,  en  moins  grand 
nombre,  sont  sphériques  ;  mais  les  deux  sortes  se  remplissent 
exactement  par  un  protoplasma  visqueux,  incolore,  contenant  de 
petites  granulations  grisâtres  d'autant  plus  nombreuses,  que  la 
cellule  jouit  d'une  activité  plus  grande. 

Ces  granulations  que  beaucoup  d'auteurs  tendent  à  considérer 
comme  de  nature  graisseuse,  doivent  être  soigneusement  distin- 
guées du  protoplasma  lui-même,  et  constituent  très  probable- 
ment des  produits  de  désassimilation  des  substances  albuminoïdes. 
Au  centre  du  protoplasma  granuleux  de  ces  jeunes  cellules,  se 
trouve  un  noyau  volumineux,  dont  les  contours  arrondis  sont 
rendus  très  nets  par  l'acide  acétique  ;  il  est  clair,  peu  granuleux, 
et  offre  dans  sa  partie  médiane  un  nucléole  brillant,  c'est  là  seule- 
ment que  Ton  trouve  l'hyménium,  et,  sur  ces  cellules  seules  que 
se  forment  les  stérigmates,  puis  les  spores  nécessaires  à  la  repro- 
duction de  l'espèce  ;  alors,  son  organisation  terminée,  le  crypto- 
game perce  le  sol  et  fait  son  apparition  à  la  surface. 

Voilà  la  simple  explication  de  faits  qu'on  eût  longtemps  peine  à 
comprendre.  Il  semblait  impossible  que  dans  les  endroits  où  l'on 
avait  passé  la  veille  sans  rien  apercevoir,  on  trouvât  le  lendemain 
une  multitude  de  Champignons  ;  le  mycélium,  caché  à  tous  les  yeux, 
avait  préparé  sa  progéniture,  qui  n'attendait  sous  terre  qu'une 
circonstance  favorable  pour  se  produire  au  jour. 


CHAPITRE  VII 

STRUCTURE.  -  ORGANISATION  DES  CHAMPIGNONS 

Nous  venons  d'étudier  la  première  organisation  d'un  Champi- 
gnon du  genre  Agaric  jusqu'à  la  surface  du  sol  ;  pour  connaître 
maintenant  la  structure  de  l'ordre  auquel  appartient  le  genre 
Amanite,  un  examen  de  cette  espèce  sera  presque  suffisant.  Ici 


60  STRUCTURE.   —  ORGANISATION    DES   CHAMPIGNONS 

nous  trouverons  trois  parties  bien  distinctes  à  examiner  ;  le  pédi- 
celle,  le  chapeau,  qui  portent  l'hyménium,  et  les  feuillets  insérés 
à  la  surface  inférieure  du  chapeau. 

Prenons  comme  exemple  l'Amanite  mouche,  Amanita  mits- 
caria,  planche  II,  fig.  7,  qui  est  le  type  le  plus  complet  et  le 
mieux  organisé.  Lors  donc  que  ce  Champignon  est  arrivé  presque 
à  maturité,  le  chapeau  se  déploie  déchirant  le  voile  du  bord,  qui 
reste  pour  un  certain  temps  en  collier  autour  du  pédicelle  et  prend 
le  nom  d'anneau,  fig.  P.  Des  fragments  du  voile  demeurent 
souvent  attachés  sur  le  chapeau  ou  au  bord,  sous  la  forme  d'une 
membrane  plus  ou  moins  consistante  qui  contient  le  Champi- 
gnon dans  son  jeune  âge.  Elle  existe  dans  tous  les  Champignons 
à  chapeau,  mais  chez  un  très  grand  nombre  sa  texture  est  si  déli- 
cate, qu'elle  disparaît  complètement  pendant  la  première  évo- 
lution, sans  qu'on  puisse  en  trouver  la  moindre  trace. 

On  ne  doit  y  attacher  d'importance  que  lorsque  ses  débris 
restent  manifestes  à  la  base  du  pédicelle  ou  sur  le  chapeau.  C'est 
la  volve  qui  se  compose  de  cellules  allongées  et  rameuses 
s'anastomosant  entre  elles,  est  dite  complète  quand  elle  se  déchire 
pour  laisser  passer  le  chapeau,  le  pédicelle,  et  qu'elle  reste  à  la 
base  de  celui-ci  ;  incomplète  quand  elle  ne  recouvre  pas  le  Cham- 
pignon en  entier  ;  caduque  ou  persistante ,  épaisse  ou  mince  , 
ample  quand  elle  représente  un  vase  dont  le  bord  est  largement 
ouvert,  comme  l'Oronge  véritable,  planche  III,  fig.  8,  C,  et  enfin 
vaginée  lorsqu'elle  est  longue,  et  assez  étroite,  planche  VI, 
fig.  18  à  20. 

Cette  parlie  que  Ton  rejette  souvent  comme  inutile,  est  au 
contraire  de  la  plus  haute  importance  pour  la  distinction  des 
espèces  ;  aussi  faut— il  enlever  un  Champignon  de  terre  avec  pré- 
caution pour  constater  l'existence  de  cette  membrane. 

§  I 

DIT  PÉDICELLE 

Le  pédicelle  que  certains  auteurs  nomment  pédicule,  stipe, 
pied,  etc.,  est  la  partie,  en  forme  de  tige,  qui  supporte  le  chapeau 
et  fixe  le  Champignon  au  lieu  où  il  a  pris  naissance. 

Selon  ses  divers  modes  d'insertion,  il  est  dit  central  (cas  le 


STRUCTURE.   —   ORGANISATION   DES   CHAMPIGNONS  61 

plus    commun),    excentrique,    latéral  ou   ascendant.    Sa    partie 
moyenne  est  nue,  souvent  munie  d'un  anneau  ou  d'une  cortine. 

Il  est  court  ou  long,  plein  ou  fîstuleux,  creux  quand  sa  partie 
centrale  vient  à  disparaître.  Dans  quelques  espèces  il  est  flocon- 
neux, c'est-à-dire  traversé  en  longueur  par  un  filament  byssoïde. 
La  forme  du  pédicelle,  toujours  très  variable,  est  simple,  rameuse, 
bulbeuse,  fusiforme,  atténuée  à  l'une  ou  à  l'autre  extrémité. 

Dans  un  grand  nombre  d'espèces  il  est  uni,  mais  chez  d'autres 
il  présente  des  lignes  parallèles  et  longitudinales  ;  c'est  le  pédi- 
celle strié.  Si  ces  lignes  sont  séparées  par  de  profonds  sillons,  il 
est  sillonné  ;  si  le  pédicelle  présente  des  éminences  arrondies 
foncées  en  couleur,  il  est  écailleux;  quand  les  écailles  s'entre- 
croisent en  circonscrivant  des  enfoncements  irréguliers,  on  le 
nomme  écailleux,  réticulé  ;  si  ces  enfoncements  sont  profonds,  il 
est  lacuneux.  Parfois  dans  les  endroits  sombres  et  obscurs  comme 
les  souterrains,  il  s'allonge,  se  ramifie  même,  et  ne  produit  pas 
de  chapeau  ;  les  Agarics  ressemblent  alors  à  des  Clavaires. 

DU   CHAPEAU 

Le  chapeau,  considéré  d'une  manière  générale,  forme  à  lui  seul 
ce  que  l'on  nomme  un  Champignon  ;  c'est  lui  qui  frappe  la  vue  et 
que  l'on  mange.  Une  coupe  longitudinale,  faite  dans  le  chapeau 
et  tout  le  long  du  pédicelle,  donne  la  meilleure  notion  de  l'arran- 
gement des  parties  et  de  leurs  relations  avec  l'ensemble.  On  voit 
par  là  que  le  chapeau  est  la  continuation  du  pédicelle,  et  que 
sa  substance,  moins  fibreuse  que  celle  du  pédicelle  descend  dans 
les  feuillets.  11  présente  deux  faces  dont  la  position  varie  ;  la 
première  regarde  en  haut,  c'est  la  surface  ;  elle  est  lisse,  striée, 
villeuse,  écailleuse,  rugueuse,  sèche  ou  visqueuse.  L'épiderme 
qui  la  recouvre  s'enlève  dans  quelques  espèces,  mais  fait  souvent 
corps  avec  la  chair  ;  sa  couleur  et  sa  consistance  sont  très  suscep- 
tibles de  changer.  Le  chapeau  plus  ou  moins  charnu,  épais  ou 
membraneux,  se  dessèche  facilement,  parfois  se  pourrit  ou  tombe 
en  déliquescence.  Sa  forme  peut  être  aplatie,  convexe,  hémisphé- 
rique, concave,  en  entonnoir  ou  infundibuliforme.  Si  le  centre 


62  STRUCTURE.  —  ORGANISATION   DES   CHAMPIGNONS 

présente  une  petite  élévation,  il  est  mamelonné  ;  si  cette  élévation 
est  plus  large,  on  le  dit  en  forme  de  bouclier,  et  enfin  si  le  centre 
du  chapeau  offre  une  dépression,  il  est  ombiliqué. 

Chez  quelques  espèces  on  le  rencontre  en  demi-cercle  ou  circu- 
laire ;  c'est  la  forme  dimidiée  ;  dans  d'autres  genres  où  le  chapeau 
est  couvert  de  poils  fins,  épars  ou  rapprochés,  on  le  dit  pubescent  ; 
si  les  poils  sont  longs  et  serrés,  il  est  velu  ;  s'il  n'est  recouvert  que 
d'un  duvet  cotonneux,  il  devient  tomenteux. 

La  seconde  face  du  chapeau  regarde  en  bas  ou  de  côté  selon 
qu'il  est  horizontal,  ou  vertical;  la  marge  est  aussi  très  importante 
à  étudier  quant  à  ses  formes,  surtout  lorsqu'elle  est  roulée  en  de- 
dans ou  appliquée  immédiatement  sur  le  pédicelle.  La  structure 
du  chapeau  est  la  môme  dans  tous  les  Agarics;  mais  la  forme,  la 
taille  et  la  dimension  des  cellules  du  chapeau  sont  tellement  va- 
riables qu'il  est  presque  inutile  d'y  insister  ici  ;  je  me  bornerai 
donc  à  rappeler  les  faits  les  plus  importants. 

Lorsque  les  cellules  vivent  dans  un  milieu  humide,  il  est  fré- 
quent de  les  voir  affecter  la  forme  arrondie,  ou  ovoïde  ;  c'est  le 
cas  des  Phallus  ;  c'est  le  cas  des  spores  d'un  grand  nombre  de 
Champignons  pendant  leur  premier  âge.  II  est  fréquent  aussi  de 
voir  les  cellules  du  chapeau  modifier  spontanément  leurs  formes 
comme  les  Russules,  cependant  nous  devons  dire  que,  dans  les 
divers  chapeaux  que  nous  avons  examinés,  les  cellules  une  fois 
parvenues  à  un  certain  état  de  développement  qui  correspond  à 
l'âge  adulte,  ne  changent  plus  d'aspect.  Il  n'en  est  pas  ainsi  pour 
d'autres  cellules  libres. 

La  cellule  unique  qui  forme  les  basides,  les  cystides,  le  tissu 
hyménial  en  un  mot,  s'allonge  et  se  ramifie,  émet  çà  et  là  des 
pousses  latérales  qui  sans  cesse  modifient  son  aspect  général.  Ces 
changements  de  formes,  dus  à  un  développement  pour  ainsi  dire 
incessant,  dans  cette  seule  partie  du  chapeau  et  du  Champignon 
sont  rendus  possibles  par  ce  fait  que  la  membrane  cellulosique 
reste  sans  cesse  imprégnée  de  protoplosma. 

Si  maintenant  nous  examinons  le  plus  simple  de  tous  les  Aga- 
rics, le  Schizophillum  commune,  planche  LVII  fig.  287,  nous  ne 
trouverons  ni  volve,  ni  anneau,  ni  pédicelle.  Le  chapeau  est  mem- 
braneux, sessile,  résupiné  ;  les  lames  naissent  d'un  point  unique 
situé  à  la  marge  du  chapeau,  et  s'étendent  en  forme  d'éventail. 


DES   LAMES   OU   FEUILLETS   DES   AGARICINÉES  63 

Ces  deux  Champignons,  si  on  les  compare,  ne  possèdent  donc  de 
commun  que  le  chapeau,  les  lames,  le  tissu  hyménial,  les  spores, 
et  se  ressemblent  si  peu  que  les  auteurs  en  ont  fait  deux  genres 
différents. 

Quand  nous  passerons  en  revue  les  autres  espèces  intermé- 
diaires, nous  verrons  la  volve  disparaître;  le  pédicelle,  de  central 
devenir  exentrique,  latéral,  puis  enfin  s'effacer  complètement; 
l'anneau,  de  membraneux,  large  et  consistant,  se  réduire  en 
filaments  arachnoïdes,  et  disparaître  aussi  tout  à  fait. 


CHAPITRE  Vin 

DES  LAMES  OU  FEUILLETS  DES  AGAEICINÉES 

La  partie  inférieure  du  chapeau  des  Agarics,  est  constituée  par 
le  prolongement  membraneux  et  parallèle  d'un  tissu  rayonnant 
du  centre  à  la  circonférence,  planche,  II,  fig.  7,  0.  C'est  sur  cet  te 
disposition  que  reposent  les  caractères  du  genre.  Considérée 
isolément,  une  lame  d'Agaric  varie  beaucoup  de  forme  selon  le 
mode  d'insertion  au  pédicelle  :  si  son  extrémité  centrale  n'atteint 
pas  le  pédicelle,  on  la  dit  écartée,  planche  I,  fig.  1  ;  quand  les 
lames  arrivent  au  point  où  commence  le  pédicelle,  elles  sont 
libres,  planche  I,  fig.  2  ;  si  on  les  voit  convexes  près  de  leur  inser- 
tion sur  le  pédicelle  on  les  dit  sinuées,  planche  I,  fig.  3,  si  elles 
s'insèrent  perpendiculairement  au  pédicelle,  elles  sont  adnées, 
planche  I,  fig.  4;  elles  deviennent  émarginées  planche  I,  fig.  5, 
quand  elles  sont  entaillées  près  de  leur  insertion  sur  le  pédicelle  ; 
enfin,  si  les  lames  s'insèrent  en  descendant  le  long  du  pédicelle, 
on  les  appelle  décurrentes,  fig.  6. 

Elles  sont  composées  de  trois  couches,  une  médiane  ou  trame 
comprenant  des  cellules  qui  se  continuent  avec  celles  du  chapeau, 
planche  II,  fig.  m.  m.  ch.,  et  deux  latérales  formées  par  l'hymé- 
nium  fig.  S,  t,  t.  Cette  organisation  existe  dans  tous  les  Agarics, 


64  DES    LAMES    OU    FEUILLETS    DES   AGARICINÉES 

sans  exception.  Si  chez  les  Coprins,  planches  XL,  XLI,  et  quelques 
autres  espèces,  les  lames  paraissent  dépourvues  de  trames,  c'est 
que  les  cellules  sont  moins  abondantes,  et  forment  un  tissu  moins 
dense  et  moins  résistant  que  celui  de  l'hyménium.  Dans  aucune 
espèce  d'Agarics  ni  dans  aucun  des  sous-genres  établis,  les  deux 
couches  de  l'hyménium  ne  sont  en  contact  immédiat  ;  la  trame  les 
sépare  toujours,  et  tout  caractère  fondé  sur  l'absence  de  cette 
partie  est  un  prétendu  caractère  anatomique  qu'il  faut  soigneuse- 
ment éliminer. 

On  distingue  dans  une  lame  d'Agaric  deux  bords,  l'un  adhérent 
au  chapeau  ou  à  la  base,  planche  II,  fig.  SS,  m,  m,  l'autre  libre 
appelé  marge  ou  tranche,  fig.  S,  te;  deux  extrémités,  une  interne 
qui  répond  au  pédicelle  et  que  certains  auteurs  regardent  comme 
la  base,  fig.  S,  ch.  ml,  l'autre  correspondante  la  marge  du  chapeau 
fig.  S,  S  ;  deux  surfaces  parallèles  et  qui  forment  les  côtés,  plan- 
che II,  fig.  ba,  ba,  l'hyménium  ou  membrane  sporulifère  recouvre 
la  trame  des  lames  dans  toute  leur  étendue  t,  t,  an,  fig.  S.  Son 
tissu  est  composé  de  cellules  superposées  en  plus  ou  moins  grand 
nombre,  et  qui  varient  de  grandeur  et  de  forme  suivant  les  genres 
d'Agarics. 

Si  l'on  fait  une  coupe  transversale  d'une  lame  d'Agaric,  sous  le 
champ  du  microscope,  son  caractère  se  montre  immédiatement 
avec  évidence,  sur  les  deux  bords  de  l'hyménium. 

La  première  particularité  qu'on  observe  sont  les  spores,  plan- 
che II,  fig.  V,  sp,  presque  uniformément  disposées  par  groupe  de 
quatre;  on  voit  ensuite  que  chaque  spore  est  portée  sur  une  tige 
menue  ou  stérigmate,  planche  II,  fig.  V,  st,  et  que  quatre  de  ces 
stérigmates  procèdent  du  sommet  d'un  appendice  plus  gros, 
inséré  sur  l'hyménium  et  appelé  baside,  planche  II,  fig.  V, 
an,  an,  fig.  S,  S,  U.  Chaque  baside  sert  de  support  à  quatre  stérig- 
mates et  chaque  stérigmate  à  une  spore. 

Un  examen  plus  attentif  de  l'hyménium  montre  que  les  ba- 
sides  sont  accompagnées  d'autres  corps,  souvent  plus  gros,  mais 
sans  stérigmates  ni  spores,  qui  ont  été  nommés  cystides,  planche  II, 
fig.  S,  S,  ba,  ba  (ce),  et  dont  la  structure  et  les  fonctions  ont  ame- 
né bien  des  controverses.  Ces  deux  espèces  de  cellules  seproduisent 
sur  l'hyménium  de  tous  les  Agaricinées,  des  Bolets,  des  Poly- 
spores,  des  Hydnes,  des  Clavaires,  etc. 


UENÈSE   DE    l'hYMÉNIUM.    --    BASIDES.  —    f'.YSTIDES  ÎV.\ 

CHAPITRE  IX 

ItENÉSE  DE  L'HYMÉNIUM.  -  -  BASIDES.  -  CYSTIDES 

Si  on  étudie,  sous  le  porte-objet  du  microscope,  la  coupe  trans- 
versale d'une  jeune  lame  d'Agaric  en  voie  de  formation  on  la  voit 
composée  seulement  d'une  série  de  filaments  qui,  de  la  région 
moyenne  du  chapeau,  forment  le  corps  de  la  jeune  lame  ou  le  tissu 
de  la  trame. 

Ces  fdaments  divergent  à  droite  et  à  gauche  en  se  dirigeant 
vers  les  deux  faces,  où  les  articles  des  fdaments  se  raccourcissent, 
prennent  une  forme  légèrement  ovale,  et  vont  créer  ainsi  une 
couche  nouvelle  de  tissu  sous-hyménial.  Si  on  l'examine  avec  un 
grossissement  de  600  diamètres,  on  observe  aisément  que  les  cel- 
lules de  la  trame  procèdent  l'une  de  l'autre,  et  que  les  fdaments 
nouveaux  sont  de  môme  nature  que  les  fdaments  producteurs  ou 
homologues. 

Cette  seconde  formation  est  amenée  par  poussées  latérales  ;  la 
preuve  en  est  fournie  par  le  filament  producteur,  qui,  poursui- 
vant sa  course  longitudinalementparson  sommet,  développe  en- 
core selon  ses  besoins,  et  toujours  en  se  raccourcissant,  de  nou- 
velles cellules  légèrement  ovales,  plus  faibles  que  la  partie  du 
membre  producteur  situé  au-dessous. 

Ces  cellules  d'égales  dimensions  au  début  se  développent  sans 
cesse  sur  les  deux  faces  latérales  de  la  lamelle,  et  pendant  l'accrois- 
sement progressif  de  celle-ci  ;  mais  comme  elles  perdent  la  pro- 
priété de  se  reproduire,  de  se  multiplier  par  de  nouvelles  divisions, 
.au  même  moment  naissent,  parla  même  reproduction,  d'autres 
filaments  qui  s'insèrent  étroitement  les  uns  contre  les.  autres,  et 
toujours  perpendiculairement  au  bord  interne  et  externe  des  la- 
melles. Nous  observons  ainsi  deux  sortes  de  cellules,  les  basides 
et  les  cystides,  isolées  l'une  de  l'autre,  qui,  après  leur  formation, 
cessent  d'être  parties  intégrantes  de  la  cellule  mère,  deviennent 
un  membre  nouveau  et  ne  participent  plus  à  aucun  accroissement 
ultérieur.  En  un  mot,  c'est  la  partie  terminale  d'un  filament  fruc- 
tifère, ou  d'un  organe  doué  d'accroissement  ;  c'est  la  fin  du  point 


06  GENÈSE   DE   l'hYMÉNIUM.  —   BASIDES.    —    CYSTIDES 

végétatif  de  cette  partie  cellulaire,  encore  exclusivement  formée 
par  un  filament  primitif.  Le  contenu  de  ces  cellules  est  granu- 
leux et  semble  mêlé  de  particules  oléagineuses  qui,  dans  les  ba- 
sides,  sont  en  communication  par  les  stérigmates  (planche  II, 
fig.  V,s,  £),  avec  l'intérieur  des  spores  (planche  II,  fig.  V,s,  /).  Lors- 
que les  spores  approchent  de  leur  maturité,  la  communication 
entre  leur  contenu  et  celui  des  basides  diminue  et  finit  par  cesser 
complètement. 

Les  cystides  (planche  II,  ce),  sont  ordinairement  plus  grandes  que 
les  basides,  varient  de  taille  et  de  forme  avec  les  espèces,  et  se 
montrent  égales  ou  inférieures  en  taille  aux  basides,  dont,  comme 
nous  l'avons  dit  plus  haut,  elles  se  rapprochent  par  la  structure, 
sauf  le  développement  à  leur  sommet  des  stérigmates  et  des 
spores.  Je  ne  puis  pas  discuter  ici  les  idées  de  Corda,  d'HoFFMANN, 
de  Schmitz  et  de  Seyne,  mon  rôle,  plus  modesle,  consiste  à  faire 
observer  qu'une  cellule  qui  reste  à  la  place  où  elle  est  née,  qui 
commence  par  une  petite  protubérance  vide  de  tout  contenu, 
qui  se  distingue  d'une  manière  aussi  frappante  des  autres  cellules 
du  Champignon  par  sa  forme,  par  son  contenu,  et  par  ses  fonc- 
tions, doit  fixer  l'attention  des  physiologistes;  mais  il  nous  est 
nécessaire  de  suivre  plus  attentivement  son  début,  d'étudier  mieux 
son  organisation,  surtout  sa  forme  variable  avec  chaque  espèce, 
pour  avoir  la  certitude  absolue,  et  c'est  l'histoire  complète  des 
Basidiosporés  qui  serait  à  faire. 

En  somme,  l'hyménium  des  Champignons  n'est  ici  qu'une  for- 
mation purement  cellulaire,  provenant  d'une  matrice  cellulaire, 
et  qui  ne  doit  vivre  qu'un  moment  pour  la  reproduction  de 
l'espèce. 


DU    GENRE   AGARIC  (17 

CHAPITRE   X 

DU  GENRE  A.GARIC 

Le  genre  Agaric  est  une  des  divisions  les  plus  considérables  du 
règne  végétal,  tant  au  point  de  vue  de  son  importance  numérique 
que  pour  les  propriétés  nuisibles  ou  utiles  des  Champignons  qu'elle 
renferme.  Persoon  avait  décomposé  la  famille  des  Agaricinées  en 
trois  genres  :  Amanita,  Agaricus,  Merulius;  ce  dernier  était 
divisé  en  trois  sous-genres  :  Cantharellus,  Serpulà,  Gomphius.  Le 
genre  Agaric  forme  dix  sous-genres,  fondés  sur  l'existence  et  la 
nature  de  l'anneau;  les  deux  genres  Lepiota  et  Cortinaria  sont 
basés  sur  son  absence;  le  Gymnopus,  sur  la  forme,  la  consistance 
du  chapeau;  les  Mycena,  Omphalia  ont  pour  cause  l'excentricité 
du  pédicelle;  le  genre  Pleuropus,  la  déliquescence  et  l'état  mem- 
braneux du  chapeau;  Coprin/us,  la  consistance  du  réceptacle  et 
des  lamelles  ;  Pratellus,  Lactifluus,  la  lactescence  de  ses  organes  ; 
Russula,  l'égalité  des  lamelles. 

Cette  classification  de  Persoon  groupait  les  Agaricinées  d'après 
des  caractères  assez  faciles  à  saisir;  mais  l'accroissement  des 
espèces  connues  depuis  cette  époque  l'a  rendue  insuffisante,  et 
la  classification  généralement  adoptée  aujourd'hui  est  celle  de 
Fries. 

Elle  est  basée  sur  les  trois  caractères  principaux  suivants  : 

1°  La  nature  charnue,  fugace  ou  coriace,  persistante,  du  tissu 
du  chapeau  et  du  pédicelle  ; 

2°  L'absence  ou  la  nature  de  la  trame  des  lamelles,  c'est-à-dire 
du  tissu  intermédiaire  entre  les  faces  hyméniales,  qui  peuvent, 
dans  certains  cas,  se  séparer  facilement  ou  être  très  adhérentes, 
comme  la  lamelle  peut  se  séparer  facilement  du  chapeau  ou  lui 
être  intimement  unie  ; 

3°  La  couleur  des  spores. 

Ces  considérations  ont  permis  à  Fries  de  ranger  les  Agaraci- 
nées  en  quatre  genres  et  vingt  et  un  sous-genres. 

Les  caractères  des  sous-genres,  les  Cortinaires  par  exemple, 
sont  tirés  de  la  forme  du  chapeau,  du  pédicelle  et  des  lamelles,  de 


68  DU    GENRE   AGARIC 

leurs  rapports  mutuels,  de  la  présence,  ou  de  l'absence,  de  la 
nature  de  l'anneau  et  de  la  volve. 

Quels  que  soient  les  services  que  cette  classification  a  rendus, 
il  est  impossible  de  ne  pas  reconnaître  avec  Léveillé  que  plusieurs 
des  sous-genres  de  Fuies  reposent  sur  des  caractères  que  l'œil  le 
plus  exercé  ne  saisit  pas  toujours,  et  que  l'examen  anatomique  ne 
démontre  pas  constamment.  La  plupart  des  auteurs  qui  l'ont 
adoptée  ont  cherché  à  y  introduire  des  modifications  destinées  soit 
à  la  simplifier,  soit  à  la  rendre  plus  fidèle  aux  rapprochements 
exigés  par  des  affinités  incontestables. 

En  1844,  Rabeniiorts,  dans  sa  Flore  d'Allemagne,  a  diminué  le 
nombre  des  genres  de  Fries,  et  n'a  conservé  comme  tels  que  les 
Russules,  Gomphidius,  Paxillus  et  Agaricus.  Ce  dernier  est  divisé 
en  six  tribus,  suivant  la  couleur  des  spores  et  des  lamelles,  sous 
les  noms  de  Coprinus,  Pratella,  Derminus,  Cortinarius,  Hypo- 
rhodius,  Leucosporus,  dans  lesquels  rentrent  tous  les  sous-genres 
de  Fries,  et  les  autres  formés  par  lui  aux  dépens  de  l'ancien  genre 
Agaricus. 

M.  Cooke,  en  1871,  dans  le  Handbook  of  British  Fungi,  tirant 
au  contraire  des  caractères  posés  par  Fries  toutes  leurs  consé- 
quences, a  augmenté  le  nombre  des  genres,  adoptant  même  le 
genre  Lepista,  de  Smith.  Il  a  multiplié  les  sous-genres  et,  afin  de 
rendre  plus  saisissables  les  rapports  qu'ils  offrent  entre  eux,  les  a 
fait  suivre  d'un  tableau  dû  à  MM.  Worthington  G.  Smith,  qui 
les  disposent  en  séries  homologues,  selon  la  méthode  adoptée  en 
chimie. 

Dans  les  Champignons  du  Jura  et  des  Vosges,  publiés  en  1872, 
M.  le  docteur  Quelet  répartit  la  famille  des  Agaricinées  entre 
quarante-cinq  genres,  groupés  en  un  certain  nombre  de  séries 
basées  sur  les  caractères  de  la  couleur  des  spores,  de  la  nature  et 
des  rapports  des  lamelles  avec  le  pédicelle,  de  la  consistance  de 
tout  le  réceptacle  ou  de  l'une  de  ses  parties  par  rapport  à  l'autre. 
M.  Quelet  a  encore  élevé  au  rang  de  genre  les  sous-genres  de 
Fries. 

M.  de  Seyne,  dans  son  article  Champignon,  du  Dictionnaire  de 
Botanique  de  M.  H.  Bâillon,  adopte  franchement  la  nécessité 
actuelle  d'une  coupure  artificielle,  et  le  savant  cryptogamiste 
pense  qu'elle  doit  être  faite  en  vue  de  la  détermination  des  espèces. 


DU   GENRE   AGARIC  69 

Je  renvoie  a  l'article  Agaric  de  ce  Dictionnaire  ceux  qui  désire- 
raient connaître  la  division  proposée  en  Chromospores  et  Leuco- 
spores,  ainsi  que  les  quarante-neuf  types  mentionnés. 

Le  genre  Agaric,  établi  par  Linné  et  adopté  par  tous  les  bota- 
nistes, présente  les  caractères  indiqués  plus  haut.  Les  espèces 
étant  très  nombreuses,  tous  les  auteurs  ont  senti  la  nécessité  de 
le  subdiviser  pour  en  faciliter  l'étude,  et  d'après  Léveillé  il  pré- 
sente onze  sous-genres  : 

Ier  Sous-genre,  Amanita  .-Agaric  à  volve,  chapeau  charnu,  le 
plus  souvent  verruqueux;  lames  membraneuses,  serrées;  pédicelle 
allongé,  nu  ou  muni  d'un  anneau. 

2e  Sous-genre,  Lepiota  :  Pas  de  volve;  pédicelle  muni  d'un 
anneau  membraneux;  lamelles  ni  nébuleuses  ni  fuligineuses, 
dépourvues  de  suc. 

3e  Sous-genre,  Gymnopus  :  Chapeau  charnu  entier  et  convexe  ; 
lames  unicolores,  marcescentes;  pédicelle  sans  anneau  ni  cortine. 

4e  Sous-genre,  Mycena  :  Chapeau  le  plus  souvent  membraneux, 
strié,  presque  transparent,  convexe  et  persistant;  lames  unico- 
lores facilement  desséchées;  pédicelle  allongé,  fistuleux  et  nu. 

5e  Sous-genre,  Omphalia  :  Chapeau  entier,  charnu  ou  membra- 
neux, infundibuli  forme  ou  déprimé  au  centre;  lames  d'inégale 
longueur,  ni  succulentes  ni  lactescentes,  le  plus  souvent  décur- 
rentes  ;  pédicelle  nu  et  central. 

6e  Sous-genre,  Coprinus  :  Chapeau  membraneux  ou  à  peine 
charnu,  fugace,  lames  noires,  se  liquéfiant;  pédicelle  blanc,  nu 
ou  muni  d'un  anneau. 

7e  Sous-genre,  Cortinaria  :  Chapeau  le  plus  souvent  charnu; 
lames  émarginées  ou  sinuées  à  leur  extrémité  interne,  unicolores 
et  couleur  de  cannelle;  pédicelle  souvent  bulbeux,  entouré  d'une 
cortine  ou  anneau  arachnoïde. 

8e  Sous-genre,  Pratella  :  Chapeau  charnu  ou  presque  membra- 
neux, persistant;  lames  nébuleuses  et  enfin  noires;  pédicelle  nu  ou 
muni  d'un  anneau. 

9e  Sous-genre,  Lactarius  :  Chapeau  charnu,  le  plus  souvent, 
déprimé  au  centre;  lames  lactescentes. 

10e  Sous-genre,  Russula  :  Chapeau  charnu,  le  plus  souvent 
déprimé  au  centre;  lames  dépourvues  de  suc  et  toutes  de  la  même 
longueur;  pédicelle  nu. 


7|)  DU   GENRE   AGARIC 

11e  Sous-genre,  Pleuropus  :  Chapeau  charnu,  déprimé,  oblique, 
entier  ou  dimidié;  pédicule  excentrique,  latéral  ou  nul. 

Cette  distribution  des  Agarics  a  été  adoptée  par  tous  les  auteurs, 
et  malgré  les  imperfections  qu'elle  présente,  celui  qui  l'adopte 
pour  étudier  les  Champignons  rapporte  avec  la  plus  grande  facilité 
les  différentes  espèces  aux  sections  qui  leur  conviennent. 

Les  chiffres  romains  qui  suivent  le  nom  de  l'espèce  indiquent 
les  planches,  et  les  chiffres  arabes  les  figures. 

Comme  le  genre  Agaric  est  sans  contredit  le  plus  varié  de  tous, 
on  devra  apprendre  à  le  connaître  espèce  par  espèce,  comme  on 
agit  avec  les  autres  plantes  et  les  animaux,  et  pour  cela  il  faudra 
simplement  lire  avec  attention  la  description  des  espèces,  comparer 
les  figures  aux  Champignons  frais,  observer  avec  soin  la  forme  du 
chapeau,  sa  texture,  son  port  aux  différents  états  de  développe- 
ment; sa  coloration  qui  peut  varier  selon  l'âge,  le  terrain  et  l'hu- 
midité; attacher  une  grande  importance  à  la  partie  qui  supporte 
le  chapeau  et  que  l'on  appelle  pédicelle  ;  bien  remarquer  s'il  est 
bulbeux  à  sa  base;  aussi  faut-il  toujours  enlever  un  Champignon 
de  terre  avec  précaution  pour  constater  ^'existence  de  la  volve  ou 
du  bulbe. 

Nous  connaissons  les  caractères  du  genre  Agaric  ;  mais  il 
faut  étudier  la  structure  des  lamelles  sous  le  rapport  de  la  propor- 
tion, de  la  forme  et  du  mode  d'insertion  avec  le  pédicelle,  et.  muni 
de  ces  connaissances,  on  pourra  affirmer  que  tels  caractères  sont  les 
indices  certains,  infaillibles,  d'un  Champignon  comestible  ou  d'un 
produit  vénéneux. 


DESCRIPTION    DES    ESPÈCES 

CHAPITRE  XI 

DESCRIPTION  DES  ESPÈCES 


Section    I.    —    AGARIGINÉS 

Réceptacle  nu  ou  renfermé  dans  une  volve.  Basides  situées  sur 
des  lames. 
A.  Lames  disposées  en  rayons  ou  en  éventail. 

1"  SOUS-GENRE,   AMANITA 

Le  genre  Amanite  est  très  nombreux  et  renferme  un  grand 
nombre  d'espèces;  c'est  le  Champignon  le  plus  complet,  celui  clans 
lequel  toutes  les  parties  ont  atteint  le  plus  haut  degré  d'organisa- 
tion ;  le  caractère  essentiel  de  ce  genre  consiste,  outre  le  mycé- 
lium hyménoïde  et  souterrain,  dans  la  volve  ou  bourse  (planche  III. 
fig,  8,  C),  qui  dans  le  jeune  âge  renferme  toutes  les  parties  du 
Champignon  (fig.  9)  ;  elle  ?e  déchire  de  bonne  heure  pour  que  celui- 
ci  puisse  se  développer  entièrement. 

Dans  quelques  espèces,  le  Champignon  adulte  n'en  offre  plus 
aucune  trace;  mais  l'Amanite  porte  sur  son  chapeau  des  débris 
parfois  à  peine  reconnaissables.  La  volve  acquiert  un  grand  déve- 
loppement, et  avant  de  se  rompre  elle  s'attache  à  la  base  du  pédi- 
celle.  Ce  caractère  est  très  facile  à  saisir,  mais  c'est  celui  qui  exige 
l'étude  la  plus  attentive,  car.  sauf  quatre  espèces  excellentes  à 
manger,  les  autres  contiennent  des  poisons  mortels  pour  l'homme 
et  pour  les  animaux. 

Il  existe  un  caractère  vraiment  important  et  de  premier  ordre 
pour  distinguer  l'Oronge  comestible  de  l'Oronge  fausse  ou  Agaric 
mouche,  si  abondante  dans  tous  les  bois  au  mois  de  septembre  : 
Les  lamelles  sont  toujours  blanches  (planche  II,  fig.  7,  0),  sans 
variation  dans  aucune  espèce;  tandis  que  la  couleur  du  chapeau 
passe  du  rouge  ou  jaune  selon  l'âge  et  les  terrains,  la  couleur 
blanche  des  lames  ne  change  pas. 


72  DESCRIPTION   DES    ESPÈCES 

Les  lamelles  de  l'Oronge  vraie,  ou  Amanita  cœsarea  sont  tou- 
jours d'un  jaune  d'oeuf  (planche  III,  fîg.  8). 

Amanite  mouche,  Amanita  muscaria,  planche  II,  fig.  7. 

Noms  vulgaires  :  Faux  jaseron,  Mujolo,  Folo,  Agaric  aux  mouches. 
Tue-Mouches. 

Syn.  :  Mich.  t.  78,  fig.  2;  Schxff,  t.  27,  28;  Grewscot,  Crypt.,  t.  54;  Roq., 
t.  12,  fig.  1,  2;  Orf.,  Med.  Leg.  t.  14,  fig.  1  ;  Paul,  t.  157;  Lenz,  Schw., 
fig.  3;  Kroinbh.,  Schw.,  t.  9  ;  Vittad.,  t.  5  ;  Hoffm.,  t.  1;  DC.,  FI.  Fr.,  561, 
Fr.  Epie,  p.  7  ;  A.  Aurantiacus,  Bull.;  t.  122. 

Chapeau  large  de  10  à  18  centimètres,  d'un  rouge  écarlate,  plus 
prononcé  au  centre,  convexe  ou  à  peu  près  plan  à  la  maturité, 
presque  constamment  moucheté  de  verrues  blanchâtres,  angu- 
leuses, formées  par  les  débris  du  volva,  adhérentes  au  chapeau, 
qui  est  un  peu  visqueux,  et  à  bord  faiblement  strié.  Feuillets 
blancs,  larges,  droits,  inégaux,  adnés,  coupés  brusquement  à 
leur  terminaison,  Pédicelle  blanc,  long  de  10  à  20  centimètres, 
plein,  cylindrique,  bulbeux  à  sa  base  (planche  II,  fig.  R),  où  se 
trouvent  à  peine  quelques  vestiges  d'un  volva  écailleux.  L'anneau 
(fig.  P),  est  large,  blanc,  ordinairement  rabattu.  Spores  blanches, 
fuligineuses  (fig.  V,  sp).  Bois  en  septembre,  octobre.  Saveur 
vireuse.  —  C'est  un  poison  actif. 

Amanite  oronge,  Amanita  cœsarea,  planche  III,  fig.  8. 

Noms  vulgaires  :  Oronge  vraie,  Jaune  d'œuf,  Dorade,  D'orgne,  Rouma- 
nel,  Jaseron,  Doumergal,  Ounègal,  etc. 

Scop.,  FI.  dam,,  419;  Mich.,  Nov.  Gai.,  t.  67,  lig.  1;  Paul,  Champ., 
t.  159;  Roq.,  Phyt.  med.,  t.  13,  fig.  1,  2;  Pers.,  Champ,  corn.,  t.  1;  DC,  FI. 
Fr.,  562;  Kroinbh.,  Schw.,  t.  8;  A.  aurantiacus,  Bull.,  t.  120;  Vittad,  Fung. 
Mang.,  t.  1  ;  Gord.,  Champ.  Franc,  p.  4;  Fr.  Epie,  p.  2. 

Chapeau  de  forme  presque  plane,  orbiculaire,  large  de  8  à 
12  centimètres,  à  bord  striés,  souvent  incisés,  se  recourbant  en 
dessus;  presque  jamais  tachetés  de  verrues.  Feuillets  larges, 
épais,  inégaux,  toujours  de  couleur  jaune  d'œuf,  très  adhérents 
au  chapeau;  écartés;  leur  extrémité  centrale  n'arrive  pas  au  pédi- 
celle (planche  I,  fig.  1).  L'Oronge,  quand  elle  est  jeune,  est  renfer- 
mée dans  une  bourse  plus  ou  moins  ronde  et  blanche,  qui  lui 
donne  l'apparence  d'un  oeuf  (planche  III,  fig.  9);  à  la  maturité  la 
bourse  se  déchire,  une  partie  reste  à  la  base  du  pédicelle,  qui  est 
jaune  en  dehors,  blanc  en  dedans,  lisse,  long  de  4  à  12  centi- 


PREMIER   SOUS-GENRE,   AMANITA  73 

mètres,  plein,  bulbeux,  pourvu  d'un  anneau,  jaune,  large,  ren- 
versé. Août,  septembre,  dans  le  midi  et  près  Paris,  à  Verrières 
et  aux  Essarts-le-Roi.  —  C'est  un  manger  délicaL. 

Amanite  rougeâtre,  Amanita  rubescens,  planche  III,  fig.  10. 

Amanite  vineuse,  le  Rougeâtre,  le  Verruqueux. 

Syn.  :  Pers.,  Syn.,  p.  13;  Paul.,  t.  161;  Ag.  rerrucosus,  Bull.,  t.  316; 
Krombh.,  t.  10;  Schaeff.,  t.  91  et  261;  Quelet,  p.  30;  Fr.  Epie,  p.  23; 
Letell,  p.  667;  Cord.,  p. 

Chapeau  d'abord  convexe,  puis  presque  plan,  large  de  6  à 
10  centimètres,  d'un  rouge  vineux,  plus  coloré  au  centre  du  cha- 
peau, à  peine  strié  sur  les  bords,  parsemés  de  squames  d'un  blanc 
rougeâtre.  Feuillets  larges,  nombreux,  droits,  inégaux;  les  plus 
courts  coupés  assez  brusquement,  se  terminent  en  s'arrondissant. 
Décurrents  par  une  strie  au  sommet,  long  de  6  à  12  centimètres, 
ordinairement  flstuleux,  couvert  dans  sa  longueur  de  petites  pelu- 
chures;  pourvu  à  son  sommet  d'un  anneau  blanc,  large  et  fine- 
ment strié,  conserve  dans  sa  jeunesse  l'empreinte  des  feuillets, 
bulbeux  à  la  base  et  peluches.  Spores  rondes,  blanches,  fuligi- 
neuses (fig.  C).  Odeur  nulle,  saveur  un  peu  fade.  Eté,  automne, 
dans  les  parties  découvertes  des  bois.  —  Bon  comestible. 

Amanite  ovoïde,  Amanita  ovoidea,  planche  IV,  fig.  11. 

Oronge  blanche,  Boulé,  Goucoumelle  blanche,  Coquemelle. 

DC,    FI.   Fr.    suppl.,  p.  53  ;  Vittad,  t.  2,  Amanita  alba;  Pers.,  Champ., 

p.  177;  Fr.  Epie,  p.  3. 

Chapeau  orbiculaire,  presque  plan,  lisse,  dépourvu  de 
squames,  à  bord  saillants  infléchis  non  striés,  auxquels  sont  sou- 
vent suspendus  des  débris  de  l'anneau,  large  de  8  à  10  centimètres. 

Lames  blanches,  saillantes,  adnées,  puis  atténuées  et  comme 
coupées  brusquement.  Pédicelle  long  de  6  à  10  centimètre.-, 
plein,  ferme,  cylindrique,  à  peine  renflé  à  sa  base,  et  tomen- 
teux.  Son  anneau  est  peu  consistant,  la  volve  est  grande, 
mince.  Très  commune  dans  les  bois  en  août,  septembre  et  octobre 
en  Auvergne.  Son  odeur  est  faible,  sa  chair  épaisse,  ferme,  d'un 
goût  très-agréable.  Malheureusement  on  peut  la  confondre  avec 
l'Agaric  bulbeux,  qui  est  vénéneux.  Je  conseille  de  ne  pas  la 
cueillir. 


,  i  DESCRIPTION    DES   ESPECES 

Amanite  pomme  de  pin,  Amanita  strobiliformis,  planche  IV,  fig.  12. 
Vittad,  t.  9;  Paul.,  Champ.,  t.  162,  fig.  1;  Bull.,  t.  593;  Berkl.,  Outl.,t.  3. 

fig.  2;  Fr.  Epie,  p.  7. 

Chapeau  hémisphérique  puis  plan,  chargé  de  verrues  serrées, 
longues,  anguleuses,  blanches,  puis  grisâtres;  chair  blanche, 
compacte,  à  odeur  et  saveur  agréables.  Lamelles  libres  et  arron- 
dies, décurrentes  par  une  courte  strie.  Pédicelle  gros,  solide, 
floconneux,  pourvu  dans  le  jeune  âge  d'un  anneau  fugace,  renflé 
en  bulbe  à  sa  base,  où  il  est  marqué  d'un  sillon  circulaire,  Spores 
grandes,  ovales,  sphériques  (fig.  E).  Automne,  à  Fontainebleau, 
Chantilly,  Saint-Germain.  —  Vénéneux. 

Amanite  déchirée,  Amanita  recutita,  planche  IV,  fig.  13. 
Fr.  Epie,  p.  7;  A<j.  bulbosus,  Bull.,  t.  577. 

Chapeau  compacte,  convexe  plan,  gris  fuligineux,  couvert 
d'écaillés  larges  mucronées,  marge  lisse,  pellicule  séparable,  chair 
blanche,  humide,  à  odeur  vireuse.  Lamelles  larges,  blanches., 
libres,  décurrentes  par  une  strie.  Pédicelle  plein,  solide,  court, 
atténué  vers  le  haut;  anneau  blanc  membraneux;  volva  à  limbe 
libre,  aigu,  ne  dépassant  pas  le  bulbe.  Spores  globuleuses  (fig.  F). 
Eté,  automne,  dans  les  bois  de  pin  de  préférence.  Chantilly, 
Rambouillet,  Meudon.  — Vénéneux. 

Amanite  bulbeuse,  Amanita  bulbosa,  planche  V,  fig.  11. 
Vaill.,  Bot.,  t.  14,  fig.  5  ;  Bull.  Champ.,  t.  2  et  577. 

Chapeau  convexe,  puis  déprimé  au  centre,  large  de  6  à  12  centi- 
mètres, n'offre  pas  de  verrues,  son  bord  est  sans  stries.  Pédicelle 
long  de  4  à  8  centimètres,  creusé  d'un  canal  par  l'âge,  se  renfle 
subitement  en  bas  en  un  bulbe  qu'enveloppe  une  volve  lâche  et 
presque  toujours  bien  visible  ;  l'anneau  est  blanc  ainsi  que  tout  le 
Champignon.  Lamelles  décurrentes  par  une  strie,  spores  grandes, 
ovales  rondes.  Odeur  non  désagréable.  Saveur  nullement  rebu- 
tante. Mai,  juin  et  septembre,  dans  les  bois.  Saint-Germain. 
Meudon,  Chantilly,  etc.  —  Vénéneux. 

Amanite  mappa,  Amanita  mappa,  planche  V,  fig.  15. 

Paul.,  Champ.,  t.  158,  fig.  1,  2;  Vittad.,  Fuiuj.  mang.,  t.  11  ;  Krombh.. 
t.  28,  fig.  1,  12;  Ag.  bulboses,  Bull.,  t.  577,  fig.  D,  G,  H;  Amanita  venenosà, 
Pers.,  Champ,  comest.,  t.  2,  fig.  3;  Roq.,  t.  15,  fig.  1. 

Chapeau  d'abord  convexe,  puis  plan,  large  de  (j   à  10  centi- 


PREMIER   SOUS-GENRE,    AMANITA  7  H 

mètres,  citrin  ou  blanc,  humide  et  recouvert  d'écaillés  molles, 
blanches;  chair  blanche,  jaunâtre  sous  l'épidémie,  lamelles 
blanches  inégales;  elles  atteignent  le  pédicelle,  qui  est  égal,  blanc 
lavé  de  jaune,  glabrescent,  bulbe  gros,  globuleux,  volve  ne  lais- 
sant qu'un  rebord  circulaire  sur  le  bulbe  ;  anneau  large  finement 
strié.  Spores  oblongues,  blanches  (fig.  D),  odeur  vireuse.  Très 
commun  en  automne  dans  les  bois.  —  Très  vénéneux. 

Amanite  petite  coiffe,  Amanita  volvaceus  minor,  planche  V, 
fig.    17. 

A.  pusilla,  Pers.,  Syn.  249;  Am.  parvulus,  Weinm.;  Volvaceus  minor, 
Bull.,  t.  330;  Fr.  Epie,  p.  8. 

Chapeau  mince,  sec,  hémisphérique  mamelonné,  blanc,  strié 
de  noir,  lames  ventrues,  roses,  inégales,  assez  distantes  du  pédi- 
celle, qui  est  plein,  transparent,  court,  blanc  à  volva  lâche,  à 
quatre  ou  cinq  découpures,  soyeux,  rougeâtre,  sans  anneau. 
Spores  oblongues,  roses.  En  automne  dans  les  bois,  les  jardins 
sur   la  terre.  —  Vénéneux. 

Amanite  ciguë,  Amanita  phalloides,  planche  V,  fig.  16. 

Vaill.,  Bot.  par.,  t.  14,  fig.  5;  Vivian,  Fungh.,  t.  15;  Wil.,  t.  17;  ly. 
bulbosus,  Bull.,  t.  2;  Roq.,  t.  23,  fig.  '.'>;  Amanita  citrina,  Pers.,  Champ, 
corn.,  t.  2,  fig.  2  ;  Ag.  virescens,  FI.  dan.,  t.  240  ;  Cord.,  p.  8;  Fr.  Epie,  p.  G. 

Chapeau  convexe,  aplati,  glabre,  large  de  8  à  10  centimètres, 
à  bord  orbiculaire  non  strié,  chargé  irrégulièrement  des  débris  du 
volva,  d'une  couleur  verdâtre,  prend  avec  l'âge  une  teinte  verl 
olive  ou  fauve,  un  peu  plus  pâle  sur  les  bords.  Lamelles  blanches, 
inégales  nombreuses,  les  plus  courtes  coupées  brusquement,  les 
plus  longues  adnées.  Pédicelle  blanc,  longde  10  à  12  centimètres, 
d'abord  plein,  mais  ensuite  devenant  creux  au  sommet,  cylin- 
drique un  peu  renflé  à  sa  base,  enveloppé  par  le  reste  du  volva, 
pourvu  à  sa  partie  supérieure  d'un  anneau  membraneux  peu  con- 
sistant. Spores  sphériques  hyalines  (fit;'.  F).  Très  commun  dans  les 
bois,  été  automne,  odeur  vireuse,  saveur  acre.  —  Très  vénéneux. 

Amanite  engaîné,  Amanita  vaginata,  planche  VI,  fig.  18,  19,  20, 
20  bis. 

Noms  vulgaires  :  Goucoumelle  jaune,  Coucoumelle  orangé,  Coucou- 
nielle  grise,  Grisette. 

Batt.t.  S, fig.  CD.;  FI.  dan.,  t.  lu  14;  Bull;,i.  98,  512  ;  Schseff.,  t. 8b,  80, 


76  DESCRIPTION    DES    ESPÈCES 

95,  244;  Krombh.,  t.   1,  fig.   1,  S;  Fr.  Epie,  pi.  V,  fig.  1/2;  Cord.,  p.  12, 
pi.  V;  Paul,  t.  loi,  fig.  1,  2. 

Chapeau  assez  mince,  peu  charnu,  campanule,  puis  plan,  large 
de  6  à  8  centimètres,  à  superficie  lisse  souvent  chargé  des  débris 
du  volva  ;  le  chapeau  est  constamment  strié  sur  les  bords.  Feuil- 
lets blancs,  inégaux,  rétrécis  à  la  base,  et  adhérents  au  sommet  du 
pédicelle  qui  est  grêle,  fragile,  fîstuleux  à  la  maturité,  cylindrique, 
non  bulbeux  à  la  base,  mais  souvent  peluché,  et  entouré  d'un 
volva  persistant,  plus  ou  moins  allongé  en  forme  de  gaîne;  toutes 
ces  espèces  sont  dépourvues  d'anneau.  Spores  oblongues,  blan- 
ches (fig.  K).  —  Alimentaire. 

Il  existe  en  France  plusieurs  variétés  de  ce  joli  Champignon. 
Anatomiquement  elles  se  ressemblent  toutes,  la  couleur  du  cha- 
peau seul  varie,  la  fig.  18  représente  l'espèce  jaune,  qui  peut 
être  orangé;  la  figure  19,  la  Grisette,  Coucoumelle  grise;  la 
ligure  20,  l'espèce  blanche,  encore  jeune;  la  figure  20bis,  une 
espèce  à  chapeau  conique,  brun  jaunâtre  ou  livide. 

On  trouve  ces  Amanites  dans  les  bois,  où  elles  sont  très  com- 
munes, de  juin  à  novembre.  Aliment  délicat.  On  peut  les  con- 
fondre avec  YAmanita  livida  qui  est  vénéneuse.  Mais  le  pédicelle 
de  cette  dernière  est  communément  enfoncé  dans  la  terre  jus- 
qu'aux deux  tiers  de  sa  hauteur,  puis  son  odeur  est  vireuse,  sa  sa- 
veur très  acre,  tandis  que  toutes  les  Coucoumelles  ont  une  odeur 
de  bons  Champignons,  une  saveur  douce  et  agréable. 

2e  SOUS-GENRE,   LEPIOTE,   LEPIOTA 

Ce  sous-genre  comprend  la  sous-division  Armilaria,  de  Fries. 
Champignons  charnus,  sans  volva,  recouverts  dans  le  jeune  âge 
d'une  membrane,  non  distincte  de  l'épiderme  du  chapeau  ;  en  se 
déchirant,  laisse  un  anneau  persistant  sur  le  pédicelle.  Lamelles 
radiant  du  centre  à  la  circonférence,  simples,  parallèles,  parmi 
lesquelles,  s'en  trouvent  de  plus  courtes  vers  la  circonférence,  ne 
noircissant  pas.  Pas  de  volve.  Spores  blanches,  grandes,  ovales, 
hyalines. 

CHAMPIGNON    TERRESTRE 

Agaric  couleuvre,  Ag.  procerus,  planche  VII,  fig.  21. 

Noms  vulgaires  :  Couleuvrelle,  Cul-crours,  Iloupale,  Capellon,  Coche, 


DEUXIÈME   SOUS-GENRE,    LEPIOTE,    LEPIOTA  77 

Cocherelle,  Parasol,  Paturon,  Colombette,  Escumelle,  Commère,  Golmelle, 
Brugaizello,  Auvergne. 

Scop.,  p.  418;  Sehrefï.,  t.  22,  23;  Paul,  Champ.,  t.  133;  A.  colubrinus, 
Bull.,  t.  7*,  583;  Cord.,  p.  20;  Krombh.,  t.  24,  fig.  1,  12;  Quelet,  p.  32. 

Chapeau  ovoïde,  mamelonné  puis  étalé,  ordinairement  proémi- 
nent au  centre,  peut  atteindre  jusqu'à  25  ou  30  centimètres  de 
diamètre.  Epidermc  épais,  lacéré  en  larges  écailles  soyeuses  et 
imbriquées,  formées  par  l'épiderme  qui  se  soulève  ;  elles  sont 
blanchâtres,  grises  ou  brunes.  Chair  molle  à  odeur  de  farine,  très 
parfumée.  Lamelles  très  écartées,  serrées,  d'un  blanc  pâle,  iné- 
gales, n'atteignant  pas  le  pédicelle  qui  est  renflé  en  bulbe  à  la 
base,  fort  long,  grêle,  cylindrique,  fistuleux,  muni  d'un  anneau 
mobile  et  persistant. 

Ce  Champignon  remarquable  par  sa  beauté,  son  odeur  et  sa  sa- 
veur agréables,  vient  à  la  fin  de  l'été  et  en  automne,  dans  les  en- 
droits découverts  des  boisetdans  les  champs  sablonneux,  la  fig.  22 
donne  un  Procerus  jeune  encore,  mamelonné,  et  la  lettre  L,  les 
spores  blanches,  oblongues. 

Agaric  excorié,  Ag.  escoriatus,  planche  VII,  fig.  23. 
Schaeff.,  t.  18,  19;  Syn.,  Pers.,  p.  257;  Krombh.,  t.  24,  30;  Vittad,  t.  35; 
Paul,  t.  135  bis. 

Chapeau  large  de  5  à  6  centimètres,  convexe,  puis  plan,  à 
centre  proéminent,  d'une  couleur  fauve  cendré,  lacéré  en  petites 
écailles  soyeuses.  Lamelles  d'un  blanc  pâle,  minces,  nombreuses, 
inégales,  saillantes,  n'atteignant  pas  le  pédicelle,  qui  est  cylindri- 
que, peu  bulbeux  à  sa  base,  blanc,  lisse  et  creux,  muni  d'un  an- 
neau large  et  persistant.  Croît  l'été,  l'automne  dansles  bois,  sur  le 
bord  des  chemins  ;  odeur  nulle,  saveur  douce.  — ■  Comestible. 

Ag.  couleur  d'amiante,  Ag.  amiantinus,  planche  VIII,  fig.  24. 

Fr.  Monogr.,  p.  29;  A.  flavo  floccosus,  Batsch.,  f.  97;  A.  croceus ;  Boit., 
t.  51,  f.  2  ;  Sowerb,  t.  19;  A.  ochraeeus,  Bull.,  t.  362,  530;  A.  murica/us,  FI. 
dan.,  t.  1015;  A.  fimbriatus ,  Schum.,  p.  261;  Krombh.,  t.  1,  f.  12;  Fr. 
Epie,  p.  37. 

Chapeau  de  3  à  5  centimètres,  convexe  plan,  jaune  grisâtre;  il 
varie  par  la  couleur  du  chapeau  qui  quelquefois  est  élégamment 
floconneux.  Feuillets  libres  ou  légèrement  adnés,  blanchâtres. 
Pédicelle  grêle,  blanc  pâle  au-dessus  de  l'anneau  membraneux, 


78  DESCRIPTION    DES    ESPÈCES 

floconneux,  pulvérulent  au-dessous,  un  peu  épaissi  à  la  base.  On 
trouve  une  variété  blanche  dans  les  bois  de  sapins  à  Ory,  Chan- 
tilly, Vincennes,  juillet  à  décembre.  —  Comestible. 

Agaric  en  bouclier,  Ag.  clypeolarius,  planche  VIII,  fig.  25. 
Bull.,  t.  405,  506,  f.  2  ;  Syst.   Vye.,  l,p.  21  ;  Kickx,  p.  132;  Berkl.,  Outl., 
p.  94;  Fr.Epic,  p.  32. 

Chapeau  mamelonné,  mou,  soyeux,  lisse,  à  épiderme  se  rele- 
vant en  petites  écailles  éparses,  rouillées,  fauves,  jaunâtres  ou 
blanches.  Lamelles  rapprochées,  blanches,  libres.  Pédicelle  un 
peu  long,  blanc  ou  gris  fauve,  recouvert  d'écaillés  floconneuses, 
grêle  ;  anneau  fugace,  concolore. 

Été,  automne.  Bois  humides.  —  Comestible. 

Agaric  de  moyenne  taille,  Ag.  mesomorphus,  planche  VIII,  fig.  26. 
Bull.  t.  506,  fig.  1;  Fr.  Epie,  p.  38;  de  Seyne,  Monlp.,  p.  115;  Kickx, 
p.  134. 

Chapeau  presque  membraneux,  mamelonné,  aigu,  sec,  lisse, 
d'un  jaune  pâle.  Lamelles  libres,  assez  larges,  surtout  antérieu- 
rement, et  blanches.  Pédicelle  grêle  de  la  couleur  du  chapeau, 
muni  d'un  anneau  redressé.  Sur  la  terre,  dans  les  prés,  de  juillet 
à  novembre.  —  Comestible. 

Agaric  à  tête  de  Méduse,  Ag.  Melleus,  planche  IX,  fig.  28. 

Noms  vulgaires  :  Gassenado  en  Languedoc,  Piboulada  en  Auvergne. 

Ag.  annularius,  Bull.,  t.  540,  f.  3,  337;  Ay.  polymyces,  Pers.,  Syn.  19;  Fr. 
Epie,  p.  44;  Krombh.,  t.  1,  f.  13  et  t.  43,  f.  2,  6  ;  Lenz.,  f.  7;  Mellea, 
Quelet,  p.  30;  Mich.,  t.  81,  f.  2;  Vittad,  t.  3. 

C'est  un  Champignon  très  commun  en  Europe  ;  on  le  trouve  en 
été,  en  automne,  dans  tous  les  bois,  sur  le  bord  des  chemins,  au 
pied  des  vieux  arbres  coupés,  au  niveau  du  sol,  par  groupes  de 
dix  à  vingt  individus.  Chapeau  charnu,  d'un  fauve  jaunâtre  ou 
couleur  de  miel,  mêlé  parfois  de  verdâtre,  convexe,  à  centre 
proéminent,  parsemé  de  petites  écailles  pileuses,  brunâtres;  ses 
bords  sont  minces,  étalés,  faiblement  striés.  Les  lamelles  sont 
blanches,  quelquefois  légèrement  jaunâtres,  inégales,  larges,  peu 
serrées,  décurrentes  par  une  dent.  Le  pédicelle  est  jaunâtre,  lavé 
d'un  peu  de  noir  à  la  base,  long  de  6  à  12  centimètres,  cylindrique, 
son  pied  est  légèrement  courbé,  plein  dans  le  jeune  âge,  devient 
fistuleux  en  vieillissant,  garni  vers  le  sommet  d'un  anneau  entier 


TROISIÈME   SOUS-(iENRE,    GYMNOPUS  7y 

membraneux,  pâle,  souvent  légèrement  sulfurin,  évasé  en  godet 
étant  jeune,  puis  rabattu.  On  ne  mange  que  le  chapeau  qui  est 
charnu.  Spores  blanches,  petites,  oblongues. 

Agaric  muqueux,  Ag.  mucidus,  planche  IX,  fig.  29. 
Fr.  Epie,  p.  40;  Pers.,  Syn.,  p.  66;  Quel.,  t.  2,  f.  1  ;  Price,  t.  14,  f.  91  ; 
Paul,  t.  139  bis;  A.  nitidus,  FI.  dan.,  t.  773. 

Chapeau  large  de  4  à  6  centimètres,  convexe,  étalé,  mince,  mou. 
plan,  élégamment  ridé,  glutineux,  d'un  blanc  brillant;  quelque- 
fois il  prend  une  teinte  cendrée,  ou  légèrement  fuligineuse.  La- 
melles larges,  inégales,  d'un  blanc  pur,  arrondies  et  décurrentes 
par  une  strie  sur  le  pédicelle  qui  est  grêle,  recourbé,  plein,  légè- 
rement rende  à  sa  base,  raide,  floconneux,  pourvu  au  som- 
met d'un  anneau,  réfléchi,  mince,  large,  strié  et  blanc.  Spores 
blanches,  oblongues.  Croît  à  l'automne  en  touffes  sur  les  souches 
du   hêtre.  Comestible. 

Agaric  raclé,  Ag.  ramentaceus,  planche  IX,  fig.  30. 
Bull.,  t.  595,  f.  3;  Pers.,  Syst.  myc,  1,   p.   21  ;  Berkl,   Outl.,   p.  96;  Ag. 
ambiguus,   Lach.,  n.  36. 

Chapeau  charnu,  convexe  plan,  blanc,  écailleux,  à  disque  et 
écailles  noirâtres  ;  chair  blanche.  Lamelles  minces,  larges,  libres, 
séparables,  un  peu  fuligineuses.  Pédicelle  plein,  inégal,  blanc, 
légèrement  fuligineux  au-dessus  de  l'anneau,  qui  est  étroit,  flo- 
conneux, puis  oblique  et  caduc. 

Odeur  ingrate;  donne  des  coliques.  Été,  automne. 

3e  SOUS-GENRE,   GYMNOPUS 

Ce  sous-genre  renferme  les  Tricholoma,  Clytocibe,  et  Collybia 
de  Fries. 

Les  Gymnopes  ont  le  chapeau,  charnu,  entier  et  convexe,  les 
lames  unicolores  et  marcescentes.  Le  pédicelle  est  sans  anneau, 
ni  cortine.  Spores  blanches. 

Agaric  voûté,  Ag.  arquatus,  planche  X,  fig.  31. 

Pers.,  M.  E.,  p.  174;  Bull.,  t.  44;  Fr.  Epie,  p.  70;  Quel.,  p.  213. 

Chapeau  épais,  compacte  puis  mou,  obtus,  de  4  à  10  centi- 
mètres, marge  débordant  légèrement  ;  chair  molle,  brunâtre  ou 
jaunâtre.    Lamelles   serrées,   étroites,  émarginées,    décurrentes 


80  DESCRIPTION    DES    ESPÈCES 

avec  ou  sons  denticules,  arquées  en  forme  de  demi-accolades  puis 
planes,  toujours  blanches.  Pédicelle  ferme,  d'abord  écailleux, 
Obrilleux,  puis  nu  et  réticulé,  d'une  couleur  brune,  épais  et  noi- 
râtre à  la  base.  Dans  les  bois,  les  prés,  sur  la  terre,  dans  les  jar- 
dins. Ce  Champignon  est  très  commun  en  automne  ;  il  varie  extrê- 
mement de  forme,  de  couleur,  et  de  grandeur.  —  Comestible. 

Agaric  cendré,  Ag.  cinerasceus,  planche  X,  fig.  32. 
Bull.,  t.  428,  f.  2;  Pers.,  Myc.  Eur.,  3,  p.  209  ;  Berkl.,  Outl.,  p.  106;  Fr. 
Epie,  p.  100. 

Chapeau  charnu,  campanule,  puis  plan,  quelquefois  un  peu 
creusé  en  entonnoir,  d'abord  blanc,  prend  une  couleur  cendrée  en 
vieillissant  ;  chair  ferme  mais  cassante;  feuillets  larges,  épais,  peu 
multipliés,  libres,  très  fragiles,  se  détachant  de  la  chair  du  cha- 
peau au  moindre  effort,  d'abord  blanc,  puis  cendré  principale- 
ment sur  les  bords  du  chapeau.  Pédicelle  nu,  plein,  fibreux,  cy- 
lindrique, d'un  blanc  cendré,  se  terminant  un  peu  en  pointe  à  la 
base.  Solitaire  dans  les  bois  ou  en  groupe  de  cinq  ou  six.  Automne. 
Pas  malfaisant,  mais  fade. 


"i 


Agaric  cartilagineux,  Ag.  cartilagineus,  planche  X,  fig.  33. 

Fr.  Epie,  p.  60;  A.  umbrinus,  Pers.,  Myc.  Eur,  3,  p.  214;  Bull.,  t.  589,  f.  2. 

Chapeau  compacte,  obtus,  large  de  4  à  8  centimètres,  glabre, 
couleur  brune,  fuligineuse,  marge  mince,  pruineuse,  enroulée,  et 
débordant  le  chapeau;  chair  molle  un  peu  brunâtre.  Lames  serrées 
étroites,  d'un  blanc  grisâtre,  mince  et  libres.  Pédicelle  ferme, 
écailleux,  fibrilleux  dans  le  jeune  âge,  puis  nu,  épaissi  et  blan- 
châtre à  la  base.  Dans  les  bois,  été,  automne.  —  Comestible. 

Agaric  clignotant,  Ag.  nictitans,  planche  X,  fig.  35. 
Iïussey,  II,  t.  40  ;  Berkl.,  Oull.,  p.  98,  Fr.  Epie,  p.  50. 

Chapeau  charnu,  plan,  ondulé,  glabre,  brun  roux,  pâle  au 
bord,  recouvert  au  centre  de  fines  écailles  plus  foncées,  marge 
blanchâtre,  villeuse.  Lamelles  libres,  serrées,  blanches,  quelque- 
fois tachetées  de  roux.  Pédicelle  plein,  fibrilleux,  un  peu  recourbé 
à  la  base,  lavé  de  roux.  Été  automne.  —  Comestible. 

Agaric  gris  de  souris,  Ag.  murinaceus,  planche  VIII,  fig.  27. 
Berkl.,  Oull.,  p.  100;  Sowerb,  t.  106;  Bull.,  t.  520;  Fr.  Epie,  p.  62. 

Chapeau  campanule,  puis  étalé,  mamelonné,  mince,  large  de 


TROISIÈME   SOUS-GENRE,    GYMNOPUS  81 

G  à  8  centimètres,  soyeux,  légèrement  squammeux,  souvent 
crevassé  sur  les  bords;  toute  la  surface  du  chapeau  est  cendrée, 
fuligineuse.  Les  lamelles  sont  peu  serrées,  larges,  à  bords 
sinueux,  un  peu  plus  pâles  que  le  chapeau,  adnées,  échancrées,  à 
leur  base,  les  plus  courtes  sont  coupées  court.  Pédicelle  ordinai- 
rement flexueux,  fïstuleux,  nu,  grisâtre,  jamais  glabre.  Croît  en 
automne,  dans  les  bois  et  les  prés.  —  Vénéneux. 

Agaric  pied  rayé,  Ag.  grammopodius,  planche  XI,  fig.  39. 
Ag.  tabulons,  Pers.,  M.  E.,  3,  p.  73;  Bull.,  548,  585,  f.  1;  Fr.  Epie,  p.  74; 
Gord.,  p.  33;  Quelet,  p.  46. 

Chapeau  convexe,  en  cloche,  puis  mamelonné,  plan,  puis 
déprimé,  fuligineux  ou  gris  brun,  plus  ou  moins  foncé,  large  de 
6  à  10  centimères,  luisant  par  le  temps  sec;  sa  chair  est  brune, 
son  odeur  est  herbacée.  Lamelles  serrées,  arquées,  adnées,  décur- 
rentes,  blanches;  par  l'âge  elles  deviennent  un  peu  plus  pâles. 
Pédicelle  ferme,  épais,  plein,  nu,  cylindrique,  puis  creux,  marqué 
sur  sa  longueur  par  de  petites  raies  brunes,  un  peu  renflé  à  la 
base.  Très  commun  dans  les  bois  et  les  prés.  Octobre,  novembre. 
Un  peu  fade  au  goût  cru,  mais  bien  meilleur  cuit.  —  Comestible. 

Agaric  couleur  de  froment,  Ag.  frumentaceus,  planche  XII,  fig  42. 
Berkl.,  Oui!.,  p.  144  ;  Kickx,  p.  137;  Bull.,  t.  571,  f.   1  ;  Fr.  Epie,  p.  52. 

Chapeau  convexe,  obtus,  puis  presque  déprimé,  toujous  sec, 
lisse,  glabre,  varie  de  paille  roux  jusqu'au  brun  ;  la  marge  est 
légèrement  recourbée  en  dessous.  Lamelles  libres,  arquées,  adnées, 
d'un  blanc  jaunâtre.  Pédicelle  solide  long  de  5  à  10  centimètres, 
égal,  cendré,  nu,  cylindrique,  légèrement  renflé  à  la  base. 

Sur  la  fin  de  l'été  en  groupes,  dans  les  bois.  —  Comestible. 

Agaric  nu,  Ag.  nudus,  planche  XII,  fig.  43. 

Violaceo  rufescentibus,  Bull.,  t.  439;  Krombh.,  t.  72,  f.  27,  29;  Berkl., 
Outl,  fig.  7,  t.  4  ;  Hoffm.,  Anulyt.,  t.  1 1,  f.  1;  Fr.  Epie,  p.  72  ;  Quelet,  p.  45. 

Chapeau  d'abord  convexe,  puis  aplani,  généralement  un  peu 
mamelonné,  quelquefois  concave  ou  sinué,  glabre,  humide,  d'une 
couleur  variant  entre  le  violet  tendre,  le  lilas  tendre  grisâtre  et 
le  violet  fauve  ;  ses  bords  sont  légèrement  recourbés  en  dessous  ; 
chair  blanchâtre,  un  peu  violacée.  Lamelles  étroites,  serrées, 
arrondies  à  leur  base  et  adhérentes  au  pédicelle  par  un  léger  pro- 

6 


82  DESCRIPTION    DES    ESPÈCES 

longement,  d'un  beau  violet  passant  au  pourpre  brunâtre.  Pédi- 
celle  égal,  farineux  au  sommet,  plein,  élastique,  cylindrique,  nu, 
long  de  4  à  6  centimètres,  un  peu  épaissi  à  la  base.  Saveur 
agréable,  odeur  de  farine. 

Eté  et  automne,  dans  les  jardins,  les  bois.  —  Comestible. 

Agaric  mousseron  blanc,  Ag.  albellus,  planche  XIII,  fig.  48. 
DC,  FI.  fr.,  469  ;  Schseff.,  t.  50  ;  Roq.,  t.  16,  fig.  4,  5;  Sow.,  t.  122;  Paul, 
t.  94  et  93,  f.  1,  8;  Fr.  Epie,  p.  67  ;  Pers.,  Ch.  cornes.,  n°  13. 

Entièrement  blanc,  chapeau  épais,  charnu,  compacte,  conique 
ou  convexe,  quelquefois  irrégulièrement  arrondi ,  glabre,  large 
de  6  à  10  centimètres,  d'abord  blanc,  devient  d'un  gris  légère- 
ment fauve,  souvent  maculé  de  petites  taches  squammeuses  non 
persistantes,  ses  bords  sont  lisses,  minces,  légèrement  repliés  en 
dessous;  chair  molle,  floconneuse,  blanche,  immuable,  à  odeur 
fine  de  farine  fraîche.  Lamelles  nombreuses,  serrées,  entières, 
émarginées,  adhérentes  au  pédicelle  et  terminées  par  une 
dent.  Pédicelle  charnu,  compacte,  ovoïde,  un  peu  ventru  à  la 
base,  court,  strié,  iîbrilleux,  enfoncé  en  partie  dans  le  sol,  haut  de 
3  à  5  centimètres.  Avril,  mai,  sur  les  bords  des  bois,  dans  les 
prés,  les  bruyères.  C'est  le  plus  délicat  des  Champignons. 

Agaric  trapu,  Ag.  brevipes,  planche  XIII,  fig.  49. 
Paul,  Ch.,  t.  44,  f.  1,  2;  Pers.,  M.  E.,  3,  p.  217;  Bull.,  t.  521,  f.  2,  Fr. 
Epie,  p.  75  ;  Klotsch.,  FI.  bor.,  t.  374. 

Chapeau  convexe,  plan,  large  de  S  à  7  centimètres,  mou,  lisse, 
humide,  gris  fuligineux  ou  brun,  pâlissant  en  vieillissant,  taché 
par  des  parcelles  de  terre  ;  chair  humide,  brunâtre,  blanchissant 
par  la  sécheresse.  Lamelles  serrées,  émarginées,  libres,  ventrues, 
aiguës,  comme  débordées  par  la  marge  du  chapeau,  elles  sont 
d'un  gris  cendré,  échancrées,  sur  le  pédicelle  qui  est  court,  nu, 
plein,  fibreux,  rigide,  brun  en  dedans  comme  en  dehors,  pruineux 
au  sommet,  souvent  renflé  à  sa  base. 

Tard,  en  automne,  dans  les  allées  des  jardins.  Très  délicat. 

Agaric  à  odeur  forte,  Ag.  graveolens,  planche  XIV,  fig.  55. 
Krombh.,  t.  2,  f.  2,  6  et  t.  55,  f.  2,  6  ;  Pers.,  Myc,  353  ;  Paul,  t.  94,  f.  5, 
6  ;  Bail.,  t.  142;  Fr.  Epie,  p.  67. 

Chapeau  très  charnu,  épais,  hémisphérique,  puis  bosselé, 
ondulé,   large  de  6  à  8  centimètres,  blanchâtre,  passant  rapi- 


TROISIÈME   SOUS-GENRE,    GYMNOPUS  83 

dément  au  jaune  cendré,  lisse,  mais  marqué  de  lignes  brunes  ;  les 
bords  sont  lisses  et  roulés  en  dessous;  chair  compacte,  fragile, 
blanchâtre,  odeur  de  farine.  Lamelles  terminées  en  pointe  aux 
deux  extrémités,  minces,  serrées,  arquées,  adhérentes  au  pédi- 
celle,  d'abord  blanches  puis  jaunâtres.  Pédicelle  blanchâtre  ou 
gris  fauve,  très  épais,  ventru,  longs  de  5  à  6  centimètres.  Prin- 
temps, dans  les  friches,  les  bois,  les  prés.  —  Comestible  délicat. 

Agaric  couleur  de  soufre,  Ag.  sulfureus,  planche  XIV,  fig.  56. 
Paul,  t.  85,  f.  3,  4  ;  FI.  dan.,  t.  1910,  f.  1  ;  Bull.,  t.  168  ;  Fr.  Epie,  p.  63. 

Chapeau  charnu,  plan-convexe,  un  peu  mamelonné,  soyeux, 
jaune  de  soufre  avec  le  centre  plus  ou  moins  brunâtre  ;  chair 
jaune,  odeur  nauséeuse.  Lamelles  rétrécies  en  arrière,  émargi- 
nées,  assez  épaisses,  espacées,  d'un  beau  jaune,  pédicelle  plein, 
cylindrique,  fibreux,  strié,  jaune  en  dedans  comme  à  l'extérieur. 
Spores  oblongues  et  jaunes.  —  Vénéneux. 

Agaric  acerbe,  Ag.  acerbus,  planche  XVII,  fig.  72. 

Pers.,  Myc,  279  ;  Vittad,  p.  330  ;  Bull.,  t.  571,  f.  2  ;  Fr.  Epie,  p.  71. 

Chapeau  charnu,  compacte,  convexe-plan,  lisse,  d'abord  blan- 
châtre teinté  de  jaune  au  centre,  et  enfin  un  peu  roussâtre,  strié, 
mince  au  bord,  fortement  enroulé  en  dessous,  marge  un  peu  glu- 
tineuse.  Lames  droites,  inégales,  d'un  jaune  pâle  légèrement 
décurrentes.  Pédicelle  cylindrique,  plein,  nu,  épais,  blanc,  orné 
de  fines  peluchures  jaunes,  quelquefois  épaissi  à  la  base.  A  terre, 
automne,  dans  les  bois,  en  groupes  de  deux  à  quatre.  Comes- 
tible malgré  sa  saveur  amère,  qui  disparaît  par  la  cuisson. 

Agaric  feuillets  en  coin,  Ag.  cuneifolius,  planche  XVII,  fig.  76. 
Berkl.,  Oull.,  p.  102;  Fr.  Epie,  p.   61  ;  Syst.  myc,  1,  p.  99;  Ag.ovinus; 
Bull.,  t.  580,  a.  6. 

Chapeau  charnu  mince,  plan-convexe,  large  de  4  à  6  centi- 
mètres, jaunâtre,  villeux,  pruineux,  marge  crevassée,  farineuse  ; 
chair  blanche  par  le  sec.  Lamelles  serrées,  sinuées,  blanchâtres, 
décurrentes  par  une  dent.  Pédicelle  cylindrique,  mince,  subfis- 
tuleux,  lisse,  blanc,  grisâtre.  Spores  petites,  blanches,  oblongues. 
Odeur  de  farine.  —  Comestible. 

Agaric  des  pacages,  Ag.  ovinus,  planche  XVII,  fig.  77. 
Fr.  Epie,  p.  61  ;  Bull.,  t.  580;  Huss.,  II,  t.  50. 

Chapeau  convexe-plan,  d'un  blanc  sale  ou  grisâtre,  pruineux, 


84  DESCRIPTION    DES    ESPÈCES 

marge  striée,  large  de  4  à  6  centimètres;  chair  mince,  ferme, 
blanche  par  le  sec.  Lamelles  sinuées,  libres,  séparables,  à  la  fin 
un  peu  décurrentes.  Pédicelle  plein,  court,  3  ou  4  centimètres, 
fibreux,  blanc,  pruineux  au  sommet.  Spores  ovoïdes,  hyalines. 
Comestible. 

Agaric  à  odeur  de  savon,  Ag.  saponaceus,  planche  XVIII,  fig.  78. 

Ag.  madreporus,  Batsch.,  t.  36,  f.  2U3  ;  Ag.  murinaceus,  Krombh.,  t.  72, 
f.  6,  18  ;  Ag.  fusiformis,  Schum.,  p.  318  ;  Ag.  argyrospermus,  Bull.,  t.  602  ; 
Ag.  myomices,  Pers.,  p.  parte;  Fr.  Epie,  p.  S9. 

Tous  les  auteurs  qui  ont  décrit  ce  Champignon  lui  donnent  un 
nom  différent.  Léveillé,  à  cause  de  son  arôme  rappelant  le  savon, 
de  son  chapeau  qui  est  toujours  d'un  gris  verdâtre  ou  jaunâtre, 
glabre,  taché,  puis  granuleux,  crevassé,  et  de  sa  chair  souvent 
rougeâtre  et  savonneuse,  lui  a  conservé  son  nom.  Les  lamelles 
sont  minces,  espacées,  émarginées  en  crochet,  blanches,  rare- 
ment jaunes.  Pédicelle  ferme,  blanc,  souvent  rougeâtre  d'un 
côté.  Ce  Champignon  n'est  pas  vénéneux,  mais  il  communique  à 
l'eau    une    odeur   sodique    désagréable. 

Automne,  hiver.  Très  commun. 

Agaric  tête  blanche,  Ag.  leucocephalus,  planche  XX,  fig.  91. 
Schaeff.,  t.  236  ;  Berkl.,  Ont/.,  t.  4,  f.  6;  Pers.,  Myc.Eur.,  3,  p.  113;  Ag. 
albus,  Fr.  Epie,  p.  70  ;  Bull.,  t.  336. 

Chapeau  charnu,  mince,  convexe-plan,  mamelonné,  large 
de  5  4à  C  centimètres,  humide,  transparent;  chair  compacte. 
Lamelles  arrondies,  libres,  serrées,  minces  et  très  entières.  Pédi- 
celle creux,  fibreux,  subcartilagineux,  poli,  atténué,  radicant; 
odeur  de  farine  fraîche.  Spores  blanches.  Automne  dans  les  bois. 
Comestible. 

Agaric  à  tète  jaune,  Ag.  chrysentherus,  planche  XX,  fig.  92. 
Quel.,  p.  212,  S.  M.,  I,  p.  126  ;  Bail.,  t.  536;  Fr.  Epie, -p.  64. 

Chapeau  charnu,  convexe-plan,  ondulé,  large  de  S  à  6  centi- 
mètres, jaune  foncé  lisse;  chair  un  peu  jaunâtre.  Lamelles  serrées, 
émarginées,  adnées,  décurrentes  par  stries,  d'une  couleur  rous- 
sâtre.  Pédicelle  charnu  fibreux,  atténué  de  haut  en  bas,  strié, 
jaune  pâle,  blanc  et  un  peu  laineux  à  la  base.  Eté,  automne,  dans 
les  bois,  Vincennes,  Chantilly,  Meudon,  etc.;  sans  odeur.  — 
Comestible. 


TROISIÈME   SOUS-GENRE,    GYMNOPUS  85 

Agaric  violet,  Ag.  ionidas,  planche  XX,  fig.  94. 

Ag.  purpuraceus,  Pers.,  Myc.  Eur.,  3,  p.  225;  Kickx,  p.  140;  Fr.  Epie, 
p.  65;  Bull.,  t.  533,  f.  3. 

Chapeau  charnu,  campanule  convexe,  fauve  purpurin  ou  liliacin 
clair,  marge  enroulée,  pruineuse;  chair  sapide,  blanche.  Lamelles 
blanches  puis  pâlissant  un  peu,  minces,  serrées émarginées,  décur- 
rentes  par  une  dent.  Pédicelle  charnu  fibreux,  élasLique,  villeux, 
atténué  en  bas,  d'une  couleur  fauve  pâle.  Spores  blanches. 

Eté,  automne.  —  Comestible. 

Agaric  sordide,  Ag.  sordidus,  planche  XV,  fîg.  63. 
Fr.  Epie, -p.  70;  Quel.,  p.  47. 

Chapeau  campanule  ou  plan  ondulé,  liliacin,  puis  brun  violacé; 
chair  inodore,  grise  lilacinée,  marge  striée  en  vieillissant,  large  de 
3  à  6  centimètres.  Lamelles  arrondies  puis  sinuées,  décurrentes, 
assez  serrées,  puis  espacées,  violettes,  légèrement  fuligineuses. 
Pédicelle  mince,  court,  3  à  S  centimètres,  fibreux,  blanchâtre, 
pruineux  au  sommet. 

Octobre  à  décembre  dans  les  jardins.  —  Comestible. 

Agaric  couleur  de  terre,  Ag.  terreus,  planche  XXXII.fîg.  171. 
Sowerb.,  t.  76  ;  Schseff.,  t.  64  ;  Smith,  t.  44,  f.  2;  Ag.  argiracens,  Bull., 
t.  573,  f.  2  ;  Fr.  Epie,  p.  57  ;  Kickx.,  p.  158  ;  Quel.,  p.  42. 

Chapeau  charnu,  mou,  fragile,  mamelonné,  couvert  d'écaillés 
fibrilleuses,  gris  fauve  ;  chair  blanche.  Lamelles  émarginées, 
décurrentes  par  une  dent,  ondulées,  blanchâtres.  Pédicelle  plein, 
blanchâtre,  un  peu  cendré  et  écailleux;  odeur  de  plume  brûlée. 
Eté,  automne.  —  Comestible. 

Agaric  géotrope,  Ag.  geotropus,  planche  XI,  fig.  38. 
Grev.,  t.  41  ;  Sow.,  t.  61  ;  Batsch.,  f.  204  ;  Bull.,  t.  573,  f.  2  ;  Fr.  Epie, 
p.  96. 

Chapeau  charnu,  convexe,  puis  plan,  et  en  entonnoir,  mame- 
lonné au  centre  à  bord  légèrement  replié  en  dessous,  surface  lisse 
comme  satinée,  d'une  couleur  blanc  jaunâtre  ;  chair  blanche. 
Lamelles  inégales,  simples,  nombreuses,  décurrentes,  droites 
aiguës  aux  deux  extrémités,  de  la  couleur  du  chapeau.  Pédicelle 
blanc,  plein,  compacte,  fibrilleux,  atténué  en  haut,  velu  à  la  base. 
Automne,  à  terre,  dans  les  bois.  —  Comestible. 


86  DESCRIPTION    DES    ESPÈCES 

Agaric  pruineux,  Ag.  pruinosus,  planche  XI,  fîg.  4U. 
Lascli.,    e.  specc.  et  descr.  Ed.  i,  p.  75;  Icon.,  t.  57,  f.  3;  Quel.,  p.  216, 
Fr.  Epie,  p.  101. 

Chapeau  charnu,  membraneux,  ombiliqué,  puis  en  entonnoir, 
large  de  3  à  5  centimètres,  lisse,  cendré,  brun  couvert  d'une  efflo- 
rescence,  gris  de  plomb.  Lamelles  étroites,  serrées,  adnées, 
décurrentes,  brunâtres.  Pédicelle  plein,  grêle,  fibrilleux,  blanc 
gris,  épaissi  villeux  et  blanc  à  la  base.  Automne,  dans  les  gazons. 

—  Comestible. 

Agaric  des  bruyères,  Ag.  ericetorum,  planche  XIII,  lig.  50. 
Fr.  Epie,  p.  99  ;  Bull.,  t.  551,  f.  1;  Quel.,  p.  53. 

Chapeau  charnu,  plan-concave,  souvent  excentrique,  brillant, 
blanc.  Lamelles  brièvement  décurrentes,  un  peu  espacées,  réunies 
par  des  veines  blanches.  Pédicelle  plein,  mou,  floconneux  en 
dedans,    mince,   atténué  vers  le  bas.    Automne,  dans   les  bois. 

—  Comestible. 

Agaric  parfume,  Ag.  fragans,  planche  XIII,  fig.  51. 
Pers.,  Mye.Eur.,Z,t  27,  f.  o;  Kroinbh.,  t.    1,  f.  34,  38;  Letell.,  t.  658; 
A.  gralus,  Schum.,  Fr.,  p.  105  ;  Quel.,  p.  55. 

Chapeau  charnu,  membraneux,  convexe,  puis  plan,  lisse, 
enfin  déprimé,  à  bords  striés,  d'un  blanc  terne;  chair  aqueuse. 
Lamelles  nombreuses,  adnées,  subdécurrentes,  aiguës,  peu 
serrées,  blanchâtres  ou  jaunâtres.  Pédicelle  d'un  jaune  clair, 
court,  plein,  puis  creux,  inégal,  ordinairement  flexueux,  souvent 
velu  à  la  base,  un  peu  pruineux  au  sommet.  Automne,  septembre., 
octobre,  parmi  les  mousses,  dans  les  prés,  les  bois;  odeur 
agréable  se  rapprochant  de  celle  de  l'anis.  Très  bon  en  salade. 

Agaric  jarre,  Ag.  obbatus,  planche  XIII,  lig.  53. 
Berkl.,  A.  br.  n.  1200  ;  Quel.,  p.  54  ;  Dali.,  t.  248,  f.  6  ;  Fr.  Epie,  p.  101; 
Ag.  tardus  cinereus,  Pers.,  Myc.  eur.,  3,  p.  81. 

Chapeau  submembraneux,  convexe-plan,  3  à  o  centimètres, 
grandement  ombiliqué,  glabre,  souvent  strié  jusqu'au  milieu, 
cendré  de  jaunâtre  foncé,  très  aqueux.  Lamelles  peu  décurrentes, 
espacées,  larges,  cendrées  obscures,  couvertes  d'une  pruine 
blanche.  Pédicelle  cylindrique,  fîstuleux,  allongé,  glabre,  nu, 
d'un  jaune  cendré,  strié  de  blanc.  Dans  les  bois,  en  automne. 

—  Comestible. 


TROISIÈME   SOUS-GENRE,    GYMNOPUS  87 

Agaric  gigantesque,  Ag.  giganteus,  planche  XV,  fig.  60. 
Sow.,  t.   244;   Quel.,  p.   51;   Huss.,  I,   t.   79;  Fr.  Epie,  p.    93;  Ag. 
stereopus,  Pers.,  M.  E.,  3,  p.  72  ;  Ag.  infundibuliformis,  Iloffman. 

Chapeau  charnu,  convexe -plan,  ondulé,  infundibuliforme, 
villeux  par  l'humidité,  floconneux,  crevassé,  écailleux,  couleur  de 
cuir,  blanchâtre;  marge  mince,  enroulée,  puis  sillonnée  et  ridée, 
large  de  2  à  3  décimètres.  Lamelles  peu  décurrentes,  très 
serrées,  minces,  réunies  par  des  veinures  blanchâtres,  puis  rous- 
sâtres.  Pédicelle  épais,  spongieux,  à  écorce  dure,  villeux  au 
sommet,  blanchâtre;  odeur  herbacée.  Automne,  Chantilly,  Fon- 
tainebleau. Meudon.  —  Comestible. 

Agaric  à  odeur  suave,  Ag.  suaveolens,  planche  XV,  fig.  61. 
Schum.,  FI.  dan.,  t.  1912,  f.  1;  .S'.  M.  I.,  p.  91  ;  A.  nedeosmus,  Pers.,  Myc. 
Eur.,  3,  n.  121  ;  Quel.,  p.  54;  Fr.  Epie,  p.  102. 

Chapeau  charnu,  mince,  convexe-plan,  puis  déprimé,  lisse, 
blanc  par  l'humidité,  le  centre  souvent  plus  obscur,  devenant 
blanc  en  vieillissant;  chair  blanche.  Lamelles  adnées,  décur- 
rentes, serrées,  minces,  blanches.  Pédicelle  plan  puis  creux, 
élastique,  épaissi  et  villeux  à  la  base,  blanc;  d'une  odeur  et 
saveur  suaves.  Eté  et  automne,  dans  bois,  les  mousses.  —  Comes- 
tible. 

Agaric  couleur  bronzé,  Ag.  molybdinus,  planche  XIV,  fig.  57. 
S.  M.  L,  p.  49  ;  Bull.,  t.  523  ;  A.  fumoso,  Pers.;  Fr.  Epie,  p.  89. 

Chapeau  ordinairement  large  de  10  à  15  centimètres,  marge 
enroulée,  d'une  couleur  plombée,  son  sommet  est  légèrement 
bistré  ;  chair  jaunâtre,  mince.  Lamelle  d'un  gris  blanchâtre, 
très  large,  et  formant  avec  le  pédicelle  un  angle  droit  ren- 
trant. Pédicelle  nu,  plus  ou  moins  long,  légèrement  recourbé 
à  la  base,  écailleux  au  sommet.  Commun  en  automne,  dans  les 
bois.  Fontainebleau,  Chantilly,  Saint-Germain,  Meudon.  —  N'est 
pas  vénéneux,  mais  sans  saveur. 

Agaric  de  l'automne,  Ag.  brumalis,  planche  XV,  fig.  64. 
Berkl.,  Outl.,  p.  112;  Secr.,   n.    1041  ;  Bull.,  t.   278,  A.  B.,  Fr.  Epie, 
p.  103;  Quel.,  p.  54. 

Chapeau  assez  mince,  convexe  plan,  puis  concave,  luisant  par 
le  temps  sec,  puis  jaunâtre.  Lamelles  arquées,  décurrentes,  ser- 


88  DESCRIPTION   DES   ESPÈCES 

rées,  d'abord  blanchâtres,  puis  jaunâtres  avec  l'âge.  Pédicelle 
recourbé,  cotonneux,  laineux,  blanc  à  la  base,  blanc  grisâtre  au 
sommet,  fistuleux,  strié,  élastique.  Odeur  et  saveur  très  agréables. 
Automne.  —  Comestible. 

Agaric  odorant,  Ag.  odorus,  planche  XV,  fig.  65. 
Sowerb.,  t.  42;  Krombh.,  t.  67.  f.  20,  21;  A.  anisalus,  Pers.,  Ois.  et  Myc. 
Europ  ;  Bull.,  t.  556  ;  Fr.  Epie,  p.  83  ;  Quel.,  p.  83. 

Chapeau  peu  charnu,  mince,  d'abord  convexe,  puis  plan,  jamais 
visqueux,  légèrement  mamelonné  au  centre.  Ses  bords  sont  sou- 
vent relevés,  large  de  4  à  8  centimètres,  d'une  couleur  vert  cen- 
dré, plus  ou  moins  pâle,  mélangé  de  gris  ;  chair  blanche  ou  gri- 
sâtre. Lamelles  minces,  adnées,  subdéeurrentes;  un  tiers  à  peine 
arrive  jusqu'au  pédicelle,  d'un  blanc  pâle,  légèrement  incarnat. 
Pédicelle  élastique,  cylindrique,  nu,  d'une  longueur  de  4  à  6  cen- 
timètres, et  de  la  couleur  du  chapeau,  un  peu  épaissi  à  la  base, 
recouvert  d'un  duvet.  La  figure  66  représente  un  petit  Oclorus  à 
chapeau  plan.  Odeur  très  agréable  d'anis. 

Eté  et  automne.  —  Comestible. 

Agaric  en  bassin,  Ag.  catinus,  planche  XVI,  fig.  68. 
A.  suavis,  Pers.,  M.  £.,  3,  p.  59  ;  Bull.,  t.  286  ;  Sec?:,  n°  993  ;  Fr.  Epie. 
p.  99;  Quel.,  p.  215. 

Chapeau  plan,  puis  excavé,  large  de  4  à  5  centimètres,  lisse  et 
blanc,  incarnat  par  la  pluie  et  jaunâtre  cuir  par  le  sec;  chair 
flasque,  blanche,  mince.  Lamelles  obliques,  décurrentes,  minces, 
toujours  blanches.  Pédicelle  spongieux,  élastique,  blanc,  coton- 
neux à  la  base;  très  odorant.  Dans  les  bois. 

Automne.  —  Comestible. 

Agaric  flasque,  Ag.  flaccidus,  planche  XVI,  fig.  69. 

Pers.,  Myc.,  p.  82;  A.  infundibuliformis,  Bull.,  553,  Fr.  Epie,  p. 

Chapeau  mince,  flasque,  à  peine  charnu,  déprimé,  puis  en 
entonnoir,  lisse,  large  de  5  à  7  centimètres,  d'une  couleur  fauve 
ou  roussâtre.  Lamelles  nombreuses,  décurrentes,  étroites,  arquées, 
jaunâtres.  Pédicelle  d'un  jaune  clair,  court,  plein,  inégal,  flexueux, 
velu  à  la  base.  Eté  et  automne,  dans  les  bois,  souvent  en  touffes. 
—  Donne  des  coliques. 


TROISIÈME   SOUS-GENRE,    GYMNOPUS  89 

Agaric  nébuleux,  Ag.  nebulosus,  planche  XVII,  fig.  75. 
A.  c/iprolanus,  Bull.,  t.  400  ;  Paul,  Ch.,  t,  79,  f.  1,  5;  A.  marinaceus,  Goonn, 
et  Rab.,  t.  10,  f.  2;  A.  canabriculatus,  Schum.;  Fr.  Epie,  p.  79. 

Chapeau  compacte,  convexe  plan,  large  de  10  à  12  centimètres, 
obtus,  grisâtre,  saupoudré  d'une  pruine  grise,  luisant  au  soleil  ; 
chair  compacte,  blanche.  Lamelles  serrées,  minces,  arquées, 
adnées,  puis  un  peu  decurrentes  et  égales,  d'un  blanc  pâle.  Pédi- 
celle  plein,  spongieux,  élastique,  atténué  en  haut,  blanchâtre. 
Odeur  faible  de  farine.  —  Donne  des  coliques. 

Agaric  visqueux,  Ag.  viscidus,  planche  XIX,  fig.  83. 
Agaricus,  Linn.,  Suec,  n.  1229;  A.  lubricus,  Scop.,  II,  p.  447  ;  A.  rutilus, 
Schseff.,  t.  55  ;  Krombh.,  t.  4,  f.  5,  7  ;  A.  gomphus,  Pers.;  Fr.  Epie,  p.  400. 

Chapeau  compacte,  campanule,  puis  étalé-mamelonné,  large  de 
6  a  9  centimètres,  légèrement  visqueux,  brillant  par  le  temps  sec, 
brun  rougeâtre  ;  chair  jaunâtre  pâle.  Lamelles  très  decurrentes, 
espacées,  pâles  à  reflet  olive,  enfin  brun  pourpre.  Pédicelle  plein, 
allongé,  fibrilleux  écuilleux,  jaunâtre,  couleur  cannelle  en  dedans, 
cortine  non  glutineuse,  formant  un  anneau  caduque.  Spores  nébu- 
leuses. Eté,  automne,  dans  les  bois  de  pins.  —  Comestible. 

Agaric  ondulé,  Ag.  undulatus,  planche,  XIX,  fig.  88. 
Pers.,  M.  E.,  p.  112  ;  Bull.,  t.  535,  f.  2  ;  Fr.  Epie,  p.  82. 

Chapeau  petit  grêle,  ondulé,  inégal,  mamelonné,  plan-convexe, 
zone  de  blanc,  strié  sur  les  bords.  Lamelles  pressées,  decurrentes, 
argileuses.  Pédicelle  long,  un  peu  tors,  fragile,  fistuleux,  blan- 
châtre. Odeur  herbacée,  sans  saveur.  —  N'est  pas  malfaisant. 

Agaric,  pied  eu  clou,  Ag.  clavipes,  planche  XXI,  fig.  99. 
Pers.,  Syn.,  p.  353  ;  A.   mollis,  Boit.,   t.  40  ;   A.   obeonicus,  Schum.,   e. 
Descr.;  Fr.  Epie,  p.  79. 

Chapeau  charnu,  convexe  plan,  puis  obeonique,  large  de  4  à 
6  centimètres,  lisse,  glabre,  sec,  brun  fuligineux,  cendré  livide,  la 
marge  un  peu  blanche,  rarement  blanc;  chair  molle,  blanche. 
Lamelles  longuement  decurrentes,  assez  espacées,  flasques, 
droites,  larges,  entières,  blanches,  souvent  jaunes.  Pédicelle  plein, 
spongieux,  conique,  fuligineux  livide.  Été,  automne,  dans  les 
bois.  Odeur  agréable.  —  Comestible. 


90  DESCRIPTION    DES    ESPÈCES 

Agaric  des  caves,  Ag.  cryptarum,  planche  XXXII,  fig.  170. 
Lév.  Letell. 

Chapeau  conique,  puis  sphérique,  blanc,  couvert  de  petits 
tubercules  nombreux,  irrégu'iers;  chair  épaisse,  blanche  solide, 
ferme.  Lamelles  inégales,  extrêmement  étroites,  s'insèrent  à  angle 
droit  sur  le  pédicelle,  qui  est  renflé  en  bas  et  aminci  en  haut. 
Vient  en  touffes,  de  grandeurs  et  de  grosseurs  différentes,  sur  une 
souche  épaisse  de  mycélium,  toute  Tannée,  dans  les  caves,  les 
serres.  —  Donne  des  coliques. 

Agaric  laque,  Ag.  laccatus,  planche  XIII,  fig.  52. 
Schœff.,  t.  13  ;  Kronibh.,  t.  43,  f.  17,  20  ;  Bull.,  t.  570  ;  Batt.,  t.  18,  G.  L; 
Fr.  Epie,  p.  111  ;   Quel.,  p.  55. 

Chapeau  charnu,  membraneux,  convexe,  puis  ombiliqué,  hy- 
grophane,  à  épiderme  finement  écailleux  et  farineux,  violet,  lilas, 
incarnat,  jaunâtre  ou  roux.  Lamelles  épaisses,  adnées,  d'un  violet 
foncé,  puis  concolore  et  recouvertes  d'une  p'ruine  blanche.  Spores 
muriquées  (voyez  la  figure),  sphériques,  blanches,  un  100e  de  mil- 
limètre. Pédicelle  tenace,  fibreux,  lilas,  puis  incarnat  ou  roux. 
Eté  et  automne,  dans  tous  les  bois.  —  Comestible. 

Agaric  pied  en  fuseau,  Ag.  fusipes,  planche  X,  fig.  34. 
Kronibh.,  t.  42,  f.  9,  11  ;  Berkl.,  Ou//.,  t.  5,  f.  5  ;  Ag.  crassipes,  Sdueff., 
t.  87,  88  ;  Bull.,  t.  106,  516,  f.  2  ;  Fr.  Epie,  p.  108  ;  Quel.,  p.  57. 

Chapeau  charnu,  tenace,  convexe,  difforme,  glabre,  souvent 
fendillé,  d'une  couleur  fauve,  rougeâtre,  pâlissant.  Lamelles 
adnées,  en  anneaux,  larges,  espacées,  réunies  par  des  veines, 
variant  du  blanc  au  gris  rougeâtre,  et  tachetées  comme  le  chapeau 
de  brun  pourpre.  Pédicelle  en  fuseau,  tordu,  sillonné,  rougeâtre 
en  haut,  brun  en  bas,  et  longuement  radicant.  Eté  et  automne, 
en  faisceaux  au  pied  des  troncs  d'arbres. 

Comestible,  mais  coriace. 

Agaric  à  pied  velouté,  Ag.  velutinus,  planche  XIV,  fig.  58. 
Batsch.,  f.  112;  Krombh.,  t.  44,  f.  6,  9  ;  Batt.,  t.  22,  c;  A.  austriacus  trait, 
Austr.,  t.  7  ;  Fr.  Epie,  p.  115. 

Chapeau  peu  charnu,  convexe-plan,  jaune  fauve,  glabre,  un 
peu  visqueux,  marge  plus  pâle  ;  chair  molle,  jaunâtre.  Lamelles 
libres,  arrondies  et  larges,  assez  espacées,  inégales,  jaunâtres. 


TROISIÈME  SOUS-GENRE,    (iYMNOPUS  91 

Pédicelle  recouvert  d'un  velours  brun,  prolongé  en  racine  recour- 
bée. Automne  et  hiver,  sur  les  souches.  Coriace,  saveur  aqueuse. 
Comestible. 

Agaric  à  pied  gonflé,  Ag.  œdematopus,  planche  XIV,  fig.  59. 
Schseff.,  t.  259;  Fusiformis,  Bull.,  t.  70  ;  Fr.  Epie,  p.   112  ;  A.  bulbosus, 
Pall.,  Ross.,  L,  t.  9,  f.  2. 

Chapeau  peu  charnu,  petit,  pulvérulent,  plan,  lisse,  roux,  très 
hygrophane.  Lamelles  décurrentes,  serrées,  blanches.  Pédicelle 
solide,  long,  pulvérulent,  très  ventru  au  milieu,  roux,  mais  plus 
pâle  que  le  chapeau.  D'une  saveur  agréable.  Dans  les  bois,  au 
printemps  et  à  l'automne.  Comestible. 

Agaric  butireux,  Ag.  butyraceus,  planche  XV,  fig.  62. 
A.  lejopus,  Pers.,  le,  pict.,  t.  2,  f.  1,  3  ;  Berkl.,  Oui!.,  p.  1 15  ;  Batt.,  1. 16, 
c;  Bull,  t.,  572  ;  Fr.  Epie,  p.  1 13. 

Chapeau  charnu,  d'abord  convexe,  puis  étalé,  mamelonné, 
humide  et  gros,  lisse,  brun  ou  fuligineux,  pâlissant;  chair  rousse, 
blanchissant.  Lamelles  presque  libres,  serrées,  crénelées,  blanches. 
Pédicelle  iîstuleux,  spongieux  cartilagineux,  strié,  conique,  rous- 
sâtre  ou  bistré,  renflé  et  laineux  à  la  base.  Été  et  automne,  dans 
tous  les  bois.  Coriace.  —  Comestible. 

Agaric  retourné,  Ag.  inversus,  planche  XVI,  fig.  67. 
Scop.,  Car/i.,  p.  445;  Schœll.,  t.  65;  Berkl.,  Ou//.,  p.  111.;  Bull.,  t.  553  ; 
A.  infundibuliformis,  Fr.Epic,  p.  96. 

Chapeau  charnu,  presque  fragile,  convexe-plan,  puis  en  enton- 
noir, festonné,  large  de  5  à  8  centimètres,  très  glabre,  humide, 
roux  ou  brique,  puis  alutacé  ;  chair  mince,  compacte,  jaunâtre. 
Lamelles  décurrentes,  serrées,  blanchâtres,  avec  une  arête  con- 
colorc.  Pédicelle  le  plus  souvent  creux,  à  écorce  rigide,  glabre, 
blanchâtre,  à  la  base  il  est  jaune  et  villeux.  Croît  à  l'automne  en 
groupe  ou  seul,  dans  les  bois  de  pin.  Coriace.  —  Non  vénéneux. 

Agaric  dryophile,  Ag.  driophilus,  planche  XVI,  fig.  70. 
Berkl.,  Outl.,  p.  119  ;  Bull.,  t.  434;  de  Seyne,  Month.,  p.  144  ;  Fr.  Epie, 
p.  122. 

Chapeau  mince,  tenace,  plan-convexe  déprimé  au  centre,  fauve, 
roux  grisâtre  ou  jaunâtre.  Chair  blanche,  mince.  Lamelles  presque 
libres,  décurrentes  par  une  petite   denticule,    serrées,   étroites, 


92  DESCRIPTION    DES   ESPÈCES 

planes,  blanches  ou  pâles.  Pédicelle  fîstuleux,  glabre,  grêle, 
épaissi  à  la  base,  jaunâtre  ou  roux.  Très  commun  au  printemps,  à 
l'automne,  dans  les  bois.  —  Comestible. 

Agaric  ventru,  Ag.  ventricosus,  planche  XVIII,  fig.  79. 
Bull.,  t.  411,  f.  1  ;  Fr.  Epie,  p.  120. 

Chapeau  conique,  puis  étalé,  lisse,  couleur  terre  d'ombre  pâle. 
Lamelles  concolores,  jointes,  sinueuses,  presque  décurrentes. 
Pédicelle  allongé,  ventru  à  la  base,  qui  est  fusiforme,  allongée, 
jaunâtre.  Assez  commun  sur  la  terre,  les  fumiers,  dans  les  bois. 
Saveur  aqueuse.  —  Non  malfaisant. 

Agarie  contractile.  Ag.  clusilis,  planche  XVIII,  fig.  80. 
Secr.,  n.  1007  ;  A.  umbilicatus,  Bull.,  t.  411,  f.  2;  Fr.  Epie,  p.  129. 

Chapeau  lisse,  convexe-plan,  légèrement  ombiliqué,  à  bord 
réfléchi,  d'un  blanc  chamois,  luisant,  strié,  chair  fauve.  Lamelles 
adhérentes,  jaunâtres,  un  peu  décurrentes.  Pédicelle  creux,  fîstu- 
leux, lisse,  grêle,  d'un  blanc  grisâtre. 

Eté,  dans  les  bois.  —  Comestible. 

Agarie  aqueux,   Ag.  aquosus,  planche  XVIII,  fig.  81. 
Sommerf.,  Lapp.,  p.  284,  Secr.,  n.  737;  Fr.  Epie,  p.  122  ;  Bull.,  t.  12. 

Chapeau  plan,  peu  charnu,  mou,  aqueux,  d'un  blanc  jaunâtre, 
à  bord  strié,  large  de  2  à  3  centimètres.  Lamelles  libres,  rousses, 
presque  dentées.  Pédicelle  fistuleux,  d'une  couleur  fauve,  ayant 
des  fibrilles  blanchâtres  à  la  base.  Septembre,  octobre,  dans  les 
bois,  parmi  les  mousses.  —  Comestible. 

Agaric  tortu,  Ag.  contortus,  planche  XVIII,  fig.  82. 

Kichx,  p.  147;  Paul,  Ch.,  t.  50;  Bull.,  t.  36;  Batt.,  t.  9;  Fr.  Epie,  p.  112. 

Chapeau  charnu,  moyen,  d'un  roux  foncé,  convexe,  mamelonné, 
sec  au  centre.  Lamelles  blanches,  arrondies,  adnées,  espacées, 
décurrentes  par  une  dent.  Pédicelle  flexueux,  tortu,  dressé, 
rameux,  glabre,  plein  d'un  rouge  foncé,  noir  et  épais  h  la  base, 
presque  conique.  Saveur  amère.  Coriace. 

Agaric  à  long  pied,  Ag.  longipes,  planche  XIX,  fig.  85. 

Berkl.,  Outl.,  p.  112;  A.  pudens,  Pers.,  M.  E.,  3.  p.  140;  A.  macrourus,  2; 
Scop.,  Bull.,  t.  232;  Fr.  Epie,  p.  110;  Batt.,  t.  20  ;  f.  A.;  Krombh.,  t.  1, 
f.  31. 

Chapeau  coriace,  conique,  puis  plan,  peu  mamelonné,  couleur 


TROISIÈME   SOUS-GENRE,    GYMN0PUS  93 

de  cuir  ou  fauve  pâle,  muni  de  poils  érigés,  roux;  chair  blanche. 
Lamelles  très  espacées,  larges,  arrondies,  blanc  de  lait.  Pédicelle 
long,  fibreux,  fragile,  couvert  d'un  velours  brun  doré,  sillonné 
dans  toute  sa  longueur.  Odeur  et  saveur  de  noisette.  Eté,  automne, 
dans  le  sol,  le  bois  pourri,  bruyères.  —  Comestible. 

Agaric  des  devins,  Ag.  hariolorum,  planche  XX,  fig.  9b. 
DC,  FI.  Fr.,  11,  p.  182;  A.  sagarum,  secr.,  n.  735;  Bull.,  t.  585,  f.  2;  Fr. 
Epie,  p.  117;  Quel.,  p.  59. 

Chapeau  submembraneux,  tenace,  campanule,  convexe,  puis 
aplani,  obtus  ou  déprimé,  large  de  5  centimètres,  lisse,  glabre, 
blanchâtre,  faiblement  strié  à  la  marge.  Lamelles  libres,  peu  ser- 
rées, linéaires,  blancliâtres.  Pédicelle  cartilagineux,  fistuleux,  un 
peu  comprimé,  d'une  couleur  brun  roux,  et  recouvert  d'un  duvet 
laineux  blanchâtre,  nu  et  pâle  au  sommet.  Bulliard  le  nomme 
Agaric  des  devins. 

Été  et  automne,  sur  les  feuilles,  dans  les  bois.  —  Comestible. 

Agaric  à  pied  en  forme  de  lance,  Ag.  lancipes,  planche  XXI,  fig.  97. 
Paul,  Ch.,  t.  118;  Krombh.,  t.  42,  f.  6,  8;  Fr.  Epie,  p.  112;  A.  crassipe- 
dem  ducit,  Seyne. 

Chapeau  peu  charnu,  convexe-plan,  puis  hémisphérique,  glabre, 
rugueux,  brillant  par  le  sec,  d'une  couleur  roux  brun,  livide,  à 
marge  striolée,  large  de  5  à  8  centimètres.  Lamelles  émarginées, 
adnées,  libres,  ventrues,  espacées,  distinctes,  blanches.  Pédicelle 
long  de  8  à  15  centimètres,  étroit,  flexible,  lisse,  luisant  par  le 
sec,  fauve  pâle,  se  prolonge  à  la  base  en  racine  forme  de  lance, 
Été,  automne,  dans  les  bois,  Meudon,  etc.  —  Comestible. 

Agaric  clou,  Ag.  clavus,  planche  XXIV,  fig.  124. 
Paul,  Ch.,  t.  97,  f.  3;  Bull.,  t.  148,  A.  C;  Cooke,  Brit.,  p.  6U;  Linn.,  FI. 
suce,  n.  1212;  Kickx,  Bely.,  p.  150;  Quel.,  p.  63. 

Chapeau  peu  charnu,  très  mince,  convexe,  puis  plan,  avec  une 
papille  centrale,  large  de  5  à  6  millimètres,  glabre,  brillant,  d'une 
couleur  orangé  écarlate,  avec  le  disque  souvent  plus  foncé,  et  la 
marge  striée.  Lamelles  libres,  un  peu  serrées,  blanches.  Pédicelle 
court,  filiforme,  glabre,  blanchâtre,  un  peu  hérissé  à  la  base.  Eté 
et  automne,  dans  les  bois,  sur  les  rameaux  et  les  brindilles.  — 
N'est  pas  mangeable. 


94  DESCRIPTION    DES    ESPÈCES 

Agaric  esculent,  Ag.  esculentus,  planche  XXV,  tig.  134. 
Wulf,  m.  jacq.,  Coll.  II,  t.  14,  f.  4;  Lenz.,  f.  18;  VailL,  t.  11,  f.  46,  18  ; 
A.  pcrpendicularis,  Bull.,  t.  422,  f.  2;  Fr.  Epie,  p.  121  ;  Quel.,  p.  62. 

Chapeau  mince,  convexe-plan,  orbiculaire,  lisse  ou  strié  par  le 
sec,  argileux  ocracé,  souvent  brunâtre;  chair  tenace,  blanche, 
sapide.  Lamelles  libres  ou  décurrentes,  très  larges,  assez  espacées, 
blanchâtres.  Pédicelle  raide,  lisse,  brillant,  jaune  d'argile,  terminé 
par  une  longue  racine  perpendiculaire.  Printemps.  Comestible. 

Agaric  à  pied  châtain,  Ag.  phseopodius,  planche  XXXVII,  fig.  19b. 
S.  M.  I.,  p.  122;  Bull.,  t.  532,  f.  2;  Secr.,  n.  653;  Fr'Epic.,  p.  113. 

Chapeau  charnu,  puis  convexe-plan,  mamelonné,  large  de  8  à 
10  centimètres,  glabre  ;  les  bords  sont  sinués,  d'une  couleur 
variant  entre  le  roux  et  le  brun  ;  chair  un  peu  fauve.  Lamelles 
blanches,  inégales,  aiguës  à  la  base,  presque  libres.  Pédicelle 
plein,  épaissi  aux  deux  extrémités,  glabre,  d'une  couleur  variant 
du  noir  au  brun.  Été,  automne,  dans  les  bois.  —  Comestible. 

Agaric  des  collines,  Ag.  collinus,  planche  XXII,  fig.  102. 
Schœff.,  t.  220;  A.  arundinaceus,  Bull.,  t.  403,  f.  1;  Paul,  t.  104,  f.  7,  9; 
S.  M.  I.,  p.  124;  Scop.,  Carn.,  p.  132;  Fr.  Epie,  p.  119. 

Chapeau  charnu,  membraneux,  campanule,  puis  mamelonné  et 
étalé,  large  de  3  à  6  centimètres,  glabre,  un  peu  visqueux,  strié, 
lisse  et  brillant,  brun  ou  cuir  pâle;  chair  mince,  blanche.  Lamelles 
libres,  puis  écartées,  assez  espacées,  larges,  blanchâtres.  Pédicelle 
fistuleux,  assez  fragile,  lisse,  glabre,  blanc  pâle,  pubescent  à  la 
base.  Automne,  dans  les  herbes.  —  Comestible. 


4°  SOUS-GENRE,   OMPHALIA 

Les  Champignons  de  ce  groupe  ont  le  chapeau  entier,  charnu 
ou  membraneux,  en  entonnoir  ou  déprimé  au  centre,  et  à  marge 
droite  des  mycéna.  Lames  d'inégales  longueur,  ni  succulentes,  ni 
lactescentes,  le  plus  souvent  décurrentes,  ne  noircissant  pas,  ne  se 
détachant  pas  facilement  du  chapeau.  Pédicelle  nu  et  central,  le 
plus  souvent  coriace,  absence  de  collier  ;  espèce  terrestre,  de  pe- 
tite taille.  Spores  blanches. 


CINQUIÈME   SOUS-GENRE,    MYCENA  9b 

Agaric  hydrogramme,  Ag.  hydrogrammus,  planche  XI,  fig.  37. 
A.  streptopus,  Pers.,  M.  E.,  3,  p.  82;  Bull.,  t.  674;  Letell.,  le.,  t.  605;  Fr. 
Epie,  p.  154;  Quelet,  p.  218. 

Chapeau  membraneux,  flasque,  fortement  ombiliqué,  étalé, 
large  de  5  à  7  centimètres,  hygrophane,  un  peu  ondulé  et  strié. 
Lamelles  longuement  décurrenles,  très  serrées,  étroites,  arquées, 
inégales.  Pédicelle  fistuleux,  cartilagineux,  comprimé,  ondulé, 
allongé,  base  radicante,  laineuse  et  blanche.  Automne,  sur  les 
feuilles  mortes,  dans  les  bois.  —  Comestible. 

Agaric  fichet,  Ag.  fibula,  planche  XXII,  fig.  110. 
Berkl.,  Outl.,  p.  433;  Kickx,  p.   157;  Bull.,  t.  186,  550,  f.  1;  Fr.  Epie, 
p.  164;  Pers.,  Myc.  Eut:,  3,  n.  100,  102;  Quel.,  t.  4,  f.  5. 

Chapeau  membraneux,  capuchonné,  puis  ouvert,  ombiliqué, 
orangé,  légèrement  strié,  moins  coloré  parle  temps  sec  ;  on  le 
trouve  encore  avec  un  chapeau  gris  fauve  ou  blanc.  Lamelles  très 
décurrentes,  larges,  espacées,  blanchâtres.  Pédicelle  plein,  puis 
fistuleux,  filiforme,  concolore,  pâle.  Été  et  automne,  dans  les 
gazons,  les  forêts.  —  Ne  se  mange  pas. 

Agaric  ombellifère,  Ag.  umbelliferus,  planche  XXII,  fig.  112. 
A.  ericetorum,  Pers.,  pr.  p.  var.  a.;  Berkl.,  Outl.,  p.  132;  .4.  niveus,  FI. 
dan.,  t.  1015  ;  A.,  Fr.  Espic,  p.  160;  Quel.,  p.  65. 

Chapeau  un  peu  charnu,  membraneux,  faiblement  ombiliqué, 
large  de  1  à  2  centimètres,  aqueux  par  les  temps  humides,  légère- 
ment strié,  lisse,  soyeux,  floconneux,  marge  infléchie,  crénelée. 
Lamelles  triangulaires,  larges  en  arrière,  assez  espacées  d'un 
blanc  ocracé.  Pédicelle  plein,  puis  creux,  glabre,  blanc  villeux  à 
labase  .Sur  les  bords  des  mares  ,été,  automne.  —  Ne  se  mange  pas. 

5e  SOUS-GENRE,   MYCENA 

Léveillé  comprenait  dans  le  genre  Mycena,  les  Pleurotus,  Vol- 
varia,  Pluteus,  Enioloma,  Clitopilus,  Leptonia,  Nolanca,  Pho- 
liota,  Hebeloma,  Flammula,  Naucaria,  Galera,  Crepidolus,  de 
Fries.  Ces  genres  seront  décrits  par  ordres,  tout  en  donnant  à 
chaque  section  le  plus  d'indépendance  possible,  pour  la  rendre 
complète  en  elle-même. 

Ces  Champignons  ont  leur  chapeau  le  plus  souvent  en  cloche, 


96  DESCRIPTION    DES    ESPÈCES 

membraneux,  presque  transparent,  à  peine  ombiliqué,  marge 
plus  ou  moins  striée.  Lamelles  non  décurrentes,  unicolores  se  des- 
séchant facilement,  ne  noircissant  pas  en  vieillissant.  Pédicelle 
cartilagineux,  allongé,  fistuleux,  pas  de  volva,  pas  de  collier; 
Champignons  épiphytes.  Spores  blanches. 

Agaric  en  casque,  Ag.  galericulatus,  planche  XXII,  fig.  103. 
Scop.,  Carn.,  p.  455;  Schœff.,  t.  32;  Bull.,  t.  518,  f.  C.  D.  E.,  Paul,  t.  122, 
f.  7,  8;  Fr.  Epie,  p.  138;  Quel.,  p.  70. 

Chapeau  membraneux,  conique,  en  cloche,  strié,  mamelonné, 
livide,  pâle,  cendré  ou  fauve.  Lamelles  adnées  décurrentes  par 
une  dent,  assez  serrées,  blanchâtres  ou  incarnat.  Pédicelle  te- 
nace, lisse,  glabre,  pâle,  à  racine  olique,  courte,  hérissée.  Toute 
Tannée  sur  les  souches  pourries  des  forêts.  Très  coriace. 

N'est  pas  vénéneux. 

Agaric  rose,  Ag.  roseus,  planche  XXII,  fig.  104. 

A.  roseus,  Batsch.,  f.  20;  FI.  dan.,  t.  1612;  Pers.,  Syn.,  393,  t.  5,  f.  3. 

Chapeau  campanule,  petit,  1  à  5  centimètres,  obtusément  ma- 
melonné, à  bord  strié,  d'une  couleur  rose.  Lamelles  adhérentes, 
adnées  blanches,  à  bord  plus  obscur.  Pédicelle  filiforme  sans  suc, 
pâle,  à  base  velue.  D'août  à  novembre,  sur  les  rameaux,  les 
feuilles,  ou  en  groupes.  —  Comestible. 

Agaric  pur,  Ag.  purus,  planche  XXII,  fig.  107. 

Paul,  t.  119;  A.  collinus,  Larbr.,  t.  13,  f.  4;  Bull.,  t.  507;  Pers.,  Syn., 
p.  339;  Fr.  Epie,  p.  133. 

Chapeau  peu  charnu,  en  cloche,  puis  plan,  faiblement  mame- 
lonné, rose,  liliacé,  violet  grisâtre  ou  blanc,  marge  striée.  Lamelles 
sinuées,  adnées,  très  larges,  réunies  par  un  réseau,  blanchâtres. 
Pédicelle  rigide,  lisse,  blanchâtre,  laineux  à  la  base  ;  odeur  forte, 
saveur  désagréable  de  radis.  Eté  et  automne. —  Ne  se  mange  pas. 

Agaric  rayé,  Ag.  lineatus,  planche  XXII,  fig.  109. 

Pers.,  S.  M.,  L,  p.  152;  Fr.  Epie,  p.  134;  Bull.,  t.  522,  f.  3;  Quelet,  p.  68. 

Chapeau  capuchonné.,  campanule,  obtus,  large  de  2  à  3  centi- 
mètres, sillonné,  rayé,  glabre,  jaunâtre.  Lamelles  linéaires, 
adnées,  assez  espacées,  blanches.  Pédicelle  filiforme,  allongé  et 
muni  d'abondants  poils  blancs  à  la  base.  Sur  les  feuilles  et  les 
mousses.  Été  et  automne.  —  Ne  se  mange  pas. 


CINQUIÈME   SOUS-GENRE,   MYCENA  97 

Agaric  fauve  blanc,  Ag.  flavo-albus,  planche  XXIII,  fig.  120. 
Ed.  L,  p.  103;  Berkl.  et  Br.,  n.  989;  A.  pumilus,  Bull.,  t.  260;  A.  terreus, 
Pers.,  M.  E.,  3,  n»  403;  Fr.  Epie,  p.  135. 

Chapeau  peu  charnu,  campanule-convexe,  puis  plan,  un  peu 
mamelonné,  glabre,  large  de  2  à  3  centimètres,  fendillé  par  le  sec, 
d'une  couleur  jaune  blanc  ou  blanc.  Lamelles  blanches,  libres  et 
espacées,  séparables,  ventrues,  planes.  Pédicelle  fistuleux,  raide, 
d'un  blanc  transparent.  Été  et  automne,  dans  les  bois,  entre  les 
mousses.  — Comestible. 

Agaric  des  écorces,  Ag.  corticalis,  planche  XXIII,  fig.  121. 
Schumsaell,  n.  4689,  S.  M.,  L,  p.  159;  Mich.,  t.  74,  f.  8;  Lasch.,  in  Linn., 
n.  203;  Fr.  Epie,  p.  153;  Hiemalis,  Quel.,  p.  75. 

Chapeau  très  mince,  hémisphérique,  obtus  puis  ombiliqué, 
sillonné,  large  de  2  à  S  millimètres,  d'une  couleur  fauve,  violacé 
ou  ocracé  au  sommet,  glabre  et  floconneux,  pruineux.  Lamelles 
adnées  par  une  dent,  larges,  espacées,  plus  pâles  que  le  cha- 
peau. Pédicelle  grêle,  fistuleux,  court,  courbe,  blanchâtre, 
violacé  ou  brunâtre.  Automne  et  hiver,  sur  les  troncs,  pruniers, 
chênes,  saules,  sapins.  Ne  se  mange  pas. 

Ces  Champignons  ont  le  voile  non  distinct  de  l'épidémie. 
Lamelles  arrondies,  libres.  Spores  rosées. 

Agaric  nain,  Ag.  nanus,  planche  XXVII,  fig.  143. 
Berkl.,  Oui/.,  p.   141;   A.  pyrrospermus,  Bull.,  t.  547,  f.  3;  Pers.,  Syn., 
p.  357;  Fr.  Epie,  p.  187;  Quel.,  p.  82. 

Chapeau  campanule-convexe,  puis  plan,  brun,  souvent  finement 
et  élégamment  granulé  et  ridé,  laissant  voir  un  fond  jaunâtre, 
large  de  4  à  6  centimètres.  Lamelles  libres,  assez  serrées,  jaune, 
pâle  ou  rougissant  un  peu.  Pédicelle  plein,  grêle,  fibrilleux,  jaune 
brillant  ou  très  pâle,  un  peu  recourbé  et  blanc,  tomenteux  à  la 
base.  Spores  rosées,  rondes,  petites,  un  200e  de  millimètre. 

Été  sur  le  bois  mort.  Ne  se  mange  pas. 

Agaric  velu,  Ag.  ephebeus,  planche  XXXIV,  fig.  181. 
Syn.  myc,  L,  p.  238;  Monag.,  p.  264;  A.  villosus,  Bull.,  t.  214;  Fr.  Epie, 
p.  186. 

Chapeau  moyen,  campanule,  puis  plan,  un  peu  velu,  d'une  cou- 
leur violet   purpurin.    Lamelles  libres,  un  peu    serrées,  arron- 

7 


98  DESCRIPTION    DES    ESPÈCES 

dies,  ocracées,  pâles.  Pédicelle  cylindrique,  plein,  blanc,  un  peu 
recourbé  à  la  base,  égal.  Eté,  automne,  sur  le  bois  mort,  le  chêne. 
Non  comestible. 

Champignons  à  chapeau  charnu,  fibreux,  marge  incurvée.  La- 
melles sinuées.  Terrestre.  Spores  grandes,  sphériques,  rosées. 

Agaric  ondulé,  Ag.  répandus,  planche  X,  fig.  36. 
BerkI.,  Engl.  PL,  V.,  p.  78;  Cooke,  p.  191  ;  Bull.,  t.  423,  f.  2;  Fr.  Epie, 
p.  190. 

Chapeau  moyen,  charnu,  convexe,  puis  plan,  obtusément  ma- 
melonné, lisse,  d'une  couleur  jaune  rougeâtre,  sur  un  fond  blanc, 
à  bords  sinueux,  brisés  parfois.  Lamelles  libres,  larges,  arrondies, 
d'un  blanc  pâle.  Pédicelle  solide,  blanc,  fibro-squammeux  au 
sommet,  spores  globuleuses,  ocracé.  Mai,  juin,  dans  les  bois; 
saveur  désagréable,  odeur  nauséeuse.  —  Vénéneux. 

Agaric  rose  grisâtre,  Ag.  rhodopolius,  planche  XI,  fig.  41. 
BerkI.,  OutL,  p.  145;  Krombh.,  t.  53,  f.  17,  22;  Fr.  Epie,  p.  195;  Boit., 
t.  6;  Quelet,  p.  227. 

Chapeau  campanule,  bossu,  glabre,  peu  charnu,  large  de  G  à 
12  centimètres,  d'une  couleur  brune  ou  livide  pâlissant,  puis  isa- 
belle,  soyeux,  brillant,  marge  festonnée,  brisée,  blanche.  La- 
melles adnées,  séparables,  un  peu  sinuées,  grossièrement  den- 
telées, blanches  puis  rosées.  Pédicelle  creux,  glabre,  strié,  blanc, 
pruineux  au  sommet.  Eté  et  automne,  dans  les  forêts. 

Ce  Champignon  a  une  mauvaise  odeur;  saveur  désagréable. 
—  Vénéneux. 

Agaric  inodore,  Ag.  inodorus,  planche  XXII,  fig.  111. 
A.  sericellus   candidus,   Fr.   Epie,   p.    194;  A.   sericeus,   Alb.    et  Schic, 
n.  528;  A.  molliusculus,  Lasch.,n.  265;  A.  inodorus,  Bull.,  t.  524,  f.  2. 

Chapeau  membraneux,  à  stries  serrées,  hygrophane,  d'un  brun 
fuligineux,  très  brillant  par  le  sec,  convexe-plan,  mamelonné  large 
de  3  à  4  centimètres.  Chair  fauve  pâle.  Lamelles  sinuées,  assez 
serrées,  grises  puis  brunes.  Pédicelle  grêle,  fibreux,  fistuleux,  gri- 
sâtre, brillant.  Spores  sphériques,  rosées.  Été  et  automne.  En 
groupe  dans  les  gazons  ;  mauvais  goût.  Non  vénéneux,  mais  pas 
mangeable. 


- 


CINQUIÈME   SOUS-GENRE,    MYCENA  99 

Agaric  fertile,  Ag.  fertilis,  planche  XXVII,  fîg.  142. 
Berkl.,  Ont/.,  p.  142;  Pers.,  p.  p.;  A.  phonospermus,  Bull.,  t.  547,  F.  1  et 
590;  Fr.JEpic.,?.  193. 

Chapeau  glabre,  campanule,  mince,  mamelonné,  d'une  couleur 
livide  noirâtre,  pâle  ou  grise.  Lamelles  adhérentes,  larges,  dis- 
tinctes, d'une  couleur  incarnat,  souvent  comme  dentées.  Pédi- 
celle  plein,  glabre,  blanchâtre,  comme  pointu  à  la  base,  odeur  de 
farine  récente;  dans  les  prés,  le  long  des  chemins.  —  Comestible. 

Agaric  sinué,  Ag.  sinuatus,  planche  XXVI,  fig.  138. 

Pers.,  Myc.  Eut:,  3,  n.  281;  Cooke,  p.  90;  Oudein.,  p.  26;  Fr.  Epie,  p.  189. 

Chapeau  compacte,  glabre,  sinué,  lobé,  d'abord  convexe,  puis 
se  déprimant,  d'un  blanc  jaune,  très  grand,  8  à  12  centimètres. 
Lamelles  très  serrées,  presque  soudées,  très  larges,  d'une  couleur 
rousse  et  adnées.  Pédicelle  épais,  plein,  à  peu  près  égal,  d'une 
couleur  blanche.  Automne  sur  la  terre,  dans  les  bois.  —  Comestible. 

Agaric  ardoise,  Ag.  ardosiacus,  planche  XXVII,  fig.  145. 
Berkl.,  Outl.,  p.  144;  Bull.,  t.  348;  Fr.  Epie,  p.  191. 

Chapeau  charnu,  humide,  conico-campanulé,  fragile  et  se  fen- 
dillant, d'un  beau  bleu  lilas  fugace,  puis  bleu  d'acier,  à  la  fin  il 
devient  cendré  et  finement  fibuleux.  Lamelles  sinuées,  libres,  un 
peu  larges,  d'un  blanc  grisâtre,  puis  incarnat.  Pédicelle  épais, 
fibreux,  aqueux,  grisâtre,  à  stries  blanches  et  liliacées  ;  odeur  de 
farine  ou  de  fruit.  Automne,  dans  les  prés,  les  bois  humides. 
—  Comestible. 

Agaric  satiné,  Ag.  sericeus,  planche  XXVIII,  fig.  151. 
Berkl.,  Outl.,  p.  145;  Seyn.,  Montp.,  p.  98;  Bull.,  p.  413,  f.  2;  A. pascuus, 
Pers.,  Syn.;  A.  vulgo,  Fr.  Epie,  p.  196. 

Chapeau  membraneux,  à  stries  serrées,  hygrophane,  d'une  cou- 
leur brun  fuligineux,  très  brillante  par  le  temps  sec,  convexe 
plan,  puis  mamelonné,  large  de  3  à  S  centimètres.  Pédicelle 
grêle,  fibreux,  fîstuleux,  grisâtre,  brillant.  Spores  sphériques, 
rosées,  un  100e  de  millimètre.  Été  et  automne,  en  groupes  dans  les 
prés,  les  gazons.  La  chair  de  ce  Champignon  est  fauve  pâle. 

Ne  se  mange  pas. 

Agaric  livide,  Ag.  lividus,  planche  XXXIV,  fig.  177. 
Fr.  Epie,  p.  189;  Bull.,  t.  382;  Quelet,  p.  83. 

Chapeau  charnu,   plan-convexe,  bosselé,  sec,  soyeux,   marge 


100  DESCRIPTION    DES    ESPÈCES 

jaunâtre  en  dessous.  Lamelles  très  larges,  fortement  sinuées, 
arrondies,  décurrentes  par  une  dent,  espacées.  Pédicelle  fort, 
recourbé  et  renflé  à  la  base,  fibreux,  dur  et  blanc;  chair  blanche, 
fibreuse,  fragile;  odeur  agréable,  saveur  nauséeuse.  Spores  gran- 
des, rosées,  sphériques.  Eté,  automne,  clans  les  bois.  —  Vénéneux. 

Chapeau  irrégulier  plus  ou  moins  déprimé  ou  ombiliqué. 
Lamelles  longues,  décurrentes,  Champignons  odorants.  Spores 
rosées. 

Agaric  orcelle,  Ag.  orcella,  planche  XXVIII,  fig.  147. 
Vittad.,  t.  12,  f.  2;  Batsch.,  f.  216;  Bull.,  t.  573,  f.  1  ;  Fr.  Epie,  p.  197; 
Secr.,  n°  558. 

Chapeau  charnu,  mou,  convexe,  puis  étalé,  ondulé  et  difforme, 
blanc  ou  un  peu  grisâtre,  glacé  et  visqueux  par  le  temps  humide, 
marge  plus  mince,  enroulée,  blanche,  farineuse.  Lamelles  très 
décurrentes,  serrées,  blanchâtres  à  peine  jaunâtres  ,  à  reflet 
incarnat.  Pédicelle  blanc,  épaissi  aux  deux  extrémités,  la  base 
est  couverte  d'un  duvet  blanc.  Printemps,  bord  des  bois  ;  odeur 
agréable  de  farine.  —  Comestible. 

Agaric  prunelle,  Ag.  prunulus,  planche  XXVÏI,  fig.  149. 
A.  albellus,  Schœff.,  t.  78;  A.  pallidu.t,  Sowerb,  t.  143;  Krorubh.,  t.   55, 
f.  7,  8;  Berkl.,  OutL,  t.  7,  f.  7;  Quelet,  t,  5,  f.  3;  Fr.  Epie,  p.  197. 

Chapeau  compacte,  grisâtre  au  centre,  assez  régulier,  marge 
farineuse,  blanche,  enroulée.  Lamelles  minces,  décurrentes,  as- 
sez serrées,  blanches  d'abord,  puis  incarnat.  Pédicelle  épais 
strié,  cotonneux  à  la  base,  blanchâtre.  Spores  rosées,  assez 
grandes.  Printemps,  été,  bord  des  bois,  odeur  agréable  de  farine. 
—  Comestible. 

Chapeau  à  marge  d'abord  incurvée.  Lamelles  les  plus  grandes 
adnées  avec  ou  sans  dent.  Spores  rosées. 

Agaric  pied  brillant,  Ag.  lampropus,  planche  XXVII,  fig.  146. 
Berkl.,  OutL,  p.  146;  Fr.  Epie,  p.  202;  Quelet,  p.  88;  A.  ylaucus,  Bull., 
t.  521. 

Chapeau  peu  charnu,  convexe,  étalé,  obtus,  puis  déprimé, 
écailleux,  d'une  couleur  gris  fuligineux  ou  gris  de  souris,  se  déco- 
lorant par  l'humidité.  Lamelles  adnées,  séparables,  d'abord  blan- 


CINQUIÈME   SOUS-GENRE,    MYGENA  101 

ches,  puis  roses.  Pédicelle  fistuleux,  glabre,  lisse,  souvent  cou- 
leur d'acier  ou  violacé.  Dans  les  prés,  Tété.  Ne  se  mange  pas. 

Agaric  dentelé,  Ag.  serrulatus,  planche  XXVIII,  fig.  148. 

Pers.,   Syn.,1.,   463;  A.  columbinus,  Bull.,  t.  413,  fig.  1;  Berkl.,  Outl., 

p.  146;  Fr.  Epie, -p.  203. 

Chapeau  peu  charnu,  convexe,  puis  ombiliqué,  écailleux;  jeune 
il  a  une  couleur  bleu  noirâtre  et  devient  ensuite  fuligineux.  La- 
melles adnées,  larges  au  milieu,  bleuâtre  pâle,  avec  l'arête  noi- 
râtre puis  grise.  Pédicelle  égal,  fistuleux,  glabre,  blanchâtre  ou 
azuré.  Dans  les  gazons,  été  et  automne.  Ne  se  mange  pas. 

Agaric  papilé,  Ag.  mammosus,  planche  XXV,  fig.  136. 
Kickx.,  p.  103;  Batsch.,  f.  5;  Bull.,  t.  526;  Fr.  Epie,  p.  207. 

Chapeau  membraneux,  campanule  conique,  mamelon  pointu, 
brun,  strié,  isabelle  et  soyeux  par  le  temps  sec,  un  peu  glabre. 
Lamelles  libres,  séparables,  ventrues,  non  serrées,  grises  ou 
blanches,  et  enfin  rosées.  Pédicelle  fistuleux,  allongé,  rigide,  blanc 
farineux,  un  peu  épais  au  sommet.  Printemps  et  été,  dans  les  bois, 
les  gazons.  Ne  se  mange  pas. 

Agaric  variable,  Ag.  variabilis,  planche  XXIV,  fig.  123. 
Pers.,  Obs.,  t.  5,  fig.  12;  Syst.  mijc,  L,  p.  27o;  Cum.  syn.,  Berkl.,  Outl., 
p.  164,  t.  10,  f.  1;  Kickx.,  p.  171;  A.  sessilù,  Bull.,t.l52;  Fv.,Epic,  p.  213. 

Chapeau  très  peu  charnu,  retourné  en  haut  comme  le  montre  la 
figure,  il  est  fixé  au  moyen  d'un  pédicelle  très  court  sur  les 
rameaux  morts.  Lamelles  convergeant  vers  un  point  excentrique, 
assez  larges,  espacées,  d'une  coloration  variable,  tantôt  blanches, 
ou  brunâtres  fauves.  Eté  et  automne,  dans  les  bois  humides,  sur 
le  bois  mort.  Ne  se  mange  pas. 

Agaric  pygniée,  Ag.  pygmseus,  planche  XXIV,  fig.  129. 
Bull.,  t.  523,  f.  2;  Fr.,  3Ionor/.,  I.,  p.  368. 

Chapeau  membraneux,  campanule,  hémisphérique,  mamelonné, 
ocracé,  brunâtre,  striolé,  très  hygrophane,  large  de  3  à  4  centi- 
mètres, luisant  par  le  sec,  marge  plus  pâle  à  voile  fugace  ;  chair 
sale,  amère.  Lamelles  sinuées,  ventrues,  assez  espacées,  un  peu 
jaunâtres,  puis  fauves.  Pédicelle  fistuleux,  fragile,  pâle,  ocracé, 
brunâtre  en  bas,  d'un  luisant  argenté,  un  peu  farineux  au  som- 
met. Spores  en  amande,  fauves. 

Eté  et  automne,  dans  les  chemins  des  bois. 


102  DESCRIPTION    DES    ESPÈCES 

Agaric  transparent,  Ag.  pellucidus,  planche  XXII,  fig.  113. 

Bull.,  t.  550,  f.  2;Syst.  Myc,  I.,p.  150;  Secret.,  n°338;  Fr.,  Epie, -p.  273. 

Chapeau  membraneux,  globuleux  campanule,  puis  convexe  ou- 
vert, inégal,  lisse,  gris  pâle,  finement  strié,  large  de  2  centi- 
mètres. Lamelles  subdécurrentes,  assez  espacées,  peu  serrées, 
pâle  ocracé.  Pédicelle  raide,  grêle,  fibrilleux,  allongé,  luisant, 
pruineux  au  sommet,  citrin  ou  ocracé.  Eté,  automne,  sur  les 
feuilles  de  hêtres,  dans  les  chemins  des  bois. 

Ne  se  mange  pas. 

Agaric  en  cupule,  Ag.  cupularis,  planche  XXXI,  fig.  104. 
Bull.,  t.  534,  f.  2;  Dec,  FI.  Fr.,  VI,  p.  107;  Secrt.,  n.  1052;  'Fr.,  Epie, 
p.  272. 

Chapeau  membraneux,  convexe,  puis  étalé,  ombiliqué,  3  à 
4  centimètres,  glabre,  hygrophane,  gris  livide,  marge  striée. 
Lamelles  décurrentes,  serrées  blanchâtres.  Pédicelle  fistuleux, 
cylindrique,  parfois  blanc  pruineux  au  sommet,  et  blanc  flocon- 
neux à  la  base.  Eté,  automne,  bords  des  chemins,  sur  la  mousse. 
Suspect. 

6"  SOUS-GENRE,   PRATELLA 

Chapeau  charnu  ou  presque  membraneux,  persistant.  Lamelles 
nébuleuses,  se  décolorant.  Pédicelle  central  nu  ou  pourvu  d'un 
anneau.  Spores  d'un  brun  pourpre  ou  noirâtre,  rouillées  ou 
ocracées. 

Léveillé  rangeait  dans  ce  sous-genre  :  les  Pholiota,  Hebeloma, 
Flammula,  Naucaria,  Galera,  Crepidolus,  Psalioia,  Slropharia, 
Hypholoma,  Psiloqjbe,  Psalhira,  de  Fries. 

Tégument  laissant  un  anneau  sur  le  pédicelle.  Champignons 
remarquables,  terrestres,  jamais  sur  les  souches. 

Agaric  remarquable,  Ag.  spectabilis,  planche  XII,  fig.  47. 
A.  aureus,  Bull.,  t.  92;  A.  rabarbarinus,  Krombh.,  t.  3,  f.  3;  Fr.,  Epie, 
p.  221  ;  Cooke,  p.  108;  Kickx.,  p.  165. 

Chapeau  convexe  sur  un  côté,  plan  sur  l'autre,  sec;  sa  cuticule 
se  déchire  en  squammes  ou  en  fibres  soyeuses,  d'une  couleur- 
doré  pâle  ou  fauve.  Lamelles  adnées,  décurrentes,  serrées, 
étroites,  d'un  jaune  ferrugineux.  Pédicelle  ferme,  ventru,  assez 


SIXIÈME   SOUS-GENRE,    PRATELLA  103 

court,  enveloppé  en   bas   par  l'anneau,  farineux    au    sommet. 
Eté  et  automne,  dans  les  bois.  Goût  salé,  saveur  amère. 
Comestible. 

Agaric   sphaleromorphe,    Ag.    sphaleromorphus ,   planche   XXV, 
fîg.  131. 
A.  récalvus,  Lasch.,  n.  431  ;  Bull.,  t.  540,  f.  1  ;  Fr.,  Epie,  p.  217. 

Chapeau  charnu,  mince,  convexe  sur  un  côté,  plan  sur  l'autre, 
lisse,  humide,  jaunâtre  ocracé.  Lamelles  arquées,  décurrentes, 
d'abord  d'un  blanc  jaunâtre,  puis  argileuses  ou  brunâtres.  Pédi- 
celle  plein,  soyeux,  blanchâtre,  grêle,  mais  épaissi  à  la  base,  muni 
d'un  anneau  éloigné  des  lamelles,  et  très  mince.  Printemps,  été, 
dans  les  prés  et  les  bois.  On  le  mange. 

Agaric  racine  de  navet,  Ag.  radicosus,  planche  XXV,  fig.  133. 
Berkl.,  Outl.,  p.  150;   Krombh.,  t.   G2,  f.  0,  10;  Bull.,  t.  160;  Kickx., 
p.  104;  Fr.,  Epie,  p.  218;  Quel.,  p.  92. 

Chapeau  charnu,  conique,  convexe,  tacheté,  écailleux,  blanc 
ocracé,  un  peu  visqueux;  chair  blanchâtre.  Lamelles  libres, 
sinuées,  serrées,  pâles,  puis  rousses.  Pédicelle  plein,  blanc,  fusi- 
forme,  radicant,  anneau  distant  blanc,  écailleux,  membraneux; 
le  pédicelle  au-dessous  de  l'anneau  est  recouvert  d'écaillés  dres- 
sées. Spores  fauve  brunâtre.  Été  et  automne,  dans  les  forêts, 
sur  les  souches.  Odeur  de  laurier-cerise.  —  Comestible. 

Agaric  changeant,  Ag.  mutabilis,  planche  XXVIII,  fîg.  150. 
Sckœff.,  t.  9;  Kroiub.,  t.  73,  f.  7,  9;  Berkl.,  t.  8,  f.  3;  Bull.  t.  543;  O.P. 
R,  A.  caudicinus,  Pers.;  Fr.  Epie,  p.  225;  Quel.,  p.  94. 

Chapeau  peu  charnu,  convexe-plan,  un  peu  mamelonné,  lisse, 
couleur  cannelle  par  les  temps  humides,  un  peu  plus  pâle  par  le 
sec.  Lamelles  adnées,  décurrentes,  serrées,  couleur  cannelle. 
Pédicelle  très  fibreux,  courbé  ou  tordu,  jaunâtre,  écailleux,  plus 
brun  à  la  base.  Anneau  membraneux.,  écailleux,  floconneux. 
Spores  brunâtres.  Par  groupes  sur  les  vieilles  souches  ou  soli- 
taire, mais  bien  plus  grand.  Odeur  faible. 

Été  et  automne.  —  Comestible. 

Agaric  écailleux,  Ag.  squarrosus,  planche  XXIX,  fig.  152. 
Mull.,  S.  M.,  I.,  p.  243;  A.  squamosus,  Bull.,  t.  260;  A.  floccosus,  Schseff., 
t.  61;  Fr.,  Epie,  p.  221;  Quel.,  p.  93. 

Chapeau  charnu,  campanule,  convexe,  puis  étalé,  sec,   d'une 


104  DESCRIPTION   DES   ESPÈCES 

couleur  safrané  rouillé,  tout  couvert  d'écaillés  brunâtres,  recour- 
bées; chair  jaune.  Lamelles  aclnées,  décurrentes  par  une  dent, 
olivâtres  puis  rouillées.  Pédicelle  plein,  atténué  à  la  base,  d'un 
jaune  pâle,  chargé  d'écaillés  recourbées  et  brunâtres,  munies  au 
sommet  d'un  anneau  étalé,  laineux,  d'un  jaune  fauve.  Automne, 
en  touffes  sur  les  souches,  au  pied  des  arbres.  Odeur  forte  de  bois 
pourri.  —  Comestible. 

Agaric  pudique,  Ag.  pudicus,  planche  XXXII,  fig.  167. 
A.  Mus,  Bull.,  t.  597;  F.,  2,  R.  S.;  Berkl.,  OutL,  p.  160;  Kickx.,  p.  164; 
Fr.,  Epie,  p.  218;  Gordier,  p.  28. 

Chapeau  charnu,  globuleux,  convexe,  puis  plan,  lisse,  sec  et 
arrondi,  large  de  8  à  10  centimètres;  chair  blanche.  Lamelles 
blanches,  puis  d'un  blanc  fauve,  ventrues,  arrondies  en  arrière, 
serrées,  adnées.  Pédicelle  plein,  blanc  fauve,  un  peu  courbé  et 
bulbeux  à  la  base,  lisse,  et  muni  d'un  anneau  blanc,  membraneux, 
étalé,  entier  et  persistant.  Été,  automne;  solitaire  ou  en  touffes, 
sur  les  vieux  troncs  d'arbres.  —  Comestible. 

Agaric  atténué,  Ag.  attenuatus,  planche  XXXII,  fig.  166. 

PC,  FI.  Fr.,   VI,  p.  51;  A.  cylindraceus,  Letell.,  t.  632;  A.  cylindraceus, 

Fr.,  Epie,  p.  118. 

Chapeau  charnu,  convexe,  glabre,  large  de  10  à  12  centimètres, 
d'un  blanc  un  peu  roussâtre,  à  bords  repliés  en  dessous  dans  la 
jeunesse.  Lamelles  blanchâtres  ou  brun  fauve,  souvent  un  peu 
décurrentes.  Pédicelle  plein,  charnu,  blanchâtre,  cylindrique, 
plus  ou  moins  courbé  et  aminci  à  la  base.  Anneau  placé  près  du 
sommet  du  pédicelle,  rabattu,  peu  consistant,  d'un  blanc  fauve. 
Printemps,  automne,  le  plus  souvent  en  touffes,  sur  les  souches. 
Odeur  agréable.  —  Comestible. 

Chapeau  à  pellicule  humide,  visqueuse,  voile  distinct.  Pédicelle 
fibreux,  charnu.  Spores  argileuses,  ocracées.  Champignon  ter- 
restre, souvent  odorant. 

Agaric  échaudé,  Ag.  crustuliniformis,  planche  XXVI,  fig.  137. 
Bull.,  t.  308,  546;  Berkl.,  OutL,  t.  9,  f.  1;  A.  circinans,  Pers.,  Obs.;  Fr., 
Epie,  p.  241;  Quel.,  p.  95. 

Chapeau  charnu,  convexe  plan,  glabre.,  roux,  ocracé  ou  blan- 


SIXIÈME   SOUS-GENRE,    PRATELLA  105 

châtre,  un  peu  visqueux,  plus  obscur  au  centre;  chair  hyaline, 
humide.  Lamelles  arrondies,  serrées,  minces,  blanchâtres,  puis 
ocracées,  et  à  la  fin  brunes,  sont  quelquefois  tachetées.  Pédicelle 
plein,  solide,  légèrement  bulbeux,  blanchâtre,  couvert  d'écaillés 
floconneuses.  Odeur,  saveur  de  radis.  Été,  automne,  dans  les  prés, 
les  bois.  —  Vénéneux. 

Agaric  sinué,  Ag.  sinuosus,  planche  XXVI,  fig.  138. 
Secr.,  n.  574;  Bull.,  t.  579,  f.  1;  Fr.  Epie.,  p.  237. 

Chapeau  charnu,  convexe,  puis  plan,  le  centre  très  déprimé, 
sinué,  glabre,  roux,  ocracé,  légèrement  visqueux,  large  de  10  à 
11  centimètres.  Lamelles  arrondies,  serrées,  planes,  émarginées, 
d'une  couleur  argileuse,  rouillées  ou  ocracées.  Pédicelle  plein, 
solide,  bulbeux  à  la  base,  fibreux,  charnu,  bistré,  rougeâtre. 
Spores  ocracées.  Été,  automne.  —  Vénéneux. 

Chapeau  à  marge  d'abord  enroulée.  Lamelles  adnées  ou  décur- 
rentes.  Pédicelle  charnu,  fibreux,  voile  filamenteux  ou  indistinct. 
Champignons  terrestres  ou  lignicoles. 

Agaric  de  l'aune,  Ag.  alnicola,  planche  XX,  fig.  89. 
A-  amants,  Cuil.,  t.  562  (Var.  salicicola);'A.  vclatus,  Sckum.,  p.  339;  Que- 
let,  p.  233;  Fr.,  Epie,  p.  248;  Berkl.  et  Br.,  n.  1242. 

Chapeau  charnu,  convexe-plan,  large  de  5  à  10  centimètres, 
humide,  fibrilleux,  parfois  écailleux,  jaune  orangé,  puis  rouillé  ; 
chair  citrine  amère.  Lamelles  adnées,  jaunâtres,  puis  rouillées. 
Pédicelle  fibro-charnu,  plein,  puis  creux,  recourbé  et  radicant, 
fibrilleux,  jaune  rouillé.  Été  et  automne,  sur  les  souches  de 
l'aune.  N'est  pas  vénéneux,  mais  très  amer. 

Agaric  en  fuseau,  Ag.  fusus,  planche  XXXI,  fig.  160, 
A.  hybridus,  Bull.,  t.  398;  Batsch.,  f.  189;  A. pompusus,  Balt.,  t.  5;  Fr., 
Epie.,  p.  247. 

Chapeau  convexe,  puis  mamelonné,  fauve,  large  de  8  à  12  cen- 
timètres, à  marge  enroulée,  avec  vestiges  d'une  cortine  jaunâtre 
au  bord  du  chapeau;  chair  jaune  soufré.  Lamelles  étroites,  ver- 
dâtres,  adnées,  à  tégument  noirâtre.  Pédicelle  creux,  gonflé  en 
haut,  subulé  en  bas,  d'une  couleur  fauve,  glabre.  Dans  le  creux 
des  souches,  printemps,  automne,  en  groupes. 

Saveur  amère.  Ne  se  mange  pas. 


106  DESCRIPTION    DES    ESPÈCES 

Agaric  apicré,  Ag.  apicreus,  planche  XXXI,  fig.  161. 
A.  lignatilis,  Bull.,  t.  551,  A.  B.;  A.  picreus,  Secr.,  n.  260;  Fr.,  Epie., 
p.  249. 

Chapeau  jaunâtre,  fauve,  peu  charnu,  légèrement  mamelonné, 
puis  convexe-plan,  lisse,  glabre,  large  de  4  à  8  centimètres. 
Lamelles  adnées,  serrées,  planes,  fauves,  couleur  cannelle.  Pédi- 
celle  plein,  fibreux,  courbé,  strié,  blanc  jaunâtre  au  sommet,  et 
villeux  cannelé  à  la  base.  Spores  rouillées.  Printemps,  été,  sur  les 
planches  pourries.  Coriace. 

Agaric  pulvérulent;  Ag.  conissans,  planche  XXXI,  fig.  162. 
Kickx.,  p.  169;  A.  pulverulentus,  Bull.,  t.  178;  Fr.,  Epie,  p.  249. 

Chapeau  peu  charnu,  mamelonné,  ocracé,  à  bords  plus  pâles. 
Lamelles  jointes,  d'une  couleur  d'abord  blanchâtre,  fuligineuses, 
à  téguments  noirâtres.  Pédicelle  creux,  égal,  jaune  blanchâtre.  De 
mai  à  novembre,  groupé  en  buissons,  sur  le  bord  des  chemins. 
Saveur  amère.  Ne  se  mange  pas. 

Agaric  gymnopode,  Ag.  gymnopodius,  planche  XXXI,  fig.  163. 
Fr.,  Epie,  p.  244;  Bull.,  t.  601,  f.  1  ;  Mougeot,  Champ,  des  Vosg. 

Chapeau  charnu,  large  de  6  à  8  centimètres,  d'un  brun  ferrugi- 
neux, campanule,  convexe,  puis  plan,  strié  et  souvent  fendu 
sur  les  bords,  mamelonné  au  centre,  qui  est  comme  hérissé 
de  petites  aspérités  noires.  Lamelles  très  larges,  inégales,  peu 
nombreuses,  arquées,  décurrentes,  plus  claires  que  le  chapeau. 
Pédicelle  nu,  plein,  atténué  et  contourné  à  son  extrémité  infé- 
rieure, strié,  d'une  couleur  brun  foncé.  Automne,  dans  les  bois, 
par  groupes,  à  terre  ;  sa  chair  blanche  a  une  odeur  et  une  saveur 
agréables.  —  Comestible. 

Voile  nul.  Chapeau  glabre,  marge  incurvée.  Spores  rouil- 
lées. 

Agaric  des  moissons,  Ag.  arvalis,  planche  XIX,  fig.  87. 
Bull.,  t.  422,  fig.  2;  Bott.,  t.  28,  D.;  Fr.,  Epie,  p.  261. 

Chapeau  peu  charnu,  convexe-plan,  large  de  3  6  à  centimètres, 
lisse,  sec,  glabre,  jaune  ou  fauve  ocracé  pâlissant,  souvent  cre- 
vassé; chair  blanche.  Lamelles  libres,  serrées,  puis  espacées,  bru- 
nâtres ou  couleur  cannelle  sale.  Pédicelle  tenace,  grêle,  cylin- 
drique, un  peu  bulbeux,  soyeux,  jaunâtre. 

Eté,  automne,  prés  et  champs.  —  Comestible. 


SIXIÈME   SOUS-GENRE.    PRATELLA  107 

Agaric  sidéroïde,  Ag.  sideroides,  planche  XXII,  fig.  108. 
DC,  FI.  Fr.,  5,  p.  46  ;  Bull.,  t.  588,  Fr.  Epie,  p.  258;  A.  hemisphxricus, 
Scop.  carn.,  p.  448;  Quel.,  p.  99. 

Chapeau  peu  charnu,  petit,  campanule,  mamelonné,  glabre, 
lis?e,  humide,  un  peu  visqueux,  fauve  rougeâtre,  cannelle,  ou 
couleur  de  cuir  par  le  temps  sec.  Lamelles  adnées,  décurrentes 
par  une  denlicule,  serrées,  jaunâtres  ou  cannelle.  Pédicelle  fistu- 
leux,  assez  rigide,  cylindrique,  grêle,  onduleux,  lisse,  glabre,  un 
peu  épais  à  la  base  et  jaunâtre  ou  brunâtre,  et  blanc  pruineux  au 
sommet.  Été,  automne,  dans  les  bois.  Ne  se  mange  pas. 

Agaric  horizontal.  Ag.  horizontalis,  planche  XXIII,  fig.  117. 
Berkl.,  Oui/.,  p.  159;  Bull.,  t.  324;  Fr.,  Epie,  p.  256. 

Chapeau  peu  charnu,  très  petit,  plan  convexe,  obtus,  sec,  lisse, 
d'une  couleur  cannelle.  Lamelles  rondes,  libres,  planes,  de  la  cou- 
leur du  chapeau.  Pédicelle  très  court,  grêle,  nu.  Groupés  sur  les 
écorces  d'arbres.  Ne  se  mange  pas. 

Agaric    demi-or biculaire,  Ag.    semi-orbiculatus,   planche   XXV, 
fig.  135. 
Berkl.,  Outl.,  t.  9,  f.  4;  Bull.,  t.  422;  Fr.,  Epie,  p.  260  ;  Quelet,  p.  100. 

Chapeau  peu  charnu,  convexe  étalé,  de  3  à  G  centimètres,  sec, 
lisse,  glabre,  ratatiné  par  le  sec,  couleur  ocracé.  Lamelles  adnées, 
sinuées,  serrées,  larges,  rouillées.  Pédicelle  cartilagineux,  tenace, 
grêle,  rigide,  cylindrique,  lisse,  d'une  couleur  rouillé  brillant. 
Été,  automne,  sur  le  bord  des  chemins. 

Champignons  à  chapeau  plus  ou  moins  campanule.  Voile  fibril- 
leux,  fugace  ou  nul.  Spores  ocracées.  Champignons  élégants. 

Agaric  grêle,  Ag.  tener,  planche  XXII,  fig.  105. 
Schaeff.,  t.  70;  f.  6,  8;  Bull.,  t.  535,  f.  1  ;  Fr.,  Epie,  p.  267. 

Chapeau  membraneux,  conique,  campanule,  puis  mamelonné 
étalé,  pulvérulent,  d'un  brun  roux  ou  ocracé.  Lamelles  adnées,  en 
cône,  paraissant  libres,  linéaires,  couleur  cannelle.  Pédicelle 
allongé,  grêle,  brun,  puis  jaunâtre  ocracé,  fraprile,  luisant,  bulbi- 
forme  ou  radicant.  Été,  automne,  sur  les  gazons,  les  prés. 

Ne  se  mange  pas. 


108  DESCRIPTION    DES    ESPÈCES 

Agaric  mou,  Ag.  mollis,  planche  XXIV,  fig.  125. 
Schseff.;  t.  213;  Sowerb.,  t.  98;  Letell.,  t.  688;  Fr.,  Epie,  p.  275  ;  Quel., 
t.  7,  f.  7. 

Chapeau  comme  divisé  en  deux  parties,  presque  sessile,  convexe 
plan,  réniforme,  souvent  ondulé,  ou  lobé  flasque,  lisse,  pâle  ou 
tacheté  de  roux;  chair  très  molle,  épaisse,  aqueuse,  blanchâtre. 
Lamelles  décurrentes,  serrées,  grisâtres  ou  jaunâtres.  Été  et 
automne,  sur  les  souches  pourries.  Trop  coriace,  mais  n'est  pas 
vénéneux. 

Champignon  à  chapeau  distinct.  Pédicelle  central,  nu  ou  pourvu 
d'un  anneau.  Lamelles  arrondies  et  libres.  Spores  d'un  brun 
pourpre  ou  noirâtre.  —  Comestible. 

Agaric  champêtre.  Ag.  campestris,  planche  XXXII,  fig.  165. 

Grev.,  t.  161;  Schœff.,  t.  33;  FI.  dan.,  t.  704;  Vittad.,  t.  6,  8;  Krombh., 
t.  23,  f.  1,  8  et  t.  20,  f.  14,  15;  Paul,  t.  130;  Gordier,  p.  89;  Fr.,  Epie., 
p.  279;  Bull.,  t.  134  et  514. 

Chapeau  charnu,  convexe-plan,  sec,  soyeux,  lisse  ou  écailleux, 
d'une  couleur  roussâtre  ou  brun  bistré,  ou  fauve  clair,  quelque- 
fois jaunâtre  ou  même  entièrement  blanc,  large  de  4  à  12  centi- 
mètres, à  chair  épaisse,  molle,  rougissant  et  brunissant  parfois. 
Lamelles  libres,  ventrues,  serrées,  blanches,  puis  roses,  et  enfin 
brun  obscur1,  non  adhérentes  au  pédicelle.  Pédicelle  plein, 
lisse  ou  écailleux,  cylindrique  ou  quelquefois  renflé  à  sa  base,  long 
de  4  à  8  centimètres,  pourvu  dans  son  milieu  d'un  anneau  blanc, 
ouvert  ou  réfléchi,  plus  ou  moins  complet,  caduc.  Eté  et  automne, 
vient  dans  les  bois,  les  champs,  les  jardins,  il  est  cosmopolite;  son 
usage  est  répandu  partout. 

Odeur  et  saveur  très  agréables.  —  Comestible. 

Agaric  des  bois,  Ag.  sylvicola,  planche  XXXII,  fig.  168. 

Paul,  t.  183;  Krombh.,  f.  8;  Vitt.,  t.  8;  A.  cchdis,  Pers.;  Fr.,  Epie.,  p.  280. 

Chapeau  lisse,  blanc  luisant,  doux,  large  de  6  à  12  centimètres; 
chair  épaisse,  molle,  brunissant  avec  le  temps.  Lamelles  droites, 
inégales,  serrées,  couleur  de  chair  dans  les  jeunes  individus,  puis 
d'un  rouge  vineux.  Pédicelle  long,  subbulbeux,  plein,  cylindrique, 
ordinairement  glabre,  pourvu  d'un  anneau  simple.  Eté,  automne, 
prés,  bois,  écuries.  —  Comestible. 


SIXIÈME  SOUS-GENRË,    PRATELLA  l'<ï9 

Agaric  des  champs,  Ag.  arvensis,  planche  XXXIII,  fig.  172. 
Paul,  t.  134,  f.  1,  2;  Bull.,  t.  514,  f.  N.  B.;  Pers.,  Sijn.,   301;  Krombh.. 
t.  23,  f.  11.  14;  Berkl.,  t.  10,  f.  4;  Fr.,  Epie,  p.  180. 

Chapeau  charnu,  sphérique  campanule,  puis  un  peu  aplati, 
large  de  8  à  12  centimètres,  floconneux,  farineux,  ensuite  glabre 
et  sec,  d'un  blanc  de  neige;  chair  épaisse,  blanche  et  compacte. 
Lamelles  libres,  ventrues,  plus  larges  en  avant,  d'une  couleur  rose 
tendre  ou  lilas.  Pédicelle  ferme,  creux  et  spongieux,  blanc,  épaissi 
à  la  base,  pourvu  d'un  anneau  ample,  retombant  et  ordinairement 
double.  Été  et  automne,  en  cercle  dans  les  prés  et  les  endroits 
découverts  des  bois. 

Odeur  et  saveur  très  agréables.  —  Comestible. 

Agaric  à  graines  rouges,  Ag.  hœmatospermus,  planche  XXXIII, 
fig.  173. 

Syst.  Myc,  L,  p.  282;  Krombh.,  t.  3,  f.  21,  25;  Bull.,  t.  59o,  f.  1;  Fr., 
Epie,  p.  282. 

Chapeau  peu  charnu,  convexe-plan,  d'un  brun  rougeâtre,  lisse, 
fibrilleux,  plus  foncé  au  centre,  large  de  3  à  5  centimètres. 
Lamelles  un  peu  écartées  du  pédicelle  et  sinuées,  d'une  couleur 
rosé,  et  enfin  rougeâtre.  Pédicelle  creux,  floconneux  en  dedans, 
grêle,  un  peu  atténué  vers  le  haut.  Anneau  médian,  distant, 
très  mince.  Automne,  dans  les  jardins. 

Comestible. 

Agaric  comestible,  Ag.  edulis,  planche  XXXII,  fig.  17b. 
Léveil.;  Sic. 

Chapeau  charnu,  campanule,  ovale-campanulé,  puis  aplani, 
large  de  9  à  15  centimètres,  floconneux,  farineux,  puis  soyeux, 
lisse  ou  écailleux,  sec,  blanc  ou  tacheté  de  jaunâtre;  chair  épaisse, 
compacte.  Lamelles  libres,  ventrues,  blanches,  puis  brunâtres. 
Pédicelle  creux,  fort,  épais  à  la  base,  lisse,  glabre,  blanchâtre. 
Anneau  supérieur  ample,  presque  double  et  lacinié.  Eté  et 
automne,  dans  les  prés,  les  bois,  les  pâturages.  Odeur  très 
agréable  de  farine.  —  Comestible. 

Champignon  à  pellicule  du  chapeau  visqueuse  et  à  lamelles 
adnées,  à  anneau  variable,  à  spores  fauve  rougeâtre. 


110  DESCRIPTION    DES   ESPÈCES 

Agaric  érugineux,  Ag.  œruginosus,  planche  XIX,  fig.  84. 
Schaeff.,  t.  1  ;  Sowerb.,  t.  264  ;  Krombh.,  t.  3,  f.  27,  28;  Fr.,  Epie,  p.  284; 
Quel.,  p.  110. 

Chapeau  convexe-plan,  peu  charnu,  légèrement  mamelonné, 
d'une  couleur  bleu  plus  ou  moins  foncé,  recouvert  d'une  couche 
de  mucosité  concolore.  Lamelles  adnées.  molles,  brunâtres  ou  un 
peu  rougeâtres.  Pédicelle  fibrilleux,  creux,  d'une  couleur  verdâtre, 
muni  d'un  anneau  écailleux,  blanchâtre  ou  vert.  Eté  et  automne, 
dans  les  bois. —  Vénéneux. 

Agaric  à  graine  noire,  Ag.  melaspermus,  planche  XXV,  fig.  132. 
Kickx.,  p.  173;  Bull.,  t.  540,  f.   2;  Berkl.  et  Br.,  n.   1254;  Fr.,  Epie, 
p.  285;  Quelet,  t.  24,  f.  3. 

Chapeau  mou,  charnu,  plan-convexe,  d'un  blanc  jaunâtre,  plus 
ou  moins  brillant,  large  de  4  à  6  centimètres,  souvent  un  peu 
visqueux.  Lamelles  libres,  sinuées,  arrondies  ou  émarginées, 
larges,  d'un  violet  grisâtre,  elles  deviennent  d'un  beau  violet  noi- 
râtre. Pédicelle  à  peine  creux,  fibreux,  d'une  couleur  blanchâtre, 
muni  d'un  anneau  épais,   étroit,  blanchâtre.  Spores  lilas. 

Eté,  automne,  dans  les  prés.,  le  bord  des  bois.  Ne  se  mange  pas. 

Agaric  coronille,  Ag.  coronilla,  planche  XXVI,  fig.  139. 

Syst.  Mijc,  I.,  p.  282;  Bull.,  t.  597;  Fr.,  Epie,  p.  285;  Quel.,  t.  14,  f.  7. 

Chapeau  charnu,  épais,  convexe,  puis  plan,  obtus,  presque  tou- 
jours sec,  d'une  couleur  jaune  pâle,  lisse,  et  souvent  crevassé; 
chair  blanche.  Lamelles  adnées,  planes,  serrées,  d'une  couleur 
brunâtre.  Pédicelle  court,  plein,  atténué  à  sa  base,  blanc,  muni  à 
sa  partie  supérieure  d'un  anneau  blanc  et  réfléchi.  Automne,  dans 
les  prés  et  les  bois.  —  Comestible. 

Agaric  obturé,  Ag.  obturatus,  planche  XXXII,  fig.  169. 
S.  M.,  I.,  p.  283;  Lasch.,  Berkl.  et  Br.,  n.  1253;  Seyn.,  Montp.,  p.  82; 
Saund.,  et  S.  M.,  t.  25,  f.  1,  2;  Fr.,  Epie,  p.  285;  Quel.,  p.  110. 

Chapeau  peu  charnu,  convexe-plan,  puis  conique,  sec,  d'une 
couleur  de  paille,  souvent  écailleux  pâle.  Lamelles  adnées,  planes, 
d'abord  blanches,  puis  brunes.  Pédicelle  blanc,  court,  jamais 
creux,  un  peu  atténué  à  la  base.  Anneau  réfléchi,  épais,  étroit, 
blanc.  Automne,  dans  les  gazons,  le  bord  des  bois. 

Ne  se  mange  pas. 


SIXIÈME   SOUS-GENRE,    PRATELLA  1  1  1 

Champignon  à  chapeau  tenace,  glabre.  Voile  adhérent  à  sa 
marge  sous  forme  de  franges.  Spores  brunes. 

Agaric  fasciculaire,  A  g.  fascicularis,  planche  XXI,  fig.  96. 
Krombh.,   t.  44,   f.  4,  5;  Sowerb.,  t.  225;  Hussey.,  II,  t.  45;  FI.  dan., 
t.  2075;  Fr.,  Epie.,  p.  291. 

Chapeau  très  peu  charnu,  un  peu  mamelonné,  glabre,  d'une 
couleur  variant  entre  le  jaune  roux  et  le  jaune  sulfureux  ;  la  marge 
est  ornée  de  franges  allant  du  jaune  au  vert.  Lamelles  serrées, 
linéaires,  adnées,  jaunes,  vertes  ou  noirâtres.  Pédicelle  fistuleux, 
grêle,  flexueux,  jaune  pâle,  la  chair  de  ce  Champignon  est  jau- 
nâtre, d'une  saveur  nauséeuse  et  amère.  On  le  rencontre  toute 
l'année,  en  touffes  serrées,  sur  les  vieilles  souches  et  dans  tous  les 
bois.  —  Vénéneux. 

Agaric  de  De  Candolle,  Ag.  Candoleanus,  planche  XXI,  fig.  98. 
A.  appendiculatus,  Schuni.;  Berkl.,  Outl.,  p.   170;   Seyn.,  Montp.,  p.  81  ; 
Fr.,  Epie,  p.  295;  Kickx.,  p.  175. 

Chapeau  peu  charnu,  campanule,  puis  convexe,  un  peu  plan, 
large  de  5  à  8  centimètres,  d'une  couleur  brunâtre,  le  milieu  blanc, 
un  peu  rougeâtre,  lisse;  chair  mince,  blanche.  Lamelles  arron- 
dies, séparables,  serrées,  violacées  ou  brunes,  arête  blanche.  Pédi- 
celle long,  flbrilleux,  strié  au  sommet,  blanc  ;  le  voile  blanc  est 
suspendu  à  la  marge  du  chapeau.  Spores  ovales,  brunes.  Été  et 
automne,  en  touffes  dans  les  jardins,  les  bois.  Ne  se  mange  pas. 

Agaric  pilulilbrme,  Ag.  pilulaeformis,  planche  XXIII,  fig.  1 15. 
DC,  FI.  Fr.,  IL,  p.  211;  Bull.,  t.  112;  Fr.,  Epie.,?.  296. 

Chapeau  ténu,  ovale  campanule,  glabre,  d'une  couleur  blan- 
châtre, jaunâtre  ou  grisâtre.  Lamelles  adnées,  d'un  blanc  cendré, 
Pédicelle  fragile,  fistuleux,  courbe,  glabre,  blanc.  Ce  petit  Cham- 
pignon a  l'aspect  des  Coprins.  Vient  du  printemps  à  l'automne,  sur 
les  troncs,  les  souches,  parmi  la  mousse  et  même  la  pierre 
moussue.  Ne  se  mange  pas. 

Agaric  pyrotrique,  Ag.  pyrotrichu'*,  planche  XXX,  fig.  156. 

A.  lacrymabundus,  Bull.,  t.  525,  f.  3;  Krombh.,  t.  42,  f.  12,  16;  A.  rnacrou- 
rus,  Abbild.,  Schw.,  3,  A.;  A.  ignescens,  Laach.,  n.  588;  Holnisk.,  ot.  II, 
t.  35;  Fr.,  Epie., -p.  293. 

Chapeau  peu  charnu,  convexe,  obtus,  légèrement  poilu,  un  peu 


112  DESCRIPTION    DES    ESPÈCES 

écailleux,  d'une  couleur  fauve  doré,  large  de  6  à  10  centimètres; 
chair  blanchâtre,  fauve.  Lamelles  adnées,  assez  serrées,  blan- 
châtres, puis  brunes,  avec  l'arête  blanchâtre,  larmoyante  par  l'hu- 
midité. Pédicelle  creux,  un  peu  épaissi  à  la  base,  blanchâtre,  puis 
brunâtre,  muni  d'une  cortine  distincte  blanche,  en  forme  de  frange. 
Eté,  automne,  en  touffes,  près  des  vieilles  souches,  dans  les  bois. 
Ne  se  mange  pas. 

Agaric  toisonné,  Ag.  velutinus,  planche  XXX,  fig.  157. 
Pers.,  Syn.,  p.  409;  Berkl.,  Ou//.,  p.  170,  t.  11,  f.  2;  A.  lacrimabundus, 
Sow.,  t.  41  ;  Fr.,  Epie,  p.  293. 

Chapeau  peu  charnu,  ouvert,  un  peu  mamelonné,  large  de  5  à 
8  centimètres,  d'une  couleur  jaune  fauve,  puis  isabelle,  couvert  de 
petites  fibrilles;  chair  mince,  cassante.  Lamelles  peu  adnées, 
libres,  séparables,  peu  serrées,  d'une  couleur  brunâtre,  ponctuées 
de  noir.  Pédicelle  creux,  assez  épais,  cylindrique,  soyeux, 
muni  d'un  voile  d'une  couleur  grise.  Été  et  automne,  dans  les 
jardins,  dans  les  chemins,  au  pied  des  arbres. 

Ne  se  mange  pas. 

Agaric  à  lames  olivâtres,  Ag.  elaeodes,  planche  XXX,  fig.  159. 
Paul,  t.  108  :  Secr.,  n.  337,  B.  G.;  Bull.,  t.  30;  Labr.,  t.  10,  f.  2;  Kickx., 
p.  175;  FT.,Epic,  291. 

Chapeau  peu  charnu,  ouvert,  obtus,  glabre,  mou,  ruguleux, 
couleur  jaune  fauve.  Lamelles  sinuces,  arrondies,  serrées,  sèches, 
fragiles,  d'une  couleur  olive,  passant  rapidement  au  vert-de-gris. 
Pédicelle  fîstuleux,  flbrilleux,  de  la  couleur  du  chapeau,  finement 
poudré  au  sommet.  Été  et  automne,  en  bouquets,  sur  les  souches. 
—  Vénéneux. 

Champignons  à  chapeau  glabre,  marge  incurvée,  voile  nul. 
Lamelles  adnées.  Pédicelle  presque  cartilagineux.  Terrestre. 

Agaric  des  bruyères,  Ag.  erieseus,  planche  XIX,  fig.  86. 
Pers.,  Syn.,  p.  413;  Berkl.  etBr.,  n.  149;  Fr.,  Epie,  p.  298;  A.  clivula- 
rum,  Letell.,  t.  676. 

Chapeau  peu  charnu,  convexe,  obtus,  d'un  brun  pourpre,  marge 
un  peu  striée.  Lamelles  triangulaires,  planes,  d'une  couleur 
pourpre  ou  fuligineuse.  Pédicelle  grêle,  fîstuleux,  égal,  sub-fibril- 
leux,  puis  glabre,  d'un  brun  pâle,  un  peu  pruineux  au  sommet. 


SIXIÈME   SOUS-GENRE,     PRA.TELLA  113 

Très  commun  du  printemps  à  l'automne.  Dans  les  champs,  les 
bois.  —  Comestible. 

Agaric  physaloïde,  Ag.  physaloides,  planche  XX,  fig.  90. 

Secr.,  n.  971  ;  Bull.,  t.  366,  f.  1  ;  Lasch.,  n.  446,  Y.;  Fi\,  Epie,  p.  300. 

Chapeau  peu  charnu,  un  peu  campanule  ou  aplani,  avec  un  petit 
mamelon  saillant,  sa  pellicule  est  un  peu  visqueuse,  brun  pourpre, 
brillant,  large  de  1  à  2  centimètres.  Lamelles  presque  décur- 
rentes,  serrées,  pâles,  et  enfin  d'un  brun  foncé.  Pédicelle  fistuleux, 
filiforme,  flexible,  pâle  et  brun  à  la  base.  Spores  ovales,  violet 
pâle.  Été  et  automne,  dans  les  chemins,  dans  les  gazons,  les 
forêts.  Ne  se  mange  pas. 

Agaric  appendiculé,  Ag.  appendiculatus,  planche  XXX,  fig.  158. 
A.  stipatus,  Pers.,  Syn.,  p.  423;  Berkl.,  Outl.,  t.  11,  fig.  3;  Kickx.,  p.  176; 
Bull.,  t.  392;  Sowerb.,  p.  324  ;  Fr.,  Epie,  p.  296. 

Chapeau  convexe  campanule,  peu  charnu,  obtus,  sec,  lisse, 
d'une  couleur  fauve  livide,  puis  blanc,  fragile.  Lamelles  sub- 
adnées,  d'un  violet  pâle,  blanchâtres  sur  les  bords  du  chapeau,  et 
un  peu  ventrues.  Pédicelle  blanc,  fistuleux,  raide,  fragile,  de  4  à 
8  centimètres,  à  tégument  frangé,  et  dont  il  reste  des  lambeaux  au 
rebord  du  chapeau.  Été  et  automne,  dans  les  jardins,  dans  les 
bois.  Ne  se  mange  pas. 

Champignon  à  chapeau  sub-membraneux,  conique  ou  campa- 
nule, à  marge  droite.  Anneau  fibrilleux  ou  nul.  Lamelles  brunes 
ou  purpurines.  Spores  purpurines. 

Agaric  à  pied  flexueux,  Ag.  gyroflexus,  planche  XXIII,  fig.  118. 
A.  palescens,  Schœff.,  t.  211;  A.  digitaliformis,  Bull.,  t.  22;  Fr.,  Epie, 
p.  305;  Quel.    p.  118. 

Chapeau  très  clair,  strié,  à  marge  striée,  orné  de  fibrilles 
soyeuses  blanches,  d'une  couleur  brun  clair.  Lamelles  larges, 
adnées,  pâles  ou  grises.  Pédicelle  blanc,  fragile,  onduleux, 
recourbé,  strié,  pulvérulent  au  sommet,  tomenteux  à  sa  base.  Été, 
automne,  sur  les  vieux  troncs,  dans  les  jardins  et  dans  les  bois. 

Ne  se  mange  pas. 


114  DESCRIPTION    DES    ESPÈCES 


7»  SOUS-GENRE,    COPRINUS 


Champignons  à  chapeau  membraneux  ou  à  peine  charnu, 
fugace,  absence  de  volva.  Lamelles  minces,  noires,  se  liquéfiant 
en  une  eau  noirâtre.  Pédicelle  nu  ou  pourvu  d'un  collier,  presque 
toujours  fugace,  blanc,  aranéeux  et  fistuleux.  Ces  Champignons  ont 
une  existence  éphémère,  presque  tous  croissent  sur  le  fumier  ou 
les  terrains  riches  en  engrais. 

Agaric  entassé,  Ag.  congregatus,  planche  XXIII,  fig.  114. 

DC,  FI.  F/-.,  II,  p.  151  ;  Bull.,  t.  94;  Fi\;  Epie,  p.  328;  Quel.,  p.  240. 

Chapeau  membraneux,  cylindrique,  après  conique,  large  de  3  à 
4  centimètres,  strié,  puis  fendu  sur  les  bords,  d'un  blanc  grisâtre, 
recouvert  d'un  duvet  floconneux  très  fin.  Lamelles  libres, 
linéaires,  d'un  brun  noir,  bordées  de  blanc.  Pédicelle  fistuleux, 
cylindrique,  un  peu  épaissi  à  la  base,  velouté,  grisâtre.  Spores 
noires.  Tout  l'été,  dans  les  forets,  sur  le  bord  des  chemins. 

Ne  se  mange  pas. 

Agaric  papilionacé,  Ag.  papilionaceus,  planche  XL,  fig.  209. 
Berkl.,  Oatl.,  p.  175;  Kickx.,  p.  179;  Bull.,  t.  561,  f.  2  ;  Fr.,  Epie.,  p.  311; 
Quel.,  p.  122. 

Chapeau  glabre,  peu  charnu,  hémisphérique,  sec,  blanc  ou  gris, 
crevassé  par  la  sécheresse.  Lamelles  adnées,  plus  larges  que 
longues,  planes,  tachetées  de  noir.  Pédicelle  lisse,  blanchâtre, 
pulvérulent  au  sommet.  Spores  noires.  Été,  automne,  sur  le 
fumier,  le  bord  des  chemins.  Ne  se  mange  pas. 

Agaric  pie,  Ag.  picaceus,  planche  XL,  fig.  210. 
Berkl.,  OutL,  p.  178;  Kickx.,  p.  183;  Agaricus,  Bull.,  t.  206;  Fr.,  Epie, 
p.  323. 

Chapeau  mince,  ovoïde,  puis  en  cloche  ou  bien  étalé  et 
retroussé,  large  de  5  à  8  centimètres,  couvert  d'écaillés  inégales 
et  superficielles,  caduques,  blanches,  tandis  que  le  chapeau  est 
fuligineux  noir.  Lamelles  libres,  ventrues,  noircissantes.  Pédicelle 
fragile,  fistuleux,  glabre,  blanc,  un  peu  bulbeux  à  la  base.  Été, 
automne,  bord  des  chemins,  dans  les  jardins. 

Ne  se  mange  pas. 


SEPTIÈME   SOUS-GENRE,    COPRINUS  115 

Agarie  du  terreau,  Ag.  fimi-putris,  planche  XL,  fig.  211. 

Berkl.,  Outl.,  t.  11,  f.  G;  Bull.,  t.  66;  Kickx.,  p.  179;  Fr.,  Epie,  p.  310. 

Chapeau  très  peu  charnu,  conique,  un  peu  bossu,  puis  ouvert, 
visqueux,  lisse,  d'une  couleur  cendré.  Lamelles  adnées,  ascen- 
dantes, larges,  cendrées,  en  vieillissant  deviennent  noires.  Pédi- 
celle  fistuleux,  plus  long  que  le  chapeau,  cylindrique,  grisâtre, 
il  est  marqué  un  peu  au-dessus  du  milieu  d'une  zone.  Été, 
automne,  sur  le  bord  des  chemins,  sur  le  fumier. 

Ne  se  mange  pas. 

Agaric  déliquescent,  Ag.  deliquescens,  planche  XL,  fig.  212. 
Berkl.,  Oull.,  p.  180;  Kickx.,  p.  186;  Ag.,  Bull.,  t.  558,  f.  1;  Fr.,  Epie, 
p.  327. 

Chapeau  membraneux,  strié,  hémisphérique,  puis  campanuli- 
forme,  allongé.  Lamelles  libres,  linéaires,  d'une  couleur  fuligi- 
neuse, claires,  puis  noires,  à  marges  blanches.  Pédicelle  fistuleux, 
cylindrique,  presque  égal,  glabre,  un  peu  marbré  de  jaune.  Été, 
automne,  en  groupes,  dans  les  prés,  les  jardins. 

Ne  se  mange  pas,  mais  n'est  pas  vénéneux. 

Agaric  micacé,  Ag.  micaceus,  planche  XL,  fig.  213. 
Berkl.,  Outl.,  p.  179;  Kickx.,  p.  185;  Agarieus,  Bull.,  t.  246;  A.lignorum, 
Scop.,  Schœff.;  Fr.,  Epie.,  p.  325. 

Chapeau  membraneux,  sillonné,  ovale  campanule,  d'une  cou- 
leur jaune  fauve  ou  ferrugineux,  parsemé  de  granules  brillantes, 
fugaces,  déchirées  sur  les  bords  et  relevées  en  dessus.  Lamelles 
libres,  luisantes,  lancéolées,  d'abord  rose  cendré,  puis  noires. 
Pédicelle  fistuleux,  cylindrique,  lisse,  soyeux,  "nu,  blanchâtre, 
égal.  Été,  automne,  dans  les  jardins,  bords  des  chemins,  en 
groupes.  Ne  se  mange  pas. 

Agaric  chevelu,  Ag.  comatus,  planche  XLI,  fig.  214. 

Kroinbh.,  t.  30,  fig.  15,  21;  A.  porcellanus,  Schœff.,  t.  46,  47;  A.  typhoï- 
des, Bull.,  t.  582,  f.  2;  Berkl.,  Outl.,  p.  177;  A.  fimelarius,  Boit.,  t.  44; 
A.  cylindricus,  Sowerb.,  t.  189;  Fr.,  Epie,  p.  320. 

Chapeau  peu  charnu,  ovale,  puis  ouvert,  couvert  de  larges 
écailles  filamenteuses,  blanc,  strié,  rose,  puis  noir;  marge  sou- 
vent inégale.  Lamelles  libres,  écartées  du  pédicelle,  passant  par 
le  blanc,  le  rose  et  le  noir.  Pédicelle  creux,  bulbeux,  radié  à  la 


116  DESCRIPTION    DES    ESPÈCES 

base,  atténué  vers  le  haut,  allongé,  brillant,  blanc  ou  rosâtre, 
muni  d'un  anneau  mobile,  mince,,  blanc.  Eté,  automne,  sur  le 
bord  des  chemins,  les  gazons.  —  Comestible. 

Agaric  à  encre,  Ag.  atramentarius,  planche  XLI,  fig.  215. 
Bull.,  t.  164;  Berkl.,  Outl.,  t.  12,  f.  1;  A.  plicatus,  Pers.,  Syn.,  p.  396; 
Kickx.,  p.  182;  Fr.,  Epie.,  p.  322. 

Chapeau  peu  charnu,  ovale,  obtus,  mou  au  toucher,  finement 
écailleux,  anguleux,  d'une  couleur  grisâtre  ou  livide,  à  marge  très 
inégale.  Lamelles  libres,  très  ventrues,  à  arête  floconneuse, 
blanchâtres,  puis  noirâtres.  Pédicelle  lisse  et  longuement  atténué 
au  sommet,  anguleux,  zone  en  dedans,  renflé  et  annulé  en  bas. 
Eté  et  automne,  dans  les  jardins,  sur  le  bord  des  chemins.  — 
Comestible. 

Agaric  fimetaire,  Ag.  fimetarius,  planche  XLI,  fîg.  216. 

Ag.  cinereus.  Bull.,  t.  88;  Berkl.,  Outl.,  p.  179;  Pers.,  Syn.,  p.  398;  Seyn., 
Montp.,  p.  71;  Kickx.,  p.  183;  Hoffm.,  IC,  t.  9,  f.  2;  Fr.,  Epie,  p.  324; 
Boit.,  t.  20. 

Chapeau  membraneux,  en  massue,  puis  conique,  fendillé  et 
retroussé,  d'une  couleur  cendré  pâle  ou  fauve,  souvent  poilu  ou 
nu  et  sillonné,  le  sommet  restant  lisse.  Lamelles  libres,  linéaires, 
blanches,  passant  par  le  rose  et  devenant  noires.  Pédicelle  plein, 
un  peu  épais  à  la  base,  écailleux,  blanc,  quelquefois  pourvu 
d'une  longue  racine.  Spores  ovales,  d'un  brun  noir.  Eté,  automne, 
dans  les  champs,  sur  les  fumiers. 

Odeur  très  agréable.  —  Comestible. 

Agaric  stercoré,  Ag.  stercoriarus,  planche  XLI,  fîg.  217. 
Kickx.,  p.  187;  Scop.  427;  Fr.,  Epie,  p.  330. 

Chapeau  ovoïde  campanule,  strié,  couvert  d'un  léger  duvet 
blanc  et  micacé.  Lamelles  adnées,  ventrues,  atténuées  en  arrière, 
noires.  Pédicelle  ovale,  bulbeux,  puis  atténué  en  haut,  pruineux, 
blanc  et  allongé.  Été,  automne,  sur  le  bord  des  chemins. 

Ne  se  mange  pas. 

Agaric  momentané,  Ag.  momentaneus,  planche  XLII,  fig.  218. 
Lév.,BulL,  t.  128. 

Chapeau  glabre,  campanule,  étalé,  fendu,  strié,  cendré  rou- 
geâtre,  à  disque  roux.  Lamelles  lancéolées,  distantes,  pâles,  bru- 


SEPTIÈME   SOUS-GENRE,    COPRINUS  1  1  / 

nâtres  ou  d'un  brun  noir.  Pédicelle  nu,  long,  très  grêle,  glabre, 
égal,  creux.  Cette  espèce  ne  dure  que  quelques  heures  à  partir  de 
son  développement.  De  mai  à  octobre,  dans  les  jardins,  sur  les 
fumiers,  bords  des  chemins.  Ne  se  mange  pas. 

Agaric  éteignoir,  Ag.  extinctorius,  planche  XLII,  fig.  219. 
Berkl.,  Outl.,  p.  178;  Kickx.,  p.  183;  Agaricus,  Bull.,  t.  437,  f.  1  ;  Paul, 
t.  124,  f.  7;  Fr.,  Epie,  p.  324. 

Chapeau  en  massue,  puis  en  cloche,  assez  membraneux,  fine- 
ment strié  du  sommet  aux  bords,  blanc,  muni  de  fines  écailles 
caduques  retroussées,  blanches,  ou  d'un  gris  fauve,  souvent  fen- 
dillées. Lamelles  libres,  larges,  lancéolées,  d'abord  blanches, 
passant  ensuite  au  brun  noir.  Pédicelle  ferme,  farineux  ou  écail- 
leux,  blanc,  atténué  en  haut,  renflé  à  la  base.  Spores  aiguës  aux 
deux  extrémités.  Printemps,  sur  les  vieilles  souches,  endroits 
frais.  Ne  se  mange  pas. 

Agaric  drapé,  Ag.  tomentosus,  planche  XLII,  fig.  220. 
Berkl.,   Outl.,  p.  179;  Agaricus,  Bull.,  t.  138;   Seyn., -Monlp.,  p.   171; 
Mich.,  t.  80,  f.  5;  Quel.,  p.  240;  Fr.,  Epie,  p.  325. 

Chapeau  cylindrique,  puis  conique,  large  de  3  à  4  centimètres, 
strié,  puis  fendu  sur  les  bords,  d'un  blanc  grisâtre,  parsemé  d'un 
duvet  floconneux  très  fin.  Lamelles  libres,  linéaires,  d'un  brun 
noir,  avec  une  bordure  blanche.  Pédicelle  fistuleux,  cylindrique, 
un  peu  épais  à  la  base,  grisâtre  ou  velouté  de  gris.  Tout  l'été,  sur 
les  bords  des  chemins,  dans  les  bois.  Ne  se  mange  pas. 

Agaric  chancelant,  Ag.  titubans,  planche  XLII,  fig.  221. 
DC,  FI.  Fr.,  II,  p.  151  ;  Ag.,  Bull.,  t.  94;  Fr.,  Epie,  p.  328. 

Chapeau  membraneux,  cylindrique,  campanule,  glabre,  ocracé. 
Lamelles  linéaires,  adnées,  blanches,  puis  noires.  Pédicelle  fistu- 
leux,  grêle,  glabre,  blanc.  Été,  automne,  sur  le  bord  des  chemins, 
dans  les  endroits  humides.  Ne  se  mange  pas. 

Agaric  stercoré,  Ag.  stercorarius,  planche  XLII,  fig.  222. 
Kickx.,  p.  187;  Bull.,  t.  542,  f.  M.;  Scop.,  p.  427;  Fr.,  Epie,  p.  330. 

Chapeau  ovoïde,  puis  campanule,  large  de  2  à  3  centimètres, 
strié,  couvert  d'un  duvet  blanc  et  micacé.  Lamelles  atténuées  en 
arrière,  ventrues,  noires.  Pédicelle  atténué  en  haut,  ovaie,  un  peu 


118  DESCRIPTION   DES   ESPÈCES 

bulbeux  à  la  base,  blanc.  Été,  bords  des  chemins. 
Ne  se  mange  pas. 

Agaric  disséminé,  Ag.  disseminatus,  planche  XLII,  fig.  223. 
Paul,  t.  123,  f.  6;  Pers.,  Syn.,  p.  403,  Schaeff.,  t.   308;  Quel.,  t.  8,  f.  5; 
Fr.,  Epie.,  p.  316. 

Chapeau  campanule,  ténu,  glabre,  sillonné,  d'abord  blanchâtre, 
puis  gris.  Lamelles  adnées,  larges,  blanc  cendré,  puis  noirâtres. 
Pédicelle  fragile,  fistuleux,  courbe,  furfuracé,  puis  glabre,  blanc. 
Vient  du  printemps  à  l'automne,  au  pied  des  arbres  morls,  sur  les 
souches.  Ne  se  mange  pas. 

Agaric  éphémère,  Ag.  ephemereus,  planche  XLII,  fig.  224. 

Berkl.,  OutL,  p.  181  :  Bull.,  t.  128;  FI.  Dan.,  t.  832,  f.  2;  Weinm.,  p.  280; 
Fr.,  Epie,  p.  331. 

Chapeau  ovale  en  massue,  puis  ouvert  étalé,  très  tendre,  radié, 
sillonné,  légèrement  furfuracé;  le  centre  du  chapeau  est  un  peu 
rougeâtre.  Lamelles  adnées,  linéaires,  d'abord  blanches,  brunes, 
et  enfin  noires.  Pédicelle  tendre,  fistuleux,  égal,  glabre,  blan- 
châtre. Printemps,  été,  dans  les  jardins,  sur  le  bord  des  chemins. 
Ne  se  mange  pas. 

Agaric  cendré,  Ag.  cinereus,  planche  XLII,  fig.  225. 

Schseff.,  t.  100;  FI.  Dan.,  t.  1195;  Pers.,  Syn.,  p.  398;  Fr.,  Epie,  p.  324. 

Chapeau  d'abord  ovoïde,  puis  conique,  enfin  étalé,  large  de  6  à 
42  centimètres,  déchiré  et  recourbé  sur  les  bords,  sillonné,  tomen- 
teux,  cendré,  lisse  au  sommet,  d'un  blanc  livide.  Lamelles  linéai- 
res, ponctuées,  un  peu  flexueuses,  adnées.  Pédicelle  long,  blanc, 
légèrement  tomenteux,  écailleux.  Été,  automne,  sur  le  fumier,  la 
terre,  les  vieilles  souches.  —  Comestible. 

Agaric  pliant,  Ag.  plicatilis,  planche  XLII,  fig.  326. 

Berkl.,  Ont/.,  p.  181  ;  Kickx.,  p.  189;  A.  strialus,  Bull.,  t.  352;  Pers.,  Syn., 
p.  404;  Fr.,  Epie,  p.  331;  Quel.,  p.  130. 

Chapeau  d'abord  ovale  ou  cylindrique,  campanule,  puis  ouvert, 
très  tendre,  plissé  et  sillonné,  large  de  3  centimètres,  glabre, 
brun,  puis  blanc  cendré,  à  disque  large,  lisse,  puis  déprimé  et 
plus  foncé  en  roux.  Lamelles  adnées,  espacées,  cendrées,  noires. 
Pédicelle  grêle,  cylindrique,  fistuleux,  lisse,  glabre,  pâle.  Prin- 
temps, été,  automne,  dans  les  prés,  sur  le  bord  des  chemins,  en 
groupes.  Ne  se  mange  pas. 


HUITIÈME  SOUS-GENRE,    CORTINARIA  1  1  9 

Agaric  sans  chair,   Ag.  spectrum,  planche  XLII,  fig.  227. 
Ed.  I.,  p.  253;  Jungh.  in.Linn.,  V.,  t.  6,  f.  10;  Fr.,  Epie,  p.  331  ;  Quel., 
p.  131. 

Chapeau  campanule,  sillonné,  glabre,  cendré  ctpellucide,  large 
de  S  à  8  millimètres.  Lamelles  adnées,  espacées,  intercalées  de 
plus  courtes,  blanchâtres,  puis  noires.  Pédicelle  très  délicat,  déli- 
quescent et  fugace,  filiforme,  blanchâtre.  Une  partie  de  l'année 
sur  les  détritus.  Ne  se  mange  pas. 

Agaric  radié,  Ag.  radiatus,  planche  XLII,  fig.  228. 
Kickx.,  p.  187;  Agaricus,  Boit.,  t.  39,  f.  G.;  Bull.,  t.  542,  f.  4;  Fr.,  Epie, 
p.  330;  Quel.,  p.  128. 

Chapeau  très  ténu,  en  massue,  puis  ouvert,  aplani,  radié,  strié, 
large  de  4  à  10  millimètres,  grisâtre,  couvert  d'écaillés  soyeuses 
très  caduques.  Lamelles  libres,  espacées,  pâles,  puis  noires.  Pédi- 
celle filiforme,  hyalin,  tapissé  de  fines  soies  à  la  base.  Prin- 
temps, été,  automne,  sur  le  crottin  de  cheval,  la  bouse,  etc. 

Ne  se  mange  pas. 

Agaric  faux  éphémère,  Ag.  ephemeroides,  planche  XLII,  fig.  229. 
Bull.,  Agaricus,  t.  582;  Lapp.,  p.  226;  Fr.,  Epie,  p.  328;  Quel.,  p.    127. 

Chapeau  cylindrique,  puis  ouvert,  grisâtre,  puis  livide,  couvert 
d'écaillés  floconneuses,  plissées,  sillonnées  et  retroussées,  très 
délicat.  Lamelles  écartées,  très  tendres,  hyalines,  puis  noires. 
Pédicelle  glabre,  renflé  en  bulbilles  à  la  base,  contient  un  fil  libre 
dans  son  tube,  muni  d'un  anneau  très  mince  et  mobile.  Endroits 
humides,  été,  automne.  Ne  se  mange  pas. 


8"  SOUS-GENRE,   CORTINARIA 

Les  Cortinaires  ont  comme  caractères:  Un  chapeau  le  plus  sou- 
vent charnu,  convexe-plan  ;  les  lamelles,  émarginées  ou  sinuées 
à  leur  extrémité  interne,  se  décolorent  en  se  desséchant,  devien- 
nent à  la  fin  couleur  cannelle  et  pulvérulentes,  mais  ne  noircissent 
pas,  sont  recouvertes  dans  leur  jeune  âge  d'un  voile  aranéeux;  le 
pédicelle  est  souvent  bulbeux,  entouré  d'une  cortine  ou  anneau 
filamenteux,  souvent  descendant. 

Aucune  espèce  de  Cortinaire  n'est  vénéneuse. 


120  DESCRIPTION    DES    ESPECES 

Agaric  sablé,  Cort.  arenatus,  planche  XVII,  fîg.  73. 
Berkl.,  Outl.,^.  188;  A.  psammocephalus,  Bull.,  t.  586;  Agaricus,  Pers., 
Syn.,  p.  293;  Hussey,  I,  t.  72;  Fr.,  Epie.,  p.  365. 

Chapeau  épais,  mamelonné,  blanc  grisâtre,  couvert  de  poils 
écailleux  gris,  large  de  8  à  12  centimètres.  Lamelles  émarginées, 
pressées,  d'une  couleur  violet  cannelle.  Pédicelle  à  écailles  trans- 
versales, noirâtre,  lisse  au  sommet,  à  anneau  violet.  D'août  à 
octobre,  dans  les  bois,  au  pied  des  arbres.  —  Comestible. 

Agaric  couleur  d'airain,  Cort.  tabularis,  planche  XVII,  fig.  74. 
Berkl.,  Ouf/.,  p.  189;  Kickx.,  p.  192;  Bull.,  t.  431,  f.  5;  A.  ochroleucus, 
Pers.,  Syn.,  p.  295;  Fr.,  Epie,  p.  360. 

Chapeau  charnu,  convexe-plan,  finement  soyeux,  lisse,  pâle,  un 
peu  argileux.  Lamelles  émarginées,  planes,  assez  larges,  fragiles, 
d'une  couleur  ambré,  puis  cannelle.  Pédicelle  plein,  élastique, 
allongé,  villeux,  puis  fibrilleux,  argileux  au-dessous  de  la  cortine. 
Eté  et  automne,  dans  les  bois.  —  Comestible. 

Agaric  lustré,  Cort.  lustratus,  planche  XX,  fig.  93. 
Ed.,  I,  p.  258;  Fr.,  Epie,  p.  337. 

Chapeau  charnu,  plan-convexe,  glabre,  un  peu  visqueux,  à 
marge  fibrilleuse,  lavé  de  blanc.  Lamelles  arrondies,  émarginées, 
épaisses,  larges,  blanches,  puis  pâlissant.  Pédicelle  plein,  élégam- 
ment bulbeux,  strié.  Cortine  blanche,  se  continuant  avec  la  zone 
supérieure,  Été,  automne.  —  Comestible. 

Agaric  à  collier  aranéeux,  Cort.  arachnostreptus,  planche  XXIV, 
fig.  128. 
Lett.,  f.  617;  Fr.,  Epie,  p.  376. 

Chapeau  conico-convexe,  d'un  gris  fauve  ou  couleur  de  cuir, 
pâlissant  par  le  sec  et  un  peu  soyeux;  chair  très  ténue,  concolore. 
Lamelles  adnées,  un  peu  espacées,  minces,  rouillées.  Pédicelle 
subfistuleux,  un  peu  courbé,  lisse,  brun  pâle  ;  voile  peu  apparent. 
Eté,  automne,  dans  les  prés,  endroits  gramineux.  —  Comestible. 

Agaric  hydrophile,  Cort.  hydrophilus,  planche  XXXIV,  fig.  179. 
Seyn.,  Montp.,  p.  80;  A.  curvatus,  Weinm.,  p.  268;  Bull.,  t.  511;  Secr., 
n.  401;  Fr.,  Epie,  p.  333. 

Chapeau  peu  charnu,  glabre,  d'une  couleur  châtain  fauve,  pâle, 
à  bords  striés  et  sinueux,  d'une  grandeur  variant  de  2  à  8  centi- 


HUITIÈME   SOUS-GENRE,    CORTINARIA  121 

mètres.   Lamelles  atténuées,  presque  libres,  très  nombreuses, 
pressées,  d'abord  purpurines,  puis  incarnat  et  brunes.   Pédicelle 
fistuleux,  très  tendre,  glabre,  cylindrique,  blanc,  lisse,  brillant. 
De  juillet  à  novembre,  en  groupes,  après  les  pluies. 
Ne  se  mange  pas. 

Agaric  muqueux,  Cort.  collinitus,  planche  XXXV,  fig.  186. 
Berkl.,  Outl.,  p.  186;  Pers.,  Syn.,  p.  281  ;  Sow.,  t.  9;  Fr.,  Epie.,  p.  354. 

Chapeau  charnu,  convexe,  étalé,  d'une  couleur  orangé  fauve, 
couvert  d'une  couche  gélatineuse,  la  marge  est  lisse.  Lamelles 
adnées,  assez  serrées,  blanchâtres  ou  bleuâtres,  puis  couleur  can- 
nelle. Pédicelle  plein,  ferme,  cylindrique  ;  voile  floconneux,  divisé 
en  larges  écailles  concentriques,  qui  forment  souvent  près  du  som- 
met un  anneau  comme  glutineux,  d'une  couleur  blanche  et 
même  jaunâtre.  Automne,  dans  les  prés  et  les  bois. 

Comestible. 

Agaric  violacé,  Cort.  violaceus,  planche  XXXVI,  fig.  189. 
Linn.,   n.    1226;  Bull.,  t.  250  et  598,  f.  2;  Pers.,  Syn.,  p.  32;  Kickx., 
p.  191  ;  Secr.,  n.  146;  Fr.,  Epie.,]).  360. 

Chapeau  très  charnu,  convexe-plan  régulier,  d'une  largeur  de 
8  à  15  centimètres,  d'une  couleur  violet  obscur,  velouté,  puis  cre- 
vassé, un  peu  écailleux,  marge  enroulée;  chair  molle,  de  la  même 
couleur.  Lamelles  sub-adnées,  fermées,  espacées,  réunies  par  des 
veines  violettes.  Pédicelle  plein,  fort  bulbeux  à  la  base,  tomenteux, 
puis  fibrilleux,  d'une  couleur  violet  foncé,  et  violet  cendré  à  l'in- 
térieur. Cortine  laineuse  d'un  beau  violet.  Été  et  automne,  dans 
les  bois.  —  Comestible. 

Agaric  éclatant,  Cort.  jubarinus,  planche  XXXVI,  fig.  190. 
Ed.,  I,  p.  309;  A.  arçtneoso,  Bull.,  t.  431,  f.  1;  Fr.,  Epie,  p.  393;  Quel., 
p.  149. 

Chapeau  peu  charnu,  campanule,  souvent  ondulé,  puis  rélléchi, 
d'une  belle  couleur  fauve  cannelle,  luisant,  large  de  4  à  9  centi- 
mètres ;  dans  le  jeune  âge  le  chapeau  est  orné  d'un  voile  soyeux, 
puis  fibrilleux.  Lamelles  adnées,  larges,  assez  espacées,  de  la  cou- 
leur du  chapeau.  Pédicelle  plein,  puis  creux,  strié,  d'un  jaune  pâle 
en  dehors  et  à  l'intérieur,  plus  pâle  au  sommet.  Cortine  soyeuse," 
puis  fibrilleuse.  Automne,  dans  les  bois  de  pins,  à  Vincennes, 
Chantillv.  etc.  —  Compatible. 


122  DESCRIPTION    DES    ESPÈCES 

Agaric  du  chien,  Cort.  caninus,  planche  XXXVI,  fig.  191. 
Berkl.,  OutL,  p.  189;  Weinm.,  p.  153;  Fr.,  Epie,  p.  368. 

Chapeau  charnu,  convexe-plan,  un  peu  mamelonné,  large  de 
4  à  6  centimètres,  sec,  d'un  brun  pâlissant,  marge  fendillée, 
revêtue  de  fibrilles  soyeuses.  Lamelles  adnées  ou  légèrement 
émarginées,  minces,  assez  serrées,  plus  ou  moins  bleuâtres, 
purpurines.  Pédicelle  plein,  glabre,  un  peu  bulbeux,  atténué  vers 
le  haut,  blanchâtre  en  haut.  Cortine  fibrilleuse,  lâche,  lilas  pâle. 
Eté,  automne,  dans  les  bois.  —  Comestible. 

Agaric  orellan,  Cort.  orellanus,  planche  XXXVI,  fig.  192. 
Berkl.  et  Br.,  jn.  1270;  A.  calis/eus,  Lasch.,  n.  370;  A.  purpureus,  Bull., 
t.  398;  A.  conformis,  Secr.,  n.  233;  Fr.,  Epie,  p.  371. 

Chapeau  charnu,  compacte,  obtus,  conique,  tigré  maculé,  orné 
d'une  zone  écailleuse,  d'une  couleur  orangé  fauve,  marge  un 
peu  enroulée  régulièrement;  chair  ocracé.  Lamelles  serrées, 
émarginées,  assez  serrées,  d'une  couleur  orangé  puis  ocracé,  ou 
fauve  rouillé.  Pédicelle  fibrilleux,  laineux,  purpurin  et  jaunâ- 
tre en  dedans,  court.  Cortine  fibrilleuse  rougeâtre,  saveur  agréa- 
ble. Eté  et  automne,  dans  les  bois  en  groupes.  —  Comestible. 

Agaric  chapeau  rougeâtre,  Cort.  hœmatochelis,  planche  XXXVII, 
fig.  193. 

Berkl.  etBr.,  n.  1273;  Açjaricus,  Bull.,  527,  f.  1;  Paul,  t.  III;  Fr.,  Epie, 
p.  378. 

Chapeau  charnu,  campanule  et  aplani,  large  de  9  à  12  centimè- 
tres, d'une  couleur  roux  pâle  un  peu  rougeâtre;  chair  pâle  sale. 
Lamelles  adnées,  un  peu  arrondies,  espacées,  d'abord  cannelle 
pâle,  puis  rouillées.  Pédicelle  plein,  allongé,  élégamment  bulbeux, 
fibrilleux,  strié  roux  pâle;  voile  disposé  en  deux  zones  concentri- 
ques, d'une  couleur  rougeâtre.  Été  et  automne,  dans  les  bois. 
—  Comestible. 

Agaric  châtain,  Ag.  castaneus,  planche  XXXVII,  fig.  196. 
Berkl.,  Ou//.,  p.  194  ;  Agaricus,  Bull.,  t.  268  ;  Secr.,  n.  279  ;  Schœff.,  t.  229; 
Fr.,  Epie,  p.  391. 

Chapeau  mince,  coriace,  glabre,  campanule,  puis  aplani,  châ- 
tain, mamelon  plus  obscur.  Lamelles  adnées,  serrées,  minces, 
pourpre,  ou  rouillées.  Pédicelle  tenace  subfistuleux,  fibrilleux 
vers  la  cortine,  glabre,  lisse,  d'un  rouge  pâle.  Cortine  très  ténue, 
blanche.  Automne,  dans  les  bois,  en  groupes.  —  Comestible. 


HUITIÈME   SOUS-GENRE,    CORTINARIA  123 

Agaric  turbiné,  Cort.  turbinatus,  planche  XXXVII,  fig.  197. 
Berkl.,  OutL,  p,  185;  Bull.,  t.  110;  Secr.,  n.  176;  Weinm.,  n.  162;  Fr., 
Epie,  p.  346;  Quel.,  135. 

Chapeau  charnu,  convexe-plan,  orbiculaire,  lisse,  glabre,  d'une 
couleur  jaune  sale  ou  verdâtre  ;  chair  molle,  blanche.  Lamelles 
adnées,  minces,  serrées,  larges,  d'un  jaune  pâle  puis  un  peu 
rouillécs.  Pédicelle  cylindrique  d'abord  plein,  puis  creux,  jau- 
nâtre, bulbe  sphérique,  déprimé,  marginé.  Eté  et  automne,  très 
fréquent  dans  tous  les  bois.  — Comestible. 

Agaric  cannelle,  Cort.  cinnamomeus,  planche  XXXVIII,  fig.  198. 
Linn.,n.  1205;  Berkl.,  OutL,  p.  190;  Krombh.,  t.  71,  f.  12,  15;   Letell., 
t.  018;  Weinm.,  p.  168;  Fr.,  Epie,  p.  370. 

Chapeau  convexe,  mamelonné,  cannelle,  soyeux,  couleur  varia- 
ble. Lamelles  adnées,  serrées,  larges,  minces,  brillantes,  et  aussi 
de  couleur  très  variable,  quelquefois  sanguine,  rouge  cannelle, 
safrané,  ^fauve  jaune,  ou  jaune  d'or.  Pédicelle  plein,  puis  creux, 
égal,  d'une  couleur  jaunâtre,  ainsi  que  la  cortine  ;  chair  jaunâtre. 
Automne,  commun  dans  les  bois.  —  Comestible. 

Agaric  anomal,  Cort.  anomalus,  planche  XXXVIII,  fig.  199. 
Berkl.,  Oui/.,  p.  190;  Bull.,  t.  431    f.  2;  A.  eumorp/ius,  Pers.;  Weinm., 
p.  153;  Fr.,  Epie,  p.  369;  Quel.,  p.  142. 

Chapeau  mince,  charnu,  convexe  puis  bossu,  étalé,  d'abord 
fuligineux,  rougeâtre,  puis  gris  blanc,  et  en  vieillissant  il  devient 
jaunâtre  ;  chair  blanche  par  le  temps  sec.  Lamelles  adnées,  quel- 
quefois émarginées,  décurrentes  par  une  dent,  serrées,  minces, 
plus  ou  moins  violacées,  puis  cannelle.  Pédicelle  plein  dans  le 
jeune  âge,  puis  creux,  grêle  allongé,  un  peu  atténué  et  violacé 
vers  le  haut,  blanchâtre  en  bas,  et  tomenteux,  souvent  légèrement 
écailleux.  Été,  automne,  dans  les  bois.  —  Comestible. 

Agaric  incisé,  Cort.  incisus,  planche  XXXVIII,  fig.  200. 
Berkl.  et  Br.,  n.  1272;  Kickx.,  p.  193;  Bull.,  t.  586,  f.  2;  Pers.,  Syn., 
p.  310;  Fr.,  Epie.,?.  384. 

Chapeau  peu  charnu,  conique,  campanule,  avec  un  mamelon, 
puis  ouvert,  le  mamelon  se  déprime;  marge  profondément  incisée, 
d'une  couleur  jaune  roux,  puis  fauve  par  le  sec,  luisant.  Lamelles 
adnées,  minces,  serrées,  lancéolées,  pâle,  puis  cannelle.  Pédicelle 


124  DESCRIPTION    DES    ESPÈCES 

fistuleux,  grêle,  égal,  flexueux,  flbrilleux,  tacheté  de  roux,  plus 
pâle  au  sommet.  Cortine  adhérente,  ocracé,  flbrilleuse.  Eté, 
automne,  dans  les  bois.  —  Comestible. 

Agaric  pied  grêle,  Cort.  iliopodius,  planche  XXXVIII,  fig.  201. 
Berkl.,  Outl.,  p.  193;  Bull.,  t.  586,  f.  2;  Fr.,  Epie,  p.  385. 

Chapeau  un  peu  charnu,  en  cloche,  puis  conique  allongé,  à 
mamelon  aigu,  pointu,  enfin  convexe,  et  môme  plan.  Lamelles 
soudées,  adnées,  un  peu  espacées,  ventrues,  pâle  jaunâtre,  puis 
un  peu  cannelle.  Pédicelle  cylindrique,  flbrilleux,  pâle  roux,  un 
peu  atténué  en  haut.  Cortine  flbrilleuse  persistante  dans  le  jeune 
âge,  puis  devenant  fugace.  Dans  les  bois,  en  groupes  très  varia- 
bles. Eté,  automne.  —  Comestible. 

Agaric  de  Bulliard,  Cort.  Bulliardi,  planche  XXXVIII,  fig.  203. 
Berkl.,  Outl.,  p.  187;  Quel.,  p.  141,   t.  0,  1*.  3;  Bull.,  t.  431,  f.  3;  Seyn., 
Montp.,y.  91;  Pers.,  Syti.,  p.  289;  Letell.,  t.  089;  Fr.,  Epie,  p.  363. 

Chapeau  charnu,  convexe,  large  de  b'  à  8  centimètres,  d'abord 
jaunâtre,  puis  teint  de  rouge  safrané,  ainsi  que  la  base  du  pédi- 
celle; marge  soyeuse  munie  crime  cortine  rouge  très  fugace;  chair 
jaunâtre.  Lamelles  adnées,  ocre  pâle  puis  cannelle.  Pédicelle 
plein,  blanc  au  sommet  puis  jaunâtre,  avec  des  fibrilles  rouge 
safrané,  un  peu  bulbeux  à  la  base.  Automne,  dans  les  bois.  Ce 
champignon  n'est  pas  vénéneux,  mais  très-amer. 

Agaric  de.Léveillé,  Cort.  Leveillei,  planche  XXXVIII,  fig.  202. 

Nous  avons  trouvé  ce  Champignon,  Léveillé  et  moi,  dans  pres- 
que tous  les  bois;  on  le  distingue  par  un  chapeau  charnu,  mame- 
lonné, aminci  aux  bords;  chair  pâle  ferme,  légèrement  azurée. 
Lamelles  adnées,  un  peu  arrondies,  espacées,  d'une  couleur  jaune 
fauve  geai.  Pédicelle  plein,  non  bulbeux,  en  forme  de  cintre, 
azuré  dans  toute  sa  longueur,  muni  d'une  cortine  annulaire  de  la 
couleur  du  pédicelle.  Spores  jaunes.  Automne. — Comestible. 

Agaric  pied  vêtu,  Cort.  licinipes,  planche  XXXVIII,  fig.  204. 
Bull.,  t.  000,  f.  X,  W,  t.;  Fr.,  Epie,  p.  370;  Quel.,  p.  146. 

Chapeau  charnu,  membraneux,  campanule,  aplani,  déprimé 
autour  du  mamelon,  large  de  G  à  9  centimètres,  lisse,  glabre, 
couleur  ocracé,  à  marge  profondément  incisée  ;  chair  hygrophane. 


HUITIÈME   SOUS-GENRE,    CORTINARIA  12b 

Lamelles  adnées,  très  larges  en  arrière,  d'une  couleur  cannelle, 
aqueuses.  Pédicelle  allongé,  fragile,  flexueux,  blanc  pâle,  souvent 
couvert  d'écaillés  plumeuses,  blanches,  blanc  villeux  à  la  base, 
munie  dans  le  jeune  âge  d'un  anneau  très  fugace  membraneux. 
Automne,  en  groupes  dans  les  bois.  —  Comestible. 

Agaric  irrégulier,  Cort.  irregularis,  planche  XXXVIII,  fig.  205. 
A  lucidi,  Pers.,  Syn.,  p.  299;  Fr.,  Epie,  n.  394. 

Chapeau  charnu,  largement  mamelonné,  un  peu  aminci  aux 
bords,  large  de  6  à  8  centimètres,  d"un  brun  sombre,  marqué 
d'une  zone  concentrique,  déprimé  autour  du  mamelon  ;  chair 
brune.  Lamelles  atténuées,  légèrement  arquées,  un  peu  décurren- 
tes  par  une  dent.  Pédicelle  plein,  brunâtre,  égal,  un  peu  strié, 
courbé  à  la  base.  Cortine  fugace.  Automne,  dans  les  bois.  Saveur 
amère.  N'est  pas  vénéneux.    • 

Champignon  à  chapeau  plus  ou  moins  charnu,  convexe-campa- 
nule, puis  étalé,  mamelonné;  voile  plus  ou  moins  manifeste,  corti- 
niforme,  formé  des  fibrilles  qui  couvrent  le  chapeau.  Pédicelle 
ferme,  écailleux  ou  fibrilleux.  Lamelles  blanches,  se  décolorant. 
Spores  rouillées,  brunâtres,  odorantes. 

Agaric  à  odeur  de  poire,  Ag.  piriodorus,  planche  XII,  %.  40. 
Pers.,  Sijn.,  p.  300;  Berkl.,  Ençj.  FI.,  V,  p.  9G;  Bull.,  t.  532;  Weinm., 
p.  185;  Secr.,  n.  300;  Fv.,Epic,  p.  228. 

Chapeau  charnu,  ovoïde,  campanule,  obtus,  large  de  6  à  9  cen- 
timètres, à  disque  assez  écailleux,  à  marge  recourbée,  un  peu 
lacérée,  rougeâtre  ou  fuligineuse;  chair  rougeâtre.  Lamelles 
adnées,  puis  émarginées,  serrées,  minces,  souvent  crispées,  blan- 
châtres, puis  brunâtres,  arête  blanche.  Pédicelle  mou,  fragile, 
souvent  courbé,  très  fibrilleux,  d'un  blanc  poudreux  au  sommet, 
rougeâtre  en  dedans.  Été,  automne,  dans  les  bois;  odeur  de 
violette.  —  Comestible. 

Agaric  destructeur,  Ag.  destrictus,  planche  XXXV,  fig.  182. 
A.rimoso,  Bull.,  t.  559;  Fr.,  Epie,  p.  232. 

Chapeau  charnu,  campanule,  puis  aplani,  mamelonné,  large  de 
5  à  10  centimètres,  fibrilleux,  fendillé,  puis  crevassé  et  écaillé, 
d'abord  roux,  puis  pâle.   Lamelles  adnées  en  crochets,  serrées, 


126  DESCRIPTION    DES    ESPÈCES 

minces,  blanchâtres,  puis  grises,  cannelle.  Pédicelle  plein,  assez 
grêle,  strié,  blanc  rougeâtre,  pruineux  au  sommet.  Cortine  ténue 
et  fugace.  Été,  automne,  dans  les  sentiers,  les  herbes.  —  Comes- 
tible. 

Agaric  crevassé,  Ag.  rimosus,  planche  XXXV,  fig.  184. 
Sowerb.,  t.  323;  Batsch.,  f.  107;  Krombh.,  t.  44,  f.  10,  12;  Bull.,  t.  388  ; 
Kickx.,  p.  168;  Fr.,  Epie.,  p.  232. 

Chapeau  peu  charnu,  conique,  puis  campanule,  obtus,  fendu 
en  long,  centre  lisse  ou  crevassé,  comme  tessellé,  large  de  6  à 
8  centimètres,  d'une  couleur  jaunâtre,  roussâtre  ou  brun.  Lamelles 
libres,  fortement  atténuées  en  arrière,  avec  une  arête,  sont  d'abord 
blanchâlres,  brunâtres,  et  enfin  rouillées.  Pédicelle  plein,  ferme, 
fibreux,  arrondi,  à  bulbe  marginé  à  la  base,  jaunâtre  ou  brunâtre, 
farineux  en  haut.  Cortine  fugace.  Automne,  dans  les  bois.  Donne 
des  coliques. 

Agaric  lanugineux,  Ag.  lanuginosus,  planche  XXXV,  fig.  185. 
Berkl.,  OutL,  p.  153;  A.  cervicolor,  Secr.,  n.  305;  Bull.,  t.  370;  Fr.,  Epie, 
p.  227;  A.  norridulus,  Lach.,  n.  378. 

Chapeau  peu  charnu,  convexe-plan,  mamelonné,  obtus,  large 
de  2  à  4  centimètres,  fibrilleux,  lacéré  en  fines  écailles,  et  squar- 
reux,  soyeux,  d'une  couleur  jaunâtre,  ou  roux. 

Agaric  à  tête  conique,  Ag.  conocephaleus,  planche  XXII,  fig.  101. 
Agaricus,  Bull.,  t.  563,  f.  1  ;  Ed.,  I,  p.  205;  Weinm.,  Ross.,  p.  269;  Que- 
let,  p.  235;  Fr.,  Epie.,  p.  334. 

Chapeau  membraneux,  conique,  campanule,  ocracé,  lisse,  légè- 
rement visqueux,  ridé  par  le  sec  ;  marge  striée.  Lamelles  libres, 
ventrues,  pâles,  ocracé,  puis  rouillées.  Pédicelle  fistuleux,  long, 
grêle  pâle,  luisant,  pulvérulent  et  strié  en  haut,  sub-radicant. 
Spores  ocracé.  Printemps  et  été,  dans  les  jardins  et  les  champs. 
Ne  se  mange  pas. 

Champignons  à  chapeau  généralement  conique,  puis  mame- 
lonné. A  lamelles  un  peu  adnées,  assez  serrées,  étroites,  grisâtre 
concolore.  Pédicelle  plein,  tenace,  grêle,  couvert  de  petites 
écailles  denses,  d'un  gris  brun,  roux  poudreux  au  sommet.  Été 
et  automne,  dans  les  bois. 


HUITIÈME   SOUS-GENRE,    CORTINARIA  127 

Agaric  scintillant,  Ag.  vibratilis,  planche  XXXVI,  fig.  188. 
Ed.,  I,  p.  277;  Trog.,  n.  244;  Weinm.,  p.  166;  Fr.,  Epie,  p.  358. 

Chapeau  charnu,  bossu,  large  de  4  à  6  centimètres,  glabre, 
ocracé  couleur  de  miel,  puis  jaunâtre,  fibrilleux,  soyeux  ;  chair 
jaunâtre.  Lamelles  décurrentes,  arquées,  serrées,  étroites,  jaunâ- 
tres, puis  enfin  cannelle.  Pédicelle  plein,  mou  en  dedans  ou  creux, 
en  massue  à  la  base,  souvent  courbé,  lisse,  fibrilleux,  nu  et  jau- 
nâtre. Cortine  fugace.  Été  et  automne,  dans  tous  les  bois  humides. 
—  Comestible. 

Agaric  jaune  d'oeuf,  Ag.  vitellinus,  planche  XXXVII,  fig.  194. 
Ed.,  I.  p.  234;  Kickx.,  p.  190;  Ayaricus,  Pers.,  Syn.,  p.  402;  Fr.,  Epie, 
p.  333. 

Chapeau  convexe-plan,  large  de  2  à  4  centimètres,  légèrement 
visqueux,  lisse,  d'une  couleur  jaune  d'œuf  brillant.  Lamelles 
adnées,  décurrentes,  espacées,  réunies  par  une  veine,  d'une  cou- 
leur jaune,  un  peu  glauque  sur  l'arête.  Pédicelle  atténué  à  la  base, 
mou,  fibreux,  pâle,  luisant,  jaunâtre.  Sous  les  pins,  été,  automne, 
dans  tous  les  bois  de  pins.  —  Comestible. 

Champignon  à  chapeau  mince,  ou  charnu.  Lamelles  pleines  de 
sucs  aqueux,  adnées,  décurrentes.  Pédicelle  plein,  puis  creux, 
souvent  annulaire  ou  cortiniforme;  voile  en  général  visqueux. 
Spores  blanches. 

Agaric  perroquet,  Ag.  psittacinus,  planche  XXXIV,  fig.  176. 
Hussey,  I,  t.  41;  Berkl.,  Ou//.,  p.  202;  Ayaricus,  Schajff.,  t.  301  ;  Bull., 
1. 1346,  f.  1  ;  Sow.,  t.  82;  Fr.,  Epie,  p.  420. 

Chapeau  conique,  puis  étalé,  mamelonné,  strié,  très  visqueux, 
d'une  couleur  jaune  ou  vert.  Lamelles  adnées,  ventrues,  épaisses, 
jaunes,  puis  vertes,  noircissant  quand  on  les  froisse.  Pédicelle 
fistuleux,  floconneux,  grêle,  lisse,  tenace,  verdâtre  près  du  cha- 
peau, jaunâtre  à  la  base,  recouvert  d'un  enduit  glutineux. 
Automne,  dans  les  prés,  les  pâturages.  Ne  se  mange  pas. 

Agaric  conique,  Ag.  conicus,  planche  XXXIV,  fig.  178. 
Berkl.,   Outl.,  p.  202;  Kickx.,  p.  198;  SchœfT.,  t.  2;  A.  croceus,  Bull., 
t.  50,  524,  f.  3;  Fr.,  Epie,  p.  419. 

Chapeau  mince,  conique,  pointu,  presque  lobé,  puis  étalé, 
fendu  rayonné,  humide,  visqueux,  d'un  jaune  vif,  ou  rouge,  noir- 


128  DESCRIPTION    DES    ESPÈCES 

cissant.  Lamelles  libres,  ventrues,  minces,  peu  serrées,  blanches, 
noircissant  au  toucher.  Pédicelle  cylindrique,  creux,  strié,  d'un 
jaune  sull'urin,  dans  les  prés,  les  gazons,  après  les  pluies.  Eté, 
automne.  Ne  se  mange  pas. 

Agaric  vermillon,  Ag.  miniatus,  planche  XXXIV,  fig.  180. 
Kickx.,  p.   98;  Berkl.,  Oui/.,  p.  201;  A  tricolore,  Weinin.,  p.  69;  Quel., 
t.  10,  f.  5;  Fr.,  Epie,  p.  418. 

Chapeau  convexe,  puis  ombiliqué,  lisse,  glabre,  d'une  couleur 
rouge,  puis  pâlissant,  légèrement  écailleux.  Lamelles  adnées, 
espacées,  épaisses,  jaunes  ou  orangées.  Pédicelle  presque  plein, 
égal,  rond,  grêle,  luisant,  lisse,  couleur  vermillon.  Eté,  automne, 
dans  les  herbes.  Ne  se  mange  pas. 

Agaric  blanc  olivacé,  Ag.  olivaceo-albus,  planche  XXXV,  fig.  187. 
Berkl.,  Outl.,  p.  198;  A  limacinus,  B.  Alb.  et  Schwein,  n.  514;  Secr., 
n.  62;  A  limacinus,  Schseff.,  t.  312;  Fr.,  Epie,  p.  410. 

Chapeau  glandiforme,  puis  ouvert,  mamelonné,  un  peu  déprimé 
autour  du  mamelon,  lisse,  glutineux,  d'une  couleur  brun  olive, 
un  peu  plus  pâle  sur  le  bord.  Lamelles  décurrentes,  espacées, 
larges,  simples,  réunies  par  des  veines  à  la  base,  blanches.  Pédi- 
celle allongé,  égal  ou  atténué  à  la  base,  un  peu  écailleux,  tacheté 
et  visqueux,  aranéeux  au  sommet.  Eté  et  automne,  dans  tous  les 
bois.  —  Comestible. 

Champignons  à  chapeau  déprimé;  la  marge  est  fortement 
enroulée,  à  la  fin  se  déroule  peu  à  peu.  Lamelles  décurrentes, 
distinctes,  se  séparent  du  chapeau. 

Agaric  enroulé,  Ag.  involutus.  planche  XXXIX,  fig.  206. 

Berkl.,  Outl.,  t.  12,  f.  5;  Kickx.,  p.  192;  Pers.,  Myc.  Eur.,  3,  p.  62; 
A.  lateralis,  Schseff.,  t.  72;  A.  contiguus,  Bull.,  t.  240,  576,  f.  2;  Fr.,  Epie, 
p.  403. 

Chapeau  compacte,  convexe,  puis  déprimé,  large  de  10  à 
12  centimètres,  d'une  couleur  ocracé,  légèrement  rouillé  et  luisant, 
à  marge  enroulée,  veloutée,  un  peu  tomenteuse  ;  chair  olivâtre, 
molle,  épaisse.  Lamelles  larges,  d'un  pâle  jaunâtre  se  tachant  au 
toucher,  anastomosées  près  du  pédicelle  qui  est  charnu,  plein,  nu, 
épais  en  haut,  d'une  couleur  jaunâtre.  Très  commun  dans  les 
bois,  les  prés,  le  bord  des  chemins.  Tout  l'été  et  l'automne;  saveur 
douce.  —  Comestible. 


HUITIÈME   SOUS-GENRE,    CORTINARIA  129 

Agaric  glutineux,  Ag.  glutinifer,  planche  XXXIX,  fîg.  207. 
A.  aromaticus,  Sow.,  t.  144;  A.  glutinosus,  Bull.,  t.  258,  539,  [f.  B.;  Fr., 
Epie,  p.  407. 

Chapeau  compacte,  campanule,  puis  étalé,  large  de  6  à  9  centi- 
mètres, légèrement  visqueux,  brillant  par  le  sec,  d'une  couleur 
brun  rougeâtre.  Lamelles  très  décurrentes,  espacées,  pâles,  puis 
brun  pourpre.  Pédicelle  plein,  allongé,  fîbrilleux,  un  peu  écail— 
leux,  jaunâtre,  peu  visqueux,  couleur  cannelle  en  dedans.  Cortine 
non  glutineuse,  formant  un  anneau  caduc.  Eté  et  automne,  dans 
les  bois.  Comestible. 

Agaric  des  prés,  Ag.  pratensis,  planche  XXXIX,  fîg.  208. 

Berkl.,  Oui/.,  p.  199;  Kickx.,  p.  196;  Ayaricus,  Pers.,  Syn.,  p.  304;  A. 
ficoules,  Bull.,  t.  587;  Krombh.,  t.  43,  f.  7,  10;  A.  miniatus,  Sowerb.,  t.  141; 
Fr.,  Epie.,  p.  413;  Quel.,  p.  163. 

Chapeau  à  centre  compacte,  aminci  sur  les  bords,  turbiné,  d'une 
couleur  fauve  roux,  jaunâtre,  lisse,  humide,  crevassé  par  le  temps 
sec;  ce  chapeau  de  forme  bizarre  paraît  formé  par  l'épanouisse- 
ment du  pédicelle.  Lamelles  arquées,  très  décurrentes,  très 
espacées,  fermes,  veinées  à  la  base,  d'une  couleur  blanche,  puis 
rougâtre.  Pédicelle  plein,  lisse,  atténué  à  la  base,  d'une  couleur 
jaunâtre.  Automne,  dans  les  prés,  les  gazons  ;  chair  ferme,  blan- 
che. —  Comestible  excellent. 

Agaric  ferme,  Ag.  firmus,  planche  XXXV,  fîg.  183. 

Trog.  Helv.,  n.  266;  Weinm.,  p.  157;  Bull.,  t.  96;  Fr.,  Epie,  p.  386. 

Chapeau  charnu,  obtus,  glabre,  dans  le  jeune  âge,  ce  Champi- 
gnon représente  deux  boules  blanchâtres,  appliquées  l'une  sur 
l'autre  ;  à  mesure  qu'il  se  développe,  les  bords  du  chapeau  se 
détachent  du  pédicelle,  les  fibrilles  aranéeuses  forment  un  tissu 
réticulaire  qui  reste  attaché  au  bord  du  chapeau,  comme  une 
espèce  de  collet.  D'une  couleur  ocracé  ferrugineux,  comme  le 
chapeau.  Lamelles  larges,  très  divisées,  adnées,  couleur  cannelle. 
Pédicelle  gros,  plein,  très  renflé  à  sa  base,  blanchâtre.  Cortine 
ocracé.  Sa  saveur  est  très-amère,  son  goût,  fort  désagréable;  n'est 
pas  vénéneux,  mais  ne  peut  se  manger. 


130  •  DESCRIPTION    DES    ESPÈCES 

9e  SOUS-GENRE,  LACTARIUS 

Les  Lactaires  sont  des  Champignons  à  trame  vésiculeuse  ferme, 
à  chapeau  déprimé  ou  ombiliqué,  souvent  visqueux,  à  suc  laiteux, 
blanc,  jaune  ou  rouge.  Lamelles  lactescentes,  simples,  inégales, 
adhérentes  au  pédicelle  central.  Spores  blanches  kou  jaunâtres, 
souvent  verruqueuses. 

Agaric  couleur  de  plomb,  Lact.  plumbeus,  planche  XLIII,  fig.  230. 

BerkL,  Oui/.,  p.  20b;  Kickx.,  p.  100;  Agaricus,  Bull.,  t.  282,  539,  f.  2; 
Barla.,  t.  21,1".  1,  5;  Fi\,  Epic.,y.  429;  Quel.,  p.  172;  Weinm.,  p.  48;  Secr., 
n.  438. 

Chapeau  compacte,  d'abord  conveve,  puis  en  entonnoir,  large 
de  10  à  20  centimètres,  à  surface  rude,  sec,  d'une  couleur  fuligi- 
neuse d'abord,  et  devenant  d'un  brun  noir.  Lamelles  serrées, 
d'abord  blanches,  puis  jaunâtres.  Pédicelle  plein,  égal,  un  peu 
obèse,  d'une  couleur  grise.  Eté  et  automne  dans  les  bois.  — 
Vénéneux. 

Agaric  sans  zones,  Lact.  azonites,  planche  XLIII,  fig.  231. 
Lact.  fuliginosus,  Fr.,  Epie,  p.  434;  Bull.,  t.  367,  f.  3. 

Chapeau  charnu,  spongieux,  convexe,  puis  concave,  flexueux, 
sur  les  bords,  gris  d'ambre,  sans  zones,  taché  irrégulièrement  de 
noir,  finement  velouté,  puis  nu.  Lamelles  sinuées,  puis  décur- 
rentes,  blanches  dans  le  jeune  âge,  puis  ocracé  jaune,  un  peu 
rameuses.  Pédicelle  plein,  court,  blanchâtre  ou  cendré,  aminci  à 
la  base.  Ce  Champignon  a  une  saveur  douce,  mais  acre,  une  chair 
blanche,  lait  blanc.  Eté  et  automne,  bords  des  bois,  dans  les 
herbes.  —  Comestible. 

Agaric  mouton,  Lact.  torminosus,  planche  XLIII,  fig.  232. 

Ag.,  Schœff.,  t.  12;  Bull.,  t.  529,  f.  2;  Krombh.,  t.  13,  fig.  15,  23;  Barla., 
t.  18,  f.  7,  10;  Fr.,  Epie,  p.  422;  Sowerb.,  t.  103;  Quel.,  p.  168;  Cordier, 
p.  114. 

Chapeau  charnu,  mou,  glabre,  déprimé,  zone,  briqueté  plus  ou 
moins  pâle  ou  rosé,  quelquefois  blanc,  à  bords  roulés,  barbus, 
laineux,  tiqueLé  de  petits  points  plus  foncés  ;  chair  molle,  pâle, 
lait  blanc.  Pédicelle  épais,  puis  creux,  lisse,  plus  pâle.  Eté  et 
automne,  dans  les  bois,  les  bruyères.  Donne  des  coliques. 


NEUVIÈME   SOUS-GENRE,    LACTARIUS  131 

Agaric  à  lait  jaune,  Lact.  thejogalus,  planche  XLIII,  fig.  233. 
Berkl.,  Outl.,  p.  206  ;  Kickx.,  p.  202  ;  Ayaricus,  Bull.,  t.  567,  f.  2;  Krombh., 
t.  1,  f.  23,  24;  Paul,  t.  71  ;  Fr.,  Epie.,  p.  432. 

Chapeau  charnu,  convexe,  puis  mamelonné  en  vieillissant,  et 
enfin  déprimé  et  même  ombiliqué,  large  de  4  à  7  centimètres, 
légèrement  zone,  d'une  couleur  roux  fauve,  les  zones  sont  plus 
pâles  ;  chair  blanche,  lait  sulfurin  acre.  Lamelles  adnées,  décur- 
rentes,  minces,  serrées,  jaunâtres.  Pédicelle  plein,  puis  creux, 
cylindrique,  de  la  couleur  du  chapeau.  Été,  automne,  dans  les 
bois.  —  Comestible  (Léveillé). 

Agaric  camphré,  Lact.  camphoratus,  planche  XLIII,  fig.  234. 

Berkl.,  Outl.,  p.  208;  Oudem.,  p.  30;  Quel.,  t.  11,  f.  5;  Ayaricus,  Bull., 
t.  567,  f.  1;  Barla.,  t.  20,  f.  11,  13;  Krombh.,  t.  39,  f.  21,  24;  Fr.,  Epie, 
p.  437. 

Chapeau  charnu,  convexe  ou  en  coupe,  glabre,  humide,  très 
peu  zone,  d'une  couleur  châtain,  très  roux;  chair  rougeâtre  ; 
quand  on  le  brûle,  il  répand  une  odeur  douce  de  mélilot  ;  lait 
blanc.  Lamelles  adnées,  décurrentes,  serrées,  d'une  couleur  rou- 
geâtre. Pédicelle  spongieux,  ondulé,  allongé,  de  la  couleur  du 
chapeau.  Automne,  dans  les  bois  et  les  endroits  humides,  bords 
des  mares.  —  Comestible. 

Agaric  poivré,  Lact.  piperatus,  planche  XLIV,  fig.  235. 
Linn.,  Kickx.,  p.  200;  Berkl.,  Oui/.,  p.  205;  Barla.,  t.  22,  f.  1,  5;  Paul, 
t.  68,  fig.  3,  4;  A.  acris,  Bull.,  t.  200;  Fr.,  Epie,  p.  430;  Quel.,  p.  173. 

Chapeau  compacte,  dur,  en  entonnoir,  variant  de  8  à  25  centi- 
mètres, assez  régulier,  lisse,  blanc  ;  chair  blanche,  lait  blanc. 
Lamelles  serrées,  étroites,  décurrentes,  blanches.  Pédicelle  court, 
épais,  blanc  lisse.  Ce  Champignon  possède  une  saveur  acre  très 
prononcée  et  caractéristique,  mais  qui  disparaît  par  la  cuisson. 
Eté,  automne,  dans  tous  les  bois.  —  Comestible. 

Agaric  doré,  Lact.  volemus,  planche  XLIV,  fig.  236. 

Pers.,  Syst.  myc,  I,  p.  69;  Berkl.,  Outl.,  p.  207;  Kickx.,  p.  202;  Letell., 
t.  624;  Hussey,  I,  t.  87;  Barla.,  t.  20,  f.  1,  3;  Fr.,  Epie,  p.  435;  Cordier, 
p.  116,  pi.,  26,  f.  2. 

Chapeau  charnu,  rigide,  compacte,  ferme,  convexe-plan,  pres- 
que jamais  déprimé,  large  de  8  à  10  centimètres,  d'une  couleur 
jaune  chamois,  ou  fauve  clair,  sec,  jamais  zone.  Lamelles  sub- 


132  DESCRIPTION    DES    ESPÈCES 

décurrentes,  inégales  ;  les  plus  courtes  sont  coupées  assez  brus- 
quement, d'un  blanc  pâle,  prenant  quelquefois  la  coloration  du 
chapeau.  Pédicelle  solide,  dur,  obèse,  droit  ou  courbe,  plein,  d'un 
roux  un  peu  velouté.  Ce  Champignon  atteint  souvent  20  centimè- 
tres ;  vient  dans  les  bois.  Été,  automne,  saveur  acre  qui  disparaît 
par  la  cuisson.  —  Comestible. 

Agaric  caustique,  Lact.  pyrogallus,  planche  XLV,  fig.  240. 
Berkl.,  Outl.,  p.  205;  Agaricas,  Bull.,  t.  529,  f.  1  ;  Secr.,  n.  447;  Krombh., 
t.  14,  f.  1,9;  Fr.,  Epie,  p.        ;  Quel.,  p.  171. 

Chapeau  charnu,  ferme,  glabre,  convexe-plan,  puis  déprimé, 
d'une  couleur  plombé,  livide  ou  jaunâtre,  avec  des  zones  nom- 
breuses, concentriques,  plus  foncées;  chair  granuleuse  et  lait 
blanc.  Lamelles  adnées,  décurrentes,  minces,  un  peu  espacées, 
d'une  couleur  jaune  de  cire,  puis  jaune  rouge.  Pédicelle  creux, 
souvent  atténué  en  bas,  glabre,  grisâtre.  Eté,  automne,  dans  les 
bois.  —  Vénéneux. 


10e  SOUS-GENRE,   RUSSULA 

Ces  Champignons  ont  comme  caractères,  un  chapeau  charnu, 
globuleux,  d'abord  convexe,  puis  étalé  et  même  déprimé,  le  tissu 
est  comme  globuleux.  Les  lamelles  rigides,  fragiles,  égales  ou 
fourchues,  ne  contenant  pas  de  suc  laiteux.  Le  pédicelle  est  fort, 
uni  ou  lisse,  se  confondant  avec  le  chapeau,  sans  volva.  Spores 
blanches  ou  jaunâtres,  verruqueuses. 

Agaric  alutacé,  Russ.  alutaceus,  planche  XLV,  fig.  241. 

Berkl.,  Outl.,  t.  13,  fig.  8;  Kickx.,  p.  207;  Pers.,  Syn.,  p.  445;  Quel., 
p.  189;  Secr.,  p.  484;  Krombh.,  t.  64,  f.  1,  3;  Barla.,  1. 14,  f.  1,3;  Fr.,  Epie, 
p.  453. 

Chapeau  convexe,  puis  aplani,  large  de  6  à  8  centimètres,  d'une 
couleur  sanguin  clair,  pourpre,  verdâtre  ou  fauve  ;  la  pellicule  est 
souvent  visqueuse  ;  chair  blanche.  Lamelles  libres,  très-larges, 
égales,  assez  espacées,  d'un  jaune  pâle.  Pédicelle  solide,  épais, 
cylindrique,  blanc  ou  d'un  rouge  pâle.  Printemps,  été,  automne, 
dans  les  bois;  saveur  douce,  agréable.  —  Comestible. 


DIXIEME   SOUS-GENRE,    RUSSULA  133 

Agaric  émétique,  Russ.  emeticus,  planche  XLV,  fig.  242. 
Berkl.,  Oui/.,  p.  212;   Kickx.,  p.  205;  Quel.,  p.  186;  Agaricus,  Harz., 
t.  63;  Bail.,  t.  14,  f.  4;  Fr.,  Epie.,  p.  448. 

Chapeau  aplani  ou  déprimé,  poli,  rose,  puis  sanguin,  large  de 
7  à  10  centimètres;  la  marge  est  souvent  sillonnée;  chair  blanche, 
mais  rouge  sous  la  pellicule.  Lamelles  presque  libres,  larges, 
espacées  blanches.  Pédicelle  fort,  puis  fragile,  lisse,  blanc  ou 
rouge.  L'été  clans  les  forêts,  endroits  humides,  mares;  saveur 
très  acre.  —  Vénéneux. 

Agaric  hétérophylle,  Russ.  heterophilla,  planche  XLV,  fig.  243. 
Berkl.,  OulL,  t.  13,  f.  5;  Hussey,  I,  t.  84;  Paul,  t.  75,  f.  1,  5;  A.  lividus, 
Pers.;  Fr.,  Epie,  p.  446. 

Chapeau  ferme,  convexe-plan,  puis  déprimé,  d'une  couleur 
gris  olive  ou liliacin,  quelquefois  blanchâtre  ou  fauvepâle,  souvent 
un  peu  visqueux,  la  marge  est  peu  striée.  Lamelles  minces,  assez 
serrées,  mêlées  à  de  plus  courtes,  blanches  ou  ocracé  pâle. 
Pédicelle  ferme,  cylindrique,  blanchâtre.  Spores  un  peu  jaunâ- 
tres. Sa  saveur  est  douce.  On  le  rencontre  sur  les  bords  des  bois, 
dans  les  gazons,  l'été  et  l'automne.  —  Comestible. 

Agaric  blanc  de  lait,  Russ.  galochrea,  planche  XL VI,  fig.  244. 
Bull.,  t.  509,  f.  L.  M.;  Batt.,  t.  XII,  f.  E.;  Fr.,  Epie,  p.  447. 

Chapeau  charnu,  campanule,  puis  convexe,  large  de  5  à  8  cen- 
timètres, sec,  blanc,  lisse,  pruineux,  souvent  finement  crevassé  ; 
chair  compacte  blanche.  Lamelles  assez  larges,  épaisses,  espacées, 
fourchues,  blanches.  Pédicelle  égal,  lisse,  assez  compacte,  tou- 
jours blanc.  Été,  automne,  dans  les  bois.  —  Comestible. 

Agaric  doré,  Russ.  aurata,  planche  XLVI,  fig.  245. 
A.  auranticolor,  Krombh.,  t.  66,  f.  8,  1 1  ;  Berkl.,  OulL,  p.  213;  Krapf., 
t.  5;  Schseff.,  t.  15,  f.  1,  3;  Fr.,  Epie,  p.  452. 

Chapeau  ferme,  convexe-plan,  large  de  5  à  8  centimètres, 
d'une  couleur  citrine,  plus  ou  moins  orangé,  ou  rouge  brun,  un 
peu  plus  obscur  au  centre;  marge  lisse;  chair  blanche,  un  peu 
citrine  sous  la  pellicule  du  chapeau  qui  est  quelquefois  légèrement 
visqueuse.  Lamelles  libres,  larges,  égales,  un  peu  arrondies, 
brillantes  et  blanches,  puis  jaunâtres.  Pédicelle  cylindrique,  un 
peu  strié,  souvent  spongieux,  blanc  ou  légèrement  jaune  citrin. 
Lie,  automne,  dans  les  bois.  —  Comestible. 


134  DESCRIPTION    DES    ESPÈCES 

Agaric  jaune  roux,  Russ.  ravida,  planche  XLVI,  fig.  246. 

Bull.,  t.  509,  fig.  Q;  Secret.,  n.  600;  Quel.,  p.  190;  Fr.,  Epie,  p.  554. 

Chapeau  ouvert  et  hémisphérique,  large  de  S  à  8  centimètres, 
d'une  couleur  brun  fauve,  souvent  tacheté,  assez  fragile,  marge 
un  peu  pâle,  lisse  ;  chair  grisâtre.  Lamelles  minces,  pâles,  d'une 
couleur  jaunâtre.  Pédicelle  égal,  blanchâtre  ou  taché  de  roux,  un 
peu  spongieux.  Vient  l'été  à  l'ombre,  dans  les  bois.  —  Comestible. 

Agaric  fragile,  Russ.  fragilis,  planche  XLVI,  fig.  247. 

Berkl.,  Oui!.,  p.  213;  Kickx.,  p.  206;  Agaricus,  Pers.,  Syn.,  p.  440  ; 
Krombh.,  t.  64,  f.  12,  18;  Bull.,  t.  509,  f.  T,  u.;  Corda  apud  Sturm.,  |XI, 
t.  53;  Fr.,  Epie,  p.  450. 

Chapeau  convexe,  un  peu  mamelonné,  puis  plan  et  même 
déprimé,  large  de  2  à  4  centimètres,  très-mince,  d'une  couleur 
incarnat,  taché  de  rouge,  à  marge  ténue.  Lamelles  assez  serrées, 
très  minces,  ventrues,  égales,  blanches.  Pédicelle  fragile,  blanc, 
spongieux,  creux,  quelquefois  strié.  Été  et  automne,  dans  les 
bois  ombragés,  autour  des  mares;  sa  chair  est  molle,  sa  saveur 
acre.  Il  donne  de  violentes  coliques. 

Agaric  verdoyant,  Russ.  virescens,  planche  XLVI, fig.  248. 
Hussey,  II,  t.  11  ;  Berkl.,  Outl.,  t.  13,  f.  6;  Agaricus,  Schseff.,  t.  94;  Barla, 
t.  16,  f.  10,  p.  10,  12;  Krombh.,  t.  67,  f.  1,  10  ;  Fr.,  Epie,  p.  443. 

Chapeau  sphérique,  charnu,  étalé,  sec,  blanc,  mais  tacheté  ou 
moucheté  de  vert-de-gris,  grenu,  la  marge  est  droite,  obtuse, 
lisse:  chair  blanche,  ferme.  Lamelles  libres,  serrées,  inégales, 
légèrement  fourchues,  blanchâtres.  Pédicelle  ferme,  plein,  blanc, 
devient  spongieux  avec  le  temps.  Été  et  automne,  très  commun, 
très  reconnaissable  par  ses  taches  verdâtres  sur  le  chapeau  ,  son 
odeur  douce  et  sa  saveur  agréable.  —  Comestible. 

Agaric  sanguin,  Russ.  sanguinea,  planche  XL VII,  fig.  249. 
Berkl.,  Outl.,  p.  210;  Kickx.,  p.  203  ;  Agaricus,  Bull.,  t.  42;  Secr.,  n.  505; 
Fr.,  Epie,  p.  442. 

Chapeau  ferme,  convexe,  puis  déprimé  en  entonnoir  avec  une 
bosse  au  centre,  luisant,  d'une  couleur  sanguine  un  peu  plus  pâle 
sur  les  bords,  large  de  S  à  8  centimètres;  chair  blanche.  Lamelles 
décurrentes,  serrées  et  étroites,  fragiles,  blanches.  Pédicelle  plein, 
cylindrique,  mais  comme   étranglé   au   sommet,  d'une  couleur 


DIXIÈME   SOUS-GENRE,    RUSSULA  13b 

blanche,  le  plus  souvent rougeâtre;  ce  Champignon  vient  solitaire, 
l'été  et  l'automne,  dans  les  forêts  humides,  'au  bord  des  ruis- 
seaux ;  sa  saveur  est  acre.  —  Vénéneux. 

Agaric  fétide,  Russ.  fsetens,  planche  XLVII,  fig.  250. 

Sverig.,  AU.  svamp.,  t.  40;  Berkl.,  Outl.,  p.  213;  Agaricus,  Pers.,  Syn., 
p.  443;  Krombh.,  t.  70,  f.  1,0;  A.piperatus,  Bull.,  t.  292;  Fr.,  Epie.,  p.  447; 
A.  incrassatus,  Sowerb.,  t.  415. 

Chapeau  globuleux,  rarement  étalé,  peu  charnu,  visqueux, 
d'une  couleur  ocracé  sale,  d'une  largeur  de  8  à  15  centimètres,  à 
marge  sillonnée  et  à  côtes  tuberculeuses  ;  chair  très  pâle. 
Lamelles  libres,  serrées,  blanchâtres.  Pédicelle  creux,  gros,  d'un 
blanc  plus  que  jaunâtre.  Eté,  automne,  en  cercles  dans  les  bois , 
les  prés;  ce  Champignon  exhale  une  mauvaise  odeur;  sa  saveur  est 
acre.  Il  est  vénéneux. 

Agaric  fourchu,  Russ.  furcata,  planche  XLVII,  fig.  251. 

Berkl.,  Oui/.,  p.  210;  Kickx.,  p.  204;  Agaricus,  Pers.,  S.  M.  I.,  p.  59; 
Krombh.,  t.  62,  f.  1,  2,  t.  69,  f.  18,  22;  Bull.,  t.  26;  Schaîff.,  t.  94,  t.  1  ; 
Paul,  t.  74,  f.  1  ;  Fr.,  Epie.,  p.  441. 

Chapeau  compacte,  convexe,  puis  déprimé,  ou  infundibuliforme, 
lisse,  plus  ou  moins  vert,  ou  bien  fauve;  la  marge  est  mince,  lisse; 
chair  blanche  ;  saveur  amère.  Lamelles  adnées,  décurrentes, 
épaisses,  souvent  fourchues,  blanches.  Pédicelle  ferme,  compacte, 
lisse,  blanc,  un  peu  pointu  à  la  base.  Eté,  automne,  dans  les  bois. 
—  Vénéneux. 

Agaric  cyanoxanthe,  Russ.  cyanoxanta,  planche  XLVII,  fig.  252. 

Berkl.  et  Br.,  n.  1131;  Cooke,  p.  222;  Agaricus,  Schseff.,  t.  93;  Pers., 
Syn.,  p.  445;  Krombh.,  t.  67,  f.  16,  19;  Paul,  t.  76,  f.  1,  3;  Fr.,  Epie, 
p.  446;  Secr.,  n.  520,  523. 

Chapeau  charnu,  convexe-plan,  puis  déprimé,  lisse,  variant 
extrêmement  de  couleur,  le  plus  souvent  il  est  grisâtre  olive,  légè- 
rement verdàtre,  ou  bien  blanchâtre  livide,  ou  fauve  pâle,  la 
marge  est  un  peu  striée,  un  peu  visqueuse  par  les  temps  humides  ; 
chair  blanche,  sa  saveur  est  douce.  Lamelles  étroites,  très  serrées, 
mêlées  à  de  plus  courtes,  blanches  dans  le  jeune  âge,  puis  un 
peu  jaunâtre  pâle.  Pédicelle  ferme,  cylindrique,  blanchâtre.  Dans 
les  bois,  bords  des  chemins,  dès  le  printemps  et  tout  l'été.  — 
Comestible. 


136  DESCRIPTION    DES    ESPÈCES 

Agaric  noircissant,  Russ.  nigricans,  planche  XL VII,  fig.  253. 

Hussey,  I,  t.  73;  Berkl.,  Ou//.,  p.  209;  Kickx,  p.  203;'  Agaricus,  Bull., 
t.  579,  f.  2,  t.  212;  Krombh.,  t.  70,  f.  14,  15;  A.  adustus,  Pers.;  Fr.,  Epie. 
p.  439. 

Chapeau  convexe,  puis  ombiliqué  et  déprimé,  d'une  couleur 
d'abord  blanc  grisâtre  et  enfin  noir,  lisse  quelquefois,  finement 
écaillé;  chair  ferme  blanche,  rougissant  quand  on  brise,  le  cha- 
peau, puis  prenant  sa  couleur.  Lamelles  libres,  épaisses,  espa- 
cées, inégales,  d'une  couleur  gris  et  noir  comme  le  chapeau. 
Pédicelle  entièrement  noir  en  dedans  et  en  dehors,  plein,  persis- 
tant. Eté,  automne,  abondant  dans  tous  les  bois.  N'est  pas  véné- 
neux étant  jeune,  mais  ne  se  mange  pas. 


11°  SOUS-GENRE,    PLEUROPUS 

Champignon  à  chapeau  charnu,  déprimé,  oblique,  entier  ou 
dimidié.  Lamelles  décurrentes.  Pédicelle  excentrique,  nul  ou 
latéral.  La  plupart  croissent  sur  les  bois  et  les  arbres  malades. 

Agaric  ulmaire,  Ag.  ulmarius,  planche  XXVI,  fig.  140. 
Bull.,  t.  510;  Sowerb,,  t.  07;  Pers.,  Myc.  Europ.,  3,  p.  G3,  B,  64,  66;  A. 
ursipes,  Lasch.,  n.  510;  Fr.,  Epie.,  p.  167. 

Chapeau  compacte,  plus  ou  moins  excentrique,  convexe,  puis 
plan,  lisse,  glabre,  large  de  8  à  12  centimètres,  d'une  couleur 
jaunâtre,  grisâtre,  ou  fauve  clair,  presque  toujours  marbré  de 
taches  claires,  rondes;  chair  blanche.  Lamelles  émarginées, 
larges,  libres,  horizontales,  serrées,  blanches.  Pédicelle  subex- 
centrique, courbé,  élastique,  épais  à  la  base.  Automne,  sur  les 
souches;  sa  saveur  est  acidulée.  —  Comestible. 

Agaric  marqueté,  Ag.  tessulatus,  planche  XXVI,  fig.  141. 
Bull.,  t.  513,  f.  I;  Pers.,  Myc.  Europ.,  3,  n.  65,  t.  23,  f.  2;  Fr.,  Epie 
p.  168.  ' 

Chapeau  convexe,  tenace,  oblique,  large  de  10  à  15  centimè- 
tres, d'une  couleur  ferrugineux  pâle,  marbré  de  lignes  hexago- 
nales. Lamelles  assez  épaisses,  serrées,  comme  adhérentes,  à 
peine  décurrentes,  blanches.  Pédicelle  arrondi,  ferme,  presque 
excentrique,  oblique,  inégal.  Automne,  sur  les  poutres,  les  pom- 
miers. —  Comestible. 


DEUXIÈME  GENRE,  CANTHARELLUS  137 

Agaric  oreille  de  chardon.  Ag.  eryngii,  planche  XXIX,  fig.  153. 

DC,  FI.  Fr.,  VI,  p.  47;  Paul,  t.  39;  Letell.,  t.  693  ;  Fr.,  Epie,  p.  171  ; 
Quel,,  p.  79. 

Chapeau  charnu,  tenace,  d'abord  convexe,  puis  étalé,  déprimé, 
un  peu  tomenteux,  d'une  couleur  gris,  puis  jaunâtre.  Lamelles 
décurrentes,  larges,  blanches  ou  de  la  couleur  du  chapeau.  Pédi- 
celle  excentrique,  plein,  nu,  blanchâtre,  un  peu  pointu  à  la  base. 
Eté,  automne,  sur  les  racines  mortes  du  chardon- roulant.  —  Co- 
mestible délicat. 

Agaric  ostracé,  Ag.  ostreatus,  planche  XXIX,  fig.  155. 
Jacq.,  Aust.,  t.  288  ;  Sowerb.,  t.  24 1  ;  Krombh.,  t.  41  ;  Hussey,  II,  t.  19  ; 
A.  dimidiatus,  Bull.,  t.  508;  Fr.,  Epie,  p.  173. 

Chapeau  mou,  d'abord  convexe  et  horizontal,  puis  étalé,  large 
de  8  à  12  centimètres,  lisse,  humide,  d'une  couleur  brun  cendré, 
ou  jaune,  la  pellicule  est  quelquefois  écailleuse.  Lamelles  décur- 
rentes, un  peu  anastomosées  en  arrière,  larges,  blanchâtres  ou 
légèrement  jaunâtres.  Pédicelle  souvent  nul;  quand  il  existe,  il 
est  ferme,  oblique,  hérissé  à  la  base,  épais  près  du  chapeau. 
Automne,  sur  les  souches  pourries.  —  Comestible. 

2°  GENRE,  CHANTERELLE,  CANTHARELLUS 

Champignons  à  chapeau  charnu,  membraneux,  garni  en  des- 
sous de  plis,  et  non  de  lamelles,  radiants,  rameux,  presque  paral- 
lèles, rarement  anastomosés,  obtus,  dont  l'hyménium  porte  de 
tous  côtés  des  basides  homogènes  et  solides.  Chapeau  d'une  forme 
déterminée,  horizontale  étant  adulte,  à  bord  libre  lorsqu'il  man- 
que. Spores  blanches,  généralement  au  nombre  de  sept.  Champi- 
gnons terrestres,  muscicoles  ou  lignicoles. 

Chanterelle  comestible,  Cant.  cibarius,  planche  XL VIII,  fig.  254. 

Harzer,  t.  18  ;  Krombh.,  t.  45,  f.  1,  11  ;  Ag.  cantharellus,  Linn.,  Suec, 
n.  1207;  Sowerb.,  t.  40;  Fr.,  Epie,  p.  455;  Barla,  t.  28;  Merulius,  cant., 
Scop.,  Pers. 

Chapeau  charnu,  en  toupie,  plan,  festonné,  lobé,  d'une  couleur 
jaune  d'oeuf  pâle.  Lamelles  épaisses,  rameuses,  étroites,  jaunes, 
Pédicelle  conique,  courbe,  atténué  à  la  base,  de  la  couleur  du 
chapeau .  Vient  dans  tous  les  bois,  toute  l'année  ;  chair  fibreuse  à 
odeur  fine  et  agréable.  —  Comestible. 


138  DESCRIPTION    DES    ESPÈCES 

Chanterelle  dentée,  Cant.  dentatus,  planche  XL VIII,  fig.  255. 

Chapeau  plan,  en  coupe,  d'une  couleur  fauve,  liliacin  pâle, 
lisse  ;  la  marge  est  ondulée  et  dentée.  Lamelles  en  forme  de 
nervures  de  la  couleur  du  chapeau,  plus  pâle  à  la  base.  Pédicelle 
creux,  atténué  à  la  base,  très  élégant,  plus  clair  que  le  chapeau. 
Eté,  automme,  dans  les  bois.  Ne  se  mange  pas. 

Chanterelle  orangé,  Cant.  aurantiacus,  planche  XL VIII,  fig.  256. 

Wulf.  in  Jacq.,  Coll.  II,  t.  14,  f.  3;  Berkl.,  Oull.,  t.  14,  f.  1;  A.  cantharel- 
loides,  Bull.,  t.  505;  Merulius  aurantiacus,  Pers.,  Syn.,  p.  488,  A.  M.  Eur., 
p.   12;  Fi\,  Epie,  p.  456. 

Chapeau  charnu,  souvent  excentrique  et  ondulé,  large  de  4  à 
8  centimètres,  un  peu  tomenteux,  ocracé,  orangé  ;  marge  enroulée. 
Lamelles  décurrentes  et  droites,  serrées,  orangé,  larges,  épaisses. 
Pédicelle  plein,  puis  creux,  inégal,  un  peu  recourbé,  grêle  et 
cylindrique,  de  la  couleur  du  chapeau.  Été,  automne,  dans  les 
bois;  délicat.  —  Comestible. 

Chanterelle  des  grandes  mousses,  Cant.  mucigenus,  planche  XLVIII, 
fig.  257. 

Weinrn.,  p.  291  ;  Berkl.,  Oufl.,  p.  217;  Kickx.,  p.  209  ;  Bull.,  t.  288, 
498,  f.  2;  M.  serotinus,  Pers..  M.  E.,  2,  p.  22;  Fr.,  Epie,  p.  460;  Quelet, 
p.  194. 

Chapeau  membraneux,  tenace,  en  spatule,  large  de  3  à  5  centi- 
mètres, d'une  couleur  cendré,  un  peu  zone  par  le  sec.  Lamelles 
espacées,  divergentes,  rameuses,  de  la  couleur  du  chapeau.  Pédi- 
celle très  court,  rond,  horizontal.  Fin  de  l'automne,  endroits 
ombragés,  sur  les  mousses.  — Comestible. 

Chanterelle  en  tube,  Cant.  tubseformis,  planche  XLVIII,  fig.  259. 
Berkl.,  Outl.,  p.  215;  M.  villosus,  Pers.,  IC;  A.  descr.,  t.  6,  fig.  1  ;  Batt., 
t.  23;  f.  1  ;  Fr.,  Epie,  p.  457. 

Chapeau  membraneux,  en  entonnoir,  avec  la  marge  rabattue, 
souvent  lobé,  d'une  couleur  gris  fauve  ou  jaunâtre.  Lamelles  en 
forme  de  nervures  jaune  obscur.  Pédicelle  grêle,  fistuleux,  un  peu 
comprimé,  glabre,  orangé  fauve  ;  son  odeur  est  nauséeuse.  Été, 
automne,  dans  les  bois.  Ne  se  mange  pas. 


TROISIÈME   GENRE,    MARASMIUS  130 

3°   GENRE,    MARASMIUS 

Champignons  à  chapeau  coriace,  élastique,  se  continuant  avec  le 
pédicelle.  Lamelles  espacées,  réunies  par  la  base,  arête  aiguë,  à 
bord  tranchant.  Spores  blanches.  Champignons  non-putrescents, 
et  pouvant  reprendre  leur  forme  lorsqu'ils  sont  humectés. 

Agaric  faux  mousseron,  Mar.  oreades,  planche  XII,  fîg.  44. 

Vittad.,  t.  6,  10,  f.  1  ;  Krombh.,  t.  43.  f.  11,  10;  A.  canjophillus,  Schœff., 
t.  77  ;  A.  pseudomousseron,  Bull.,  t.  144,  b28,  f.  2  ;  A.  protensis,  Sow.,  t.  247  ; 
Fr.,  Epie.,  p.  467. 

Chapeau  charnu,  convexe  puis  plan,  lisse,  glabre,  large  de  3  à 
6  centimètres,  d'une  couleur  roux  blanchâtre  ;  chair  à  saveur 
douce.  Lamelles  libres,  larges,  espacées,  d'abord  molles,  blan- 
châtres puis  un  peu  fauves.  Pédicelle  plein,  tenace,  fauve  très  pâle, 
sa  base  est  un  peu  radicante.  Dès  le  printemps,  en  cercles  dans 
les  prés,  les  champs;  odeur  très  agréable.  —  Comestible. 

La  fig.  45,  planche  XII,  le  représente  desséché  et  pouvant 
reprendre  sa  forme  lorsqu'il  est  humecté. 

Agaric  brûlant,  Mar.  urens,  planche  XIII,  fig.  54. 
Berkl.,  Outl.,  t.  14,  f.  3;  Kickx.,  p.  209;  Agaricus,  Bull.,  t.  328,  f.  1  ;  FI. 
dan.,  t.  2018,  f.  1  ;  Fr.,  Epie.,  p.  465. 

Chapeau  coriace,  mince,  gris  jaunâtre,  finement  écailleux,  à 
marge  mince,  large  de  4à8centimètres;  chair  jaunâtre.  Lamelles 
libres,  sinuées,  réunies  en  anneaux,  décollées  autour  du  pédicelle 
qui  est  fibreux,  allongé,  jaunâtre,  couvert  d'un  duvet  blanc, 
recourbé  et  cotonneux  à  la  base.  Été,  automne,  parmi  les  feuilles, 
dans  les  bois;  sa  saveur  est  acre,  brûlante;  il  est  vénéneux. 

Agaric  pied  rouge,  Mar.  erythropus,  planche  XVI,  fig.  71. 

Berkl.,  Outl.,  p.  220;  Kickx.,  p.  210;  Pers.,  Syn.,  p.  367;  Quel.,  p.  198  ; 
Fr.,  Epie,  p.  470. 

Chapeau  mince,  d'abord  convexe,  puis  plan,  d'une  couleur  roux 
ou  incarnat  pâle,  blanchissant  par  le  temps  sec.  Lamelles  sinuées, 
libres,  larges,  lâches,  réunies  par  des  veines,  blanchâtres.  Pédicelle 
tenace,  fistuleux,  brunâtre,  brillant,  blanc  et  un  peu  satiné  à  la 
base.  Été,  automne  en  groupes,  parmi  les  feuilles,  dans  les  bois. 
Ne  se  mange  pas. 


140  DESCRIPTION    DES   ESPECES 

Agaric  des  feuilles  mortes,  Mar.  epiphyllus,  planche  XXII,  fig.  106. 
Berkl.,  Outl.,  p.  224  ;  Kickx.,  p.  212;  Fr.,  Epie,  p.  479. 

Chapeau  convexe-plan,  très  ténu,  d'un  blanc  de  lait,  puis  jaune, 
et  un  peu  ombiliqué.  Lamelles  adnées,  espacées,  rameuses,  souvent 
en  forme  de  nervures,  blanches.  Pédicelle  fistuleux,  très  grêle, 
blanchâtre,  brun  en  bas.  Été,  automne.  Ne  se  mange  pas. 

Agaric  des  rameaux,  Mar.  ramealis,  planche  XXIII,  fig.  116. 
Berkl.,  Oui!.,  p.  221  ;  Kickx.,  p.  211  ;  Agaricus,  Bull.,  t.  336;  Pers.,  Myc. 
Eur.,  3,  p.  124;  Fr.,  Epie,  p.  124. 

Chapeau  peu  charnu,  plan,  déprimé,  blanc,  roux  au  centre. 
Lamelles  adnées  en  anneau,  étroites,  blanches.  Pédicelle  plein, 
souvent  recourbé,  farineux,  blanchâtre,  roux  à  la  base.  Toute 
l'année,  sur  les  branches  mortes,  dans  les  bois.  N'est  pas  vénéneux. 

Agaric  rotule,  Mar.  rotula,  planche  XXIII,  fig.  119. 
Berkl.,    Outl.,  t.   14,  f.   7;  Agaricus,  Scop.,   S.  M.,  I.,  p.  136,  C;  Syn., 
Sowerb.,  t.  95;  Bull.,  t.  64,  569,  f.  3;  Fr.,  Epie.,  p.  477  ;  Quel.,  p.  200. 

Chapeau  très  petit,  un  demi-centimètre,  un  peu  sillonné 
roussâtre,  avec  un  mamelon  brun.  Lamelles  espacées,  ventrues, 
adnées,  libres.  Pédicelle  fistuleux,  presque  filiforme,  brillant,  d'un 
pourpre  noir.  Dès  le  printemps,  sur  les  petites  branches  mortes, 
les  feuilles  en  fascicules.  Ne  se  mange  pas. 

Agaric  réuni,  Mar.  amadelphus,  planche  XXIV,  fig.  130. 
Berkl.,  Outl.,  p.   221;   Agaricus,   Bull.,  t.  550,  f.  3;  Secr.,  n.  798;%»., 
Montp.,  p.  138;  Fr.,  Epie,  p.  474. 

Chapeau  convexe-plan,  déprimé,  lisse,  d'une  couleur  fauve  clair, 
blanchissant,  strié  sur  les  bords,  plus  foncé  au  centre.  Lamelles 
adnées,  larges,  espacées,  subdécurrentes.  Pédicelle  court,  pâle,  un 
peu  farineux,  tuberculeux,  aplati  à  la  base. 

Eté  en  groupes  sur  les  branches  mortes,  dans  les  bois.  Ne  se 
mange  pas. 

Agaric  alliacé,  Mar.  alliaceus,  planche,  XLIX,  fig.  263. 
Jacq.,  Aust.,  t.  82;  Berkl.,  Outl.,   p.  223;  Paul,  t.  122,  f.  1;  Fr.,  Epie, 
p.  475;  Quel.,  p.  199. 

Chapeau  campanule,  ouvert  et  légèrement  mamelonné,  large 
de  2  à  4  centimètres,  lisse,  d'une  couleur  blanc  brunâtre,  devient 
strié  sur  les  bords.  Lamelles  un  peu  ventrues,  sèches,  d'un  blanc 


QUATRIÈME   GENRE,    LENTINUS  141 

brun,  un  peu  crispées.  Pédicelle  très  long,  flstuleux,  atténué  en 
bauL  où  les  lamelles  forment  un  anneau,  de  la  couleur  du  chapeau. 
Ce  joli  Champignon  a  une  odeur  alliacée  très  forte.  On  le  rencontre 
sur  les  feuilles  mortes,  le  bois  pourri.  L'été  et  l'automne  dans  tous 
les  bois.  —  Comestible. 

Agaric  odeur  de  ciboule,  Mar.  prasiosmus,  planche  XLIX,  fîg.  265. 
A.  alliaceus,  Scop.,  p.  454  ;  Bull.,  t.  524,  f.  1  ;  A.  porreus,  FI.  dan.,  t.  2020; 
Quelet,  p.  197;  Fr.,  Epie,  p.  468. 

Chapeau  mince,  d'abord  campanule,  puis  étalé  ;  marge  striée, 
d'une  couleur  gris  fauve.  Lamelles  étroites,  serrées,  blanches  ou 
grises.  Pédicelle  recourbé  à  la  base,  pâle,  roussâtre,  un  peu  mince 
en  haut  ;  il  adhère  aux  feuilles  par  des  fibrilles  cotonneuses;  odeur 
d'ail  persistante.  On  le  trouve  à  l'automne  en  groupes  sur  les 
feuilles  mortes. 

4°  GENRE,   LENTINUS 

Les  Champignons  de  ce  genre  ont  le  chapeau  tenace,  homogène. 
Lamelles  dentelées.  Spores  blanches,  oblongues. 

Agaric  tigré,  Lent,  tigrinus,  planche  XLIX,  fig.  266. 
Berkl.,  Oui/.,  p.  224;  Quel.,  p.  202;  Agaricus,  Bull.,  t.   70;  :Sowerb., 
t.  68;  -Weinm.,  p.  281  ;  Lasch.  in  Linn.,  III,  p.  395  ;  Fr.,  Epie,  p.  481. 

Chapeau  mince,  coriace,  convexe-plan,  ombiliqué  puis  en 
entonnoir,  d'une  couleur  ocracé,  blanchâtre,  moucheté  de  poils 
fins  brunâtres.  Lamelles  décurrentes,  étroites,  serrées,  inégales, 
dentelées,  blanches.  Pédicelle  recourbé,  pâle,  écailleux,  flocon- 
neux; dans  le  jeune  âge,  il  est  muni  au  sommet  d'un  anneau 
réfléchi  fugace.  Eté  et  automne  sur  toutes  les  souches.  —  Comes- 
tible. 

5°  GENRE,    PANUS 

Champignons  à  chapeau  charnu,  tenace,  puis  coriace.  Lamelles 
à  trame  floconneuse  et  coriace.  Spores  blanches. 

Agaric  styptique,  Pan.  stipticus,  planche  XXIV,  fig.  122. 
Berkl.,  OutL,  p.  227  ;  Kickx.,  p.  212;  Agaricus,  Bull.,  t.  140,  557,  f.  1  ; 
Schasff.,  t.  208;  Krombh.,  t.  44,  f.  13,  17  ;  Fr.,  Epie,  p.  489;  Quel.,  p.  205. 

Chapeau  mince,  élastique,  sec,  réniforme,  large  de  2  à  4  centi- 


142  DESCRIPTION    DES    ESPÈCES 

mètres,  d'une  couleur  ocracé  cannelle,  un  peu  pruineux  ;  chair 
sale.  Lamelles  minces,  étroites,  serrées,  réunies  par  des  veines, 
de  la  couleur  du  chapeau.  Pédicelle  latéral,  recourbé,  un  peu 
dilaté  au  sommet,  jaunâtre  ou  fauve  pâle.  Toute  l'année  sur  les 
souches  ou  les  troncs  secs,  vénéneux. 

Agaric  puant,  Pan.  faetens,  planche  XLIX,  fig.  264. 

Ag.  dimidiatus,  Secr.,  n.  1076  ;  Bull.,  t.  817,  f.  H,  N;  Fr.,  Epie,  p.  489. 

Chapeau  très  excentrique,  plan,  puis  en  spatule,  d'une  couleur 
fauve  pâle  ou  blanc  lavé  de  gris,  dimidié,  flasque,  assez  épais. 
Lamelles  parallèles,  assez  décurrentes,  inégales,  incarnat,  pâle. 
Pédicelle  plein,  tenace,  court,  oblique,  d'une  couleur  blanchâtre 
ou  fauve  pâle.  Automne,  sur  les  souches  de  pin,  Vincennes,  Chan- 
tilly. Ne  se  mange  pas. 

Agaric  en  conque,  Pan.  concatus,  planche  XLIX,  fig.  267. 
Berkl.,  Outl.,  p.  227;  Krombh.,  t.  42,  f.   1,2;  Schseff.,  f.  43,  44  ;  Bull., 
t.  298,  517,  f.  0,  P;  Weinm.,  p.  123;  Fr.,  Epie,  p.  488. 

Chapeau  excentrique,  dimidié,  flasque,  assez  mince,  verciforme, 
couleur  cannelle.  Lamelles  très  décurrentes,  parallèles,  inégales, 
incarnat  pâle.  Pédicelle  assez  grêle,  comprimé,  très  court,  poilu  à 
la  base,  roux.  Eté  et  automne,  sur  les  branches  mortes  et  les  vieux 
troncs  d'arbres.  N'est  pas  vénéneux. 


6e  GENRE,   SCHIZOPHYLLUM 

Champignons  secs  coriaces -subéreux,  persistants,  lignicoles. 
Lamelles  à  arêtes  dédoublées  en  deuxlamellules  enroulées.  Spores 
rondes,  blanches. 

Schiz  commun,  S.  commune,  planche  LVII,  fig.  287. 
Grev.,  Scot.,  t.  01  ;  Krombh.,  t.  4,  f.  14,  16;  Berkl.,  Outl.,$.  228;Kickx., 
p.  213  ;  Bull.,  t.  346,  581,  f.  1  ;  Sowerb.,  p.  183;  Fr.,  Epie,  p.  492. 

Chapeau  très  sec,  horizontal  ou  pendant,  revêtu  d'un  duvet 
blanc,  grisâtre  plus  ou  moins  caduc. Lamelles  disposées  en  éventail, 
pâles  ou  grisâtres,  purpurines.  Pédicelle  très  court,  entier  ou  lobé. 
Spores  blanches,  cylindriques.  Toute  l'année,  sur  les  bois  morts. 


SEPTIÈME   GENRE,    LENZITES  143 

7"   GENRE,    LENZITES 

Champignons  subéreux-coriaces,  lignicoles  et  sessiles,  plus  ou 
moins  zones.  Lamelles  coriaces,  simples,  inégales  ou  rameuses  et 
anastomosées  en  aréoles  en  arrière,  arête  obtuse  ou  aiguë. 

Lenz.  du  bouleau,  L.  betulina,  planche  LVII,  fig.  288. 
Chapeau  large  de  3  à  6  centimètres,  subéreux-coriace,  ferme, 
aplani,  tomenteux  plus  ou  moins  zone  incarnat,  souvent  grisâtre. 
Lamelles  droites,  simples  ou  rameuses  et  même  anastomosées, 
d'un  blanc  sale;  chair  floconneuse  blanche,  sessile.  Automne  sur 
les  souches,  dans  tous  les  bois. 

8e  GENRE,  BOLETUS 

Le  genre  dit  Bolet  est  très  homogène;  les  caractères  différentiels 
de  ses  nombreuses  espèces,  une  centaine  environ,  ne  reposent  pas 
sur  des  diversités  saillantes  de  forme,  d'organisation  ou  de  texture. 
Comme  les  Agarics,  ils  se  développent  sur  un  mycélium  blanc  ou 
jaunâtre,  ordinairemet  nématoïdeou  filamenteux,  qui  rampe  sous 
terre,  et  se  laisse  distinguer  facilement.  Du  mycélium  naissent  de 
petits  agrégats  semblables  au  premier  état  des  Agarics  et  de  tous 
les  Champignons  à  réceptacle  charnu.  Le  Bolet,  né  du  dévelop- 
pement de  cette  sorte  de  bouton,  se  compose  d'un  pédicelle 
(planche  L,  fig.  P),  supportant  un  chapeau  (Q)  charnu  comme  le 
pied  ;  le  chapeau  ordinairement  épais,  ne  s'écarte  guère  d'une 
forme  hémisphérique  plus  ou  moins  bombée,  bosselée  ou  déprimée 
vers  le  centre. 

Les  tubes  hyménophores  garnissent  la  partie  inférieure  du 
chapeau  (planche  L,  fig.  R),  ils  se  touchent  et  forment  une  sur- 
face poreuse;  la  fig.  R' R'  représente  une  section  de  ces  tubes 
qui  peuvent  être  concaves  avant  et  après  l'épanouissement  com- 
plet du  chapeau,  ou  devenir  plans  et  même  convexes.  Ces  tubes 
varient  de  longueur  et  de  capacité  suivant  les  espèces;  sur  un 
même  réceptacle,  ils  sont  plus  ou  moins  inégaux,  et  se  montrent 
plus  courts  à  mesure  qu'ils  se  rapprochent  du  pédicelle  ou  de  la 
circonférence  du  chapeau.  Tantôt  ils  sont  décurrents  sur  le  pédi- 
celle, tantôt  ils  deviennent  libres,  car  ils  en  sont  éloignés  par  un 


144  DESCRIPTION   DES   ESPÈCES 

sillon  circulaire.  Quand  on  exerce  une  traction  sur  eux,  ils  se 
séparent  facilement  du  chapeau  et  s'écartent  les  uns  des  autres. 
Ce  caractère  permet  de  distinguer  les  Bolets  des  Polypores. 

De  même  que  les  lamelles  des  Agarics,  les  tubes  des  Bolets, 
incolores  chez  certaines  espèces,  se  colorent  en  même  temps  que 
les  spores.  Cette  couleur  des  tubes,  le  professeur  Fries  la  fait 
intervenir  dans  la  caractéristique  de  ses  quatre  divisions  primor- 
diales, mais  cette  classification  n'est  qu'un  procédé  transitoire. 
Les  caractères  qui  doivent  seuls  être  pris  en  considération,  sont 
la  forme  et  les  dimensions  des  spores,  leur  couleur  quelquefois 
différente  de  celle  du  tube  hyménial  envisagé  dans  sa  longueur  ; 
l'état  de  la  surface  extérieure  du  réceptacle,  les  changements  de 
couleur  ou  l'immutabilité  du  tissu  intérieur,  etc.  La  coloration 
extérieure  des  Bolets  varie  du  blanc  grisâtre  au  brun  très  foncé, 
en  passant  par  le  jaune,  le  rouge,  le  vert;  ces  teintes,  en  se  mélan- 
geant, donnent  le  ton  brun  rougeâtre  ou  olivâtre,  extrêmement 
fréquent  chez  les  Bolets.  Quand  à  la  chair  intérieure,  elle  est 
blanche,  ou  d'un  blanc  lavé  de  jaune  citrin,  ou  franchement 
jaune,  quelquefois  teintée  d'un  peu  de  rouge  sous  l'épiderme.  Chez 
beaucoup  d'espèces,  le  Champignon  prend,  quand  on  le  coupe  ou 
qu'on  le  rompt  d'une  manière  quelconque,  des  teintes  bleues, 
vertes  ou  rouges.  On  a  souvent  étudié  les  Bolets  dits  bleuissants, 
sans  arrivera  rien  de  plus  certain  que  des  hypothèses. 

L'hyménium  est  formé  de  cysiides  (planche  L,  fig.  S,  S),  et  de 
baskles  (fig.  Z),  nées  de  l'extrémité  ou  sur  les  parcours  des  cellules 
minces  et  allongées  qui  forment  le  tube  ;  les  fig.  S' ,  S' ,  U  (fig.  2G9), 
présentent  des  coupes  de  tubes;  les  ctjstides  (tig.  S',  S,  S)  sont  en 
général  renflées  au  milieu,  souvent  volumineuses.  Les  spores  (U), 
portées  au  nombre  de  quatre  sur  les  basides  (Z),  sont  allongées, 
fusiformes,  de  dimension  peu  variable,  en  général  de  0mm008  à 
0mm015  de  longueur  sur  0mm003,  àOmm006  de  large.  Elles  sont  plus 
souvent  colorées  en  jaune,  jaune  brun,  jaune  rouillé  ou  gris,  bru- 
nâtre,, rose  et  blanc.  Presque  tous  les  auteurs  modernes  se  servent 
de  la  coloration  des  spores  pour  former  quatre  groupes:  1°  les 
Ochrospori,  à  spores  jaune  ocracé  ;  2°  les  Dermini,  à  spores 
brun  rouillé;  3°  les  Hyporrhodii,  à  spores  rosées;  4°  les  Leucospori, 
à  spores  blanches. 

La  chair  abondante  de  ces  Champignons  rendrait  un  grand  ser- 


HUITIÈME   GENRE,    BOLETUS  145 

vice  comme  substance  alimentaire,  si  les  changements  de  colora- 
tion qu'elle  subit  parfois  n'avaient  fait  attribuer  à  un  trop  grand 
nombre,  sans  preuve  certaine  des  qualités  malfaisantes.  Plusieurs 
Bolets  fournissent,  sous  le  nom  de  cèpes,  un  aliment  des  plus 
nutritif  et  d'un  parfum  recherché  ;  on  les  mange  frais,  secs  ou 
conservés  dans  des  liquides  par  le  procédé  d'AppERT. 

Bolet  comestible,  Bol.  edulis,  planche  L,  fig.  268. 

Bull.,  t.  60,  494  ;  Sowerb.,  t.  111  ;  Lenz.,  f.  34  ;  Krombh.,  t.  31  ;  Vittad., 
t.  22;  Barl.,t.  34;  A.  bulbosus,  Schseff.,  t.  134;  B.  esculentus,  Pers.,  Myc. 
Eur.,  2,  p.  131  ;  Fi\,  Epie,  p.  508. 

Bolet  à  chapeau  épais,  gris  fauve  ou  brun,  pulvérulent,  souvent 
humide;  chair  fine,  blanche,  un  peu  rougeàtre  sous  la  pellicule. 
Tubes  blanchâtres,  puis  jaune  verdâtre.  Pédicelle  obèse,  d'une 
couleur  blanche  ou  fauve  grisâtre  avec  un  réseau  blanc.  Vieux  dès 
le  printemps  dans  les  bois,  sur  le  bord  des  chemins;  saveur  et 
odeur  agréables.  —  Comestible. 

Bolet  bulbeux,  Bol.  bulbosus,  planche  LI,  fig.  270. 
Schaeff..  t.  134. 

Chapeau  compacte,  épais,  large  de  10  à  2b  centimètres,  à  pelli- 
cules sèches,  séparables,  d'un  brun  fauve  ou  gris  fauve.  Tubes 
blanchâtres,  puis  jaunâtres.  Pédicelle  énorme,  ovale  ou  bulbeux, 
élégamment  réticulé,  d'un  gris  fauve,  avec  réseau  jaunâtre;  chair 
blanche  très  odorante  et  très  sapide.  Été  dans  tous  les  bois.  — 
Comestible  délicat. 

Bolet  scabre,  Bol.  scaber,  planche  LI,  fig.  271. 
Vittad.,  t.  28;  Barla,  t.  35,  f.  6,  12;  Harzer,  t.  2;  Kickx..  p.  247;  Fr., 
Epie.,  p.  515;  Quelet,  p.  248. 

Chapeau  en  coussinet,  glabre,  d'une  couleur  rousse  ou  jaunâtre, 
visqueux  par  le  temps  humide,  alors  il  est  vergeté,  ruguleux  et 
devient  fauve;  marge  pourvue  d'une  cortine. Tubes  petits,  arrondis, 
d'un  blanc  sale.  Pédicelle  solide,  plus  mince  en  haut,  hérissé 
d'écaillés  fibreuses,  d'un  blanc  grisâtre.  Été  et  automne  dans  tous 
les  bois,  surtout  aux  bords;  saveur  douce,  odeur  agréable. — 
Comestible. 

10 


146  DESCRIPTION    DES    ESPÈCES 

Bolet  chicotin,  Bol.  f  elleus,  planche  LI,  fig.  272. 
Bull.,  t.  379;  Krombh.,  t.  74,  f.   1,  7;  Weinm.,  p.  3U4;  Berkl.,  Outl., 
p.  236;  Kickx.,  p.  248;  Fr.,  Épie,  p.  516. 

Chapeau  mou,  d'une  couleur  fauve  brunâtre.  Tubes  adnés, 
allongés,  anguleux,  d'abord  blancs  puis  incarnat.  Pédicelle 
solide,  mince  et  réticulé  au  sommet.  Été  et  automne  dans  les  bois 
de  pins  ;  sa  chair  est  amère,  blanche,  devient  incarnat  à  la  cas- 
sure. Trop  amer  pour  être  mangé. 

Bolet  subtomenteux,  Bol.  subtomentosus,  planche  LU,  fig.  273. 

Berkl.,  Outl.,  p.  232;  Secr.,  n.  35;  Kickx.,  p.  242;  B.  crassipes,  Schœff., 
t.  112;  Krombh.,  t.  37,  f.  8,  11;  B.  communis,  Bull.,  t.  393;  Fr.,  Epie, 
p.  503. 

Chapeau  mou,  sec,  d'abord  fauve  olive,  puis  grisâtre,  jaunissant 
dans  les  crevasses.  Tubes  adnés,  anguleux,  amples,  jaunes.  Pédi- 
celle fort,  à  côtes  et  sillonné,  ponctué.  Eté  et  automne,  dans  les 
bois  ;  chair  blanche.  —  Comestible. 

Bolet  orangé,  Bol,  aurantiacus,  planche  LU,  fig  274. 

Chapeau  en  coussinet,  glabre,  brillant,  d'une  couleur  rorçge 
orangé,  sec,  un  peuruguleuxen  vieillissant.  Tubes  petits  arrondis, 
blancs.  Pédicelle  solide,  plus  mince  en  haut,  hérissé  d'écaillés 
fibreuses,  d'une  couleur  orangé  grisâtre.  Eté,  automne,  dans  les 
bois,  solitaire,  saveur  douce,  odeur  agréable.  —  Comestible. 

Bolet  châtain,  Bol.  castaneus,  planche  LU,  fig.  275. 
Bull.,  t.  328  ;  Pers.,  Myc.  Eur.,  2,  p.  157  ;  Barla,  t.  32,  f.  11,  15;  Krombh., 
t.  4,  f.  28,  30;  Berkl.,  Outl.,  p.  236;  Fr.,  Epie.,  p.  517. 

Chapeau  d'abord  convexe,  puis  étalé  ou  déprimé,  ferme,  velouté, 
d'une  couleur  marron.  Tubes  libres,  courts,  arrondis,  blancs,  puis 
devenant  jaunes.  Pédicelle  d'abord  plein,  puis  creux;  un  peu 
bulbeux  à  la  base;  velouté,  d'une  couleur  cannelle.  Eté,  automne, 
dans  les  bois  ;  sa  chair  est  blanche,  saveur  douce.  —  Comestible. 

Bolet  bleuissant,  Bol.  cyanescens,  planche  LI,  fig.  276. 

Bull.,  t.  369;  Letell.,  t.  654;  Krombh.,  t.  35,  f.  7,  9;  Barla,  t.  37;  Berkl. 
et  Br.,  n.  1020  ;  Kickx.,  p.  248  ;  B.  constrictus,  Pers.,  Stjn.,  p.  508;  B.  lacteus, 
Léveill.  in  Ann.  scienc.  nat.  1848,  p.  124;  Fr.,  Epie,  p.  517. 

Chapeau  écailleux,  floconneux,  d'une  couleur  gris  jaunâtre  ou 
fauve.  Tubes  petits,  blancs,  puis  jaunes.  Pédicelle  ventru,  lisse, 


HUITIÈME   GENRE,    BOLETUS  147 

de  la  couleur  du  chapeau,  blanc  au  sommet.  Au  milieu,  sur  toute 
sa  longueur,  les  cellules  sont  grandes,  spongieuses.  Été  et  automne, 
dans  les  bois,  sa  chair  est  dure,  blanche;  quand  on  le  casse,  il 
prend  une  couleur  bleu  obscur.  —  Comestible. 

Bolet  tubéreux,  Bol.  tuberosus,  planche  LU,  fig.  274  bis. 
Letell.,  Ilist.J.  32;  Léveill. 

Chapeau  en  coussinet,  massif,  glabre,  sec,  d'abord  d'une 
couleur  verdâtre,  puis  devient  jaunâtre.  Tubes  libres,  petits, 
jaunes,  orifices  ronge  orangé.  Pédicelle  très  épais,  ovalaire  et 
bulbeux,  avec  un  réseau  sanguin  sur  fond  jaunâtre.  Été  et 
automne,  dans  les  bois  ;  ce  Bolet  a  une  chair  jaunâtre,  bleuissant 
rapidement  à  la  cassure;  sa  saveur  est  acidulée.  —  Il  est 
vénéneux. 

Bolet  luride,  Bol.  luridus,  planche  LU,  fig.  275  bis. 

Schseff.,  t.  107;  Pers.,  Syn.  et  Myc.  Eur.,  2,  p.  132;  Krombh.,  t.  38,  P.  F. 
Il,  17;  Berkl.,  Outl.,  t.  113,  f.  5;  Bull.,  B.  tuberosus,  t.  100;  Kickx.,  p.  244; 
Fr.,  Epie,  p.  SU  ;  Quelet,  p.  247. 

Chapeau  fauve,  un  peu  visqueux,  devient  couleur  de  cuir  ou 
olive.  Tubes  libres,  jaunes,  puis  verdoyants  ;  orifice  rouge  orangé. 
Pédicelle  solide,  égal,  d'une  couleur  jaune  ou  rougeâtre  ou  bien 
écailleux  ponctué  ;  chair  jaunâtre,  saveur  douce,  agréable  ;  par  la 
cassure,  ce  Bolet  rougit,  verdit  et  bleuit.  Été,  automne,  dans  les 
bois.  —  Très  vénéneux. 

Bolet  pruiné,  Bol.  pruinatus,  planche  LU,  fig.  276  bis. 
Fr.,  Epie,  p.  504;  Kickx.,  p.  241;  Bull.,  t.  393,  F.  B.  G.;  B.  cupreus, 
Schœff.,t.  133,  Quelet,  p.  243. 

Chapeau  d'abord  convexe,  puis  plan,  glabre  ;  d'une  couleur 
brun  pourpre,  recouvert  d'un  léger  duvet  gris  obscur.  Tubes 
adnés,  petits,  jaune  pâle.  Pédicelle  solide,  d'une  couleur  jaune, 
ponctué  à  la  base,  se  tachant  de  rouge  par  place.  La  chair  de  ce 
Bolet  est  ferme,  blanche  ;  verdit,  bleuit  légèrement.  Été,  automne, 
dans  les  prés  et  les  bois.  —  Comestible. 

Bolet  jaunâtre,  Bol.  luteus,  planche  LIV,  fig.  277. 

Linn.,  Suce,  n.  1247;  Schœff.,  t.  114;  FI.  dan.,  t.  1135;  Barla,  t.  31  , 
f.  1,  3;  B.  annulatus,  Pers.,  Syn.,  p.  503;  Krombh.,  t.  33;  Fr.,  Epie, 
p.  497;  Quelet,  p.  241. 

Chapeau  couvert  d'une  mucosité  épaisse  ;  la  pellicule  est  d'un 


148  DESCRIPTION    DES    ESPÈCES 

brun  roux  ou  jaunâtre.  Tubes  adnés,  petits,  jaunes.  Pédicelle 
cylindrique,  ferme,  muni  d'un  anneau  large,  membraneux,  d'une 
couleur  brunâtre;  le  pédicelle  est  jaunâtre  au-dessous  de  l'anneau, 
blanchâtre  et  un  peu  granulé  au-dessus.  Été,  automne,  surtout 
dans  les  bois  de  pins  ;  sa  chair  est  molle,  fade,  blanche.  — 
Comestible. 

9e  GENRE,    FISTULINA 

Chapeau  dimidié,  offre  l'aspect  d'une  masse  charnue  épaisse,  à 
contour  simple  ou  lobé.  La  surface  supérieure  est  de  couleur  rouge 
foncé,  bombée  et  papilleuse,  ce  qui  lui  donne  l'apparence  d'une 
langue.  La  surface  inférieure  est  plane  ou  légèrement  concave, 
d'un  blanc  gris  tournant  au  jaune  orangé  par  place  et  surtout  vers 
le  pédicelle,  devenant  rouge  brun  après  la  maturité.  Le  pédicelle 
peut  manquer  et  le  chapeau  être  sessile.  Les  éléments  de  l'hymé- 
nium  tapissent  la  cavité  des  tubes  cylindriques,  cystides  etbasides. 
Les  spores  (planche  LIV,  fig.  A),  portées  sur  des  stérigmates 
courts,  sont  plutôt  cunéiformes  qu'ovoïdes.  Un  des  points  les  plus 
curieux  de  l'organisation  des  fistulines  c'est  la  formation  de  coni- 
dies  (planche  LIV,  fig.  B),  se  développant  à  l'intérieur  du  récep- 
tacle, disposées  sur  des  cellules  étroites,  fines  et  à  protoplasma 
granuleux.  Ces  cellules  se  divisent  en  branches  courtes;  à  l'ex- 
trémité desquelles  se  trouve  une  conidie. 

Fistuline,  Fistulina  buglossoides,  planche  LIV,  fig.  278. 

Bull.,  t.  74,  464,  497;  Boletus  hepaticus,  Hudson,  Schseff.,  t.  116,  120; 
Krombh.,  t.  5,  f.  9,  10,  t.  47,  f.  1,  12;  F.  hepatica,Fv.,  Epie,  p.  S22;£fypo- 
drys  hepaticus,  Pers.,  Myc.  Eur,,  2,  p.  148;  F.  hepatica,  de  Seyne,  Rech. 
veg.  inf.,  Paris,  1874. 

Chapeau  charnu,  épais,  irrégulier.  Sa  partie  supérieure  est, 
dans  le  jeune  âge,  rouge,  visqueuse,  garnie  d'aspérités  étoilées, 
qui  s'effacent  lorsqu'elle  prend  de  l'accroissement;  la  pellicule 
s'enlève  et  laisse  voir  la  chair,  qui  est  incarnat,  veiné  de  blanc, 
et  rend  une  eau  rougeâtre  si  on  la  presse.  Sa  partie  inférieure  est 
blanche,  puis  jaunâtre  et  rousse,  formée  de  tubes  isolés,  qui 
adhèrent  à  la  chair.  Pédicelle  épais,  court,  latéral,  souvent  nul. 

Eté,  automne,  au  pied  des  arbres  vivants;  est  connu  sous  les 
noms  de  Foie-de-Bœuf,  Langue-de-Bœuf,  Glu  de  chêne,  etc.  — 
Comestible  excellent.  Saint-Germain,  Chantilly,  etc. 


DIXIÈME   GENRE,    POLYPOUI  s  149 

10e   GENRE,    POLYPORUS 

Les  Polypores  sont  des  Champignons  charnus,  coriaces,  ou 
subéreux;  le  plus  souvent  sessiles,  quelquefois  renversés.  Le  cha- 
peau des  Polypores  est  revêtu  en  dessous  des  tubes  adhérents  avec 
lui,  enchâssés  par  leur  extrémité  inférieure  dans  une  membrane 
homogène,  ne  laissant  voir  que  leur  ouverture  ou  pores,  lesquels 
ne  sont  séparés  que  par  une  cloison  très  mince.  Ces  pores  ou 
tubes  contiennent  l'hyménium,  les  cystides,  les  basides  et  les 
spores,  généralement  de  petite  dimension.  Les  Polypores  diffèrent 
des  Bolets  en  ce  que  les  tubes  des  Polypores  sont  enchâssés  dans 
une  membrane,  tandis  que  les  tubes  des  Bolets  sont  libres,  et 
n'adhèrent  pas  au  chapeau. 

Polypore  du  noyer,  Pol.  juglandis,  planche  L V,  6g.  279. 
Boletus  juglandis,  Bull.,  t.  19. 

Chapeau  charnu,  visqueux,  ocracé,  marbré,  à  écailles  obscures, 
noirâtres.  Pores  assez  grands,  flexueux,  un  peu  plus  pâles.  Pédi- 
celle  latéral,  gros,  de  la  couleur  du  chapeau,  écailleux  et  crevassé. 

Eté,  automne,  sur  le  tronc  des  vieux  noyers,  le  Polypore  devient 
très  grand,  souvent  groupe.  —  Comestible  étant  jeune. 

Polypore  gigantesque,  Pol.  giganteus,  planche  LV,  fig.  280. 
Berkl.,  Outl.,  p.  240;  Hussey,  I,  p.  356;  Kickx.,  p.  226;  Boletus,  Pers., 
Syn.,  p.  521  ;  B.  mesentericus,  Sckœff.,  t.  267;  Fr.,  Epie,  p.  540. 

Chapeau  très  large,  20  à  30  centimètres,  imbriqué  et  étalé,  roux, 
finement  granulé  et  velouté,  orné  d'écaillés  brunes  et  de  zones 
rousses  sur  les  bords  ;  chair  blanche.  Pores  petits,  presque  ronds, 
blancs,  puis  devenant  fuligineux.  Pédicelle  gros  comme  un  tuber- 
cule; la  saveur  de  ce  Polypore  est  un  peu  acidulée.  Eté,  automne, 
à  la  base  des  vieilles  souches.  —  Comestible. 

Polypore  varié,  Pol.  varius,  planche  LV,  fig.  281. 
Pers.,  Myc.  Eut:,  2,  p.  57;  Secr.,  n.  10;  Berkl.,  Outl.,  p.  239;  Boletus 
calceolus,  Bull.,  t.  360,  445,  f.  2;  Fr.,  Epie,  p.  535. 

Chapeau  tenace,  ligneux,  glabre,  difforme,  un  peu  vergeté,  d'une 
couleur  ocracé  ou  fuligineux.  Pores  petits,  entiers,  fauve  ou  can- 
nelle. Pédicelle  latéral,  lisse,  glabre,  noir  à  la  base.  Eté,  automne. 
—  Comestible,  mais  trop  coriace. 


150  DESCRIPTION   DES   ESPÈCES 

Polypore  élégant,  Pol.  elegans,  planche  LV,  fig.  282. 
Berkl.,  Outl.,  p.   239;   Quelet,  p.  254;  Boletus,  Bull.,  t.  46;   FI.  dan., 
t.  1075;  Fr.,  Epie,  p.  535. 

Chapeau  charnu,  large  de  3  à  8  centimètres,  lisse,  glabre,  lui- 
sant, ocracé,  pâle.  Pores  plans,  petits,  blancs,  puis  jaune  pâle. 
Pédicelle  lisse,  glabre,  radical  et  noir  à  la  base.  Printemps,  été, 
sur  les  branches  mortes.  Ne  se  mange  pas. 

Polypore  hispide,  Pol.  hispidus,  planche  LV,  fig.  283. 
Krombh.,  t.  48,  f.  7,  10;  Hussey,  I,  t.  29,  31;Kickx.,  p.  230  ;  Boletus, 
Bull.,  t.  210,  493;  Fr.,  Epie,  p.  551  ;  Quelet,  p.  261. 

Chapeau  charnu,  fibreux,  large  de  10  à  20  centimètres,  épais, 
couvert  de  gros  poils  rudes,  d'une  couleur  jaunâtre,  puis  noirâ- 
tre. Pores  arrondis,  petits,  longs,  jaunes  puis  pâles.  En  le  coupant 
il  rend  une  eau  rougeâtre;  saveur  et  odeur  acides.  Été,  automne, 
dans  les  cicatrices  des  vieux  arbres  champêtres.  Ne  se  mange  pas. 

Polypore  couleur  de  soufre,  Pol.  sulfureus,  planche  LVI,  fig.  284. 

Bull.,  Boletus,  t.  429;  Hussey,  I,  t.  46;  Berkl.,  Outl.,  t.  16,  f.  3;  Pers., 
Syn.,  p.  224;  Schseff.,  t.  131,  132;  Paul,  t.  14;  Quelet,  p.  256;  Fr.,  Epie, 
p.  542;  FI.  dan.,  1019. 

Chapeau  très  large,  imbriqué, ondulé, d'une  couleurjaunecitrin, 
lavé  de  rouge;  chair  jaunâtre.  Pores  petits,  sulfureux,  le  plus 
souvent  il  n'y  a  pas  de  pédicelle.  Spores  globuleuses  ou  obovales. 
Vient  sur  les  arbres,  du  printemps  à  l'automne;  odeur  forte.  — 
Comestible  peu  délicat. 

Polypore  versicolore,  Pol.  versicolor,  planche  LVI,  fig.  285. 
Linn.,  Suce,  n.  1254;  Bull.,  t.  86;  Kickx.,  p.  232;  Schseff.,  t.  263; 
P.argyraceus,  Pers.,  Myc.  Eur.,  2,  p.  73;Fr.,  Epie,  p.  568;  Quelet,  p.  268. 

Chapeau  coriace,  mince,  rigide,  aplani,  déprimé  en  arrière, 
velouté,  soyeux,  brillant,  orné  de  zones  de  couleurs  variées.  Pores 
petits,  ronds,  aigus,  blancs,  puis  jaunâtre  pâle.  Pas  de  pédi- 
celle. Eté  et  automne,  très  commun  sur  les  souches.  Ne  se  mange 
pas. 

Polypore  oblique,  Pol.  obliquatus,  planche  LVI,  fig.  286. 
Bull.,  t.  7,  459;  Polyp.  laccatus,  Pers.,  Myc.  Eur.,  2,  p.  64. 

Chapeau  réniforme  ou  en  éventail,  à  sillons  concentriques,  d'une 
couleur  brun,  rouge,  brillante  et  vernissée  de  laque.  Pores  petits, 


ONZIÈME   GENRE,    TRAMETES  \ffl 

réguliers,  assez  longs,  blanchâtres,  puis  cannelle.  Pédicelle  varia- 
ble; la  fig.  388  en  représente  trois  formes.  Toujours  recouvert  d'un 
vernis  de  laque  rouge  brun.  Il  vient  toute  l'année  sur  les  souches 
des  arbres.  Ne  se  mange  pas. 

11°  GENRE,   TRAMETES 

Chapeau  large,  résupiné,  ou  en  coussinet  hémisphérique.  La 
membrane  qui  supporte  l'hyménium  descend  entre  les  pores  sans 
éprouver  aucun  changement  et  forme  avec  eux  une  trame  homo- 
gène. Les  pores  sont  entiers,  arrondis  ou  linéaires,  ni  labyrinthes, 
ni  lacérés. 

Trametès  des  pins,  Tram,  pini,  planche  LX,  fig.  307. 

Chapeau  large,  épais,  étalé  en  demi-rond,  sillonné,  bosselé, 
velouté,  d'une  couleur  brune,  verdâtre;  marge  jaune  cannelle, 
arrondie.  Pores  irréguliers,  larges,  un  peu  anguleux,  fauve  can- 
nelle. La  chair  de  ce  Champignon  est  fauve;  d'une  odeur  d'acide 
benzoïque,  agréable.  Eté,  automne,  sur  les  souches  de  sapins. 
Vincennes,  Chantilly. 

12°  GENRE,   DŒDALEA 

Les  Champignons  de  ce  genre  ont  un  chapeau  subéreux,  coriace, 
à  face  inférieure  garnie  d'une  membrane  fructifère  sinueuse, 
relevée  de  côté  en  feuillets  saillants,  anastomosés,  formant  des 
cavités  irrégulières  ou  des  pores  allongés  flexueux.  Basides  petites  ; 
spores  blanches.  Champignon  vivace,  toute  l'année  sur  les  souches. 
Ne  se  mange  pas. 

Dédalée  du  chêne,  Dsed.  quercina,  planche  LIX,  fig-.  300. 

Pers.,  Syn.,  p.  500;  Berkl.,  Outl.,  t.  19,  f.  5;  Krombh.,  t.  5,  f.  1,  2; 
Kickx.,  p.  218;  Agaricus,  Linn.,  Suce,  n.  1213;  A.  labyrinthiformis,  Bull., 
t.  352,  422,  f.  1  ;  Fr.,  Epie.,  p.  586. 

Ce  Champignon  est  très  résistant,  élastique,  rugueux,  bosselé, 
aplani ,  couleur  de  bois  mort,  ou  fauve  sale,  ou  grisâtre;  l'intérieur 
est  semblable.  Pores  en  sinus  labyrinthiforme,  lamelleux,  couleur 
de  bois  sec.  Printemps,  été,  vivace  sur  les  souches.  Ne  se  mange 
pas. 


152  DESCRIPTION   DES   ESPÈCES 

13e  GENRE,   MERULIUS 

Les  Champignons  de  ce  genre  n'ont  pas  de  chapeau,  mais  une 
membrane  irrégulière,  appliquée  de  toutes  parts  par  une  de  ses 
faces,  à  veines  sinueuses,  anastomosées,  formant  des  espèces  de 
cellules  inégales  sur  la  face  libre,  et  qui  portent  les  basides  et  les 
spores.  Les  Mérules  viennent  de  préférence  sur  le  bois  mort,  les 
poutres,  les  celliers  et  dans  les  endroits  humides. 

Mérule  tremelloïde,  Mer.  tremellosus,  planche  LIX,  fig.  302. 
Schrad.,  Spic.  139;  FI.  dan.,  t.  1533,  776,  f.  1;  Fr.,Epic,  p.  591. 

Membrane  charnue,  étalée,  réfléchie,  presque  imbriquée,  tomen  - 
teuse,  trémelloïdes,  blanc  d'un  côté,  plis  petits,  alvéolaires,  à  sail- 
lies aiguës ,  variées ,  incarnat  pâle.  Automne  sur  les  solives 
humides.  —  Coriace. 

14*  GENRE,    SOLENIA 

Champignon  haut  de  2  à  3  millimètres,  membraneux  ;  hymé- 
nium  tubuleux,  cylindrique,  avec  un  orifice  contracté  et  tourné 
vers  le  sol. 

Solenié  en  faisceaux,  Solenia  fasciculata,  planche  LX,  fig.  31)9. 

Ce  Champignon  se  trouve  sous  forme  de  tubes  pâles,  hauts  de 
deux  millimètres,  comprimés,  disposés  en  faisceaux,  glabres  ou 
finement  villeux.  Automne  et  hiver,  écorce  de  hêtre. 

15°  GENRE,   HYDNUM 

Chapeau  de  forme  variable,  portant  à  sa  partie  inférieure  des 
aiguillons  plus  ou  moins  libres,  coniques,  comprimés  ou  subulés, 
dirigés  en  bas,  donnant  issue,  aux  basides  et  qui  contiennent  les 
spores  à  leurs  extrémités.  Pédicelle  central,  terrestre. 

Hydne  sinué,  Hyd.  repandum,  planche  LVIII,  fig.  293. 
Linn.,  Suec,  n.  1250;  Schseff.,   t.  318;  Bull.,  t.  172;  K.ombh.,  t.  50, 
f.  1,  9;  Barla,  t.  32,  f.  1,9;  Huss.,  I,  t.  16  ;  Fr.,  Epie.,  p.  601. 

Chapeau  charnu,  dur,  étalé  inégalement,  sinué,  convexe,  ru- 
gueux, sans  zones,  d'un  blanc  roux,  aiguillons  inégaux,  décurrents, 


QUINZIÈME  GENRE,    HYDNUM  153 

un  peu  épais,  entiers  ou  incisés.  Pédicelle  difforme,  épais  à  sa 
base,  souvent  excentrique,  de  la  couleur  du  chapeau. 

Été,  automne,  dans  tous  les  bois  ;  il  est  connu  sous  les  noms  de 
Barbe  -de-vache,  Pied-de-mouton-blanc,  le  Mouton,  Chevrelle,  etc.  ; 
chair  un  peu  amère.  —  Comestible. 

Hydne  en  forme    de  coupe,  Hyd.  cyathif orme ,  planche    LVIII, 
fig.  294. 
Bull.,  t.  156. 

Chapeau  en  gobelet  rugueux,  fibreux,  zone,  glabre,  ferrugi- 
neux, se  terminant  insensiblement  en  un  pédicelle  court  de  cou- 
leur plus  claire.  Aiguillons  courts,  extérieur  roux,  disposés  par 
séries,  la  pointe  tournée  en  bas.  Vient  en  groupes,  il  ressemble  à 
une  grande  Pezize.  Septembre  et  octobre  dans  les  bois.  N'est  pas 
vénéneux. 

Hydne    membraneux,    Hyd.    membranaceum ,    planche    LVIII , 
fig.  295. 
Bull.,  t.  481,  f.  1  ;  Pers.,  Myc.  Eur.,  2,  p.  188  ;  Fr.,  Epie,  p.  613. 

Chapeau  étalé,  mince,  glabre,  ferrugineux.  Aiguillons  égaux 
trifurqués,  droits.  Entoure  la  partie  inférieure  des  branches  mortes 
comme  une  membrane  de  cire.  Toute  Tannée. 

Hydne  cendré,  Hyd.  cinereum,  planche  LVIII,  fig.  297. 
Bull.,  t.  419;  Quelet,  p.  277;  Trog.,  n.  440;  Fr.,  Epie,  p.  GÛ4. 

Chapeau  coriace,  subéreux,  globuleux  d'abord,  puis  s'ouvrant 
en  entonnoir,  lobé  régulièrement,  un  peu  incarnat,  plus  obscur  au 
centre.  Aiguillons  grêles,  égaux,  blanc  cendré,  courts,  trèsdécur- 
rents.  Été,  automne,  en  groupes.  Ne  se  mange  pas. 

Hydne  hybride,  Hyd.  hybridum,  planche  LVII,  fig.  298. 

Bull.,  t.  453. 

Chapeau  mou,  soyeux,  peu  lobé,  souvent  soudé  infundibuli- 
forme,  ferrugineux,  noirâtre,  sans  zone  en  dedans.  Aiguillons 
noirs,  courts.  Pédicelle  sans  écailles,  gros,  court,  bosselé,  tubé- 
reux  à  la  base.  Automne,  dans  les  bois  de  pins. 

Hydne  cure-oreille,  Hyd.  auriscalpium,  planche  LVII,  fig.  299. 
Linn.,Suec,  n.  1260;  Schœff.,  t.  143;  Bull.,  t.  481,  f.  3;  Krombh.,  t.  50, 
f.  15,  17;  Fr.,  Epie,  p.  607. 

Chapeau  coriace,  petit,  horizontal,  réniforme;  hérissé  de  poils 


154  DESCRIPTION   DES   ESPÈCES 

raides,  noir  fuligineux.  Aiguillons  égaux,  bruns.  Pédicelle  latéral, 
tomenteux,  grêle,  de  la  couleur  du  chapeau.  Toute  Tannée  sur 
les  cônes  de  pins. 

16e  GENRE,    SISTOTREMA 

Ce  genre  de  Champignons  diffère  desHydnum,  parce  qu'il  porte 
des  lames  fructifères  libres,  verticales,  au  lieu  d'aiguillons. 

Sistrotema  confluent,  Sist.  confluens,  planche  LVIII,  fig.  296. 

Chapeau  charnu,  irrégulier,  horizontal,  simple  ou  confluent, 
infundibuliforme,  à  bords  ondulés,  blancs  puis  jaunâtres.  Lamelles 
entières,  d'autres  incisées,  de  la  couleur  du  chapeau.  Pédicelle 
excentrique  blanc,  atténué  en  bas.  Eté,  automne,  au  bord  des 
chemins. 

17e  GENRE,   IRPEX 

Champignons  coriaces,  à  chapeau  irrégulier,  sessile;  hyménium 
à  la  partie  inférieure,  en  forme  de  dents  subcoriacés,  aiguës,  en 
séries  ou  réunies  par  un  réseau. 

Irpex  blanc,  Irp.  canescens,  planche  LIX,  fig.  303. 
Fr.,  Epie,  p.  621. 

Chapeau  coriace,  orbiculaire,  puis  confluent;  d'une  couleur 
grise,  à  pourtour  byssoïde  ;  dents  inégales  incisées,  naissant 
d'alvéoles  très  apparentes  dans  l'état  jeune  du  chapeau.  Toute 
l'année  sur  les  arbres. 

18e  GENRE,   RADULUM 

Hyménium  amphygène,  couleur  de  cire,  tuberculeux,  rude, 
difforme,  généralement  allongé  et  cylindrique,  obtus,  épars  et 
fascicule. 

Radule  Fr.,  Radulum  orbiculare,  planche  LIX,  fig.  304. 

Appliqué  en  coussinet,  orbiculaire  ou  confluent,  d'un  blanc 
jaunâtre  avec  le  contour  byssoïde.  Tubercules  allongés,  difformes 
ou  arrondis,  épars  ou  en  faisceaux.  Automne  et  hiver,  sur  les 
écorces. 


DIX-NEUVIÈME   GENRE,    PHLEBIA  155 

19e  GENRE,   PHLEBIA 

Les  Champignons  de  ce  petit  genre  sont  étalés,  lisses  ou  rameux, 
élargis,  rampants,  gélatineux,  d'une  belle  couleur  incarnat  rouge; 
les  bords  dentés  radiés.  L'hyménium  est  gélatineux;  recouvre  le 
côté  supérieur  du  Champignon  qui  est  papillaire,  étalé,  retourné, 
ou  ridé  en  crête.  Les  spores  sont  très  petites,  hyalines. 

Phi.  Fr.,  Phlebia  merismoides,  planche  LVII,  fig.  289. 

Huss.,  II,  t.  44;  Quelet,  p.  281;  Mer.  fulous,  Lasch.,  Linn.,  IV,  p.  532  ; 
Fr.,  Epie,  p.  624. 

Étalé,  lisse  et  rameux,  comme  incrusté  ;  d'une  couleur  incarnat, 
puis  livide,  villeux  et  blanchâtre  en  dessous,  orangé  et  hérissé  au 
pourtour. 

Automne  et  hiver,  sur  les  mousses  des  troncs  d'arbres. 

20e   GENRE,    CRATERELLUS 

Champignon  charnu,,  membraneux,  hyménium  inférieur, 
céracé,  persistant,  lisse,  puis  ridé,  putrescent  en  vieillissant.  Ces 
Champignons  ressemblent  aux  Chanterelles,  le  Cornucopioïdes  a 
des  rapports  avec  les  Pezizes  et  les  Helvelles. 

Graterelle  trompette  des  morts,  Crat.  cornucopioides,  planche 
XL VIII,  fig.  258. 

Schffiff.,  t.  164  et  276,  fig.  4;  Krombh.,  t.  45,  f.  13,  17;  Pers.,  Mijc,  I; 
Fr.,  Epie,  p.  631. 

Chapeau  turbiné,  tronqué,  déprimé,  non  lisse,  d'un  gris  fuli- 
gineux, noirâtre,  finement  écailleux  ;  hyménium  lisse,  puis 
ruguleux,  cendré.  Pédicelle  tubuleux,  terminé  en  trompe  et 
membraneux;  odeur  agréable. 

Été  et  automne,  en  groupes  dans  les  bois.  —  Comestible. 

Craterelle  en  forme  de  trompe,  Crat.  lutiformis,  planche  XLVIII, 
fig.  260. 

Chapeau  submembraneux,  en  trompette,  de  bonne  heure  tubulé 
et  ondulé,  brun  et  floconneux,  avec  la  marge  rabattue,  souvent 
lobée,  d'un  gris  fauve  jaunâtre.  Lamelles  en  forme  de  nervures, 
jaune  obscur.  Pédicelle  assez  grêle,  fistuleux,  puis  comprimé  ; 
oranaré  fauve.  Été  et  automne  dans  les  bois.  —  Comestible. 


*&v 


156  DESCRIPTION    DES   ESPÈCES 

21°  GENRE,   THELEPHORA 

Les  Théléphores  sont  des  Champignons  charnus,  fibreux,  puis 
rigides,  coriaces,  formant  tantôt  un  chapeau  distinct,  porté  sur 
un  pédicelle  court,  central  ou  latéral,  tantôt  un  demi-chapeau, 
fixé  par  le  côté,  tantôt  enfin  une  sorte  de  membrane  adhérente 
dans  toute  son  étendue.  La  membrane  fructifère  est  en  dessous, 
adhérente  à  la  supérieure;  lisse  ou  porte  des  papilles  arrondies, 
obtuses  et  des  basides  éparses,  grêles,  disparaissant  rarement  tout 
à  fait. 

Thelephore  pourpre,  Thel.  purpurea,  planche  LX,  fig.  308. 
Auricularia  reflexa,  Bull.,  t.  583,  f.  I. 

Chapeau  imbriqué,  coriace,  mou,  velu  courtement,  marqué  de 
zones,  pâle,  déprimé,  fauve,  glabre  et  purpurin  en  dessous. 
Automne,  sur  les  troncs  d'arbres  morts. 

22°  GENRE,   STEREUM 

Chapeau  coriace,  subéreux,  horizontal,  retourné  ou  étalé,  à 
bords  libres,  hyménium  tubercule,  ou  papillaire  distinct. 

Stereum  taché  de  sang,  St.  sanguinolenta,  planche  LX,  fig.  310. 
Fr.,  Epie,  p.  578;  Berkl.  et  Br.,  n.  1290;  Kickx.,  p.  235. 

Chapeau  mince,  coriace,  étalé,  réfléchi,  soyeux,  substrié,  pâle; 
marge  aiguë,  blanche.  Hyménium  lisse,  glabre,  cendré,  brunâtre. 
Automne,  hiver,  sur  les  écorces  de  pins. 

23*   GENRE,    AURICULARIA 

Chapeau  coriace,  gélatineux,  en  entonnoir,  ou  seulement  auri- 
culé.  Hyménium  placé  extérieurement  en  grillage,  contenant  les 
basides  et  les  spores. 

Auriculaire  mésentérique,  Aur.mesenterica,  planche  LVII,  fig.  291. 
Auricul.    tremelloides,   Bull.,  t.  290  ;  Pers.,  Syn.,  p.  571;  Berkl.,  Oull., 
p.  272  ;  Michel,  t.  66,  f.  4  ;  Fr.,  Epie,  p.  646. 

Chapeau  fixé  latéralement,  ou  sessile,  moyen,  presque  imbriqué, 
à   bords  réfléchis,   zones,  velus  en   dedans,  d'une   couleur  gris 


VINGT-QUATRIÈME   GENRE,    CORTICIUM  157 

rougeàtre,  à  disque  purpurin,  plissé.  Ce  Champignon  commence 
par  un  point  qui  s'agrandit,  se  relève  en  cornet. 

Automne,  sur  les  souches  placées  à  l'humidité.  Ne  se  mange 
pas. 

24*  GENRE,   CORTICIUM 

Ce  genre  présente  un  réceptacle  adhérent,  entièrement  étalé, 
retourné  ;  papilles,  le  plus  souvent  apercevables.  Hyménium 
hétérogène,  se  contractant  par  le  temps  sec,  imposé  sur  le  mycé- 
lium et  formant  rarement  un  chapeau. 

Corticium  jaune  blanc,  Cort.  ocraceum,  planche  LX,  fig.  312. 
BerkL,  Outl.,  p.  27b;  Kickx.,  p.  267;  Pers.,  Myc.  Eur.,  I,  n.  38,  62;  Fr., 
Epie,  p.  653;  Quelet,  p.  291. 

Etalé  jaunâtre,  mou,  glabre,  à  pourtour  blanc  radié.  Hyménium 
pâle,  jaune,  parsemé  de  grains  dorés,  puis  nu  et  papilleux. 
Automne  et  hiver  sur  le  bois  pourri  de  pin,  sapin. 

25°  GENRE,    CYPHELLA 

Ces  Champignons  affectent  plusieurs  aspects  ;  la  figure  306 
représente  la  forme  de  dés  à  coudre,  d'autres  espèces  sont  en 
clochettes  coniques,  d'autres  en  forme  de  poire.  Il  en  existe  aussi 
de  membraneux,  à  hyménium  infère,  uni,  puis  rugueux,  chagriné. 

Cyphella  en  forme  de  dé,  Cyp.  digitalis,  planche  LIX,  fig.  306. 
Dessin  de  Léveillé. 

Ce  petit  Champignon  est  obliquement  suspendu  ;  en  forme 
de  dé,  parcheminé,  ridé  par  des  fibres  longitudinales  sur  la 
surface  externe  ;  brun.  Hyménium  bleuâtre  blanc,  assez  lisse. 
Eté,  automne,  sur  les  branches  de  sapin. 

26°  GENRE,   CL  A  VARIA 

Champignons  gélatineux,  charnus  ou  cornés,  épaissis  au  sommet, 
simples  ou  rameux,  le  plus  souvent  atténués,  à  réceptacle  dressé, 
cylindrique,  homogène,  se  confondant  à  la  base,  et  recouvert  en 
grande  partie  de  l'hyménium  ;  mais  les  basides  et  les  spores  sont 
généralement  au  sommet  des  rameaux.  Pour  la  plupart  comes- 
tibles. 


158  DESCRIPTION    DES    ESPÈCES 

Clavaire  en  crête,  Clav.  cristata,  planche  LXI,  fig.  314. 

Pers.,  Syn.,  p.  591  ;  FI.  dan.,  t.  1304,  f.  2;  Krombh.,  t.  53,  f.  12;  Schseff., 
t.  170;  Fr.,  Epie,  p.  668. 

Rameaux  dilatés  en  haut  et  incisés  en  crête  mince  et  aiguë. 
Tige  tenace,  lisse,  pleine,  blanche,  grisâtre  et  veloutée,  ou  fuli- 
gineuse. Été,  automne  dans  les  bois.  —  Comestible. 

Clavaire  améthyste,  Clav.  amethystina,  planche  LXI,  fig.  315. 

Bull.,  t.  496.  f.  2;  Pers.,  Syn.,  p.  286;  Berkl.,  Outl.,  p.  279;  Fr.,  Epie, 
p.  067. 

Rameaux  partant  de  la  base,  gros,  allongés,  arrondis,  à  divisions 
très  courtes,  aiguës,  rameux  lisses;  à  base  atténuée,  d'une  belle 
couleur  violacé.  Été,  dans  les  bois.  —  Comestible. 

Clavaire  compacte,  Cl.  condensata,  planche  LXI,  fig.  316. 

Fr.,  Epie,  p.  672;  Cl.  rubella,  Schœff.,  t.  117. 

Dressé  en  buissons,  très  rameux,  plan,  lisse,  dilaté,  palmé, 
d'une  couleur  pourpre  jaune  ;  mycélium  blanc  membraneux.  Été, 
automne,  dans  les  bois.  —  Comestible. 

Clavaire  en  grappe,  Cl.  botrytis,  planche  LXI,  fig.  317. 
Pers.,  Syn.,  p.  587;  Barla,  t.  40,  f.  1,  3;  Krombh.,  t.  53,  f.  1,  3;  Berkl., 
Outl.,  p.  278;  Quelet,  t.  21,  f.  4;  Cl.  acroporhijrea,  Schseff.,  t.  176. 

Tronc  épais,  gros,  difforme,  décombant,  extrêmement  rameux, 
un  peu  rugueux,  court,  à  divisions  obtuses,  rouge  incarnat  au 
sommet  ;  le  tronc  varie  du  blanc  au  jaune.  Été,  automne,  dans  les 
bois.  —  Comestible. 

Clavaire  jaunâtre,  Cl.  flava,  planche  LXI,  fig.  318. 

Schœff.,  t.  175;  Pers.,  Syn.,  p.  586;  Barla,  t.  40,  f.  5;  Fr.,  Epie,  p.  666. 

Tronc  épais,  rameaux  droits,  très  rameux,  arrondis,  denses, 
fastigies  à  divisions  obtuses.  Il  varie  du  blanc  au  jaune,  et  du  jaune 
au  rougeâtre.  Automne,  dans  tous  les  bois;  odeur  exquise.  — 
Comestible. 

Clavaire  canaliculée,  Cl.  canaliculata,  planche  LXII,  fig.  319. 

Ehrenb.,  Nov.,  Act.  nat.  cur.,  X,  t.  14;  Crispula,  Fr.,  Epie,  p.  673;  Que- 
let, p.  298. 

Solitaire,  très  glabre,  tenace,  flstuleux,  puis  comprimé,  cannelle 
ou  rayé  dans  le  sens  de  sa  longueur  ;  d'une  couleur  blanche. 
Automne,  dans  les  bois.  —  Comestible. 


VINGT-SIXIEME   GENRE,    CLAVARIA  159 

Clavaire  cendrée,  Cl.  cinerea,  planche  LXII,  fig.  320. 
Bull.,  t.  354;  Letell.,  t.  708,  f.  1  ;  Cl.  grisea,  Rrombh.,  t.  53,  f.  9,  10;  Fr., 
Epie,  p.  668;  Quelet,  p.  295. 

Tige  épaisse,  rameaux  dilatés,  comprimés,  glabres,  solides,  les 
latéraux  un  peu  incomplets,  à  divisions  courtes,  légèrement 
rugueux  et  obtus.  Cette  Clavaire  se  trouve  en  automne  dans  les 
bois  ;  sa  couleur  doit  être  blanche,  mais  on  la  rencontre  presque 
toujours  cendrée,  grâce  à  la  présence  des  spores  du  Spheria  clava- 
riarum,  qui  colore  les  rameaux  en  cendré  roux.  Je  conseille  de  ne 
pas  manger  le  Cinerea. 

Clavaire  coquette,  Cl.  crispula,  planche  LXII,  fig.  321. 

Weimm.,  p.  503;  Berkl.,  Outl.,  p.  281  ;  kKickx.,  p.  127  ;  Ft.,  Epie, 
t.  673;  Bull.,  t.  358,  f.   1,  a.  b. 

Glabre,  fragile,  très  rameux,  blanc  ocracé,  tronc  grêle,  à 
rameaux  flexueux,  multifldes,  à  divisions  divariquées,  radicules 
flbrilleuses.  Automne,  dans  les  bois.  —  Comestible. 

Clavaire  pilon,  Cl.  pistillaris,  planche  LXII,  fîg.  322. 

Linn.,  Suce,  n.  1246;  Bull.,  t.  244;  Krombh.,  t.  54,  f.  1,  11;  Quelet, 
t.  21,  f.  2;  Schseff.,  t.  290;  Fr.,  Epie,  p.  676. 

Grand,  gros,  piriforme  renversé,  solitaire,  glabre,  ferme, 
épaissi  en  haut  et  obtus,  jaune,  plein,  tige  d'abord  cylindrique,  se 
ridant,  puis  prenant  une  couleur  bistre,  blanc;  inodore.  Automne  ; 
désagréable  au  goût.  Ne  se  mange  pas. 

Clavaire  inégale,  Cl.  insequalis,  planche  LXIII,  fîg.  325. 
FI.  dan.,  t.  873,  f.  1  ;  Weinm,,  p.  510;  Kickx.,  p.  125;  Cl.  bifurca,  Bulb., 
t.  264,  Fr.,  Epie, -p.  674. 

En  groupes,  fragiles,  d'une  couleur  jaune  ;  rameaux  versiformes, 

simples  ou  fourchus.  Tout  l'été  dans  les  bois.  —  Comestible. 

Clavaire  petit  jonc,  Cl.  juncea,  planche  LXII,  fig.  329. 
Fr.  Epie,  p.  677;  Kickx.,  p.  124;  Berkl.,  Outl.,  p.  283. 

Groupé,   grêle,   presque   égal,    rouge,    mou,   pubescent  étant 

jeune,   glabre  ensuite,   un  peu  fistuleux,  pâle  ou  roux,  à  base 

fibrilleuse;  rampant.  Automne,  hiver,  dans  les  bois,  sur  les  feuilles 

tombées. 

Clavaire  pistilliforme  ;  Cl.  pistilliforma,  planche  LXIII,  fig.  328. 

Solitaire,  glabre,  ferme,  légèrement  épaissi  en  haut,  un  peu 
obtus  ;  tige  cylindrique,  blanche  ;  chair  blanche,  inodore.  Automne, 
dans  les  bois.  —  Comestible. 


160  DESCRIPTION    DES   ESPÈCES 

Clavaire  blonde,  Cl.  helvola,  planche  LXIII,  fig.  329. 
Cl.  cylindrica,  Bull.,  t.  463,  f.  1,  B. 

Moyen,  groupé,  fascicule,  branches  graduellement  renflées, 
fistuleuses,  simples,  fragiles,  allongées,  obtuses,  d'une  couleur 
jaune  à  base  plus  claire.  Été,  automne,  sur  la  terre  dans  les  prés. 
—  Comestible. 

Clavaire  en  crête,  Cl.  cristata,  planche  LXIII,  fig.  330. 
Clavaria   laciniata,   Bull.,    t.    415,   f.   1;  Tkelephor a  cristata,  Fr.,  Epie, 
p.  637;  Merisma  cristata,  Pers.;  Clavaria  cristata,  Quelet,  p.  295. 

Presque  décombant,  glabre,  incrustant,  tuberculeux,  d'une 
couleur  fauve  pâle,  rameaux  plats,  dilatés,  laciniés,  un  peu 
difformes,  frangés  en  crêtes  minces  et  aiguës,  velouté.  Été, 
automne,  dans  les  bois,  parmi  les  Graminées.  Ne  se  mange  pas. 

Clavaire  hydnoïde,  Cl.  hydnoides,  planche  LXIII,  fig.  331. 

Presque  en  buisson,  à  peine  long  d'un  demi-centimètre;  mou, 
subuliforme,  pellucide,  d'une  couleur  bleuâtre,  pâle,  rameaux 
dressés  sur  le  bois  mort.  Été,  automne. 


27»  GENRE,   CALOCERA 

Espèces  cornées,  gélatineuses,  tenaces,  visqueuses,  venant  sur 
le  bois,  sans  tige  distincte. 

Calocaire  en  pointe,  Caloc.  cornea,  planche  LXIII,  fig.  327. 
Batsch.,  f.   161;  Clav.  aculeiformis,   Bull.,  t.  463,  f.  4;Mong.,n°  682; 
Desm.,  exs.,  n°  73;  Fr.,  Epie,  p.  680. 

Extrêmement  petit,  groupé,  simple  ou  bifurqué,  visqueux, 
jaune  orangé,  très  fragile,  à  base  adhérente.  Automne,  sur  le 
bois  demi-pourri.  Ne  se  mange  pas. 

Calocaire  palmé,  Caloc.  palmata,  planche  LVII,  fig.  290. 
Sehum.,  Saell.,  2,  p.  442;  Kickx.,  p.  120;  Fr.,  Epie,  p.  680;  Quelet, 
p.  298. 

Tenace,  comprimé,  rameux,  dilaté  et  divisé  vers  le  haut,  où  les 
petits  rameaux  sont  arrondis  et  même  écartés  ;  d'une  belle  couleur 
jaune  d'or.  Automne  sur  les  souches. 


VINGT-HUITIÈME   GENRE,    TYPHULA  161 

28e  GENRE,   TYPHULA 

Réceptacle  simple  ou  rameux,  très  grêle,  cylindrique,  séparé 
du  pédicelle,  revêtu  de  la  membrane  fructifère  partout,  celle-ci 
portant  des  basides  dans  toute  son  étendue,  souvent  oblitérées,  à 
cause  de  leur  ténuité.  Petits  Champignons  filiformes,  venant  sur 
les  bois  morts.  Ils  diffèrent  des  Clavaires  par  leur  ténuité  et  par 
l'oblitération  des  basides. 

Typhulé  pied  rouge,  Typh.  erytropus,  planche  LXX,  fig.  383. 

Tige  très  grêle,  flexueuse,  un  peu  rameuse,  allongée,  découpée 
en  pinceau  au  sommet,  portée  sur  un  petit  tubercule  radical  d'une 
couleur  fauve.  Dans  les  bois,  sur  les  branchages  morts,  les  copeaux 
pourris.  Printemps,  automne. 

29e  GENRE,   HIRNEOLA 

Ce  genre  offre  des  Champignons  à  chapeau  coriace,  gélatineux, 
en  entonnoir,  ou  seulement  en  forme  d'oreille,  comme  celui  que 
représente  la  fig.  313.  La  membrane  hyméniale  est  située  exté- 
rieurement en  grillage  ;  tous  ces  Champignons  se  gonflent  par  les 
temps  humides. 

Oreille  de  Judas,  Hirneola  Judae,  planche  LX,  lig.  311. 
Batt.,  t.  3,  fig.  T;  Huss.,  I,  t.  S8;  Kroinbh.,  t,  5,f.  SU;  Barla,  t.  44,  f.  17, 
18;  Linn.,  Bull.,  t.  427,  f.  2. 

Ce  Champignon  est  sessile,  mince,  étendu  ;  horizontalement,  il 
présente  presque  toujours  des  échancrures  qui  lui  donnent  la 
forme  d'une  oreille  d'homme.  Sa  surface  supérieure  est  d'un 
brun  rougeâtre,  creusée  en  soucoupe,  diversement  plissée;  la  face 
inférieure  se  montre  plus  pâle,  pulvérulente,  parsemée  de  veines 
saillantes  et  divergentes  ;  sa  consistance  est  gélatineuse,  mais 
ferme  et  élastique.  On  le  rencontre  Tété,  l'automne  sur  les  vieux 
troncs  d'arbre,  principalement  le  sureau.  Légèrement  purgatif. 

30°  GENRE,   EXIDIA 

Réceptacle  mou,  gélatineux,  homogène,  horizontal,  presque 
bordé,  velu,  veiné,  plissé  en  dessus,  lisse  en  dessous,  composé  de 

n 


162  DESCRIPTION   DES   ESPÈCES 

deux  membranes,  dont  la  supérieure  est  ornée  de  papilles  hétéro- 
gènes et  d'une  membrane  qui  recouvre  les  basides  et  les  spores 
explosibles. 

Exidie  plissée,  Exid.  plicata,  planche  LIX,  fig.  30o. 
Klotzscù.,  Bor.,  t.  47;>;  Fr.,  Epie,  p.  694. 

Coussinet  discoïde,  ondulé,  brun  noir,  parsemé  de  papilles 
coniques  scabres,  cendré,  ponctué  à  l'extérieur,  rétracté  et  très 
aminci  parle  temps  sec.  Automne,  sur  les  branches  de  bouleau. 

::i     GENRE,   TREMELLA 

Réceptacle  gélatineux,  mou,  homogène,  presque  transparent, 
polymorphe,  lobé,  plissé,  partout  semblable,  couvert  d'une 
membrane  glabre,  de  texture  fîbroso-celluleuse  ;  basides  épars  à 
la  superficie  de  l'hyménium  qui  est  lisse  et  sans  papilles.  Cham- 
pignons assez  grands  ou  moyens,  se  développant  entre  l'écorce  et 
le  bois  des  racines  ;  de  couleur  ordinairement  jaune  orangé. 

Tremelle  foliacée,  Tremel.  foliacea,  planche  LVII,  lîg.  292. 
Pers.,  Obs.,  2,  p.  98;   !/>-.  Eur.,  I,  p.  101;  Berkl.,  On!/.,  p.  287;  Kickx., 
p.  117;  Bull.,  t.  406,  f.  t.  a.;  Fr.,  Epie,  p.  690;  Quelet,  301. 

Groupé,  grand,  lisse,  diaphane,  ondulé,  plissé,  à  base  crépue, 
sillonnée,  liés  entière.,  de  couleur  cannelle  incarnat. 
Automne  et  hiver,  se  trouve  sur  les  troncs  d'arbres. 


32"  GENRE,  PHALLUS 

Volva  arrondie,  composée  d'une  double  membrane  pleine  de 
gelée,  qui  se  rompt  en  plusieurs  morceaux.  Champignon  campa- 
nule ou  conique,  entier  et  donnant  issue  à  un  mucus  sporulifère, 
tenace.  Les  spores  blanches  sont  sessiles  sur  les  basides.  Pédi- 
celle  spongieux.  Champignon  pourvu  d'un  chapeau  perforé  à  son 
mu n met  et  réticulé  ou  marqué  d'enfoncements  polygones,  d'où 
sort  une  liqueur  visqueuse  dans  laquelle  sont  engagées  les  spores; 
marge  au  bord  du  chapeau  libre.  Les  spores  sont,  en  général, 
ellipsoïdes,  allongées,  rondes,  quelquefois  un  peu  réniformes  et 
mesurent,  en  moyenne,  de  \  à  S  millièmes  de  longueur. 


TRENTE-TROISIÈME   GENRE,    SIMBLUM  163 

Phallus  satyre  impudique,  Ph.  impudicus,  planche  LXIV,  fig.  332. 

Linn.,  Spec,  1648;  Satyre,  Bull.,  t.  18-2;  Midi.,  t.  83;  FI.  dan.,  t.  175; 
Schaeff.,  t.  196,  197,  198;  Corda.,  f.  7,  f.  50;  Kroinbk.,  t.  18,  f.  Kl,  15; 
Berkl.,  t.  20,  fig.  3;  Barla,  t.  46,  fig.  1,  4;  Paul,  t.  191. 

Chapeau  en  forme  de  cône  tronqué  ou  de  cloche,  adhérent  par 
son  sommet  à  l'extrémité  supérieure  du  pédicelle,  libre  dans  le 
reste  de  son  étendue  (V);  la  face  externe  est  parsemée  d'alvéoles 
polygonales,  invisibles  dans  le  jeune  âge.  Elles  sont  remplies  d'une 
couche  charnue,  d'un  vert  foncé,  cpii  est  interrompue  de  temps  en 
temps  par  de  petites  veines  blanches;  ce  sont  les  cloisons  des 
alvéoles  qui  font  saillie.  Le  pédicelle  (fig.  0),  naît  au  centre  de  la 
volve,  sur  la  partie  même  du  plateau;  il  représente  une  colonne 
renflée  a  sa  partie  moyenne  et  atténuée  aux  deux  extrémités.  La 
volve  (fig.  333,  V),  (332,  B),  qui  enveloppe  le  Champignon  est  de  la 
même  nature  que  le  mycélium;  si  on  fait  une  coupe  longitudinale 
on  voit  qu'elle  est  composée  de  deux  membranes  fermes.,  résis- 
tantes, élastiques,  l'une  externe,  V,  l'autre  interne,  E.  qui  se 
terminent  en  cul-de-sac,  b;  et  recouvrent  comme  une  opercule 
l'ouverture  qui  existe  au  sommet  du  chapeau  (fig.  333,  U),  et  se 
prolonge  dans  l'intérieur  du  pédicelle  (d):  en  représentant  le  mucus 
de  la  volve. 

Toute  la  plante  exhale  une  odeur  cadavéreuse  qui  la  fait  recon- 
naître de  loin;  elle  vient  à  terre,  dans  les  bois,,  à  la  fin  de  l'été  et  en 
automne.  Ne  se  mange  pas.  (Fig.  334  petit  et  grand  œuf  de  Phallus.) 

Phallus  chien,  Ph.  caninus,  planche  LXV,  fig.  340. 
Schaeff.,  t.  330;  Bott,,  t.  4(1,  f.  E,  F;  Sow.,  t.  331. 

Chapeau  adhérent,  nu, conique,  perforé  de  cellules  irrégulières. 
Pédicelle  de  6  à  10  centimètres,  flasque,  celluleux,  atténué  en 
bas,  rougâtre  à  son  sommet.  Sa  base  est  entourée  par  un  volva 
qui,  au  jeune  âge,  enveloppe  le  Champignon.  Dans  les  bois,  l'été, 
l'automne,  entre  les  feuilles,  sur  les  troncs  d'arbres  pourris.  Ne 
se  mange  pas.  La  fig.  341-  représente  un  œuf  de  Phallus  caninus. 

33°  GENRE,    SIMBLUM 

Réceptacle  ou  péridium  en  forme  de  volva,  sessile,  radicule 
en  forme  de  lobe. 


164  DESCRIPTION    DES   ESPÈCES 

Simbluni  Klotzsch,  Simblum  periphragmoides,  planche  LXV, 
fig.  33b.  Dessin  de  Léveillé. 

Chapeau  en  forme  de  cloche,  à  face  externe  parsemée  d'alvéoles 
polygonales,  môme  dans  le  jeune  âge,  comme  chez  les  Pézizes  ; 
une  figure  non  numérotée  les  représente  sans  spores.  Ces  alvéoles 
sont  enduites  dîme  pulpe  muqueuse  mêlée  à  la  masse  fibrineuse 
du  chapeau.  Les  basides,  les  cystides  et  les  spores  se  trouvent  dans 
cette  masse  pulpeuse  ou  à  sa  surface.  Le  péclicelle  naît  dans  une 
volve  qui  reste  à  la  base  et  représente  une  petite  colonne.  On  ren- 
contre ce  Champignon  dans  le  Midi  de  la  France.  Tout  l'été.  On 
le  mange  jeune. 

34e  GENRE,   COLEUS.  —  A.  Chevalier  et  P.  Léchier 

Péridium  en  forme  de  volve  radiée,  rompu  en  lobes  portant  à 
son  centre  une  columelle,  composée  de  deux  membranes  disjointes 
par  de  la  gélatine. 

Coleus  kirudiné,  Çol.  hirudinosus,  planche  LXV,  fig.  336. 
Dessin  de  Léveillé. 

Pédicelle  court,  se  divisant  en  rameaux  charnus,  droits,  réunis 
au  sommet  sur  une  base  en  forme  d'entonnoir  et  anastomosés, 
simulant  à  la  surface  un  petit  bassin  aréole,  spores  à  la  surface. 
La  fig.  336  représente  le  Champignon  soulevé  hors  de  sa  volve  ;  la 
fîg.  336,  B,  montre  le  sommet  en  grillage  sans  substance  mucila- 
gineuse.  Ce  Champignon  est  très  commun  dans  les  environs  de 
Toulon.  Ne  se  mange  pas. 

35e  GENRE,  LYSURUS.  —  Fr. 

Réceptacle  pédicule,  charnu,  enfermé  dans  un  volva,  divisé  en 
lanières  du  sommet  à  la  base,  surface  fertile.  Dans  ce  genre  les 
basides,  les  cystides  et  les  spores  sont  situées  à  la  base  des  divi- 
sions des  lanières. 

Lysurus  de  Mokusin,  Lysurus  Mokusin,  planche  LXV,  fig.  337. 
Dessin  de  Léveillé. 

Chapeau  rétréci  à  son  sommet,  se  divisant  en  cinq  lobes  égaux, 


TRENTE-SIXIÈME   GENRE,    LATERNEA  16b 

simples,  avec  bord  à  arêtes.  Ces  lobes  sont  parsemés  sur  leur  bord 
externe  de  basides,  de  cystides  et  de  spores. 

Le  pédicelle  sort  d'une  volve  mince,  blanche;  il  est  comme 
entouré  par  quatre  lobes,  deux  de  charpie  côté  en  forme  de  colonne 
d'un  cris  pâle  en  bas,  souvent  rougeâtre  en  haut  ou  mucilaginenx 
ou  visqueux  selon  le  terrain.  Si  on  t'ait  une  coupe  transversale  du 
pédicelle,  on  voit  la  cavité  centrale  vide  de  tissu  dans  toute  son 
étendue.  La  fig.  337,  le  représente  jeune,  prêt  à  se  développer. 

36e  GENRE,  LATERNEA.  —  Turp. 

Réceptacle  formé  de  plusieurs  branches  simples,  réunies  vers 
leur  sommet,  sortant  d'un  volva  simple  arrondi. 

Laternea  en  colonne,  Laternea  columnata,  planche  LXV,  fig.  338. 
Dessin  de  Léveillé. 

Réceptacle  externe  en  forme  de  volva,  simple,  ensuite  déchiré, 

ouvert,  composé  inférieurement  de  columelles  charnues,  simples, 

jointes  au  sommet,  portant  au  dehors  de  leur  point  de  réunion 

un  réceptacle  cupuliforme  auquel  sont  attachées  les  spores.  Dans 

le  Midi  de  la  France,  en  Italie,  à  Saint-Domingue. 

37e  GENRE,   CLATRACÉS 

Champignon  sessile,  ovoïde  ou  globuleux,  formé  de  rameaux 
charnus,  anastomosés  en  grillage,  émettant  de  tous  côtés  une 
humeur  visqueuse  où  tombent  les  spores. 

Clatrus  (en  grillage^,  Clat.  cancellatus,  planche  LXV,  fig.  339. 
Dessin  de  Léveillé. 

Champignon  sessile,  globuleux  ou  ovoïde,  vide  dans  son  centre; 
tient  à  la  terre  par  une  petite  racine;  sa  volve  est  blanche,  lisse, 
quelquefois  plissée  par  de  petits  carreaux.  Développé,  il  est  charnu, 
globuleux  ou  ovoïde,  vide  dans  le  centre,  haut  de  4  à  8  centimè- 
tres, de  couleur  rouge  feu,  quelquefois  orangé,  jaune  ou  blanche. 
Les  rameaux  s'anastomosent  entre  eux,  formant  une  espèce  de 
voûte,  percée  de  part  en  part  de  larges  trous  carrés  ou  en  losanges. 
Il  est  visqueux;  à  une  certaine  époque,  les  rameaux  tombent  en 
déliquescence  et  entraînent  cystides,  basides  et  spores.  Très  com- 
mun dans  les  Landes;  très  fétide.  Ne  se  mange  pas. 


166  DESCRIPTION    DES    ESPÈCES 

88e  GENRE,  LYGOPERDON  (VESSE-LOUP) 

Réceptacle  turbiné  ou  globuleux,  double,  porté  sur  un  pédicelle 
plus  ou  moins  long.  L'extérieur  à  aréoles  écailleuses,  furfuracées, 
aplaties,  disposées  régulièrement,  parfois  en  tubercules  polygones, 
formant  des  espèces  d'aiguillons;  l'intérieur  est  membraneux,  se 
rompant  irrégulièrement  au  sommet,  contenant  des  basides  et  des 
spores  membraneuses  mêlées  de  filaments  d'abord  secs,  puis  se 
ramollissant  à  leur  maturité.  L'enveloppe  devient  subéreuse,  pul- 
vérulente en  séchant. 

Vesse-loup  des  prés,  Lyc.  pratense,  planche  LXVI,  fig.  342. 
Pers.,  Disp.  meth.;  7;  Bull.,  t.  435,  f.  2. 

Ce  lycoperdon  est  peu  élevé,  hémisphérique,  large  de  4  à6cen- 
limètres,  blanc,  luisant,  mou,  un  peu  lisse,  à  verrues  rares.  Pé- 
dicelle court  ou  nul. 

Eté,  automne,  dans  les  prés,  dans  les  herbes.  Se  mange  jeune. 

Vesse-loup  hérissé,  Lyc.  perlatum,  planche  LXVI,  fig.  346. 

Person.,  Syn.,  7. 

Ce  Vesse-loup  est  d'abord  blanc,  ensuite  fauve  ou  brun;  large 
de  4  à  6  centimètres.  La  base  se  prolonge  plus  ou  moins  en  forme 
de  pédicelle.  Sa  surface  est  recouverte  de  verrues  ou  papilles  fra- 
giles., allongées,  comme  digitées  ou  lacérées  au  sommet;  chair 
blanche,  ferme  dans  le  jeune  Age;  à  sa  maturité  il  se  convertit  en 
une  poussière  brune  cpii  s'échappe  du  sommet. 

Eté,  dans  les  bois.  Se  mange. 

Vesse-loup  piriforme,  Lyc.  piriformis,  planche  LXV1I,  %.  350. 
Schseff.,  t.  293;  Huss..  I,  t.  70;  Lyc.  ovoideum,  Bull.,  433,  f.  3. 

En  touffes,  piriforme,  presque  plissé  sur  le  pédicelle,  fuligi- 
neux, pâle,  à  écailles  très  minces,  un  peu  arrondies,  ensuite  radi- 
cules, fibreuses,  longues.  Eté,  automne,  sur  les  troncs  d'arbres 
en  décomposition.   Se  mange  très  jeune. 

Vesse-loup  d'hiver,  Lyc.  hyemale,  planche  LXVII,  fig.  351. 
Bull.,  t.  340,  373;  Vaill.,  Bot.,  t.  12,  f.  13  et  16. 

Couleur  fuligineuse,  à  verrues  compactes,  piquantes.,  distantes, 
persistantes,  se  détachant  rarement  dans  leur  vieillesse.  Pédicelle 


TRENTE-NEUVIÈME   GENRE,    GEASTRUM  167 

un  peu  long,  presque  cylindrique,  à  peu  près  nu;  fibrilles  radi- 
cales blanches,  allongées.  Dans  les  bois,  l'automne. 
Se  mange  très  jeune. 

Vesse-kmp  géant,  Lyc.  giganteum,  planche  LXVII,  fig.  3a  . 
Schaeff.,  t.   191;  Batsch.,  t.  20,  1".  16b;  Paul,  t.  -200;  f.  I,  201,  f.  4;  Lyc. 
borista,  Linu.,  Pers.,  Syn.,  I;  Huss.,  I,  t.  26. 

CeVesse-loup  des  bouviers,  comme  on  le  nomme  vulgairement, 
acquiert  quelquefois  jusqu'à  40  centimètres  de  diamètre;  il  est 
constamment  rond,  blanc,  fragile,  souvent  lisse,  mais  plus  ordi- 
nairement peluché  ou  floconneux.  Presque  sessile  ;  sa  chair  d  abord 
blanche  passe  peu  à  peu  au  jaune  verdâtre,  puis  au  gris  brun  et 
finit  par  se  convertir  en  une  masse  de  poussière  brun  fuligineux, 
après  quoi  il  se  gerce  et  s'ouvre  à  son  sommet.  On  le  mange  lors- 
qu'il est  jeune,  c'est-à-dire  tant  que  la  chair  reste  blanche  et  ferme, 
droit  à  terre,  en  automne,  dans  les  pâturages,  les  jardins.  11  a  le 
goût  d'un  bon  Champignon. 

On  manque  de  caractères  certains  pour  distinguer  nettement 
les  espèces  du  genre  Lycoperdon.  On  pourrait  en  faire  autant 
d'espèces  que  d'individus,  suivant  leur  âge,  le  lieu,  le  temps  où  ils 
croissent. 

39'    GENRE,   GEASTRUM 

Péridium  globuleux,  double  ;  l'extérieur  coriace,  distinct,  per- 
sistant, se  déchirant  en  plusieurs  lobes  étoiles;  l'intérieur  est 
membraneux,  pourvu  d'une  ostiole  plus  ou  moins  irrégulière. 

Entre  les  deux  péridium  il  y  a  un  roseau,  regardé  comme  une 
sorte  de  volva,  par  M.  de  Candolle. 

Geastrum  roux,  Geast.  rufescens,  planche  LXVI,  fig.  343. 
Fr.,  Syst.,  p.  10;  Mich.,  t.  100;  Lyc.  stellatum,  Bull.,  t.  338. 

Le  péridium  ou  enveloppe  extérieure  est  divisé  en  six  ou  sepl 
segments  ou  rayons,  épais,  coriace,  de  couleur  marron.  L'enve- 
loppe intérieure,  également  marron,  est  sphérique,  se  déchirant 
irrégulièrement  au  sommet,  et  répandent  une  poussière  de  spores 
d'un  brun  roux. 

Automne,  dans  les  bois  sablonneux;  à  Vincennes. 


168  DESCRIPTION    DES    ESPÈCES 

40e  GENRE,  TYLOSTOMÉS 

Réceptacle  globuleux,  déprimé  en  dessous,  papyracé, enveloppé 
dans  une  volve  fugace,  s'ouvrant  par  un  pore  régulier,  cartilagi- 
neux ou  se  déchirant  irrégulièrement.  Pédicule  allongé,  fibreux, 
plein  ou  fistuleux. 

Tylostomé  de  l'automne,  Tyl.  brumale,  planche  LXVI,  fig.  344. 
Lycoperdon. pedunculatum,  Linn.,  Spec,  1G54;  Bull.,  t.  271,  f.  2. 

Péridium  à  ostiole  allongée, blanc, globuleux,  déprimé.  Pédicule 
long  de  4  à  6  centimètres,  fistuleux,  presque  glabre,  parfois  squam- 
muleux.  Parmi  les  mousses,  sur  le  sable,  les  vieux  murs. 

L'hiver  et  au  commencement  du  printemps.  Ne  se  mange  pas. 

41e  GENRE,  LYCOGALA 

Réceptacle  presque  arrondi,  double.  L'extérieur  verruqueux, 
l'intérieur  persistant,  papyracé,  plus  ou  moins  fugace,  s'ouvrant 
à  sa  partie  supérieure;  contenant  une  matière  pulpeuse  qui  ren- 
ferme, à  sa  maturité,  des  spores  sessiles  sur  des  filaments  capil- 
laires. Petits  Champignons  sessiles  de  la  grosseur  d'un  pois. 

Lycogala  miniata,   planche  LXVII,  %.  352. 
Pers.,  Syn.,  158;  Ly.  esperdon,  epidendrum,  Bull.,  t.  503. 

Réceptacle  globuleux,  groupé,  d'abord  d'un  rouge  vif,  puis 
brun  ponctué.  Spores  roses.  Sur  le  bois  mort,  l'été. 

42e  GENRE,  SCLERODERMA 

Réceptacle  presque  globuleux,   sessile  ou  pédicule,   coriace, 
'indéhiscent  ou  se  brisant  au  sommet;   parenchyme    compacte, 
puis  pulvérulent.  Rasides  pressées  les  unes  contre  les  autres. 

.  Scléroderme    à   verrues,    Sclerod.   verrucosum,   planche   LXVI, 
fig.  347. 

Pers.,  Syn.,  154  ;  Lycoperdon  verrucosum,  Bull.  t.  24. 

Réceptacle  presque  globuleux,  verruqueux,  brun  jaune,  violet 
en  dedans.  Pédicelle  épais,  radical;  écailles  ramassées,  petites. 
On  le  trouve  fréquemment  en  automne,  à  terre,  dans  les  bois.  Ne 
se  mange  pas. 


QUARANTE-TROISIÈME   GENRE,    TRICHODERM  \  169 

Scléroderine  commun,  Sclerod.  vulgare,  planche  LXVII,  fig.  353. 
Pers.,  Syn.,  6;  Lycoperdon  aurantinus,  Bull.,  t.  270;  Berkl.,  t.  15,  f.  4. 

Réceptacle  globuleux,  aréole,  écailleux,  d'un  brun  jaunâtre. 
Pédicelle  court,  radical,  se  terminant  par  une  racine  formée  de 
prolongements  réunis  en  touffes.  Sur  le  bord  des  bois,  en  automne. 
Ne  se  mange  pas. 

43e  GENRE,   TRICHODERM  A 

Réceptacle  arrondi  ou  en  forme  de  coussin,  sessile  ou  pédicule, 
partie  supérieure  filamenteuse  et  disparaissant  spontanément  pour 
donner  issue  aux  spores  rondes. 

Trichoderme  vert,  Tricho.  viride,  planche  LXVIII,  tig.  360. 

Arrondi,  étalé,  2  à  3  lignes,  pulvérulent,  verdâtre  ;  villosités 
blanches,  fugaces. 

Sur  l'écorce  des  bois  morts,  les  tiges  des  grandes  plantes,  après 
les  pluies. 

44»  .GENRE,  HYPHELIA 

Réceptacle  sessile,  irrégulier,  étalé,  composé  de  filaments 
lâches  ou  d'une  membrane  fuguce,  de  figure  diverse  ;  spores  nues, 
réunies,  rarement  entremêlées  de  filaments.  Vient  sur  les  écorces. 

Hyphelia  rosea,  planche  LXVIII,  lîg.  359. 

Un  peu  étalé,  planiscule,  couvert  d'une  poudre  rosée;  villosités 
très  ténues,  d'un  beau  rose;  les  plaques  ont  3  ou  4  centimètres  de 
large. 

Sur  les  rameaux  morts,  en  automne  et  au  printemps. 

45e  GENRE,  STEMONITIS 

Réceptacle  globuleux  ou  allongé,  presque  cylindrique,  très 
fugace,  disparaissant  en  entier.  Pédicelle  se  prolongeant  en  une 
longue  columelle  axiforme;  après  la  disparition  du  réceptacle  on 
voit  les  filaments  nus  de  la  columelle  former  le  réseau  sur  lequel 
sont  éparses  les  spores  sessiles. 

Stemonitis  typhina,  planche  LXVIII,  fig.  361. 
Pers.,  Obs.,  I,  p,  37;  Trichia  typhoïdes,  Bull.,  t.  477,  f.  2. 

Réceptacle  cylindrique,  épars,  très  délicat,  presque  courbé,  se 


DESCRIPTION    DES    ESPi  i  ! 


détruisant  facilement;  filaments  ronds,  obtus.  Pédicelle  noir, 
spores  brunes.  Il  ne  reste,  après  la  chute  des  réceptacles,  que  de 
longs  crins  noirs  formes  par  le  pédicelle  et  la  columelle  qui  en  est 
le  prolongement.  Été,,  automne,  sur  les  troncs,  la  terre. 

46°  GENRE,   SPUMARÏES 

Réceptacles  nombreux,  lixés  à  une  membrane  muqueuse  com- 
mune, recouverte  d'une  enveloppe  molle,  difiluente  comme  de 
l'écume  et  qui  se  réduit  enfin  en  poussière. 

Spumaria  alba,  planche  LXVHI,  fîg.  33b. 
Dec.,  FI.  fr.  II,  260;  Relicularia  alba,  Bull.,  t.  326. 

Masse  irrégulière,  étendue,  plissée  d'abord,  comme  écumeuse, 
diffluente,  prenant  de  la  consistance  et  montrant  des  réceptacles 
agglomérés  d'un  blanc  bleuâtre,  souvent  pendants,  se  réduisant 
en  poussière  blanche  à  leur  dessiccation.  Spores  noires  sessiles.  En 
automne,  sur  les  tiges,  les  feuilles,  les  rameaux  tombés,  les 
mousses.  R.  Spores  rondes. 

47°  GENRE,   ^ETHALIUM 


Réceptacle  difforme,  double;  l'extérieur  fibreux,  disparaissant: 
l'intérieur  membrano-celluleux,  s'ouvrant  au  milieu,  contenant 
des  basides  et  des  spores  réunies  par  couches,  séparées  par  des 
membranes.  Champignon  d'abord  mou,  diffluent,  puis  pulvé- 
rulent. 

^Ethalium  flavum,  planche  LXV111,  tig.  3o6. 
Relicularia  lutca,  Bull.,  t.  380,  1'.  1. 

Étalé,  presque  arrondi,  d'abord  jaune,  représentant  une  légère 
écume,  ensuite  plus  solide,  à  superficie  lomenteuse,  à  spores  brun 
noir,  ramassées.  Été.  automne,  sur  la  terre,  les  feuilles,  les 
mousses,  les  tiges  mortes. 

48e  GENRE,   LÎGNIDIUM 

Réceptacle  arrondi  ou  en  forme  de  coussin,  d'abord  mou,  dif- 
fluent. puis  pulvérulent,  se  déchirant.  Spores  groupées,  mêlées  et 
attachées  à  des  flocons  rameux,  réunis  par  la  base. 


QUARANTE-NEUVIÈME   GENRE,    DIDYMIUM  171 

Lignidium  vesiculiferum,  planche  LXVIII,  fig.  357. 

Sporanges  régulièrement  arrondis,  vésiculeux,  lisses,  soyeux, 
assez  fragiles,  papilleux,  sessiles,  ramassés,  blanchâtres,  puis 
noirs.  Spores  mêlées  de  filaments  luisants,  fascicules.  Eté, 
automne,  sur  les  feuilles.  A,  grandeur  naturelle. 

49°  GENRE,   DIDYMIUM 

Réceptacle  globuleux  ou  irrégulier,  double,  tous  les  deux  mem- 
braneux, crustacés,  se  rompant.  L'extérieur  devient  squammuleux. 
Filaments  lixés  à  sa  base. 
Didym.  lobatum,  planche  LXVIII,  fig.  3o8. 

Petit,  persistant.  Réceptacle  arrondi,  globuleux, hémisphérique, 
sessile,  à  membrane  externe  cendrée,  rousse;  l'interne  noire. 
Spores  globuleuses,  noirâtres.  Sur  les  branches  pourries  des 
arbres.  Automne,  hiver. 

Didym.  ciaereum,  planche  LX1X,  fig.  367. 

Physarum  einereum,  Pers.,  %«.,  170;  Trichia  cinerea,  Bull.,  t.  477,  f.  3. 

Membrane  blanche  sur  laquelle  s'élèvent  une  (mile  de  petits 
pédicules  simples,  un  peu  écartés,  portant  chacun  un  réceptacle 
ovoïde,  blanc,  puis  gris,  transparent,  dont  la  membrane  externe 
s'en  va  en  poussière,  à  réseau  gris,  sur  les  feuilles,  les  écorces  et  le 
bois  mort.  Automne.  Q.  Grandeur  naturelle. 

50°  GENRE,   PHYSARUM 

Réceptacle  globuleux  ou  irrégulier,  se  rompant  au  sommet,  puis 
s'en  allant  en  écailles;  filaments  attachés  au  fond  du  réceptacle  ; 
columelle  proéminente  ou  nulle.  Spores  agglomérées. 

Phys.  bullatum,  planche  LXIX,  fig.  364. 
Spxrocarpus  viridis,  Hull.,  t.  4SI,  f.   1. 

Réceptacle  lenticulaire,  granuleux,  vert.Pédicelle  allongé,  grêle, 
briqueté;  filaments  et  spores  brun  noir.  Sur  la  terre  et  les  bran- 
ches mortes.  Automne,  hiver. 

51e  GENRE,   CRATERIUM 
Réceptacle  elliptique,  papyracé,  simple,  lisse,  tronqué  au  -"in- 


1/2  DESCRIPTION    DES    ESPÈCES 

met  et  fermé  par  un  opercule  plan;  filaments  très  fins,  dispa- 
raissant peu  à  peu  ;  filaments  et  spores  blancs. 
Sur  les  feuilles  sèches,  les  mousses. 

Crat.  leucocephalum,  planche  LXIX,  fig.  362. 
Dittm.,  t.  11. 

Réceptacle  en  forme  de  coupe,  brun,  ainsi  que  le  pédicelle  ; 
opercule  convexe,  blanchâtre,  très  fin,  disparaissant  peu  à  peu; 
filaments  et  spores  blancs.  Sur  les  feuilles  sèches.  Réceptacle 
grossi  en  G. 

52e  GENRE,   DIDERMA 

Péridium  globuleux  ou  difforme,  double  membrane  de  chaque 
côté;  l'externe  est  entr'ouverte,  comme  écailleuse;  les  filaments 
sont  floconneux,  tournés  intérieurement  vers  la  base;  columelle 
nulle;  spores  blanches  ou  ferrugineuses,  rondes  et  rassemblées. 

Did.  contextum,  planche  LXIX,  fig.  365. 
Duby,  Bot.,  858;  Sturm.,  t.  39. 

Réceptacle  sessile,  aggloméré,  fixé,  flexueux,  contourné  plu- 
sieurs fois,  un  peu  comprimé;  membrane  externe  d'une  couleur 
citrin;  l'interne,  pâle;  filaments  blancs;  spores  ferrugineuses. 
Dans  tous  les  bois,  sur  les  mousses,  les  brindilles,  les  feuilles 
humides,  à  terre.  Réceptable  grossi  en  N. 

53e  GENRE,  CIONIUM 

Réceptacle  double  ;  l'extérieur  est  d'une  couleur  blanc  jaunâtre, 
persistant;  la  membrane  interne  est  membraneuse,  irrégulière- 
ment ouverte  à  la  maturité  ;  parenchyme  formé  par  un  réseau 
solide,  sans  élasticité,  se  rompant  au  sommet.  Pédicelle  court, 
blanchâtre. 

Cion.  iridis,  planche  LXIX,  fig.  361. 

Réceptacle  sphérique,  d'un  blanc  jaunâtre,  à  pédicelle  court, 
de  la  couleur  du  réceptacle  ;  spores  noires  mêlées,  de  globules 
jaunes.  Sur  le  bois  ou  les  feuilles  en  putréfaction.  Réceptacle  grossi 
en  F. 

54e  GENRE,  LEOCARPUS 

Réceptacle  double;  l'externe  est  en  forme  de  petit  cône  fragile  ; 


CINQUANTE-CINQUIÈME   GENRE,    LEANGIUM  173 

l'interne  est  membraneux,  très  léger,  naissant  sur  l'externe.  Pé- 
dicelle  court,  blanchâtre  ou  coloré,  léger.  Spores  simples,  obs- 
cures. 

Leocarpus  vermicosus,  planche  LXIX,  fig.  363. 

Réceptacle  ovoïde,  oblong,  rouge,  luisant.  Pédicelle  grêle, 
blanc,  à  base  membraneuse;  filaments  blanchâtres,  spores  noires. 
Sur  les  feuilles,  les  rameaux,  les  mousses,  etc.  Dans  les  bois,  à 
l'automne.  Réceptacle  grossi  en  0. 

55"  GENRE,  LEANGIUM 

Réceptacle  globuleux,  irrégulier,  simple,  membraneux,  crus- 
tacé,  fragile,  se  rompant  en  étoile  au  sommet;  filaments  vagues, 
attachés  à  la  base;  columelles  nulles  ou  à  peine  proéminentes. 
Spores  agglomérées. 

'  Leangium  lepidotum,  planche  LXIX,  fig.  363. 

Nombreux,  presque  coriace.  Réceptacle  globuleux,  paillé,  se 
fendant  au  sommet  en  segments  étoiles,  réfléchi.  Pédicelle  allongé, 
grêle,  roux  ;  columelle  grande,  conique,  ramassée.  Sur  le  bois 
mort,  en  automne.   Réceptacle  grossi  en  L. 

56e   GENRE,    ANGIORIDIUM 

Réceptacle  indéterminé,  simple,  papyracé,  fragile,  comprimé, 
verticalement,  rompu  en  une  fente  longitudinale;  spores  rassem- 
blées sous  forme  de  corpuscules  droites,  éparses,  linéaires. 

Angioridium  sinuosum,  planche  LXIX;  fig.  366. 

Réceptacle  convexe,  oblong,  sessile,  lisse,  de  formes  diverses, 
adhérent;  membrane  externe  blanche;  l'interne  bleuâtre;  spores 
brunes.  Sur  les  petites  tiges  des  arbres  et  des  herbes  en  putréfac- 
tion. Automne.  Réceptacle  grossi  en  N. 

57e  GENRE,  TRIGHIA.  —  Hall. 

Réceptacle  simple,  se  rompant  irrégulièrement  au  sommet, 
globuleux,  allongé.  Pédicelle  nu,  cylindrique,  ferme;  spores 
simples,  d'abord  attachées,  puis  réunies  en  forme  de  tétraèdre, 
se  divisant  à  la  maturité. 


1  T -î  DESCRIPTION    DES    ESPÈCES 

Tirchia  cerina,  planche  LXX,  fig.  378. 

Réceptacle  ovoïde,  d'abord  blanc,  mou,  puis  d'un  fauve  sale. 
Pédicelle  court,  conique,  filiforme.  Spores  noires,  sur  les  troncs 
pourris  dans  les  bois.  Réceptacle  grossi  en  U. 

:;n    GENRE,   ARGYRïA.  —  Hall. 

Réceptacle  membraneux,  simple,  presque  cylindrique,  s'ouvrant 
en  travers  ;  la  partie  supérieure  très  fugace,  l'inférieure  persistante, 
cupuliforme.  Spores  éparses  parmi  les  filaments,  qui,  de  la  base, 
sortent  avec  élasticité  sous  forme  de  réseau.  Columelle  nulle. 

Arcyria  incarnata,  planche  LXIX,  1  i y .  àij'.t. 

Ramassé,  couleur  rouge.  Pédicelle  court,  canaliculé;  chevelure 
ovoïde-cylindrique,  étalé;  membrane  sous-jacente  nulle.  En 
automne,  sur  les  branches  pourries  des  chênes. 

o9c  GENRE,   CIRRHOLUS.  —  Mart. 

Réceptacle  simple,  globuleux,  membraneux,  se  fondant  irrégu- 
lièrement; columelle  en  spirale;  spores  très  petites,  globuleuses, 
non  entremêlées  de  filaments  (espèce  très  rare). 

Cirrholus  flavus,  planche  LXX,  fig.  370. 

Réceptacle  rond,  couché,  se  déchirant  très  irrégulièrement  pour 
donner  passage  à  une  columelle  élastique  en  forme  de  spirale. 
Automne,  sur  le  bois  mort.  Réceptacle  et  columelle  grossis  en  S. 

60u  GENRE,   DICTYDIUM 

Réceptacle  globuleux,  simple,  membraneux,  veiné,  réticulé, 
formé  entièrement  de  filaments,  s'ouvrant  presque  toujours  en 
une  sorte  de  grillage.  Spores  agglomérées,  entourées  par  le 
réseau  filamenteux. 

Dictydium  cernuum,  planche  LXX,  fig.  377. 

Réceptacle  globuleux,  dénudé,  droit,  dressé,  grillé,  d'une  cou- 
leur brun  pourpre.  Pédicelle  simple ,  un  peu  court  et  épais. 
Automne,  sur  le  bois  mort.  Réceptacle  grossi  en  R. 


SOIXANTE    ET    UNIÈME   GENRE,    CKIIUPJA  171) 

61°  GENRE.    CRIBARIA.  —  Schrad. 

Réceptacle  presque  globuleux,  simple,  membraneux,  s'ouvrant 
par  moitié  dont  l'inférieure  persiste.  Filaments  formant  en  dessus 
un  réseau  libre  qui  maintient  les  spores  réunies. 

Cribaria  vulgaris,  planche  LXX,  fig.  375. 

Réceptacle  rapproché,  globuleux,  penché,  jaune,  strié  à  la  base. 
Pédicelle  allongé,  roux,  llexueux.  Sur  les  troncs  putrides,  les 
mousses,  les  feuilles  dans  les  buis.  Automne,  hiver.  Réceptacle 
grossi  en  T. 

62e   GENRE,  LIGE  A 

Réceptacle  papyracé,  déterminé,  simple,  persistant,  lisse,  cylin- 
drique ou  globuleux,  s'ouvrani  irrégulièrement  ou  en  travers. 
Spores  opaques,  ramassées,  mêlées  de  filaments  rares  ou  nuls. 

Petits  Champignons  sessiles,  tubuleux  ou  arrondis. 

Licea  strobilina,  planche  LXX ,  fig.  379. 

Réceptacles  presque  arrondis,  oblongs,  très  nombreux,  d'une 
couleur  brun  terne,  à  spores  jaune  sale.  Automne,  sur  les  écailles 
des  sapins,  sur  les  feuilles,  à  terre.  Réceptacle  grossi  en  V. 

63°  GENRE,   CLISOSPORIUM.  —  Fr. 

Réceptacle  membraneux, sessile,  s'entr'ouvrant  irrégulièrement. 
Spores  globuleuses,  petites,  très  nombreuses,  d'abord  gélatineuses, 
ensuite  transparentes. 

Clisosporium  carii,  planche  LXX,  fig.  380. 

Filaments  extrêmement  courts,  comme  pulvérulents,  formant 
des  plaques  blanchâtres  ou  jaunâtres.  Spores  rondes,  petites, 
gélatineuses  ou  transparentes.  Champignon  qu'on  peut  observer, 
en  automne,  sur  les  feuilles  et  les  bois  pourris. 

Ci    GENRE,   POLYANGIUM 

Réceptacle  sessile,  globuleux,  hyalin,  puis  ouvert,  creux  à  l'in- 
térieur ,  sans  tissu  cellulaire;  sporangioles  peu  nombreuses, 
libres  ou  réunies  en  petits  tas.  Réceptacle  externe  coloré  jaune 
ou  rougeâtre.  L'intérieur  parsemé  d'une  masse  granuleuse. 


176  DESCRIPTION    DES    ESPÈCES 

Polyangium  vitelinum,  planche  LXX,  fig.  382. 

Réceptacle  oblong,  globuleux ,  petit ,  sessile,  couleur  jaune 
d'oeuf,  aggloméré  en  petits  tas,  ayant  à  la  base  un  coussin  un  peu 
tomenteux.  Automne,  sur  le  bois  mort.  Coussin  grossi  en  Z. 

65e  GENRE,  CILICIOCARPUS 

Réceptacle  floconneux,  fugace,  supporté  par  une  racine  rameuse, 
blanche  à  la  base  ;  sporanges  nombreux,  rassemblés,  agglomérés, 
lâches,  globuleux,  rempli  à  l'intérieur  d'une  pulpe  gélatineuse, 
floconneuse  et  un  peu  fibreuse.  Spores  simples,  continues,  pou- 
dreuses et  colorées.  Champignon  épiphyte  à  racine  en  forme  de 
pédicelle,  rameuse,  blanche,  charnue. 

Ciliciocarpus  hypogeus,  planche  LXX,  fîg.  381. 

Réceptacle  pédicule,  urcéolé,  fibreux,,  arrondi,  subéreux,  d'une 
couleur  roux  pâle,  vernuqueux  extérieurement,  s'ouvrant  irrégu- 
lièrement. Sporanges  sphériques.  Pédicelle  court,  blanc,  rameux. 
Spores  nues,  ovales.  La  fîg.  X  représente  un  réceptacle  grossi.  Été, 
automne,  sur  les  couches. 

66e  GENRE,   CYATUS 

Réceptacle  coriace,  légèrement  filamenteux  à  l'extérieur,  pres- 
que arrondi  ou  cupuliforme,  renfermant  clans  sa  jeunesse  une 
pulpe  gélatineuse  où  sont  contenus  les  péridiums,  de  la  forme  et 
presque  du  volume  d'une  petite  lentille;  à  la  maturité  ils  restent 
attachés  dans  cette  corbeille  par  un  étroit  funicule  ayant  les 
spores  fixées  au  centre.  Petit  Champignon  en  forme  de  godet, 
croissant  en  groupes  sur  le  bois. 

Cyathus  striatus,  planche  LXVI1I,  fîg.  362. 

Réceptacle  épars,  conique,  renversé,  laineux,  grisâtre,  ferrugi- 
neux, strié  longitudinalement  ;  de  couleur  plombé  en  dedans. 
Opercule  membraneux,  blanc;  péridium  pâle.  Eté,  sur  la  terre  et 
le  bois  pourri. 

On  voit  un  opercule  détaché  en  R. 


SOIXANTE-SEPTIÈME   GENRE,   NIDULARIES]  177 

67"  GENRE,   NIDULARIES 

Réceptacle  arrondi  ou  urcéolé,  coriace  ;  ouverture  irrégulière  ou 
orbiculoire,  nue  ou  munie  d'un  épiphragme.  Sporanges  super- 
posés, le  plus  souvent  lenticulaires,  sessiles  ou  attachés  à  un  funi- 
cule  élastique. 

Nidularia  granulifera,  planche  LXVIII,  fig.  365. 

Réceptacle  cylindrique,  à  peine  tomenteux,  légèrement  ocré, 
rose  pâle  en  dedans,  non  strié.  Péridium  petit,  lisse,  rose,  puis  un 
peu  pâle.  Printemps,  sur  le  bois  mort. 

68e  GENRE,    GAUTIERA.  —  Vitt. 

Réceptacle  rond,  s'entr'ouvrant  à  l'extérieur;  l'intérieur  est 
celluleux,  poreux,  en  forme  d'alvéoles,  radié  à  la  base.  Cellules 
couvertes  d'un  hyménium  basidiophore  ;  basides  la  plupart  à 
deux  spores,  les  petites  portées  sur  de  petits  stérigmates.  Spores 
ovales  atténuées  à  la  base;  épispore  plié,  strié  longitudinalement 
ou  en  forme  de  mosaïque. 

Gautiera  morchelliformis,  planche  LXVIII,  fig.  363. 

Réceptacle  rond,  globuleux,  strié,  ocracé,  tacheté  et  marqueté 
de  grisâtre  ;  l'intérieur  est  poreux,  en  forme  d'alvéoles  étroites  ; 
la  surface  est  tapissée  par  l'hyménium  ;  basides  à  deux  spores,  à 
deux  loges,  portées  par  des  stérigmates  courts. 

Été,  automne,  au  pied  des  bouleaux,  des  charmes,  dans  la 
terre  à  une  petite  profondeur. 

69°  GENRE,   HYDNANGIUM.  —  Vitt. 

Réceptacle  couvert,  toujours  fermé,  fibreux,  charnu,  finement 
membraneux,  d'une  couleur  chair  un  peu  ferrugineux;  l'intérieur 
élastique  gélatineux,  à  cavités  étroites,  inégales,  rondes  ou  oblon- 
gues.  Hyménium  celluleux;  basides  en  forme  de  petit  cône  pointu, 
stérigmate  court.  Spores  petites,  globuleuses,  très  caractéristiques 
pour  ce  genre. 

Hydnangium  carneum,  planche  LXVIII,  fig.  364. 

Réceptacle    tuberculeux,   arrondi,  non  rugueux,   d'un  roux 

12 


178  DESCRIPTION  DES  ESPÈCES 

ocracé,  assez  régulier,  filamenteux  à  la  base,  charnu  intérieure- 
ment, parsemé  de  veines  jaune  rose,  à  anastomoses  fréquentes. 
Spores  globuleuses,  petites,  portées  sur  des  stérigmates  courts. 

On  les  rencontre  en  automne,  dans  les  bois,  quelquefois  à  kl 
surface  du  sol  où  leur  base  est  entourée  d'un  mycélium  mince. 


Division    II.    —    THÉCASPORES 

Les  Champignons  de  cette  division  sont  extrêmement  nombreux 
et  faciles  à  reconnaître  par  leur  structure  spéciale. 

On  y  distingue,  à  l'œil  nu,  le  réceptacle  proprement  dit  et,  au 
microscope,  trois  espèces  de  tissus  ;  le  cortical,  le  parenchyma- 
teux,  Thyménial  ;  ce  dernier  formé  de  thèques  dans  lesquelles  les 
spores  sont  renfermées.  Ces  thèques  placées  à  l'intérieur  ou  à 
l'extérieur  du  réceptacle  peuvent  être  entremêlées  de  paraphyses 
ou  nues. 

Les  Thécasporés  se  développent  sur  les  feuilles  mortes,  les 
tiges  des  plantes,  les  troncs  d'arbres  qui  commencent  à  se  décom- 
poser, sur  la  terre  et  dans  tous  les  pays.  Ils  sont  très  variables 
comme  forme,  structure,  taille,  couleur;  de  plus,  leur  singulier 
mode  de  végétation  les  signale  à  l'attention  de  l'observateur.  Afin 
d'en  faciliter  l'étude,  je  les  divise  en  Thécasporés  charnus,  comes- 
tibles, et  en  Thécasporés  charbonneux,  non  comestibles. 

Prenons  pour  type  une  espèce  très  estimée:  la  Morille,  regardée 
comme  une  friandise  par  les  amateurs  de  Champignons. 

Les  Morilles  commencent  leur  développement  sous  la  terre, 
sur  un  mycélium  uniformément  composé  d'un  mucilage  unicolore, 
mais  d'une  texture  très  appréciable  au  microscope.  Si  on  examine 
les  filaments  d'une  petite  Morille  sur  son  mycélium,  on  observe 
des  cellules  plates  très  fines,  diversement  ramifiées  et  anastomo- 
sées; puis,  au  sommet  du  petit  cône  et  sur  les  côtés,  un  lacis  de 
cellules  globuleuses  qui  acquièrent  en  peu  de  temps  un  volume 
assez  considérable  par  rapport  à  l'exiguïté  du  support  qui  restera 
le  pédicelle.  Ces  filaments  sont  remplis  d'une  substance  plastique 
à  laquelle  le  sommet  de  la  Morille  devra  sa  coloration  jaunâtre 
et  les  cellules  globuleuses  s'allongent  par  leur  sommet,  formant 


DIVISION   II.   —  THÉCASPORÉS  179 

un  grand  nombre  de  tubes  distincts.  Épais,  très  obtus,  à  cavités 
continues.  Peu  à  peu  il  apparaît  dans  l'intérieur  une  substance 
granuleuse  et  globuleuse,  inégale:  c'est  le  protoplasma  qui  servira 
d'aliment  à  d'autres  tubes  de  la  même  sorte,  naissant  sur  la  même 
cellule  globuleuse.  Cette  nouvelle  génération  atteint  un  allonge- 
ment qui  peut  égaler  de  trois  à  cinq  fois  le  diamètre  du  filament 
générateur  ;  mais  le  plus  remarquable  c'est  surtout  le  mode  d'ac- 
croissement de  ces  filaments  qui  se  divisent  sur  le  chapeau  de  la 
Morille  en  plusieurs  loges  ou  alvéoles  séparées  par  des  cloisons 
verticales  et  qui  se  coupent  à  travers  leur  axe  de  figure.  Au  fur  et 
à  mesure  que  chacun  de  ces  filaments  parvient  à  sa  croissance 
normale,  toute  la  longueur  de  la  cellule  se  renfle  insensiblement 
de  distance  en  distance  en  six  ou  huit  petits  corps  sphéroïdes  à 
peine  visibles  ;  ce  sont  les  spores  formées  librement  au  sein  du 
protoplasma  qui  remplit  ces  cellules  désignées  sous  le  terme  de 
thèques  et  qui  se  recouvrent  peu  à  peu  d'une  enveloppe ,  sans 
adhérer  à  la  cellule  mère.  Ce  mode  de  développement  a  valu  aux 
Champignons  le  nom  d'Endosporés.  Dans  cette  division,  l'organe 
fertile  de  l'hyménium  appelé  thèque  est  toujours  entouré  d'autres 
cellules  stériles,  d'une  forme  grêle,  allongées  en  simples  filaments  : 
ce  sont  les  paraphyses  qui,  plus  ou  moins  abondantes,  se  trans- 
forment quelquefois  en  thèques.  (La  fig.  384, 2,  de  la  planche  LXXI, 
représente  les  thèques  ;  la  fig.  3,  les  paraphyses).  A  la  maturité, 
les  thèques  laissent  échapper  des  spores  qui  se  déposent  en  fine 
poussière. 

Quelques  espèces  d'Helvelles  s'emploient  aux  mêmes  usages, 
bien  que  leur  apparence  soit  différente;  les  Morilles  et  les  Hel- 
velles  peuvent  être  séchées  facilement  (ce  qui  augmente  leur  prix) 
et  servent  d'assaisonnement  en  hiver,  saison  dans  laquelle  les 
Champignons  frais  de  toute  nature  sont  difficiles  à  rencontrer. 

Le  genre,  très  nombreux,  des  Pezizes  se  divise  en  plusieurs 
groupes;  les  espèces  à  grande  taille  sont  généralement  terrestres; 
elles  ont  la  réputation  d'être  comestibles,  mais  sans  grande  valeur. 
Quelques-unes,  possédant  une  saveur  franche  de  Champignon, 
prennent  à  la  cuisson  un  goût  nitreux  très  marqué,  et  sont  fort 
peu  recherchées  par  conséquent.  Les  plus  petites  espèces  se  trou- 
vent sur  les  menues  branches,  les  vieilles  souches,  les  feuilles 
des  plantes  mortes,  etc. 


180  DESCRIPTION   DES   ESPÈCES 

En  France,  les  Truffes  abondent;  on  en  trouve  aussi  quelques 
espèces  en  Algérie.  Ce  sont  des  Champignons  souterrains,  de 
structure  assez  particulière.  L'hyménium  est  en  forme  d'asques 
ou  larges  sacs,  contenant  de  grandes  et  belles  spores,  souvent 
colorées,  composées  d'une  membrane  nommée  épispore,  qui  peut 
être  suivant  les  espèces,  lisse,  verruqueuse  ou  lacuneuse.  L'épis- 
pore  est  souvent  partagée  en  alvéoles  polygonales,  terminées  par 
des  cloisons  minces,  membraneuses  et  proéminentes.  Chez  les 
Truffes  il  n'y  a  pas  de  disposition  spéciale  pour  la  dissémination 
des  spores,  car  la  vie  souterraine  de  la  plante  les  rendrait  toutes 
inutiles;  mais  on  peut  distinguer  deux  cas  :  tantôt  le  sac,  contenu 
a  l'intérieur  de  la  cellule  mère,  se  forme  par  un  renflement  plus  ou 
moins  sphérique  ou  allongé  à  l'extrémité  du  filament  qui  cons- 
titue seul  le  réceptacle  :  les  spores  sont  immobiles;  tantôt  le 
réceptacle  donne  naissance  à  des  cellules  cylindriques  ou  sphé- 
riques,  soit  disséminées  dans  un  parenchyme,  soit  groupées  côte 
à  côte  en  hyménium,  et  il  n'est  pas  rare  de  voir  les  cellules  ainsi 
créées  aux  dépens  du  tissu  parenchymateux,  s'isoler  en  partie 
les  unes  des  autres.  Ces  cellules  de  formation  secondaire  se  divi- 
sent, se  séparent  en  groupes  sur  le  môme  filament,  de  façon  à 
produire  deux  sortes  de  cellules  distinctes  que  l'on  nomme  stylo- 
spores  et  paraphyses. 

FÉCONDATION    DES   THECASPORES 

On  a  longtemps  soupçonné  chez  ces  Champignons,  mais  sans 
preuves  certaines,  l'existence  d'une  reproduction  sexuée;  depuis, 
des  observations  multiples,  des  faits  nombreux  se  sont  accumulés 
et  aujourd'hui  on  n'a  plus  aucun  doute  sur  ce  phénomène.  Parmi 
les  savants  qui  ont  reconnu  certains  actes  de  copulation  dans  les 
cellules  des  Thécasporés  jeunes,  je  citerai  le  professeur  de 
Bary  (1),  le  docteur  Woronin  (2),  M.  Tulasne  (3),  dans  VAsco- 
bolus  pulcherrimus  de  Crouan.  Woronin  s'est  assuré  que  la  coupe 
doit  son  origine  à  un  tube  court  et  flexible,  plus  gros  que  les 
autres  branches  du  mycélium,  et  qui  bientôt  est  partagé,  par  des 
cloisons  transversales,  en  une  série  de  cellules  dont  l'accroisse- 

(1)  De  Bary,  Ami.  des  Se.  nul.,  5e  série,  p.  343. 

(2)  Woronin,  Beilr.  sur  Morph.  und  Plujs.  de  Pilze,  par  de  Bary,  II,  1800,  p.  1-14. 

(3)  Tulasne,  Ami.  des  Se.  nal.,  S"  série,  octobre  1800,  p.  211. 


DIVISION   II.    —    TIIÉCASPORÉS  181 

ment  successif  donne  finalement  à  l'ensemble  une  apparence 
noueuse  et  inégale.  11  appelle  vermiforme  le  corps  ainsi  formé  et 
désigné  maintenant  sous  le  nom  de  Scolécite.  M.  Tulasne  dit  que 
le  corps  annulaire  ou  scolécite  peut  être  aisément  isolé  dans 
VAscobolus  purpuraceus.  Quand  les  jeunes  réceptacles,  encore 
sphériques  et  blancs,  n'ont  pas  atteint  un  diamètre  de  plus  d'un 
vingtième  de  millimètre,  il  suffît  de  les  comprimer  légèrement 
pour  en  déterminer  la  rupture  au  sommet  et  pour  chasser  le  sco- 
lécite, placé  au  centre  d'une  petit  sphère  et  formé  de  six  ou  huit 
cellules  courbées  en  forme  de  virgules. 

J'ai  fait  une  série  d'expériences  sur  la  fécondation  dans  toutes 
les  classes,  mais  un  Champignon  de  cette  division,  le  Bah/aria 
inquinans  (planche  LXXIII,  fig.  393),  m'a  particulièrement 
donné  des  résultats  que  je  dois  rapporter.  Le  Bulgaria  se  déve- 
loppe entre  les  écorces  du  chêne,  du  charme,  du  châtaignier; 
on  doit  le  choisir  jeune;  plus  tard  sa  coloration  noire  rend  les 
phénomènes  de  la  fécondation  très  difficiles  à  observer  ;  puis  sa 
surface  ne  tarde  pas  à  se  couvrir  de  gerçures  irrégulières  à  mesure 
que  la  cupule  se  creuse;  ces  gerçures  rejettent  au  dehors  une 
matière  pultacée  ou  semi-pulvérulente,  plus  ou  moins  abon- 
dante, presque  toute  composée  de  stylospores;  à  cet  âge,  la 
cupule  est  formée  du  réceptacle  et  de  l'hyménium,  occupant 
toute  la  surface  supérieure.  Quand  l'été  est  suffisamment  humide, 
cette  Pezize  se  développe  avec  rapidité  sous  forme  de  cupule 
jaunâtre  très  obtuse,  entre  les  fissures  des  écorces  d'arbres  morts. 

Primitivement  la  masse  comprend  un  lacis  confus  de  filaments 
très  fins  au  milieu  d'un  mucilage  épais,  divisé  en  lobes  multiples 
et  irréguliers:  ce  sont  les  extrémités  obtuses  de  ces  lobes  réunis 
au  sommet  du  petit  tubercule  qui  engendrent  dans  leur  milieu  les 
spermaties  et  s'entr'ouvrent  pour  leur  livrer  passage.  Une  coupe 
longitudinale  très  mince,  placée  sur  le  champ  du  microscope, 
présente  des  filaments  droits,  cylindriques,  fistuleux,  hyalins, 
colorés  en  jaune  foncé  ;  sur  ces  filaments  naissent,  de  distance  en 
distance,  des  cellules  plus  allongées  qui  se  ramifient:  c'est  l'ébau- 
che du  tissu  hyménial  encore  mal  défini.  Ces  cellules  ont  l'appa- 
rence de  petites  papilles  et  sont  encore  mélangées  aux  filaments, 
sans  cependant  s'anastomoser  avec  le  mycélium.  Le  moment  de 
leur  formation  est  le  plus  favorable  pour  étudier  la  fécondation. 


182  DESCRtPTION   DES   ESPÈCES 

Le  mycélium  est  pour  ainsi  dire  couvert  d'une  multitude  de  petits 
mamelons  obtus,  peu  saillants,  d'une  couleur  jaunâtre,  premier 
rudiment  de  la  Pezize;  les  fdaments  intérieurs  de  chaque  mamelon 
se  partagent  en  petites  cellules  et  les  deux  extrémités  d'un  fila- 
ment formé  croissent  régulièrement  en  longueur,  paraissant 
comme  des  rameaux  superposés;  cetle  formation  s'opère  graduel- 
lement de  la  base  du  petit  mamelon  à  son  sommet.  A  ce  moment, 
la  couche  de  filaments  la  plus  extérieure  s'isole  circulairement  en 
se  courbant  un  peu  au  dehors;  la  couche  interne  est  comme  géla- 
tineuse. 

Dans  ce  milieu,  on  distingue  une  cellule  d'une  forme  toute 
particulière,  beaucoup  plus  rigide  que  celles  de  même  provenance 
et  qui  de  moment  en  moment  gagne  considérablement  en  volume, 
devient  plus  forte,  plus  rigide  que  les  autres  cellules  de  même 
provenance,  engendre  sur  toute  sa  surface  des  hyplies  étages  en 
verticilles  imparfaits  et  rapprochés.  Ces  cellules  nouvelles  se  bifur- 
quent à  peu  de  distance  de  leur  base,  et  leur  diamètre  de  plus  en 
plus  inégal  s'allonge  en  décrivant  un  arc  de  cercle;  en  même 
temps  la  cavité  de  la  cupule  d'abord  continue,  se  divise  au 
sommet  par  des  cloisons  perpendiculaires  en  plusieurs  articles 
pour  donner  naissance  aux  thèques  et  aux  paraphyses.  La  cellule 
mère  qui  les  avait  produits  devient  plus  globuleuse,  son  inté- 
rieur est  plein  d'une  substance  jaunâtre,  hyaline,  qui  ne  tarde 
pas  à  se  diviser  en  plus  ou  moins  de  portions  distinctes,  s'arron- 
dissant  en  petites  sphères  qui  s'éloignent  alors  des  parois  de  la 
cupule  pour  se  grouper  vers  son  centre  où  cette  masse  nage  dans 
un  liquide  aqueux;  le  sommet  de  la  cellule  devient  globuleux  et 
prend  la  forme  d'une  sphère.  Si  le  scalpel  n'a  pas  tué  les 
cellules,  si  la  préparation  sur  laquelle  on  observe  est  bien  faite, 
on  aperçoit  assez  distinctement  un  filament  venant  du  mycélium, 
ayant  d'abord  un  aspect  grêle  et  une  forme  particulièrement 
cylindrique;  il  arrive  au  sommet  de  la  sphère,  cesse  de  s'al- 
longer, se  renfle  un  peu  en  se  limitant  au  bas  par  une  cloison; 
puis  son  intérieur  s'organise  et  le  protoplasma  se  sépare  en  petits 
globules;  cette  cellule  grêle,  cylindrique,  change  en  quelques 
heures  de  forme,  prend  l'aspect  d'une  cellule  oblongue  faiblement 
courbe,  s'allonge  en  pointe  tubuleuse,  traverse  la  paroi  de  la 
sphère,  et,  en  s'ouvrant  à  son  extrémité,  lui  épanche  son  proto- 


DIVISION   II.    —   TIIÉCASPORÉS  183 

plasma.  J'ai  cherché  bien  des  fois  à  voir  le  contenu  de  cet  organe 
mâle  sans  y  parvenir,  à  cause  de  la  rapidité  du  mouvement  et  du 
changement  de  préparation. 

M.  Tulasne,  qui  a  suivi  ce  développement  dans  d'autres  espèces, 
donne  le  nom  de  scolécite  à  la  sphère  et  nomme  anthéridie  ou 
organe  mâle  le  filament  cylindrique. 

A  la  suite  de  la  fécondation,  le  scolécite  s'allonge  de  plus  en 
plus,  jusqu'à  ce  qu'il  forme  un  tube  légèrement  courbe,  sur  lequel 
apparaissent  d'autres  filaments  ;  à  sa  surface  interne  naissent  de 
petits  ramuscules  qui  se  dirigent  en  haut,  se  ramifiant  dans  leur 
partie   basilaire  et  s'allongeant  pour   former  l'hyménium  :   on 
reconnaît  là  les  paraphyses.  A  côté  se  développent  d'autres  fila- 
ments qui  se  dirigent  tantôt  à  droite,  tantôt  à  gauche  delà  cupule, 
sont  plus  ou  moins  étalés,  se  cloisonnent,  se  ramifient  plus  ou 
moins  considérablement,  selon  la  saison.  La  seconde  formation 
après  le  mycélium  ce  sont  les  Hyphes  qui,  avec  les  paraphyses, 
constituent  une  partie  importante  du  réceptacle  ;  le  sommet  de  la 
cupule  est  formé  par  ces  cellules  qui  n'ont  pas  de  communication 
immédiate  entre  elles.  Après  la  fécondation  seulement,  les  hyphes 
offrent  de  distance  en  distance,  des  excroissances  latérales  qui 
grossissent  peu  à  peu,  s'allongent,  se  séparent  ensuite  de  la  cellule 
mère  par  une  paroi  transversale;  la  nouvelle  cellule  absorbe  tout  le 
protoplasma  de  la  cellule  mère,  acquiert  peu  à  peu  la  forme  d'une 
thèque,  et  lorsqu'elle  a  atteint  sa  plus  grande  dimension,  il  se  forme 
dans  son  milieu  une  substance  plastique,  d'apparence  granuleuse. 
Si  on  l'observe  attentivement,  on  voit  qu'elle  est  comme  oléagi- 
neuse et  très  réfringente  ;  des  vacuoles  se  forment  de  distance  en 
distance  ;  à  ce  moment  paraissent  les  nucléus,  facilement  recon- 
naissables  à  leur  forme  sphérique  et  à  leur  réfringence.  Ces 
thèques  s'arrondissent  dans  leur  partie  supérieure,   sans  rien 
perdre  de  leur  structure;  puis  les  nucléus  disparaissent  tout  à 
coup,  le  protoplasma  se  divise,  devient  plus  granuleux,  principa- 
lement à  la  partie  supérieure;  les  spores  commencent  à  se  former, 
la  première  au  sommet  de  la  thèque,  mais  souvent  elles  appa- 
raissent toutes  à  la  fois  au  nombre  de  huit.  On  ne  distingue 
d'abord  qu'une  petite  masse  globuleuse  de  protoplasma  qui  prend 
rapidement  la  forme  sphéroïdale  et  peu  à  peu  devient  réfringente; 
au  centre  de  chacun  de  ces  globules,  on  aperçoit  un  petit  nucléus 


184  DESCRIPTION   DES   ESPÈCES 

ayant  le  même  aspect,  la  même  forme,  un  peu  moins  de  réfrin- 
gence peut-être,  que  le  générateur  de  la  thèque.  Bientôt  la  spore 
change  ;  sa  forme  primitive  devient  ovoïde  ;  c'est  à  ce  moment 
que  s'opère  la  fécondation  dans  toutes  les  thèques,  et,  phénomène 
curieux,  ce  petit  globule  qui  était  trouble  devient  plus  réfringent 
et  s'entoure  de  l'endospore. 

Cette  dernière  membrane  passe  par  une  série  de  transfor- 
mations successives  ;  elle  s'épaissit  d'abord,  puis  se  dédouble  pour 
donner  naissance  à  l'exospore.  La  spore,  parvenue  à  sa  maturité 
parfaite,  se  compose  donc  de  son  contenu  protoplasmique,  d'une 
membrane  incolore,  l'endospore,  et  de  l'exospore  coloré  ;  chaque 
spore,  dès  cet  instant  semble  vivre  par  elle-même  ;  mais  à  leur 
maturité,  toutes  se  dirigent  vers  le  sommet  de  la  thèque,  s'y 
groupent  de  manières  diverses  et  sont  prêtes  à  être  lancées  au 
dehors  au  moment  de  la  déhiscence. 

De  récentes  observations  microscopiques  de  l'atmosphère 
montrent  la  grande  quantité  de  spores  et  de  cellules  qui  y  sont 
continuellement  en  suspension.  La  majorité  de  ces  cellules  sont 
vivantes  et  prêtes  à  entrer  en  germination  dès  qu'elles  trouvent 
des  conditions  favorables,  c'est  ce  qui  est  hors  de  doute,  car 
lorsque  les  préparations  ont  été  tenues  en  observation  pendant 
assez  longtemps,  la  germination  a  eu  lieu  rapidement  dans  beau- 
coup d'entre  elles. 

Tels  sont  les  principaux  phénomènes  de  la  fécondation,  phéno- 
mènes que  j'ai  dû  me  contenter  d'analyser  succinctement,  car  un 
examen  complet  m'eut  entraîné  trop  loin. 

70-  GENRE,   GEOGLOSSUM.  —  Pers. 

Pédicelle  allongé,  cylindrique,  dressé,  terminé  par  une  massue; 
hyménium  solide,  ovoïde,  épaissi,  portant  des  thèques  de  toutes 
parts,  distinctes  du  pédicelle.  Ce  sont  des  Champignons  terrestres, 
allongés,  groupés,  charnus,  simples,  vert  foncé,  à  pédicelle  très 
grêle  et  très  distinct  du  sommet. 

Geoglossum  glabrum,  planche  LXII,  ûg.  323. 

Glabre,  sec,  noir,  linguiforme,  lisse,  comprimé  ;  pédicelle  un 
peu  écailleux,  à  base  blanche,  velue.  —  Vient  en  automne,  sur 
les  souches,  dans  les  bois. 


SOIXANTE-ET-ONZIÈME  GENRE,    MORCHELLA  18S 

71°  GENRE,   MORCHELLA.  —  Pillenius 

Les  Morilles  ont  un  chapeau  ovoïde  ou  conique,  plissé,  réticulé, 
formant  des  alvéoles  nombreuses  et  irrégulières,  portées  par  un 
pédicelle  creux;  hyménium  supérieur,  persistant,  renfermant  des 
thèques  fixes.  Ce  sont  des  Champignons  mous,  fragiles,  semi- 
transparents,  venant  sur  la  terre  au  printemps. 

Morchella  nigra,  planche  LXXII,  fig.  384. 

Chapeau  presque  cylindrique,  aigu,  noir,  à  côtes  longitudinales 
constantes,  liées  pa*'  des  rides  transversales  formant  des  aréoles 
profondes,  oblongues  linéaires.  Pédicelle  lisse,  petit,  mince. 
Sur  le  bord  des  chemins,  au  printemps.  —  Comestible. 

Morchelle  comestible,  Morch.  esculenta,  planche  LXX,  fig.  385. 
Linn.,  Spec,  1648;  Pers.,  Syn.,  018:  Bull.,  t.  218. 

Chapeau  fort,  gros,  ovoïde,  obtus,  à  côtes  formant  des  aréoles 
anastomosées.  Pédicelle  lisse,  cylindrique,  blanc,  mou,  gros. 
Au  printemps,  sur  la  terre,  dans  les  bois.  —  Comestible  délicat. 

72e  GENRE,   VERPA.  —  Swartz 

Chapeau  pédicelle,  conique,  fixé  par  le  centre,  charnu,  mem- 
braneux, n'adhérant  pas  latéralement  au  pédicelle,  lisse  sur  les 
deux  faces  ;  membrane  fructifère  supérieure,  ridée,  contenant  des 
thèques  fixées  par  la  base.  Ce  genre  ne  diffère  des  Helvelles  que 
par  la  forme  régulière  du  chapeau. 

En  forme  de  dé,  Verpa  Krombholzii,  planche  LXX,  fig.  386. 

Chapeau  un  peu  cylindrique,  digitiforme,  d'une  couleur  terre 
sombre.  Pédicelle  grêle,  atténué  en  bas,  blanc  pâle.  Avril,  mai; 
Chantilly,  Compiègne.  —  Comestible. 

73°    GENRE,    HELVELLA.  —  Linné 

Chapeau  irrégulier,  orbiculaire,  sinué,  réfléchi  sur  les  bords, 
bombé  en  dessus,  concave  et  stérile  en  dessous,  divisé  en  lobes 
plies  et  rabattus,  libres  ou  adhérents  au  pédicelle  ;  membrane 
fructifère  supérieure  lisse,  persistante,  sans  veines  ni  aréoles, 
portant  des  thèques  fixes.  Les  Helvelles  sont  des  Champignons 
fragiles,  semi-transparents. 


186  DESCRIPTION   DES   ESPÈCES 

Helvelle  crépue,  Helv.  crispa,  planche  LXXII,  fig.  388. 
Fries.,  Sysl.  myc,  II,  14;  Bull.,  t.  466,  Helvella  milra, 

Chapeau  courbé  en  mitre,  lobé,  libre,  crispé,  très  grand  et  gros, 
pâle  en  dessus,  un  peu  noirâtre  en  dessous.  Pédicelle  fîstuleux, 
blanc,  à  côtes  anastomosées,  lacuneux.  Tout  l'été,  dans  les  bois 
humides.  —  Comestible. 

Helvella  farinosa,  planche  LXXII,  fig.  389. 
Chapeau  moyen,  en  forme  de  mitre,  uni  en  dessous  et  en  dessus, 
non  ondulé  ;  ce  chapeau  a  deux  lobes  aigus  et,  en  complète  crois- 
sance, devient  chamois  pâle.  Pédicelle  grêle,  plein,  lisse,  cassant, 
élastique,  effleuri.  Assez  fréquent  dans  les  bois,  en  septembre, 
octobre.  —  Comestible. 

74e  GENRE,   PEZIZA 

Le  genre  Pezize,  très  étendu,  se  partage  en  groupes  parmi 
lesquels  les  Aleuria  sont  généralement  terrestres.  Ce  groupe 
renferme  presque  toutes  les  espèces  à  grande  taille  ;  quelques- 
unes  cependant,  appartenant  au  genre  Lachnca,  sont  en  partie 
terrestres,  en  partie  épiphytes.  Les  plus  petites  espèces  se 
trouvent  sur  les  menues  branches  et  les  feuilles  des  plantes  mortes  ; 
d'autres  sont  parasites  sur  les  vieux  Champignons.  Les  Pezizes 
ont  un  réceptacle  cupuliforme,  bordé,  d'abord  presque  fermé  par 
contiguïté  del'épiderme,  puis  ouvert;  hyménium  lisse,  persistant, 
distinct,  contenant  des  thèques  amples,  fixes,  lançant  avec  élasti- 
cité leurs  spores.  Ce  sont  de  petits  Champignons  charnus  ou  ciri- 
formes,  sessiles  ou  pédicellés. 

Pezize  orangé,  Peziza  coccinea,  planche  LXXIII,  fig.  392.  A,  thèques 
et  paraphyses. 

Schœff.,  t.  148;  Bull.,  t.  474. 

Groupé,  presque  sessile;  cupule  d'abord  régulière,  puis  irrégu- 
lière, est  parfois  creusée  en  soucoupe  et  régulière,  d'autres  fois 
roulée  en  oublis,  dimidiée  ou  lobée  ;  d'une  couleur  rouge  orangé 
en  dedans,  jaune  blanc  au  dehors.  Dans  les  bois,  en  été  et  en 
automne,  sur  la  terre,  la  mousse,  au  bord  des  fossés. 

Comestible  ;  sans  saveur. 

Pezize  des  sapins,  Peziza  abietina,  planche  LXXIII,  fig.  39b. 

Champignon  de  grande  taille,  presque  sessile,  groupé;  cupules 


SOIXANTE-QUINZIÈME   GENRE,   ASCOBOLUS  187 

membraneuses,  cériformes,  roulées  en  limaçon,  à  grande  ouver- 
ture, jaune  chamois  clair  en  dehors  et  en  dedans.  Sur  la  terre, 
dans  les  bois  de  pins,  août,  septembre  ;  saveur  faible.  —  Comes- 
tible. 

Pezize  en  coupe,  Peziza  acetabulum,  planche  LXXIII,  fig.  396. 
Linn.,  Spec,  1650;  Bull.,  t.  485,  f.  4;  Bot.,  t.  13,  f.  I. 

Cupule  grande  en  forme  de  coupe ,  fuligineuse  et  à  veines 
épaisses,  rameuses  en  dehors.  Pédicelle  fistuleux,  court,  pâle, 
lacuneux,  sillonné.  Cette  espèce  est  la  plus  grande  dans  un  large 
rayon  autour  de  Paris.  Sur  la  terre,  les  lieux  ombragés,  au  prin- 
temps. —  Comestible.  La  lettre  Z  représente  les  thèques  et  les 
paraphyses  faiblement  grossies. 

75"  GENRE,    ASCOBOLUS 

Mon  savant  collègue,  M.  Boudier,  a  étudié  ce  groupe  (voir  son 
Mémoire  sur  les  Ascobolés,  Annales  des  Sciences  naturelles, 
5e  série,  volume  X,  1869.).  Ces  petits  Champignons  se  présentent 
d'abord  sous  la  forme  d'un  petit  globe  arrondi  et  presque  entière- 
ment cellulaire  ;  A,  réceptacle  hémisphérique  ou  en  forme  de 
cupule.  Les  thèques  sont  proéminentes,  grandes,  claviformes, 
distinctes,  adhérentes,  se  rompant  avec  élasticité  et  contenant 
huit  spores  sur  une  seule  série. 

Ascobulus  furfuraceus,  planche  LXXIII,  fig.  394. 
Pers.,  Obs.,  I,  t.  4,  f.  3,6;  Peziza  siereoraria,  Bull.,  t.  376. 

Cupules  sessiles,  fragiles,  concaves,  grises  ou  verdâtres,  d'abord 
plissées  et  fermées  en  haut,  puis  s'ouvrant  ;  abords  calleux,  furfu- 
racées  à  l'extérieur.  Très  commun  à  la  fin  de  l'été,  sur  la  bouse 
de  vache  ancienne  ;  on  voit  à  la  loupe  les  thèques  qui  sont  allon- 
gées et  de  couleur  noire. 

76°  GENRE,   BULGARIA 

Ces  Champignons  ont  un  réceptacle  orbiculaire,  ventru,  turbiné, 
d'abord  clos,  puis  ouvert,  un  peu  plan,  gélatineux  en  dedans, 
rugueux  en  dehors  ;  ils  sont  souvent  accompagnés  de  corps  clavi- 
formes de  même  couleur  qui,  dans  la  saison,  peuvent  se  trouver 
seuls  et  s'appelaient  autrefois  Tremella.  La  partie  supérieure  de 


188  DESCRIPTION   DES   ESPECES 

ces  massues  répand  une  grande  abondance  de  spermaties  recti- 
lignes  et  très  déliées.  Mais  auparavant  elles  sont  couvertes  de 
conidies  globuleuses.  Le  Bulgaria,  à  sa  maturité  complète,  déve- 
loppe sur  son  hyménium  des  asques  délicats  claviformes,  renfer- 
mant chacun  huit  spores  transparentes,  allongées,  de  sorle  qu'il 
existe,  dans  ce  genre  curieux,  trois  sortes  de  fruits,  appar- 
tenant au  même  Champignon,  savoir  :  des  conidies  et  des  sper- 
maties hors  de  la  phase  Tremella,  et  des  spores  contenues  dans  des 
thèques  à  la  maturité.  Pour  plus  de  détails,  j'engage  le  lecteur  à 
lire  la  description  de  Tulasne,  dans  le  Selectœ  Fungorum  Carpo- 
logia,  volume  III. 

Bulgaria  inquinans,  planche  LXXIII,  fîg.  393. 
Fr.,  Syst.  myc,  II,  167;  Peziza  nigra,  Bull.,  t.  400,  f.  t. 

Cupules  d'abord  régulières,  ovoïdes,  closes,  puis  à  disque  dilaté, 
plan,  concave,  turbiné,  enfin  irrégulier,  ferme,  ridé,  sillonné, 
rougeâtre  à  l'extérieur,  noir,  teignant  les  doigts  en  dedans.  Très 
commun  sur  le  vieux  bois,  dans  les  chantiers,  les  forêts.  Ce  Cham- 
pignon a  parfois  plus  de  cinq  centimètres  d'étendue.  —  Comes- 
tible, mais  peu  délicat. 

77"  GENRE,   SPHiERIA.  —  Haller 

Ce  genre,  qui  varie  considérablement  selon  les  espèces,  contient 
une  très  grande  quantité  de  Champignons  dont  le  nombre  s'accroît 
chaque  jour.  Le  caractère  général  de  toutes  ces  espèces,  c'est  le 
réceptacle  qui  enveloppe  l'hyménium  et  qui,  à  la  longue,  s'ouvre 
au  sommet  par  un  pore  ou  ostiole.  Dans  quelques  espèces,  le 
réceptacle  est  simple  ;  il  est  composé  chez  d'autres  ;  plongé  dans 
un  stroma,  ou  libre  ;  charnu  ou  cireux,  enfin  membraneux.  Une 
remarque  importante  à  faire,  c'est  que  l'hyménium  n'est  jamais 
à  nu.  Le  conceptacle  consiste  ordinairement  en  une  couche 
extérieure,  de  structure  cellulaire,  lisse  ou  poilue,  ordinairement 
noirâtre,  et  en  une  couche  intérieure  de  cellules  compactes  qui 
donnent  naissance  à  l'hyménium.  Un  savant  de  grand  mérite, 
M.  Fabre,  d'Avignon,  bien  connu  pour  ses  livres  pédagogiques, 
publie,  dans  les  Annales  des  Sciences  naturelles,  un  travail  remar- 
quable sur  les  spores  des  Sphœria  qui  présentent  des  variétés 
presque  infinies  dans  leurs  types  et  leurs  formes.  M.  Tulasne  nous 


SOIXANTE- DIX-HUITIÈME   GENRE,   TUBER  189 

a  fait  connaître  parmi  les  Sphaeriacées,  un  grand  nombre  d'in- 
dividus chez  lesquels  existent  des  organes  multiples  de  repro- 
duction. 

Sphaeria  ophroglossoides,  planche  LXII,  fîg.  321. 
Ehrb.,  Eus.,  100;  Clavaria  radicosa,  Bull.,  t.  440,  f.  2;  Sphxria radicosa, 
Dec,  Fl.fr.,  II,  p.  283. 

Tige  longue,  charnue,  grêle,  jaune  à  l'intérieur,  d'un  jaune 
noirâtre  en  dehors,  renflée  au  sommet  en  une  courte  massue, 
autour  de  laquelle  sont  nichées  les  loges,  et  donnant  naissance 
intérieurement  à  de  longues  racines  flexueuses  et  jaunâtres,  au 
moyen  desquelles  cette  espèce  est  toujours  fixée  ;  les  thèques  sont 
filiformes,  transparentes  et  contiennent  des  spores  simples,  dispo- 
sées sur  deux  rangs. 

Réceptacle  plus  ou  moins  sphérique,  charnu,  indéhiscent  et  non 
séparable  du  parenchyme  sans  déchirement,  lisse  ou  verruqueux, 
pourvu  d'un  mycélium  persistant;  sa  chair  est  composée  d'un  tissu 
cellulaire  condensé,  sous  forme  de  membranes  ténues  et  anasto- 
mosées, qui  imitent  les  veines  d'un  tissu  cellulaire  simple, 
parsemé  de  sporanges  arrondis,  ovoïdes  ou  allongés,  sessiles  ou 
munis  d'un  court  funicule,  transparents  et  renfermant  d'une  à  huit 
spores  rondes  ou  ovales,  lisses  ou  papilleuses. 

78°  GENRE,   TUBER 

Pour  compléter  rémunération  des  espèces  comestibles,  il  ne 
me  reste  plus  qu'à  parler  des  Champignons  souterrains,  dont  la 
Truffe  est  le  type. 

En  France,  nous  avons  l'espèce  la  plus  parfumée  du  monde, 
le  Tuber  cibarium,  Tuber  melanospemum,  Tuber  magnatum, 
etc.  La  Truffe,  qui  appartient  à  presque  toutes  nos  provinces,  est 
abondante  dans  la  Guyenne,  le  Périgord,  la  Provence,  le  Dauphiné, 
le  Poitou,  le  Languedoc;  se  retrouve  dans  le  Nivernais,  etc. 

Les  diverses  opinions  formulées  sur  la  nature  de  ce  précieux 
produit  ont  été  groupées  et  décrites  par  M.  Chatin,  dans  son  très 
intéressant  travail  sur  la  Truffe  (Bouchard,  Huzard,  éditeurs, 
1869,  Paris).  Avant  d'écrire  son  livre,  M.  Chatin  a  étudié  surplace 
les  conditions  de  la  production  ;  il  a  recueilli  les  observations  de 


190  DESCRIPTION   DES   ESPÈCES 

tous  ceux,  trufficulteurs,  rabassiers  ou  chercheurs  de  truffes,  négo- 
ciants et  autres  qui  pouvaient  l'éclairer  de  leurs  appréciations  per- 
sonnelles. 

Tuber  cibarium,  planche  LXXI,  fig.  390. 
Chevall.,  FI.,  par.,  I,  T,  10,  f.  S;  Bull.,  t.  356. 

Enveloppe  d'un  noir  brunâtre,  verruqueuse,  à  verrues  prisma- 
tiques, polygonales,  souvent  marquées  de  taches  couleur  de  rouille, 
de  la  grosseur  d'une  noisette  jusqu'à  celle  du  poing  et  plus. 
L'intérieur  est  d'un  noir  violet  ou  rougeâtre,  parcouru  de  veines 
d'abord  blanchâtres,  puis  rougeâtres  ;  sporanges  ou  capsules 
souvent  prolongés  en  un  appendice  caudiforme,  et  contenant  ordi- 
nairement quatre  spores,  parfois  une  à  trois  seulement.  Spores 
elliptiques  arrondies,  opaques,  noirâtres,  hérissées  de  courtes 
papilles  conoïdes  aiguës.  —  Comestible;  odeur  des  plus  agréables. 

79°  GENRE,  ELAPHOMICES 

Réceptacle  hypogé,  arrondi,  tubéreux,  lisse  à  sa  surface;  chair 
devenant  pulvérulente  avec  l'âge;  péridium  épais,  dur;  thèques 
globuleuses.  Champignons  d'habitudes  souterraines  et  de  struc- 
ture assez  particulière. 

Dans  ce  genre,  une  couche  extérieure  de  cellules  forme  une  sorte 
de  réceptacle  plus  ou  moins  développé.  Cette  enveloppe  renferme 
l'hyménium,  qui  est  sinueux  et  présente  souvent  des  lacunes. 
Depuis  quelques  années,  un  nombre  relativement  considérable 
de  ces  tubercules  a  été  découvert  dans  les  environs  de  Paris  par  les 
cryptogamistes.  La  structure  générale  des  Elaphomices  peut  être 
étudiée  dans  l'espèce  Muricatus. 

Elaphomices  muricatus,  planche  LXVI,  fig.  348. 

Champignon  souterrain,  de  forme  globuleuse,  de  la  grosseur 
d'une  noix,  sans  racines,  à  réceptacle  dur,  ferme,  d'un  blanc  rou- 
geâtre, sans  verrues  ;  sa  chair,  dans  le  jeune  âge,  est  d'un  blanc 
rougeâtre,  passe  petit  à  petit  au  brun  et  finit  par  se  transformer 
en  une  poussière  brunâtre,  entremêlée  de  filaments  jaunâtres.  On 
le  rencontre  du  printemps  à  l'automne,  dans  les  bois  de  châtai- 
gniers et  de  chênes  des  terrains  sablonneux.  —  Ne  se  mange 
pas. 


DIVISION  III.  —   CLINOSPORÉS  191 

Division    III.    —    CLINOSPORÉS 

Les  Champignons  appartenant  à  la  division  des  Clinosporés 
sont  extrêmement  nombreux  et  ordinairement  peu  volumineux. 
Les  spores  sont  fixées  sur  un  clinode,  et  le  clinode  est  tantôt  nu, 
tantôt  renfermé  dans  l'intérieur  d'un  réceptacle,  le  plus  souvent 
corné.  Ces  Champignons  se  composent  presque  entièrement  d'un 
mycélium  filamenteux,  d'où  naissent  directement  les  sporanges. 
Beaucoup  d'espèces  sont  sessiles,  comme  les  Tuberculaires,  dont 
la  forme  à  conidies  est  un  des  Champignons  les  plus  communs,  et 
croît  en  petits  nodules  rouges  sur  toutes  les  branches  mortes.  La 
surface  de  ces  branches  est  souvent  couverte,  d'un  bout  à  l'autre, 
de  petites  proéminences  roses,  brillantes,  faisant  saillie  à  travers 
les  écorces.  Vers  l'une  des  extrémités  de  la  branche,  les  proémi- 
nences sont  d'une  couleur  plus  foncée  et  plus  riche,  comme  de 
la  sanguine.  L'œil  nu  suffit  pour  découvrir  les  différences  entre 
deux  pustules,  et,  au  point  où  ces  deux  pustules  se  mêlent,  on 
remarque  de  petites  taches  de  sanguine  qui  se  détachent  sur 
les   marques   roses. 

En  enlevant  l'écorce,  on  voit  que  les  corps  roses  sont  plus 
pâles,  ets'épanouissent  vers  le  haut  en  une  tête  globuleuse  couverte 
d'un  cendré  délicat.  A  la  base,  cette  tête  pénètre  jusqu'à  l'intérieur 
et  il  s'en  détache,  dans  toutes  les  directions,  des  fils  de  mycélium 
confinés  à  l'écorce,  et  ne  parvenant  pas  dans  les  tissus  du  bois 
placés  au  dessous.  Le  même  Champignon  a  deux  sortes  de  fruits: 
l'un,  propre  à  la  forme  rose  du  Tubercularia,  avec  des  conidies 
nues  et  délicates  ;  l'autre,  appartenant  aux  Champignons  mûrs, 
enfermé  dans  des  asques  et  engendré  dans  les  parois  du  réceptacle. 
On  sait  depuis  longtemps  que  de  tels  cas  ne  sont  pas  rares, 
mais  ils  ne  peuvent  toujours,  ni  même  souvent,  être  aussi  distinc- 
tement observés  que  dans  les  Tuberculariés  :  c'est  pourquoi  j'ai 
choisi  comme  exemple  une  espèce  aussi  universellement  connue 
et  que  chacun  peut  facilement  rencontrer  sur  les  plantes  mortes. 

Occupons-nous  maintenant  des  Champignons  qui  se  développent 
sur  les  plantes  vivantes  et  prenons  comme  exemple  le  genre  Spha- 
celia,  formé  par  Léveillé.  Ce  nom  rappelle  en  même  temps,  et 
l'action  de  l'ergot  de  seigle  sur  l'économie,  et  la  couleur  noire  qu'il 


102  DESCRIPTION   DES   ESPÈCES 

imprime  à  l'ovaire.  On  sait  que  l'ergot  des  céréales  occupe  depuis 
longtemps  les  esprits;  chacun  croit  en  connaître  la  nature  et  la 
cause  ;  tous  les  ans  on  parle  de  nouveaux  moyens  appliqués  à  en 
prévenir  la  formation.  Malheureusement,  de  tous  les  procédés 
proposés  jusqu'à  ce  jour,  il  n'en  est  aucun  qui  remplisse  son  but. 
Le  développement  de  l'ergot  commence  par  la  formation  d'un 
mycélium  filamenteux  qui  s'établit  à  la  surface  de  l'ovaire  des 
Graminées.  Au  début  ce  n'est  qu'un  corps  mou,  visqueux  et  fétide, 
difforme  en  raison  de  la  compression  qu'il  éprouve  de  la  part  des 
enveloppes  florales.  Si  on  fait  une  coupe  transversale  de  la  fleur 
et  qu'on  l'examine  au  microscope  avec  un  grossissement  de  400 
diamètres,  on  voit,  à  la  base  de  l'épillet,  un  point  noir  qui  n'est 
pas  homogène;  au-dessus,  une  masse  visqueuse  formée  de  petits 
filaments  distincts,  invisibles  à  l'œil  nu  :  c'est  le  mycélium  de  la 
sphacélie.  Ces  filaments  mycéliens  se  développent  rapidement,  se 
feutrent,  se  rangent  concentriquement  de  dehors  en  dedans  en 
couches  demi-solides,  au  milieu  d'un  magma  de  nature  chimique 
différente.  L'ovaire  est  donc  ainsi  remplacé  peu  à  peu  par  ce  tissu 
mycélien;  mais  il  conserve  sensiblement  sa  forme;  on  aperçoit 
le  stigmate  à  son  extrémité  supérieure.  En  détachant  une  petite 
parcelle  du  tissu  mycélien,  on  voit,  avec  le  même  grossissement, 
sa  surface  creusée  de  sillons  profonds  donner  naissance  à  des 
basides  rayonnantes,  et,  au  sommet  de  ces  basides,  naître  quatre 
ou  six  conidies.  Ces  conidies  peuvent  germer  rapidement,  si  le 
milieu  leur  est  propice,    en   reproduisant  aussitôt  de  nouvelles 
conidies  qui,  à  leur  tour,  parvenues  sur  d'autres  fleurs  degrami- 
mées,  donnent  une  nouvelle  sphacélie.  A  mesure  que  l'ovaire 
prend  de  d'accroissement,  il  pousse  en  dehors  l'ergot.  Celui-ci 
se  rompt  quelquefois  en  traversant  les  glumes;  dans  ces  cas, 
toutes  les  parties  de  la  fleur  sont  agglutinées  ensemble.  On  ren- 
contre souvent  les  anthères  collées  à  la  surface  des  glumes;  elles 
sont  entières,  linéaires;  leur  loges  sont  fermées  et  remplies  de 
pollen,   circonstance  qui  prouve  que  le   développement  de   la 
sphacélie    précède    l'anthère.    Au    résumé,    le    développement 
de    l'ergot    des   Graminées  commence    par   la   formation    d'un 
mycélium  filamenteux  qui  s'établit  à  la  surface  de  l'ovaire;  celui- 
ci  est  donc  remplacé  peu  à  peu  par  ce  mycélium,  donnant  nais- 
sance à  des  conidies  (variété  de  spores)  qui  en  produisent  sponta- 


QUATRE- VINGTIÈME  GENRE,   USTILAGO  193 

nément  d'autres  d'où  naît  la  sphacélie.  Le  mycélium  de  la  spha- 
célie  forme  à  la  surface  de  l'ovaire,  quand  la  germination  des 
conidies  a  atteint  son  apogée,  un  feutrage  dense  de  filaments 
solides,  tout  d'abord  entouré  par  le  tissu  de  la  sphacélie:  c'est  le 
début  de  l'ergot  qui  s'accroît,  mûrit  et  durcit.  Sur  l'ergot,  au 
printemps,  se  développent  des  réceptacles  fructifères  en  forme  de 
tête  sphérique,  et  pleins  de  spores  qui,  placées  dans  un  milieu 
favorable,  émettent  autant  de  tubes  germinatifs  :  c'est  le  mycélium 
de  la  sphacélie. 

80°  GENRE,   USTILAGO 

Les  Ustilago,  les  Uredo,  sont  certainement,  parmi  les  petits 
Champignons  les  plus  anciennement  connus.  Les  livres  saints  nous 
apprennent,  en  effet,  que  Moïse  menaçait  de  la  rouille,  les  Hébreux 
rebelles  à  ses  volontés.  Chez  les  Romains,  cette  maladie  était  con- 
sidérée comme  le  plus  redoutable  ennemi  des  agriculteurs  ;  aussi 
avaient-ils  élevé  au  dieu  et  à  la  déesse  Rubigo  des  temples  où  ils 
invoquaient  ces  divinités  pour  préserver  les  champs  du  terrible 
fléau.  Le  jour  de  la  fête  des  Rubigoles,  fixé  au  15  avril  par  Numa, 
la  onzième  année  de  son  règne,  on  immolait,  au  rapport  d'Ovide, 
Columelle,  Varron,  etc.,  une  brebis  ou  un  chien  ;  pendant  le  sacri- 
fice, l'encens  fumait  dans  le  temple,  et  le  vin  coulait  abon- 
damment. 

La  famille  des  Urédinées,  telle  que  les  auteurs  la  reconnais- 
sent, est  assez  nombreuse  en  genres  ;  la  nature,  le  nombre,  la 
position  respective  des  organes  qui  la  distinguent,  ne  permettent 
guère  d'en  exposer  les  caractères  d'une  manière  succincte  et 
claire.  Elle  comprend  des  Champignons  parasites  ordinairement 
très  petits  et  réunis  en  grand  nombre,  qui  se  développent  sous 
l'épiderme  ou  dans  les  tissus  des  plantes,  et  se  montrent  au  dehors 
après  la  déchirure  de  ceux-ci  ou  leur  désorganisation.  Les  spores, 
rondes  ou  ovales,  transparentes  ou  opaques,  semblables  à  de 
la  poussière,  diversement  colorées,  isolées,  réunies  en  gâteau, 
ou  articulées  bout  à  bout  comme  les  grains  d'un  collier,  naissent 
immédiatement  d'un  clinode  charnu  ou  filamenteux,  nu  ou 
contenu  dans  un  réceptacle  ;  elles  sont  nues  ou  renfermées  dans 
des  sporanges  sessiles  ou  pédicellés,  à  une  ou  plusieurs  loges. 
Les  Urédinées  comprennent  quatre  sections  que  l'on  peut  regarder 

13 


194  DESCRIPTION   DES   ESPÈCES 

comme  autant  de  petites  familles,  les  Acidies,  les  Phragmidies, 
les  Urédinés,  les  Ustilaginés  ;  la  première  appartient  aux  Clino- 
sporés  encloclines,  et  les  trois  autres  aux  Clinosporés  ectoclines. 

Ustilago  segetum,  planche  LXXIV,  fig.  401. 

Le  charbon  (Ustilago  segetum)  se  développe  sur  presque  toutes 
les  Graminées;  on  ne  le  voit  jamais  sur  les  feuilles  ou  les  chaumes, 
mais  il  attaque  les  pédicelles  des  épillets,  les  glumes  et  les  grains  : 
le  froment,  l'orge,  l'avoine  en  sont  particulièrement  affectés,  môme 
quand  leurs  épis  se  trouvent  encore  profondement  enfermés  dans 
les  feuilles.  Les  plantes  malades  sont  plus  petites,  leur  vert  moins 
vif;  à  la  sortie  des  épis,  les  grains  sont  noirs,  rapprochés;  quel- 
ques jours  après,  par  l'agitation  du  vent,  ils  se  réduisent  en  une 
poussière  noire  et  il  ne  reste  plus  que  le  squelette  fortement 
défiguré  de  l'épi. 

Une  autre  espèce  de  charbon  (Ustilago  maydis)  se  développe 
dans  toutes  les  parties  de  la  plante;  sur  la  tige  elle  détermine  les 
tumeurs  qui  après  s'être  ramollies,  tombent  en  poussière  et  lais- 
sent des  ulcères  sanieux  à  leur  place;  lorsque  l'épi  est  envahi, 
il  n'est  pas  rare  de  le  trouver  entièrement  stérile.  On  ne 
peut  confondre  le  charbon  avec  aucune  autre  maladie  des  grains, 
parce  qu'il  se  dissipe  en  poussière  au  moindre  contact.  Les  spores, 
vues  au  microscope,  sont  extrêmement  petites,  très  lisses,  d'un 
noir  fuligineux,  et  dépourvues  de  toute  espèce  d'appendice.  La 
germination  se  produit  facilement  par  un  temps  chaud;  le  tube, 
un  peu  plus  petit  à  sa  base,  germe  clans  l'espace  de  quinze  à  dix- 
huit  heures;  son  contenu  devient  grossièrement  granuleux.  En 
même  temps  se  montrent  sur  le  tube  de  petits  appendices,  rétré- 
cis à  la  base,  dans  lesquels  passe  une  partie  du  protoplasma;  ils 
mûrissent  alors  pour  former  des  sporules,  tandis  qu'un  sporule 
terminal  apparaît  généralement  sur  les  fils. 

Du  sporule  primaire  naissent  des  sporules  secondaires  qui  sont 
d'ordinaire  plus  petits  et  donnent  lieu  quelquefois  à  une  troisième 
génération. 

La  rouille,  mais  surtout  le  charbon  et  la  carie,  causent  de  grands 
ravages;  aussi  les  agriculteurs  ont-ils  sérieusement  cherché  à  les 
détruire  sans  y  parvenir,  toutefois. 

Tessier,  Traité  des  maladies  des  grains,  p.  236. 


DIVISION  IV.   —  CYSTOSPORÉS  195 

Division    IV.   —    CYSTOSPORÉS    (ASCOMYCÈTES) 

Ces  Champignons  ont  le  réceptacle  floconneux,  cloisonné,  sim- 
ple ou  rameux;  des  spores  continues,  renfermées  dans  un  sporange 
terminal,  membraneux,  muni  ou  non  d'une  columelle  centrale. 
Cette  division  comprend  beaucoup  d'espèces  très  intéressantes  et 
très  instructives,  plusieurs  des  phénomènes  remarquables  qu'elles 
présentent  ayant  plus  ou  moins  de  rapports  avec  la  reproduction. 
Récemment  MM.  Van  Thieghem  et  Lemonnier  ont  fait  sur  un 
groupe  de  Mucorinées  (Ann.  de  Se.  Nat.,  1873,  p.  335)  ;  des  recher- 
ches par  lesquelles  on  peut  se  former  une  idée  générale  de  la 
structure  des  Mucors.  Prenons  comme  exemple  le  Mucor  mu- 
ceclo,  qui  est  l'espèce  la  plus  commune.  Si  on  place  du  fumier 
frais  de  cheval  dans  une  atmosphère  humide  et  renfermée,  sous 
une  cloche  de  verre,  la  surface  se  couvre  en  peu  de  jours 
d'une  sorte  de  nielle  blanche.  Des  filaments  de  la  grosseur 
d'un  cheveu  s'élèvent  à  la  surface,  chacun  d'eux  formant 
bientôt  vers  sa  pointe  une  petite  tête  ronde  qui  graduellement 
devient  noire:  c'est  un  sporange  et  chacun  des  filaments  blancs 
est  leur  support.  Dans  les  premiers  temps,  ils  sont  toujours  sans 
ramifications  ni  cloisons;  mais  lorsque  le  sporange  est  mûr,  il  se 
forme  souvent,  dans  l'espace  intérieur,  des  cloisons  transversales 
en  ordre  et  en  nombre  variables,  et,  sur  la  surface.,  des  branches 
également  variables  pour  le  nombre  et  la  taille,  dont  chacune  porte 
un  sporange  à  sa  pointe.  Les  sporanges  qui  se  produisent  les 
derniers  ressemblent  souvent  aux  premiers;  quelquefois,  pour- 
tant, ils  en  diffèrent  beaucoup,  car  leur  paroi  est  très  épaisse  et  ne 
se  détruit  pas  à  la  maturité;  elle  s'ouvre  irrégulièrement,  ou  reste 
entière,  avec  les  spores  à  l'intérieur,  pour  tomber  sur  le  sol  quand 
le  Champignon  s'est  flétri.  Les  spores  contenues  dans  les  spo- 
ranges sont  petites,  cylindriques,  allongées.  Si  on  les  sème  dans 
un  milieu  convenable,  par  exemple  dans  une  solution  de  sucre, 
sur  des  confitures,  etc.  elles  se  gonflent  et  donnent  naissance  à 
des  utricules  susceptibles  de  germination,  qui  forment  prompte- 
ment  un  mycélium  :  d'autres  spores  en  naissent  et  le  Mucor 
mucedo  se  développe  sur  toute  matière  capable  de  nourrir 
la  moisissure.  D'un  autre   côté,  le  Mucor  mucedo  a  d'autres 


196  DESCRIPTION   DES   ESPÈCES 

organes  de  propagation  qui  diffèrent  des  sporanges  et  de  leurs 
produits  et  qu'on  peut  appeler  conidies.  Sur  le  fumier  ils  se  mon- 
trent en  môme  temps  que  les  supports  des  sporanges,  ou  un  peu 
après,  et,  à  l'œil  nu,  ils  ressemblent  à  ces  organes;  mais  un  exa- 
men plus  attentif  à  la  loupe  en  montre  la  différence.  Un  filament 
plus  épais,  sans  cloisons,  s'élève  et  se  ramifie  généralement  en  se 
trifurquant,  après  avoir  crû  d'un  millimètre.,  en  plusieurs  séries 
de  ramuscules.  Les  branches  fourchues  de  la  dernière  série, 
portent,  au-dessous  de  leurs  pointes,  généralement  capillaires,  de 
petits  rameaux  courts  et  dressés,  et  ceux-ci  avec  lesquels  les  extré- 
mités des  branches  principales  s'articulent  par  leur  sommet  un 
peu  élargi,  supportent  des  spores  et  des  conidies  rapprochées  les 
unes  des  autres;  quinze  à  vingt  de  ces  corps  naissent  à  l'extrémité 
de  chaque  rameau.  Après  la  formation  des  conidies,  leurs  supports 
s'affaissent  par  degrés  et  disparaissent  tout  à  fait;  les  conidies 
mûres  sont  rondes,  leur  surface  est  à  peine  colorée  et  presque 
entièrement  lisse.  Le  professeur  de  Bary  a  décrit  la  formation  de 
ces  branches  conidifères  dans  son  Mémoire  sur  les  Champignons 
parasites.  (Ann.  des  Se.  Nat.,  4e  série,  XX,  p.  G). 

81e  GENRE,    MUCOR 

Mucor  mucedo,  planche  LXXII,  fig.  391  bis. 

Ce  petit  Champignon  se  développe  sur  tous  les  corps  en  décom- 
position, principalement  sur  le  pain  bouilli,  les  confitures  alté- 
rées, etc.,  où  la  germination  des  spores  se  produit  facilement. 
Coock  dit  avec  juste  raison  qu'un  grand  nombre  de  spores  de 
Champignons  sont  constamment  flottantes  dans  l'atmosphère,  ce 
qui  est  confirmé  par  le  fait  que  partout  ou  une  substance  conve- 
nable se  présente,  des  spores  s'en  emparent  et  la  convertissent 
bientôt  en  une  forêt  de  végétation.  Il  est  admis  que  les  spores  des 
moisissures  communes  sont  si  largement  répandues  qu'il  est  pres- 
que impossible  de  les  exclure  des  vases  fermés,  ou  des  prépara- 
tions les  plus  soigneusement  abritées.  Au  contact  de  l'eau  la  spore 
du  Mucor  mucedo  perd  sa  couleur,  se  gonfle  et  absorbe  le  fluide 
qui  l'entoure,  jusqu'à  ce  que  son  volume  se  double  et  qu'elle 
devienne  ovoïde.  Alors,  de  l'une  de  ses  extrémités,  ou  des  deux, 
elle  émet  un  fil  épais  qui  s'allonge  et  porte  des  ramifications 


DIVISION  V.  —  TRICHOSPORÉS  197 

en  forme  d'ailes.  Quelquefois  l'exospore  se  rompt  et  se  détache 
de  la  spore  en  germination;  quarante-huit  heures  après,  le 
mycélium  envoie  dans  l'air  des  branches  qui  se  subdivisent  elles- 
mêmes  abondamment;  d'autres  branches,  courtes,  submergées, 
restent  simples  ou  présentent  des  ramifications  en  touffes,  se  ter- 
minant chacune  par  une  pointe,  de  sorte  que  l'ensemble  se  trouve 
hérissé  de  poils  épineux.  En  deux  ou  trois  jours,  des  branches 
brusquement  gonflées  en  forme  de  massue  font  leur  apparition 
sur  les  fils,  et  se  prolongent  en  un  nombre  égal  de  fils,  porteurs 
de  sporanges  (en  A,  on  voit  une  touffe  de  Mucor;  en  B,  un  fil  por- 
teur de  sporanges). 


Division  V.  —  TRICHOSPORÉS  (HYPHOMYCÈTES,  de  Fr.) 

Les  Champignons  appartenant  à  cette  division  constituent  les 
moisissures  parmi  lesquelles  on  compte  quelques-unes  des  for- 
mes microscopiques  les  plus  élégantes  et  les  plus  délicates.  Il  est 
vrai  que  beaucoup  de  ces  Champignons  ne  sont  que  des  formes 
conidiales  de  variétés  plus  élevées,  mais  il  reste  toujours  un 
grand  nombre  d'espèces  qui,  dans  l'état  actuel  de  nos  connais- 
sances, doivent  être  acceptées  comme  autonomes.  M.  Lêveillé 
en  a  fait  trois  sous-divisions,  et  classe  dans  la  première  les 
Isaries,  parasites  des  Insectes.  Les  opinions  sont  partagées  sur  la 
question  de  savoir  si,  dans  ce  cas,  le  Champignon  cause  la  mort 
de  l'insecte  ou  la  suit;  pourtant  la  croyance  générale  des  entomo- 
logistes est  que  le  Champignon  frappe  mortellement  l'insecte. 
Coock  dit,  page  199,  qu'on  a  trouvé  une  mite  posée  sur  une  feuille 
comme  pendant  sa  vie,  avec  VIsaria  sphingum  sortant  de  son 
corps.  Le  docLeur  Leidy,  assure  que  le  Champignon  peut  com- 
mencer l'attaque  sur  les  larves,  y  développer  son  mycélium  et 
produire  une  masse  sporuleuse  dans  la  nymphe. 

La  mouche  commune  est  fort  sujette,  en  automne,  à  l'atteinte 
d'une  moisissure,  le  Sporendonema,  qu'on  regarde  aujourd'hui 
comme  la  forme  terrestre  d'un  Champignon  Saprolegnia.  Les 
mouches  deviennent  paresseuses  et  finissent  par  se  fixer  sur  un 
objet  où  elles  meurent  les  pattes  étendues,  la  tête  déprimée,  le 


198  DESCRIPTION   DES   ESPÈCES 

corps  et  les  ailes  couverts  d'une  petite  moisissure  blanche  dont  les 
articles  tombent  sur  l'objet  placé  au-dessous.  Dans  le  genre  Isaria 
il  est  presque  certain  que  les  espèces  trouvées  sur  les  insectes 
morts,  papillons,  araignées,  mouches,  fourmis,  sont  simplement 
les  Conidiophores  d'espèces  de  Torrubia. 

La  seconde  sous-division  renferme  les  Phycocladés  ;  c'est  de 
beaucoup  le  plus  grand  Champignon,  le  plus  typique  et  le  plus 
intéressant  de  cette  classe.  Il  contient  les  moisissures  blanches  et 
noires  connues  sous  les  noms  de  Dématiées  et  de  Mucédinées. 

Dans  les  premiers,  la  tige  a  une  membrane  enveloppante  dis- 
tincte qui  tombe  comme  une  écorce;  les  filaments,  souvent  aussi 
les  spores,  sont  de  couleur  noire  comme  s'ils  étaient  brûlés.  Chez 
beaucoup  d'espèces,  les  spores  sont  très  développées,  grandes, 
multiseptées  et  nucléées. 

Dans  les  Oxycladécs,  le  réceptacle  est  simple  ou  rameux,  cloi- 
sonné; les  filaments  n'ont  jamais  d'enveloppe  et  sont  ordinai- 
rement blancs  ou  de  couleur  claire;  les  spores,  continues  ou 
cloisonnées,  fixées  en  plus  ou  moins  grand  nombre,  ou  solitaires 
à  l'extrémité  des  rameaux  terminés  en  pointe.  Dans  quelques 
genres  comme  les  Botrytidées,  dans  le  Peroiiospora,  par  exemple, 
un  fruit  secondaire  est  produit  par  le  mycélium,  sous  forme  de 
spores  dormantes;  celles-ci  engendrent,  comme  les  spores  de  la 
première  espèce,  des  zoospores. 

La  dernière  sous-division,  renfermant  les  Sclerochètes,  se  dis- 
lingue par  un  réceptacle  plein  ou  cloisonné,  formé  d'un  seul  rang 
de  cellules  ou  de  plusieurs  rangs  réunis  ensemble,  simples  ou 
rameux;  les  spores  sont  isolées  çà  et  là,  ou  groupées  en  plus  ou 
moins  grand  nombre  à  la  base  ou  au  sommet. 

82s  GENRE,  BOTRYTIS.  —  Fr. 

Filaments  simples  ou  rameux,  épars  ou  réunis,  libres,  cloi- 
sonnés ;  les  fertiles  dressés,  à  sommet  simples.  Spores  simples, 
non  cloisonnées,  globuleuses  ou  oblongues,  ramassées  autour  des 
divisions  des  filaments  ou  à  leur  sommet. 

Très  petites  moisissures  naissant  sur  des  corps  divers.  La  ma- 
ladie destructive  des  vers  à  soie  est  due  au  Botrytis  bassiana,  qui 
attaque  l'insecte  vivant  et  le  tue.  On  a  écrit  beaucoup  de  choses 


QUATRE-VINGT-TROISIÈME  GENRE,   PERONOSPORA  199 

sur  ce  parasite,  mais  sans  pouvoir  le  faire  disparaître,  on  prétend 
aussi  qu'une  certaine  forme  imparfaite  de  moisissure  offre  de 
grands  rapports  avec  la  maladie  des  abeilles  connue  sous  le  nom 
de  Couvain. 

Botrytis  agaricina,  planche  LXXIII,  fig.  404. 

Filaments  étalés,  blancs  laineux,  formant  buisson  ;  filaments 
fertiles  très  rameux  (fig.  B),  à  rameaux  divariqués,  à  spores 
rondes,  grandes.  Cette  espèce  vient  sur  les  Agarics,  les  Bolets, 
qui  souffrent  considérablement  des  atteintes  d'un  tel  parasite. 

83°  GENRE,   PERONOSPORA 

Filaments  délicats,  flexibles,  à  parois  minces,  sans  couches  corti- 
cales extérieures.  Le  Peronospora  infestons,  qui  attaque  la  pomme 
de  terre,  est  malheureusement  trop  connu  des  cultivateurs.  La 
maladie  qu'il  détermine  fut  jadis  attribuée  à  différentes  causes; 
mais,  depuis  longtemps  on  a  reconnu  sa  véritable  nature.  De  Bary 
l'a  étudiée  avec  soin  dans  son  Mémoire  sur  le  Peronospora.  (Die 
Gegenwurtige  herschende  Kartoffelkranklieit.).  Les  uns  voient  la 
cause  de  l'épidémie,  dit-il,  dans  l'état  maladif  de  la  pomme  de 
terre  elle-même,  produit  accidentellement  par  les  conditions 
défavorables  du  sol  et  de  l'atmosphère,  ou  due  à  une  détérioration 
de  la  plante  par  le  fait  de  la  culture.  Suivant  ces  opinions,  la  végé- 
tation du  parasite  serait  purement  accidentelle,  la  maladie  absolu- 
ment indépendante,  et  même  le  parasite  pourrait  fréquemment 
épargner  les  organes  atteints.  D'autres  croient  reconnaître  dans  la 
végétation  du  Peronospora  la  cause  immédiate  ou  indirecte  des 
différents  symptômes  de  la  maladie,  soit  que  le  parasite  envahisse 
les  tiges  de  la  pomme  de  terre  et,  en  les  détruisant  ou,  pour  ainsi 
dire,  en  les  empoisonnant,  détermine  un  état  maladif  des  tuber- 
cules; soit  qu'il  s'introduise  dans  tous  les  organes  de  la  plante  et 
que  sa  végétation  soit  la  cause  immédiate  de  tous  les  symptômes 
du  mal,  rencontrés,  en  effet,  dans  toutes  les  parties.  Les  obser- 
vations du  savant  professeur  prouvent  rigoureusement  que  l'opi- 
nion des  derniers  est  la  seule  admissible,  car  toutes  les  altéra- 
tions dites  spontanées  se  retrouvent  lorsque  le  Peronospora  est 
semé  sur  une  plante.  Ses  expériences  ont  conduit  M.  De  Bary  à 


200  DESCRIPTION  DES   ESPÈCES 

affirmer  que  la  moisissure  détermine  directement  la  maladie  des 
tubercules  et  des  feuilles,  et  que  la  végétation  du  Peronospora  est 
seule  cause  de  la  redoutable  épidémie  qui  ravage  les  pommes  de 
terre.  Depuis  quelques  années  d'autres  savants,  et  parmi  eux, 
Berckeley,  le  docteur  Hassal,  ont  étudié  le  même  genre  de 
moisissure  sur  des  plantes  maraîchères,  comme  les  laitues  qui  sont, 
dans  certaines  contrées,  envahies  par  le  Peronospora  gangliformis; 
le  Peronospora  effusa  se  trouve  sur  les  épinards  et  les  plantes 
analogues  ;  le  Peronospora  scleideniana,  De  Bary,  est  quelquefois 
très  funeste  aux  oignons  ;  les  champs  de  luzerne  sont  très  sujets 
au  Peronospora  trifoliorum,  etc. 

Peronospora  infestans,  planche  LXSIV,  fig.  403. 

Mycélium  délicat  qui  pénètre  les  cavités  intercellulaires  des 
plantes  vivantes.  Il  donne  naissance  à  des  filaments  dressés, 
ramifiés  (fig.  J),  portant  aux  extrémités  de  leurs  dernières  ramus- 
cules,  des  spores  subglobuleuses,  ovales  ou  elliptiques,  ou,  comme 
de  Bary  les  appelle,  des  conidics.  Profondément  enfoncés  dans  le 
mycélium,  au  sein  de  la  substance  de  la  plante  nourricière, 
naissent  d'autres  corps  reproducteurs,  appelés  oogones  (fig.  L"). 
Ceux-ci  sont  sphériques,  plus  ou  moins  verruqueux,  brunâtres; 
leur  contenu  se  transforme  en  zoospores  très  vifs,  capables,  une 
fois  sortis,  de  se  mouvoir  dans  l'eau  à  l'aide  de  cils  vibratiles. 

84»  GENRE,  VERTICILLIUM 

Filaments  droits,  rameux,  rapprochés  par  touffes,  à  rameaux 
verticillés.  Spores  globuleuses,  solitaires  à  leur  extrémité.  Très 
petits  Champignons  naissant  sur  les  tiges  mortes. 

Verticillium  allochroum,  planche  LXXIV,  fig.  400. 

Petit  Champignon  étalé,  rose,  fig.  G  ;  à  filaments  fertiles, 
rameux,  dressés  ;  à  rameaux  alternes,  portant  au  sommet  une 
spore  ronde  rose  (fig.  H),  globuleuse.  Sur  les  menues  branches 
tombées  à  l'automne. 


DIVISION  VI.  —  ARTHROSPORÉS  201 

Division  VI.  —   ARTHROSPORÉS    (PHYCOMYCÈTES) 

Ces  Champignons  se  distinguent  par  la  disposition  des  spores 
qui  sont  articulées  entre  elles  et  placées  bout  à  bout,  comme  les 
grains  d'un  collier  ou  d'un  chapelet.  Le  réceptacle  qui  les  supporte 
est  filamenteux,  simple  ou  rameux,  cloisonné  et  atténué  de  la 
base  au  sommet. 

11  n'y  a  pas  d'hyménium  propre;  les  filaments  procédant  du 
mycélium  portent  des  vésicules  qui  contiennent  un  nombre 
indéfini  de  spores;  les  filaments  fertiles  sont  libres  ou  légèrement 
feutrés.  Dans  la  tribu  I  des  Antennariés,  les  filaments  se  présen- 
tent noirs  et  en  chapelets,  plus  ou  moins  feutrés,  portant  des  spo- 
ranges irréguliers.  Un  grand  nombre  de  faits  très  intéressants 
ont  été  mis  en  lumière,  depuis  ces  dernières  années,  sur  les 
différentes  formes  que  prennent  les  Arlhrosporés  dans  le  cours 
de  leur  développement.  Un  frappant  exemple  nous  est  fourni 
par  De  Bary,  déjà  cité  (1).  Dans  chaque  maison,  écrit  le  savant 
professeur,  il  y  a  souvent  un  hôte  visible  qui  se  montre 
particulièrement  sur  les  fruits  conservés  :  c'est  la  moisissure 
appelée  Aspergillus  glaucus,  appartenant  à  la  tribu  II  de  cette 
division.  On  la  voit  à  l'œil  nu  sur  la  substance,  comme  une  enve- 
loppe laineuse,  d'abord  d'un  blanc  pur,  puis  graduellement  cou- 
verte de  petites  têtes  fines,  poudreuses,  glauques  ou  d'un  vert 
sombre.  Un  examen  plus  attentif  montre  que  le  Champignon  se 
compose  de  filaments  fins,  fortement  ramifiés,  en  partie  disséminés 
dans  la  substance  nourricière,  en  partie  dressés  obliquement  sur 
elle.  Ils  ont  une  forme  cylindrique,  avec  des  extrémités  arrondies 
et  sont  partagés  en  longs  articles  étendus,  dont  chacun  est  une 
vésicule  clans  le  sens  ordinaire  du  mot;  il  contient,  enfermés  dans 
une  paroi  délicate,  sans  structure,  des  corps  qui  ont  l'apparence 
d'une  substance  muqueuse  finement  granulée,  et  qu'on  désigne 
sous  le  nom  de  protoplasma.  Cette  matière,  dans  certains  cas, 
remplit  également  les  cellules  ;  mais  parfois,  et  à  mesure  que  la 
cellule  vieillit,  elle  se  remplit  de  cavités  aqueuses  appelées  vacuoles. 
L'accroissement  en  longueur  des  filaments  se  produit  par  suite 

(1)  A.  ce  Bart.  Sur  la  moisissure  et  la  fermentation,  Magasin  trimestriel  allemand, 
vol.  11,  1872. 


202  DESCRIPTION   DES   ESPÈCES 

d'un  développement  qui  a  lieu,  surtout  près  de  leur  pointe  :  celle- 
ci  s'avance  toujours  et,  près  de  l'extrémité,  il  se  forme  successi- 
vement de  nouvelles  cloisons  ;  mais,  à  une  certaine  distance, 
l'accroissement  en  longueur  cesse.  Ce  mode  d'expansion  s'appelle 
développement  par  la  pointe.  Les  rejetons  et  les  branches  naissent 
comme  des  dilatations  latérales  des  principaux  filaments  et,  une 
fois  formés,  grandissent  d'une  façon  illimitée,,  jusqu'à  un  certain 
point,  par  l'accroissement  en  pointe  comme  le  montre  la  fig.  394,  G. 
Les  filaments  développés  dans  la  substance  nourricière  et  sur  sa 
surface,  sont  les  premières  parties  du  Champignon  ;  elles  durent 
tant  qu'il  végète.  Comme  ces  parties  absorbent  seules  la  substance 
entière  et  lui  empruntent  la  nourriture,  on  les  appelle  le  mycélium. 
Les  fils  superficiels  du  mycélium  produisent  d'autres  filaments 
porteurs  des  fruits  ou  fils  à  conidies  :  ils  sont  en  moyenne  plus 
gros  que  les  fils  du  mycélium,  et  on  ne  les  voit  que  par  exception 
ramifiés  ou  munis  de  cloisons  ;  ils  s'élèvent  presque  perpen- 
diculairement dans  l'air  et  atteignent  généralement  une  longueur 
d'un  demi- millimètre.  Leur  extrémité  supérieure  libre  se 
gonfle  et  s'arrondit  (fig.  394,.  H);  un  filament  grossi,  prend 
une  forme  ovale  et  une  longueur  presque  égale  à  leur  rayon 
ou,  dans  les  spécimens  les  plus  faibles,  au  diamètre  de  la  tête 
arrondie. 

Les  protubérances  divergentes  produisent  directement,  les 
cellules  reproductrices,  spores  ou  conidies,  et  sont  appelées 
stérigmates.  Chaque  stérigmate  émet  d'abord  à  sa  pointe  une 
petite  protubérance  ronde,  qui,  par  une  base  forte  et  étroite,  repose 
sur  le  mycélium;  ce  corps  se  remplit  de  protoplasma,  se  renfle  plus 
ou  moins,  et  au  bout  de  quelques  temps  se  sépare  du  mycélium 
au  moyen  d'une  cloison,  pour  former  une  cellule  reproductrice, 
spore  ou  conidie. 

La  formation  de  la  première  spore  a  lieu  à  l'extrémité  du  stérig- 
mate ;  une  seconde  suit  de  la  même  manière,  puis  une  troisième  ; 
chaque  spore  qui  naît  pousse  celle  qui  Ta  précédée  dans  l'axe  du 
stérigmate,  à  mesure  qu'elle  croît  elle-même  ;  les  spores  successi- 
vement formées  sur  un  stérigmate  restent  pour  quelque  temps  en 
file  les  unes  après  les  autres.  Ainsi  chaque  stérigmate  porte  à  son 
sommet  une  chaîne  de  spores,  qui  sont  d'autant  plus  anciennes 
qu'elles  s'éloignent  plus  du  stérigmate.   Tous    les  stérigmates 


DIVISION   VI.   —   ARTHROSPORÉS  203 

naissent  au  même  instant  et  marchent  ensemble  dans  la  formation 
des  spores.  Chaque  spore  croît  un  certain  temps  et  à  la  fin  se 
sépare  de  ses  voisines.  Les  spores  sont  donc  articulées  en  file, 
l'une  après  l'autre,  aux  extrémités  des  stérigmates. 

La  spore  ou  la  conidie  mûre  est  une  cellule  de  forme  ronde  ou 
largement  ovale  et  remplie  d'un  protoplasma  incolore,  et  si  on 
l'observe  séparément,  on  la  trouve  pourvue  d'une  membrane 
brune,  finement  verruqueuse  et  ponctuée.  Le  même  mycélium 
qui  forme  le  pédicelle  des  conidies  quand  il  est  près  de  la  fin  de 
son  développement,  produit  par  sa  végétation  normale  une  seconde 
sorte  de  fructification.  Elle  commence  par  de  petites  branches 
fines  et  délicates,  qui  ne  se  distinguent  pas  à  l'œil  nu,  et  qui, 
après  une  croissance  généralement  terminée  en  peu  de  temps, 
finissent  en  faisant  cinq  ou  six  tours  à  la  façon  d'un  tire-bouchon. 
Les  sinuosités  décroissent  de  plus  en  plus  en  largeur,  finissent  par 
se  rapprocher  les  unes  des  autres,  et  toute  l'extrémité  perd  la  forme 
de  tire-bouchon  pour  prendre  celle  d'une  vis  creuse.  Dans  l'inté- 
rieur et  sur  la  surface  de  ce  corps  en  vis,  il  se  produit  un  change- 
ment compliqué  qui  fait  de  lui  un  oogone  reproducteur  par  la 
formation  d'un  réceptacle  globuleux,  consistant  en  une  fine  paroi 
à  membrane  délicate,  et  en  une  file  de  cellules  étroitement  enga- 
gées les  unes  dans  les  autres,  entourées  par  cette  masse  épaisse. 

Par  l'accroissement  de  toutes  ces  parties,  le  corps  en  vis  grandit 
tellement  qu'au  temps  de  sa  maturité  il  est  visible  à  l'oeil  nu.  La 
surface  extérieure  de  la  paroi  devient  compacte  et  d'un  jaune  bril- 
lant, tandis  que  la  plus  grande  partie  des  cellules  de  la  masse 
intérieure  se  transforment  en  asques  où  naissent  des  spores.  Ces 
cellules  s'affranchissent  de  leur  union  réciproque,  prennent  une 
forme  ovale,  large,  et  produisent,  chacune  dans  son  intérieur, 
huit  spores;  celles-ci  bientôt  remplissent  entièrement  l'asque. 
Quand  elles  sont  tout  à  fait  mûres,  la  paroi  du  conceptacle  devient 
cassante,  et  par  des  fissures  irrégulières,  que  le  contact  amène  faci- 
lement, les  spores  rondes  et  incolores  sont  mises  en  liberté.  Les 
pédicelles  des  deux  sortes  de  fruits  se  forment  de  ce  même  mycé- 
lium dans  l'ordre  décrit  par  de  Bary.  Avant  que  leur  connexion 
fut  connue,  les  conceptacles  et  les  pédicelles  de  conidies  étaient 
considérés  comme  des  organes  de  deux  espèces  bien  différentes. 
Les  conceptacles  s'appelaient  Eurotium  herbarium  et  les  porte- 


204  DESCRIPTION   DES  ESPÈCES 

conidies  Aspergillus  glaucus.  Si  nous  passons  au  genre  Pénicil- 
lium, on  voit  ici  le  fîlement  séminifère  principal  naître,  à  diffé- 
rentes hauteurs,  des  rameaux  qui  portent  un  pinceau  de  filaments 
secondaires  produisant  à  leur  extrémité  des  spores  en  chapelets 
(planche  LXXIV,  flg.  405,  Q). 

Dans  ces  différents  cas,  le  réceptacle  ne  se  distingue  du  mycé- 
lium que  par  sa  direction  et  les  divers  articles  de  ramification  qui 
rappellent  la  variété  des  inflorescences  et  de  leurs  combinaisons 
mixtes.  Dans  la  forme  typique  des  Pénicillium,  une  cellule  prend 
naissance  d'un  filament  mycélien,  se  dresse,  s'allonge,  se  ramifie, 
se  distingue  bientôt  par  son  calibre  plus  grand,  ses  parois  plus 
épaisses,  et  des  articles  qui  multiplient  la  surface  fructifiante;  de 
toute  cette  surface  s'élèvent  des  cellules  cylindriques  ou  effilées, 
assez  courtes,  qui  donnent  naissance  aux  organes  reproducteurs 
disposés  en  chapelets  comme  dans  les  Aspergillus.  Sous  des  in- 
fluences encore  mal  connues,  les  réceptacles  simples  ou  filamen- 
teux s'appliquent  les  uns  contre  les  autres,  et  forment  une  sorte 
de  tige  ou  de  colonne  connue  sous  le  nom  de  coremium.  On  avait 
basé  sur  cet  accident  un  genre  détaché  des  Pénicillium,  mais  les 
Pénicillium  ne  présentent  pas  seuls  des  formations  corëmiales,  et 
celles-ci  sont  comme  un  passage  aux  réceptacles  plus  complexes, 
parenchymateux  ou  sarcodes.  Après  le  coremium,  vient  le  genre 
Oïdium.  Ces  Champignons  se  développent  sur  les  parties  vertes 
des  plantes  vivantes,  V  Oïdium  Tuckeri  sur  les  raisins,  tous  les 
phénomènes  de  végétation  de  cet  Oïdium  se  passant  à  l'extérieur. 
Les  tissus  sont  affecLés  d'abord,  puis  le  Champignon  se  développe. 
Lorsqu'une  tache  blanche  commence  à  paraître,  quelque  petite 
qu'elle  soit,  si  l'on  passe  le  doigt  dessus,  elle  disparaît  ;  en  regar- 
dant alors  avec  une  loupe,  on  voit  dans  le  point  qu'elle  occupait, 
et  autour  d'elle,  là  même  où  ne  se  soupçonnait  par  la  maladie,  on 
voit,  dis-je,  de  très  petits  points  bruns  ou  noirs  sur  lesquels  se 
manifestent  successivement  les  Champignons.  Le  parenchyme 
correspondant  à  ces  points  est  également  brun,  moins  pénétré  de 
sucs  que  celui  qui  l'avoisine;  si  à  cette  époque  il  était  recouvert  ou 
traversé  par  un  mycélium,  on  devrait  le  trouver,  mais  il  n'y 
en  a  pas. 

Plus  tard  l'épiderme  s'éraille,  le  parenchyme  se  dessèche,  et  le 
Champignon,  après  avoir  vécu  quelque  temps,  disparaît.  Lors- 


QUATRE-VINGT-CINQUIÈME  GENRE,  ANTENNARIA  205 

que  la  rafle  est  atteinte  dans  toute  son  étendue,  le  raisin  périt  en 
entier;  quand  la  maladie  attaque  les  grains  dans  les  premiers 
moments  de  leur  formation,  ils  se  dessèchent  ou  tombent;  si,  au 
contraire,  ils  ont  déjà  acquis  un  certain  volume,  ils  peuvent  résis- 
ter ;  les  uns  se  gercent,  s'ouvrent  et  mettentleurs  pépins  à  décou- 
vert, les  autres  se  déforment  et  arrivent  à  maturité,  mais  jamais 
ils  n'acquièrent  alors  leur  grosseur  normale.  M.  Duchartre,  pro- 
fesseur à  la  Faculté  des  sciences  de  Paris,  a  proposé  de  lancer  sur 
la  vigne  malade,  à  l'aide  d'une  seringue  de  jardinier  percée  de 
trous  un  peu  larges,  de  l'eau  dans  laquelle  on  tient  en  suspension 
de  la  fleur  de  soufre.  Ce  moyen  simple,  peu  coûteux,  a  eu  les  plus 
heureux  résultats.  L'emploi  du  soufre,  sous  cette  forme,  avait 
été  déjà  conseillé  par  M.  Kile,  agriculteur  anglais,  qui  en  avait 
reconnu  les  propriétés  bienfaisantes.  Aujourd'hui  le  soufrage  se 
pratique  à  l'aide  d'un  soufflet. 


85"  GENRE,    ANTENNARIA.  —  Linck. 

Filaments  rameux,  couchés,  fortement  mêlés,  moniliformes  ; 
articles  renfermant  des  spores  à  plusieurs  loges,  placés  à  la  base 
des  filaments.  Spores  granuliformes;  petites  productions  pilifor- 
mes,  noirâtres. 

Antennaria  pinophyla,  planche  LXXIV,  fîg.  402. 
Neés.,  Fung.,  f.  298;  Torula  fuligniosa,  Pers.,  Myc.  cur.,  I,  p.  21  ;  Torula 
pinophyla,  Cheval.,  FI.  par.,  I,  t.  3,  f.  5. 

Petites  touffes  épaisses  de  filaments  noirs,  croissant  sur  les 
rameaiiK  morts  du  sapin.  Spores  visibles,  ayant  presque  une  ligne 
de  diamètre.  Toute  l'année,  Fontainebleau,  Chantilly,  Vincennes. 


8t)°  GENRE,   ASPERGILLUS.  —  Micheli 

Filaments  droits,  réunis  en  touffes,  articulés,  simples  ou 
rameux,  renflés  au  sommet,  et  présentant  à  l'extrémité  de  chacun 
d'eux  un  groupe  de  spores  globuleuses.  Moisissures  blanchâtres, 
puis  jaunâtres,  venant  sur  toutes  les  substances  gâtées. 


206  DESCRIPTION  DES   ESPÈCES 

Aspergillus  glaucus,  planche  LXXIV,  fig.  379.  —  F,  grandeur 
naturelle;  E,  grossie  125  diamètres. 

Linck.,  Obs.,  I,  p.  14;  Monilia  candida,  Pers.,  Syn.,  692;  Chevall.,  FI. 
par.,  I,  t.  4,  f.  17. 

Épars  ou  réunis  en  touffes  grêles,  blanches,  à  filaments  fertiles 
simples;  péridioles  globuleux.  Toute  l'année  sur  les  plantes  dé- 
posées dans  les  lieux  humides,  les  Champignons  qui  se  pour- 
rissent, etc. 

87°  GENRE,   PENICILLIUM.  —  Linck 

Filaments  simples  ou  rameux,  les  stériles  couchés,  cloisonnés, 
simples  ou  rameux  ;  les  fertiles  dressés,  terminés  par  un  faisceau 
de  rameaux  couverts  de  spores,  formant  un  capitule  terminal. 
Très-petites  fongosités  d'un  aspect  velu,  naissant  sur  les  substances 
qui  se  décomposent. 

Pénicillium  glaucum,  planche  LXXIV,  fîg.  405. 
Linck.,  Obs.,  I,  p.  15;  Mucor penicilliatus,  Bull.,  t.  504,  f.  XI. 

Plus  ou  moins  épais,  blanc,  à  filaments  fertiles  un  peu  rameux. 
Spores  globuleuses,  blanches,  puis  glauques,  vient  sur  les  confi- 
tures et  autres  corps  mous  en  putréfaction.  La  fig.  Q,  représente 
un  filament  grossi  de  250  diamètres. 

Pénicillium  sparsum,  planche  LXXIV,  fig.  398. 

Filaments  droits,  simples,  membraneux,  arrondis,  divisés  en 
deux  ou  trois  segments  comme  le  montre  la  fig.  L.  Les  spores 
sont,  au  sommet,  réunies  en  chapelets  et  forment  un  faisceau  de 
filaments  longs,  rarement  droits,  plus  souvent  inclinés;  elles  sont 
blanches,  transparentes  et  simples,  rondes.  On  trouve  cette  belle 
espèce  en  automne  sur  la  paille,  le  foin  humide.  La  fig.  M,  la 
représente  grossie  de  125  diamètres;  C,  grandeur  naturelle. 


DEUXIÈME  PARTIE 


CHAPITRE    PREMIER 

EXAMEN  CHIMIQUE  DES  CHAMPIGNONS 

En  examinant  la  constitution  des  Champignons,  nous  avons  vu 
qu'ils  étaient  formés  d'éléments  anatomiques  associés  en  tissu, 
ayant  sensiblement  la  même  composition.  Ces  filaments  sont 
gorgés  d'eau,  de  substances  grasses  et  de  gaz,  mais  il  ne  suffit 
pas  de  dire  :  les  Champignons  contiennent  toutes  ces  substances; 
on  doit  pousser  l'étude  plus  loin  et  chercher  l'origine  de  ces  pro- 
duits, expliquer  leur  formation,  puis  les  suivre  dans  leur  évolution 
à  travers  la  plante.  C'est  tout  un  système  de  recherches  nouvelles 
qui  se  présente  à  nos  efforts,  car  cette  partie  chimique  de  l'étude 
des  Champignons  est  une  des  plus  importantes,  bien  qu'un  certain 
nombre  d'analyses  aient  pourtant  été  faites. 

Bouillon-Lagrange  le  premier  (1)  publia  quelques  travaux  sur 
les  Boleius  laricis,  ignarius  et  sur  le  Tuber  cibarium. 

Braconnot  (2)  donna  ensuite  l'analyse  des  Agaricus  acris,  vol- 
vaccus,  styplicus,  etc.  et  des  Boleius  juglandis  et  viscidus. 

Vauquelin  (3),  entre  les  deux  publications  de  Braconnot, 
analysa  les  Agaricus  campestris,  bulbosus,  inuscarius,  etc. 

(1)  Bouillon-Lagrange.  Ann.  de  chimie.  Paris  1804,  tome  LXXXV,  p.  198,  et  tome  LI, 
p.  75. 

(2)  Braconnot.  Ann.  de  chimie.  Paris  1811,  tome  LXXIX,  p.  203,  et  tome  LXXXVI1, 
p.  237. 

(3)  Vauquelin.  Ann.  de  chimie.  Paris  1813,  tome  LXXXV,  p.  S. 


208  EXAMEN  CHIMIQUE  DES   CHAMPIGNONS 

Ces  chimistes  en  rendant  compte  de  leurs  belles  analyses,  ont 
les  premiers  donné  une  idée  exacte  de  la  composition  chimique 
des  Champignons,  et  leurs  travaux  resteront  comme  la  pierre 
fondamentale  de  l'édifice,  quoique  d'éminents  savants  en  aient 
depuis  légèrement  modifié  les  résultats. 

Le  docteur  Letellier  (1)  fit  quelques  temps  après  1826,  de 
nombreuses  expériences  toxicologiques  sur  ce  sujet.  11  suit  en 
général  Braconnot  et  Vauquelin,  mais  s'étendant  sur  le  principe 
acre  des  Lactaires,  et  des  Russules.  Il  étudie  particulièrement  le 
caractère  vénéneux  des  Amanites.  Le  savant  médecin  trouve  à  ce 
principe  l'apparence  d'un  alcaloïde,  mais  il  l'a  constamment 
obtenu  mêlé  à  des  matières  salines  ;  et  comme  on  isole  générale- 
ment avec  assez  de  facilité  un  alcaloïde  de  ses  sels  cristallisa- 
bles,  et  qu'on  peut  l'obtenir  assez  pur  pour  le  bien  définir,  les 
chimistes  qui  ont  parlé  de  la  découverte  du  savant  docteur  l'ont 
toujours  acceptée  avec  doute. 

Après  ces  travaux  on  est  longtemps  resté  sans  nouvelles  recher- 
ches, puis  sont  venues  celles  de  M.  Payen  sur  le  Champignon  de 
couche,  Agaricus  campestris,  qu'il  décompose  de  la  façon  suivante  : 

1°  Eau  de  végétation 91,01 

2°  Composé  azoté  avec  trace  de  soufre 04, G8 

3°  Cellulose,  dextrine,  sucre  matière  tertiaire 03,45 

4°  Sels,  phosphates  et  chlorures  alcalins,  calciques, 

magnésie,  silice 00,46 

5°  Azote  pour  cent  de  matières  sèches 07,33 

celles  de  MM.  Knop  et  Schnedermann,  Pelouse,  Liebig,  prou- 
vant que  le  sucre  de  Champignon  n'est  que  de  la  manmte;  celles 
de  M.  Dessaigne  montrant  que  l'acide  fungique  comprend  les 
acides  citrique  et  malique  mêlés  d'un  peu  d'acide  phosphorique, 
et  que  l'acide  bolétique  est  absolument  semblable  à  l'acide  fuma- 
rique. 

MM.  Jules  Lefort  et  Gobley  firent  presque  en  môme  temps 
l'analyse  du  Champignon  de  couche,  Agaricus  campestris,  et 
M.  Lefort  un  peu  plus  tard,  celle  de  la  Truffe.  M.  Gobley  précise 
mieux  encore  que  M.  Payen: 

(1)    Letellier.   Dissertation  sur  les  propriétés  alimentaires  médicales  et  vénéneuses  des 
Champignons  qui  croissent  aux  environs  de  Paris,  1826,  p.  17. 


EXAMEN  CHIMIQUE  DES  CHAMPIGNONS  209 

Eau 90,50 

Albumine 00,60 

Cellulose 03,20 

Substances  grasses  :  oléine,  margarine 00,25 

Mannite 00,35 

Matières  extractives  aqueuses  et  alcooliques 03,80 

Chlorures  de  sodium  et  de  potassium 00,45 

Phosphate  de  potasse  et  de  chaux 00,45 

Carbonate  de  chaux 00,45 

Chlorhydrate  d'ammoniaque 00,16 

Citrate,  malate  et  fumate 00,15 

Mais  le  plus  remarquable  travail  sur  la  partie  chimique  des 
Champignons  est  sans  contredit  celui  de  M.  E.  Boudier  (1),  chi- 
miste distingué.  Du  reste,  ce  savant  mycologiste  est  parvenu  à 
isoler  22  substances  de  VAgaricus  campestris,  récolté  par  lui  dans 
les  bois  de  Montmorency;  20  du  Boletus  edulis;  et  à  prouver  qu'il 
existe  dans  les  Champignons  un  grand  nombre  de  principes  immé- 
diats, variant  suivant  les  espèces  et  l'époque  de  leur  vie.  Cepen- 
dant on  ne  peut  nier  une  certaine  ressemblance  dans  leur  consti- 
tution propre;  quand  on  examine  les  analyses  de  MM.  Gobley, 
Payen,  Chevallier  et  Boudier,  on  est  frappé  même  de  leur  accord 
sur  certains  points,  mais  on  remarque  aussi  que  sur  d'autres  tous 
se  sont  trouvés  en  présence  des  mêmes  éléments,  sans  pouvoir 
surmonter  la  difficulté. 

M.  Boudier  a  découvert  dans  l'Amanite  bulbeuse  un  principe 
toxique  qu'il  regarde  comme  un  alcaloïde  ;  il  propose  d'appeler 
bulbosine  ce  principe  qui  diffère  totalement  par  ses  caractères  de 
l'amanitine  de  M.  Letellier.  En  ce  qui  concerne  le  principe  acre 
des  Russules  et  des  Lactaires,  les  expériences  de  M.  Boudier  ne 
laissent  rien  à  désirer,  et  malgré  ses  lacunes  son  Mémoire  sera 
toujours  consulté  avec  le  plus  grand  fruit.  On  peut  lui  reprocher 
cependant  d'avoir  suivi  une  vieille  méthode,  qui  ne  lui  a  pas 
permis  d'isoler  entièrement  son  alcaloïde  et  de  l'obtenir  cristallisé. 
Je  crois  être  parvenu  à  rendre  cet  isolement  plus  facile  par  le 
procédé  que  je  vais  décrire. 

Après  avoir  récolté  cinq  kilogrammes  d'Agaric  mouche,  Ama- 

(1)  E.  Boudier.  Des  Champignons,  au  point  de  vue  de  leurs  caractères  usuels,  chimiques  et 
tonicologiques,  1866,  Paris,  J.-B.  Baillière  et  fils,  mémoire  couronné  par  l'Académie  de 
médecine. 

14 


210  EXAMEN   CHIMIQUE   DES   CHAMPIGNONS 

nita  muscaria;  dans  les  circonstances  convenables,  je  les  ai  lavés 
avec  soin  pour  enlever  le  sable  et  autres  détritus  ;  puis,  les  laissant 
égoutter,  je  les  ai  coupés  très  fin  dans  une  terrine  vernissée.  Alors 
j'ai  versé  dessus  sept  à  huit  fois  leur  poids  d'eau  distillée  acidulée 
par  l'acide  chlorhydrique,  50  grammes  d'acide  pur  par  kilogramme 
d'eau.  J'ai  laissé  en  macération  pendant  trois  heures  à  froid,  puis 
en  ébullition  durant  une  heure  dans  une  capsule  de  porcelaine. 
Après  avoir  exprimé  dans  un  linge  préalablement  lavé  à  l'eau 
distillée,  je  filtrai  la  liqueur  obtenue,  en  l'évaporant  à  une  basse 
température  jusqu'à  consistance  sirupeuse,  et  j'obtins  ainsi  un 
sirop  d'une  odeur  de  champignon  très  sensiblement  vireuse, 
très  riche  en  substances  résineuses,  avec  l'alcaloïde. 

On  choisit  alors  un  ballon  à  long  col  et  il  faut  que  le  liquide 
sirupeux  arrivant  juste  à  la  naissance  du  col,  remplisse  le  contenu 
du  ballon.  Il  ne  reste  plus  qu'à  isoler  l'alcaloïde.  On  remplit  le 
col  du  ballon  d'alcool  amylique  bouillant  ;  on  bouche  et  agite 
vivement  pendant  une  ou  deux  minutes;  on  laisse  reposer;  l'alcool 
amylique  revient  petit  à  petit  dans  le  col  chargé  d'alcaloïde  impur; 
on  le  retire  au  moyen  d'une  pipette,  on  répète  cinq  ou  six  fois  la 
même  opération,  pour  être  certain  d'avoir  convenablement  épuisé 
la  liqueur  de  son  alcaloïde  dissous  dans  l'alcool  amylique. 

On  filtre  l'alcool  amylique,  on  l'évaporé  au  bain-marie  à  une 
basse  température.  Qand  on  est  parvenu  au  degré  de  concentra- 
tion sirupeux,  on  laisse  refroidir,  on  sature  par  l'ammoniaque  dans 
une  éprouvette,  le  papier  tournesol  indiquant  le  degré  de  satura- 
tion, on  verse  dessus  quatre  ou  cinq  fois  le  volume  d'éther  acé- 
tique non  acide  ;  on  agite  vigoureusement  la  liqueur,  en  séparant 
l'éther  acétique  au  moyen  de  l'entonnoir  à  robinet. 

Pour  être  certain  d'avoir  épuisé  la  liqueur,  on  renouvelle  une 
seconde,  même  une  troisième  fois  l'opération;  les  solutions  éthé- 
rées  sont  réunies,  filtrées  et  évaporées  au  bain-marie  à  une  basse 
température.  On  obtient  une  masse  jaunâtre  qu'on  traite  à  plusieurs 
reprises  par  de  l'eau  distillée  froide;  on  filtre;  on  lave  le  filtre; 
on  fait  évaporer  sous  une  cloche  sur  de  l'acide  sulfurique.  Si  le 
résidu  n'est  pas  suffisamment  pur,  on  le  redissout  dans  l'éther 
acétique,  on  reprend  par  l'eau  distillée,  on  laisse  recristalliser. 
Par  ce  procédé,  j'ai  obtenu  avec  trois  kilogrammes  d'Agaric 
mouche,  un  alcaloïde  qui  présente  les  caractères  suivants: 


EXAMEN   CHIMIQUE  DES   CHAMPIGNONS  211 

Vingt  centigrammes  suffisent  pour  tuer  un  chien  de  moyenne 
taille  en  moins  de  deux  heures. 

A  l'aide  des  réactifs  on  obtient: 

Avec  Tiodure  double  de  mercure  et  de  potassium,  un  précipité 
blanc; 

Avec  Tiodure  de  bismuth  et  de  cadmium,  un  précipité  jaune; 

L'iodure  de  cadmium  et  de  potassium  donne  un  précipité  blanc 
floconneux  ; 

Le  bichlorure  de  mercure,  un  précipité  blanc; 

Le  chlorure  d'or,  un  précipité  blanchâtre  ; 

L'acide  phosphomolibdique,  un  précipité  grenu  ; 

Ces  diverses  réactions  suffisent  pour  mettre  hors  de  doute  l'al- 
caloïde, que  j'ai  présenté  à  l'Institut  et  que  j'ai  nommé  Fungine. 

Pour  rendre  complète  l'étude  chimique  des  Champignons  autant 
que  l'état  de  la  science  le  permet,  je  vais  décrire  la  localisation 
des  éléments  constitutifs  les  plus  importants  que  l'on  retrouve  à 
l'analyse. 

Commençons  par  l'eau,  agent  indispensable  de  la  vie  animale  et 
végétale  ;  le  Champignon  en  renferme  de  80  à  92  pour  cent.  Tout 
le  monde  sait  que  l'absorption  de  l'eau  par  les  racines  des  plantes 
est  la  première  manifestation  de  l'activité  vitale. 

Cette  fonction  a  depuis  longtemps  frappé  les  observateurs  ;  Hales 
a  publié,  sur  la  force  ascensionnelle  de  l'eau  par  les  racines,  de 
belles  expériences.  M.  Jamin  a  fait  connaître  en  partie  le  rôle  de 
l'eau  pendant  la  germination  de  la  graine,  l'évolution  de  la 
racine  et  de  la  gemmule. 

Le  Champignon  n'ayant  pas  de  racines,  mais  un  tissu  très  fin, 
très  délié,  le  mycélium  joue  envers  la  terre  humide  le  rôle  de  la 
terre  de  pipe  sur  l'humidité  de  la  bouche,  et  l'eau  pénètre  dans 
le  Champignon  par  endosmose  ;  phénomène  étudié  particulière- 
ment et  avec  une  rare  sagacité  par  M.  Dutrochet. 

Toutes  les  analyses  nous  dévoilent,  dans  l'eau  des  Champignons, 
une  matière  azotée  insoluble  qui  se  coagule  facilement  par  l'ac- 
tion de  la  chaleur,  et  rappelle  complètement  l'albumine  de  l'œuf. 

L'albumine  contenue  dans  les  cellules  des  Champignons  et 
facilement  séparée  par  l'ébullition,  peut  être  séchée  et  pesée. 
Comment  apparaît-elle  au  milieu  du  Lissu?  On  ne  peut,  quant  à 
présent,  énoncer  sur  ce  sujet  que  des  probabilités. 


212  EXAMEN  CIHMIQUE  DES  CHAMPIGNONS 

L'albumine  appartient  à  la  famille  des  ammoniaques  composées, 
produites  comme  on  sait  par  la  combinaison  directe  de  l'ammo- 
niaque avec  des  composés  carbonés,  ainsi  que  cela  a  lieu  dans  la 
synthèse  de  l'urée  par  le  procédé  Wœhler. 

Lorsqu'on  calcine  des  Champignons,  il  s'en  dégage  des  vapeurs 
douées  de  cette  odeur  nauséabonde  qui  accompagne  la  décompo- 
sition ignée  des  matières  animales.  Si  la  calcination  a  lieu  en 
présence  de  la  chaux  sodée,  l'odeur  et  les  réactions  caractéristiques 
de  l'ammoniaque  apparaissent  et  ne  laissent  aucun  doute  sur  la 
présence  de  l'azote.  Les  matières  azotées  sont  neutres  ou  alcalines; 
les  premières  ont  une  constitution  presque  identique  et  forment 
des  corps  qu'on  désigne  sous  le  nom  de  matières  albuminoïdes  ou 
protéiques,  à  cause  des  facilités  avec  lesquelles  elles  se  métamor- 
phosent. 

Les  substances  azotées  alcalines  constituent,  dans  les  Champi- 
gnons vénéneux,  un  groupe  redoutable  par  leurs  propriétés 
toxiques  :  ce  sont  les  alcaloïdes. 

La  matière  qui  forme  les  tissus  solides  des  Champignons,  les 
membranes  utriculaires,  les  poils,  etc.,  est  composée  de  substances 
cellulosiques.  La  formule  générale  de  ces  corps  est:  C12  H10  O10  ou 
un  multiple. 

MM.  Chevallier  et  Gobley  ont  trouvé  dans  les  Champignons 
une  matière  particulière,  solide  et  cristallisable,  surtout  remar- 
quable par  son  point  de  fusion,  élevé  à  140,  et  parla  propriété  de 
ne  point  subir  d'altération  sous  l'influence  de  la  potasse  caustique. 
Cette  substance  n'est  pas  nouvelle;  Braconnet,  en  1811,  la  nom- 
mait adipocire  ou  matière  grasse  des  Champignons,  et  l'avait 
reconnue  insoluble  dans  l'eau  et  dans  l'alcool  froid,  soluble  en 
toute  proportion  dans  l'éther. 

Pour  l'obtenir  il  est  plus  avantageux  de  laisser  sécher  les  Cham- 
pignons et  de  les  réduire  en  poudre  grossière,  que  l'on  met  dans 
une  allonge  de  verre  du  digesteur  de  Payen.  On  verse,  par  le  tube 
à  boule,  de  l'éther  anhydre  qui  dissout  et  entraîne  la  matière  grasse 
vers  le  récipient  inférieur,  plongeant  dans  un  bain-marie  dont 
l'eau  est  maintenue  à  une  température  supérieure  à  son  point 
d'ébullition.  L'éther,  réduit  en  vapeur,  s'élève  par  un  autre  tube, 
vient  se  condenser  dans  le  ballon  supérieur  et  retombe  sur  la 
poudre.  On  peut,  par  ce  moyen,  avec  une  quantité  d'éther  limité, 
obtenir  la  matière  grasse. 


EXAMEN   CHIMIQUE  DES  CHAMPIGNONS  213 

Si  Ton  examine  au  microscope  une  tranche  de  Champignon, 
on  voit  une  multitude  de  globules  qui  se  rassemblent  et  nagent 
dans  un  liquide  émulsif.  Animé  du  mouvement  Brownien,  dans 
les  cellules,  les  globules  sont  plus  gros,  de  beaucoup  plus  visibles 
et  se  réunissent  entre  eux. 

En  présence  de  l'eau  distillée,  ces  globules  se  divisent  à  l'infini; 
le  liquide  perd  sa  transparence,  devient  laiteux  et  opaque  ;  par 
l'iode,  on  a  une  coloration  vineuse  ;  par  la  solution  alcoolique  de 
potasse  caustique,  on  constate  l'insolubilité  des  globules  gras  ; 
l'alcool  trouble  et  précipite  certaines  substances.  Si  maintenant 
nous  cherchons,  en  nous  appuyant  sur  les  observations  microsco- 
piques, à  concevoir  le  mécanisme  et  la  formation,  dans  le  torrent 
circulatoire,  des  matières  grasses,  nous  les  voyons,  pour  devenir 
aptes  à  jouer  un  rôle  nutritif,  subir  une  élaboration  particulière. 
Les  corps  gras  ne  s'absorbant  pas  facilement  par  les  cellules  orga- 
niques, ces  globules  ne  pénétreraient  point  dans  les  tissus  s'ils 
n'avaient  éprouvé  la  transformation  physique,  nommée  émulsion, 
prélude  de  bien  des  transformations  nutritives,  éprouvées  par  les 
corps  gras.  L'émulsion  consiste  dans  une  simple  modification  d'état 
physique  ou  de  division  mécanique  du  corps  gras  en  un  nombre 
infini  de  petits  globules  qui  persistent  et  se  maintiennent  en  sus- 
pension. 

On  pourrait  croire,  dès  lors,  que  ces  globules  gras  émulsionnés 
doivent,  en  vertu  de  certaines  fonctions  caractérisées  parles  réac- 
tifs, donner  les  matériaux  du  sucre.  Si  cela  était,  il  faudrait 
employer,  pour  expliquer  le  fait,  le  terme  de  mutation  chimique 
dans  toute  sa  rigueur. 

M.  Claude  Bernard  a  prouvé  que  les  matières  grasses  de  l'orga- 
nisme doivent  en  partie  passer  par  un  chemin  tracé  d'avance, 
dont  la  formation  glycosique  est  une  étape  nécessaire,  et  consi- 
dérer les  globules  gras,  contenus  dans  les  cellules  des  Champi- 
gnons, comme  des  éthers  d'un  alcool  particulier,  la  glycérine,  qui 
a  la  propriété  de  se  combiner  avec  trois  atomes  d'acide. 

SUCRE  DES  CHAMPIGNONS 

En  1806,  Proust  (1)  retira  un  sucre  de  l'extrait  aqueux  des 
Champignons  au  moyen  du  procédé  suivant  :  on  traite  l'extrait 

(1)  Proust,  Ann.  de  chimie  et  de  physique,  tome  LVII,  p.  143,  1806. 


214  EXAMEN    CHIMIQUE   DES    CHAMPIGNONS 

par  l'eau  bouillante  ;  on  laisse  reposer  dix  minutes,  on  décante 
la  liqueur  qui,  en  refroidissant,  dépose  des  aiguilles  soyeuses 
d'une  couleur  grise  ayant  une  saveur  légèrement  sucrée.  On 
ne  le  sépare  pas  par  une  première  opération  ;  il  faut,  pour  y 
parvenir  complètement,  réitérer  les  traitements  quatre  ou  cinq 
fois.  Les  cristaux  recueillis  sur  un  filtre  et  décolorés  au  moyen 
du  charbon  animal,  sont  parfaitement  blancs  et  se  présentent 
sous  forme  d'aiguilles  fines  et  soyeuses.  Pour  les  obtenir  en 
longs  prismes  quadrilatères  à  base  carrée,  on  les  redissout  dans 
l'eau  distillée,  en  laissant  la  solution  s'évaporer  dans  une  éluve: 
VAgaricus  eclulis  en  contient  de  0,25  à  0,29  centigrammes  pour 
100  grammes. 

Ce  sucre  soumis  à  l'action  de  la  chaleur,  fond  entre  160 
et  165;  on  obtient  ainsi  un  liquide  incolore, -qui  cristallise  à 
la  suite  d'un  refroidissement  immédiat. 

En  1866,  M.  Chevallier  (1)  voulut  s'assurer  s'il  n'existait 
pas  de  sucre  fermentescible  dans  les  tissus  de  VAgaricus  edulis. 
Ces  Champignons  ayant  été  cueillis  par  moi  dans  les  bois  de 
Chantilly,  le  savant  professeur  de  l'Ecole  de  Pharmacie  mit, 
dans  deux  flacons  de  250  grammes  de  capacité,  du  suc  récem- 
ment extrait  avec  de  la  levure  de  bière  ;  dans  le  second  il 
ajouta,  en  outre  de  ces  deux  substances,  une  petite  quantité 
d'acide  tartrique  pour  activer  la  fermentation.  Les  deux  flacons 
furent  placés  à  l'étuve  chauffée  de  18  à  25  degrés  ;  pendant 
trois  jours,  le  mélange  ne  donna  aucun  signe  de  fermentation 
et  les  liqueurs,  soumises  à  la  distillation,  ne  produisirent  pas 
d'alcool.  Dans  ces  dernières  années  M.  Muntz  a  fait  séjourner 
des  Champignons  de  la  même  espèce  dans  un  ballon  ;  en  pré- 
sence de  l'acide  carbonique,  il  obtint  un  dégagement  d'hydro- 
gène, semblant  amené  par  une  combustion  intérieure  ;  dans  ce 
cas,  comme  on  ne  peut  admettre  la  décomposition  de  l'eau  du 
Champignon,  ce  dégagement  d'hydrogène  ne  saurait  être  attribué 
qu'à  la  mannite  qui  se  transforme  en  un  glycose,  pour  subir 
la  fermentation  alcoolique. 

En  1839,  M.  Frémy  (2)  publia  un  mémoire  sur  la  formation 
de  l'alcool,  C4H602,  aux  dépens  de  la  mannite  C6H706;  l'équation 

(1)  Chevallier,  Bull,  de  l'Académie  de  médecine,  19  février  1866. 

(2)  Compte  rendu,  tome  IX,  p.  16o,  1839. 


EXAMEN   CHIMIQUE   DES   CHAMPIGNONS  21b 

donne  C6H:06  =  C'H60-  X  C20-  +  H  ;  cette  transformation 
est  corrélative  avec  un  dégagement  d'acide  carbonique  qui  peut 
être  absorbé  par  la  potasse  et  d'hydrogène,  dont  la  production 
distingue  la  fermentation  alcoolique  de  la  mannite  de  celle  des 
sucres  proprement  dits. 

On  trouve,  à  l'analyse  des  mêmes  Champignons,  de  l'acide 
lactique;  sa  formation  est  beaucoup  moins  abondante  que 
celle  de  l'alcool  ;  elle  paraît  d'ailleurs  indépendante,  comme  le 
démontre  l'équation  de  sa  formation.  L'acide  lactique  C6H606, 
ne  diffère  de  la  mannite  C6B?06  que  par  un  équivalent  d'hy- 
drogène C6H706  =  C6HG06  -+-  H.  Les  conditions  dans  lesquelles 
l'acide  lactique  prend  naissance  aux  dépens  de  la  mannite  sont 
les  mêmes  que  celles  de  la  fermentation  lactique  du  sucre. 

Pour  expliquer  un  fait  analogue,  M.  Berthelot  (Chimie  orga- 
nique fondée  sur  la  synthèse,  p.  71  et  suivantes)  dit  que  l'acide 
acétique  qui  se  produit  dans  la  fermentation  de  la  mannite  est 
dû  à  une  oxydation  secondaire  de  l'alcool,  ou  plutôt  à  la  décom- 
position directe  de  la  mannite  et  de  l'acide  lactique. 

Le  savant  chimiste  a  bien  soin  de  faire  remarquer  que  ces 
formations  d'alcool  et  d'acides  butyrique  et  lactique  établissent, 
entre  la  mannite  et  les  dérivés  des  alcools  proprement  dits, 
certaines  relations  analytiques  très  importantes  ;  ainsi,  la  man- 
nite joue  au  même  titre  que  la  glycérine  le  rôle  d'un  alcool 
polyatomique.  Si  on  soumet  le  Bolelus  satanas,  la  Chanterelle, 
VAgaricus  nebularis,  VAgaricus  fascicularis,  VAgaricus  stipticus, 
à  une  atmosphère  d'acide  carbonique,  ces  Champignons  subis- 
sent la  fermentation  alcoolique  sans  dégager  l'hydrogène.  Ils 
ne  contiennent  pas  de  mannite,  et,  chimiquement  parlant,  on 
doit  diviser  les  grands  Agarics  et  les  Bolets  en  deux  classes: 
ceux  qui  renferment  comme  sucre  de  la  mannite  ;  ceux  qui 
contiennent  de  la  tréhalose.  Pour  faire  cette  division,  il  faut 
analyser  chaque  espèce  en  particulier  ;  c'est  une  étude  assez 
difficile,  car  certains  Champignons  en  renferment  des  proportions 
très  minimes.  On  peut  toujours  vérifier,  puisque  les  deux  sucres 
présentent  des  propriétés  différentes. 

Bans  l'état  actuel  de  la  science,  les  expériences  que  je  viens 
de  citer  prouvent  donc  que  les  Champignons,  par  leur  com- 
bustion ,  peuvent  changer  la   mannite  en  un   autre    sucre ,    la 


21 G  OBSERVATIONS   SUR  LES   CHAMPIGNONS   COMESTIBLES 

glycose,  qui  est  un  aliment  pour  les  végétaux.  La  mannite  est 
au  contraire,  un  corps  difficile  à  utiliser,  ne  pouvant  servir  ni  à 
la  nutrition,  ni  au  développement  des  cryptogames.  Il  y  a 
ainsi,  au  point  de  vue  physiologique,  une  distinction  frappante 
entre  ces  deux  sucres.  La  glycose  existe  dans  le  Champignon 
pour  servir  d'aliment  de  réparation;  la  mannite  est  un  dépôt  qui 
ne  peut  entrer  dans  le  mouvement  nutritif  sans  devenir  un 
produit  d'excrétion  ;  elle  forme  des  accumulations  qui  s'emma- 
gasinent dans  les  tissus  pendant  la  première  période  de  leur 
développement. 


CHAPITRE  II 

OBSERVATIONS  SUR  LES  CHAMPIGNONS  COMESTIBLES  ET  VÉNÉNEUX 

Avant  d'apprécier  l'influence  que  les  Champignons  exercent 
sur  l'homme,  je  vais  présenter  quelques  observations  qui  me 
sont  personnelles  sur  certaines  espèces.  Presque  tous  les  Cham- 
pignons supportent  parfaitement  la  cuisson,  môme  la  digestion 
par  l'homme  et  les  animaux,  sans  être  sensiblement  altérés 
dans  la  nature  de  leur  tissu.  Les  spores  résistent  bien  aussi 
à  la  coction  dans  l'eau  et  au  travail  digestif  des  animaux,  car 
on  ne  trouve,  pour  ainsi  dire,  pas  de  différence  entre  la  colo- 
ration de  celles  qui  ont  été  cuites  et  de  celles  qui  sont  fraî- 
chement cueillies  :  elles  se  présentent  toujours  avec  la  môme 
forme,  la  même  grosseur  et  la  même  couleur.  Quant  au  tissu 
du  Champignon,  il  n'est  en  rien  modifié  dans  la  forme  et  la 
grosseur  des  cellules  ;  seulement  celles  -  ci  n'ont  plus  cette 
transparence  qu'on  leur  reconnaît  à  l'état  normal  :  toutes  sont 
plus  ou  moins  fanées,  plissées  de  diverses  manières,  et  offrent 
à  l'intérieur  un  grand  nombre  de  granulations  de  protoplasma 
tué  par  la  chaleur. 


OBSERVATIONS  SUR  LES   CHAMPIGNONS   COMESTIBLES  217 

L'ensemble  de  ces  granulations  caractérise  précisément  les 
véritables  matières  albuminoïdes  comme  la  caséine,  la  fibrine, 
et  l'albumine.  On  est  donc  en  droit  de  supposer  que  des  subs- 
tances de  ce  genre  constituent  le  protoplasma  des  Champi- 
gnons. Il  est  bon  de  remarquer  toutefois  que,  dans  les  cellules 
ou  le  suc  abonde  comme  chez  le  genre  Lactaire,  le  suc  pro- 
toplasmique,  à  mesure  qu'il  devient  plus  fluide,  acquiert  une 
plus  grande  fermeté  et  résiste  assez  longtemps  à  l'action  de  la 
chaleur. 

Sous  d'autres  rapports  encore  le  protoplasma  se  comporte  de 
la  même  manière  que  les  matières  albuminoïdes.  Chauffé  à 
100  degrés,  il  se  trouble,  se  raidit  et  meurt  ;  l'alcool  et  les 
acides  minéraux  étendus  le  coagulent  aussi. 

Quant  au  noyau,  soumis  aux  mêmes  réactifs,  il  agit  comme 
un  protoplasma  plein  de  vie  et  abondamment  pourvu  d'eau  ; 
le  noyau  jeune  est  même  plus  sensible;  âgé,  il  devieut  plus 
résistant.  Je  donne  ces  caractères  qui  auraient  leur  utilité  dans 
un  cas  d'empoisonnement  ;  le  médecin  légiste  peut,  au  moyen 
du  microscope,  déterminer,  sinon  avec  certitude  du  moins  avec 
de  très  grandes  probabilités,  la  section  à  laquelle  l'espèce  de 
Champignon  appartient,  et  quelquefois  cette  espèce  elle-même. 
Lorsque  les  déjections  ont  lieu  peu  de  temps  après  l'ingestion, 
il  doit  toujours  être  possible  de  rencontrer  quelques  parcelles 
du  tissu  et  quelques  spores. 

Presque  toutes  les  Amanites  sont  vénéneuses;  quelques  variétés 
comme  les  Am.  bulbosa,  muscaria,  mappa,  phalloïdes  le  sont 
au  plus  haut  degré  ;  Am.  ovoidus,  strobiliformis  (planche  IV, 
fig.  11  et  12)  se  rangent  dans  les  comestibles,  mais,  par  leur 
ressemblance  avec  les  autres  Amanites  vénéneuses,  et  surtout 
avec  l'Agaric  de  couche.  Je  conseille  prudemment  de  ne  manger 
que  trois  espèces  :  YAm.  cœsarea  (planche  III,  fig.  8),  Am. 
rubescms  (fig.  10).  Am.  vaginata  (pi.  VI,  fig.  18  à  20  bis). 
Les  Amanites  ne  sont  pas  les  seules  qui  contiennent  des 
Champignons  dangereux  ;  il  en  existe  encore  d'autres  sections 
du  genre  Agaric;  le  Nébuleux  (planche  XVII,  fig.  75),  que 
Batsch  cite  comme  comestible,  occasionne  des  douleurs  abdo- 
minales très  sérieuses  ;  le  docteur  Cordier,  pour  en  avoir 
mangé  en  ma   présence,  a  été   gravement   incommodé.   Cette, 


218  OBSERVATIONS   SUR   LES   CHAMPIGNONS   COMESTIBLES 

espèce  se  rencontre  fréquemment  à  Saint-Germain,  Meudon, 
Chantilly,  etc.  Les  Coprins  (planche  XL,  XLI,  XLII),  répandus 
sur  tout  le  globe,  sont  les  seuls  qui  se  fondent  en  une  eau 
noire  ;  jeunes,  ils  sont  inoffensifs  ;  avancés,  personne  n'est  tenté 
de  les  manger.  Les  Agarics  laiteux  appartiennent  au  genre 
Lactaires  (planche  XLIII,  XLIV,  XLV)  ;  ils  se  distinguent  par 
le  jus  blanc  qui  en  découle  quand  on  les  blesse  ;  les  spores 
sont  plus  ou  moins  globuleuses  et  rugueuses,  ou  échinulées. 
L'espèce  comestible  la  plus  remarquable  de  ce  genre  est  le 
Lac.  deliciosus  (flg.  237),  dans  lequel  le  lait  est  d'abord  rouge 
safran,  puis  verdâtre;  ce  Champignon  prend  une  couleur  d'un 
vert  livide  quand  il  est  meurtri  ou  brisé.  Le  Volemus  (fig.  236) 
donne  un  lait  blanc,  d'une  saveur  douce  et  agréable  ;  c'est  un 
des  meilleurs,  tandis  que  dans  les  espèces  délétères  à  lait  blanc, 
le  liquide  a  un  goût  piquant  et  acre.  Le  Lactarins  piperatus 
(fig.  235)  est  classé  dans  certains  pays  parmi  les  Champignons 
dangereux;  on  le  mange  pourtant  en  Bourgogne,  en  Auvergne; 
j'en  ai  fait  l'essai,  et  j'ai  constaté  que  son  âcreté  disparaît  par  la 
cuisson.  Ce  suc  spécial  est  un  liquide  albumineux  qui  tient  en 
suspension  des  résines  solides  ou  fluides  a  un  degré  de  division 
extrême;  c'est  la  résine  qui  donne  au  suc  la  coloration  jaune, 
blanche  ou  rouge;  on  peut  s'en  convaincre  par  une  expérience  très 
simple.  Le  suc  laiteux  des  Lactaires  s'écoule  assez  facilement, 
surtout  au  voisinage  des  feuillets,  quand  on  brise  ou  qu'on  coupe 
un  Champignon  frais  ;  recueilli  dans  un  tube  à  analyse  ou  dans 
une  capsule  de  porcelaine,  le  liquide  ne  tarde  pas  à  se  coaguler  ; 
il  perd  sa  couleur  blanche  et  prend  celle  qu'a  généralement 
la  résine  qu'il  contient. 

Boudier  (1)  a  fait  différentes  analyses  chimiques  sur  plusieurs 
espèces  de  Champignons;  mais  nous  savons  que,  pour  isoler  les 
principes  immédiats  qu'on  rencontre  dans  ces  cryptogames,  il  y  a 
certaines  difficultés  à  surmonter  :  il  faut  changer  de  méthode  à 
cause  des  substances  mucilagineuses,  fixer,  comme  nous  avons 
fait,  le  principe  actif  par  un  acide  minéral,  l'isoler  à  l'aide  de  l'al- 
cool amylique.  Ces  analyses  devraient  être  reprises  par  une  per- 
sonne exercée  aux  manipulations  chimiques;  on  cherche  partout 
des  découvertes  nouvelles  :  voilà  une  mine. 

(1)  Boudier.  Des  Champignons  au  point  de  vue  toxicologique,  J.-B.  Baillièro,  1866. 


OBSERVATIONS   SUR   LES   CHAMPIGNONS   COMESTIBLES  219 

Les  Russules  (planches  XLV,  XLVI,  XLVII,  fig.  241  à  253), 

ressemblent  par  beaucoup  de  points  aux  Lactaires,  mais  sans  lait; 
quelques-unes  sont  dangereuses,  d'autres  comestibles. 

Parmi  les  dernières,  on  peut  citer  VHeterophilla  (fîg.  243), 
Champignon  très  commun  dans  tous  les  bois  de  la  France  et  qui 
a  un  parfum  remarquable.  Dans  beaucoup  de  nos  provinces  on 
mange  le  R.  vircscens  (fig.  248).  Une  troisième  espèce  de  Russule, 
R.  alutacea  (fig.  241),  reconnaissais  à  ses  feuillets  jaune  chamois, 
n'est  nullement  à  dédaigner.  Trois  ou  quatre  autres  ont  aussi 
le  mérite  d'être  comestibles,  les  Russula  aurata  (fig.  245), 
R.  cyanoxantha  (fig.  252),  etc.;  pourtant  je  préviens  qu'il  y  a 
aussi  des  espèces  nuisibles  comme  le  Russula  emetica  à  feuil- 
lets blancs  (fig.  242),  le  R.  fragilis  (fig.  247).  Dans  le  genre 
Panus,  on  trouve  le  P.  stipticus  (planche  XXIV,  fig.  122),  qui 
est  malfaisant;  mais  sa  petite  taille,  sa  chair  coriace  et  sa  saveur 
désagréable  suffisent  pour  en  éloigner  les  amateurs.  Le  Champi- 
gnon des  fées,  au  contraire,  Marasmius  orcades  (planche  XL1X, 
fig.  262),  bien  que  fort  petit,  est  un  comestible  des  plus  délicieux; 
on  le  trouve  en  cercles  dans  les  prairies.  Ce  Champignon  a  l'avan- 
tage de  sécher  rapidement  et  de  conserver  longtemps  son  arôme. 
Les  Caniharellus  ont  une  odeur  et  un  aspect  charmant  et  appé- 
tissant (planche  XLVIII,  fig.  254  à  257)  ;  leur  couleur  est  jaune 
d'or  brillant,  et  leur  goût  a  été  comparé  avec  raison  à  celui  des 
abricots  mûrs;  on  les  mange  presque  universellement.  Parmi  les 
Bolets,  où  les  feuillets  sont  remplacés  par  des  tubes,  on  rencontre 
moins  d'espèces  comestibles  que  dans  les  Agarics.  Le  Roletus  edulis 
(planche  L,  fig.  268)  est  renommé  entre  tous  ;  c'est  le  cep  de 
Bordeaux  ;  coupé  en  tranches  minces  et  séché,  il  se  vend  partout 
en  France;  le  Roletus  aurantiacus  paraît  dès  le  commencement 
de  l'été  et  a,  quand  il  est  cru,  un  parfum  particulier  de  noi- 
sette; le  Roletus  scaber  (fig. 271),  est  aussi  très  commun.  Le 
Rolelus  castaneus  (fig.  275),  petite  espèce  à  saveur  douce  et 
agréable,  est  très  bonne,  bien  préparée.  Plusieurs  Bolets  sont 
pourtant  dangereux.  Le  R.  luridus  (fig.  275  bis),  fort  répandu 
dans  nos  contrées,  surtout  en  automne,  occasionne  des  accidents 
graves.  La  chair  de  quelques  Bolets  change  de  couleur  quand 
elle  est  entamée  ;  celle  du  Bolet  bleuissant,  R.  cyanesceyxs  (fig.  276), 
passe  assez  rapidement  au  bleu  foncé  ;  cependant  c'est  Une  espèce 
bonne  à  manger. 


220  OBSERVATIONS   SUR  LES   CHAMPIGNONS   COMESTIBLES 

Il  y  a  très  peu  de  vrais  Polypores  comestibles  :  le  Polyporus  ju- 
glandis  (fig.  279),  le  P.  giganteus  (flg.  280),  a  la  consistance  du 
cuir  lorsqu'il  est  vieux;  quelques-uns  sont  utiles  à  l'industrie.  Le 
Bolet  amadouvier,  P.  fomentarius,  s'emploie  généralement  pour 
la  fabrication  de  l'amadou,  qui  est  une  branche  de  commerce 
assez  considérable.  Les  gantiers  font  un  usage  fréquent  du  P.  his- 
pidus  (flg.  283),  pour  teindre  les  peaux  en  couleur  marron  fauve. 
Le  P.  sulfureus  (planche  LVI,  fig.  284)  sert  à  teindre  en  jaune. 
On  récolte  dans  la  forêt  de  Saint-Germain,  à  Chantilly,  Fontaine- 
bleau, un  Champignon  charnu,  juteux,  ressemblant  un  peu  à  une 
langue  de  bœuf  par  sa  forme  et  à  un  bifteck  par  son  apparence, 
mais  beaucoup  plus  encore  par  son  goût.  Aussi  lui  a-t-on  donné 
le  nom  de  langue  de  bœuf  (planche  LIV,  fig.  278).  On  le  mange 
partout  à  l'égal  des  meilleures  espèces  comestibles. 

Les  Hydnes,  au  lieu  de  pores  ou  de  tubes,  ont  des  épines  et  des 
verrues,  sur  lesquelles  s'étend  la  surface  fructifère.  Le  plus  com- 
mun est  YHyd.  repandum  (planche  LVIII,  fig.  293),  qu'on  trouve 
dans  tous  les  bois  ;  il  a  une  légère  saveur  de  poivre,  qui  dispa- 
raît par  la  cuisson  :  c'est  un  Champignon  très  estimé.  Comme  il 
est  sec  de  sa  nature,  on  peut  le  sécher  et  le  conserver  pour  l'hiver. 
Les  Clavaires  (planche  LXI,  LX1I)  sont  généralement  comestibles; 
le  Cl.  crispula  est  une  très  belle  espèce  qui  a  la  taille  et  un  peu 
l'apparence  d'un  petit  chou-fleur.  Parmi  les  Tremelles,  aucune  ne 
mérite  d'être  citée  ;  la  plus  curieuse  l'Oreille  de  Judas,  Himeola 
auricula  Judœ  (fig.  311),  passe  pour  purgative,  à  tort  sans  doute, 
car  elle  est  employée  comme  aliment  dans  diverses  parties  du 
monde  :  en  Chine  notamment  on  s'en  sert  pour  faire  de  la  soupe. 
Il  n'y  a  point,  parmi  les  Phailoïdées  (planche  LXIV,  fig.  332  à 
341),  d'espèce  qui  ait  une  valeur  économique;  on  mange,  dans 
certains  pays,  la  bourse  gélatineuse  du  Phallus  (fig.  334),  et  en 
Ecosse  la  tige  poreuse  du  Phallus  impudicus  ;  mais  ces  exemples 
ne  doivent  pas  nous  conduire  à  recommander  leur  consommation. 
Une  espèce  de  Vesse-de-loup,  Lycoperdon  giganteum  (planche 
LXVII,  fig.  3S4)  a  de  très  zélés  partisans,  et  quand  elle  est  jeune, 
crémeuse  et  bien  préparée,  c'est  un  bon  aliment.  J'ai  mangé 
presque  tous  les  Lycoperdons  jeunes  sans  trouver  de  différence 
avec  les  meilleurs  Agarics. 

Le  lecteur  trouvera  des  détails  supplémentaires  aux  descrip- 
tions des  espèces. 


OBSERVATIONS   SUR  LES   CHAMPIGNONS   COMESTIBLES  221 

Nous  remarquons  dans  la  seconde  classe  les  Thécasporés,  Lév., 
ou  Ascomycètes  des  auteurs,  quelques  Champignons  fort  estimés; 
les  délicieuses  Morilles;  le  Morchella  esculenta  et  le  M.  nigra  sont 
les  plus  communes,  mais  il  y  a  des  espèces  beaucoup  plus  grandes, 
comme  le  M.  crassipes,  le  M.  semilibera,  toutes  comestibles;  cer- 
taines Helvelles  (flg.  388),  se  mangent  et  se  sèchent  facilement.  Un 
curieux  Champignon,  avec  son  chapeau  semblable  à  un  capuchon, 
le  Verpa  digitaliformis  (planche  LXXI,  flg.  386),  se  consomme  en 
Italie;  quelques  espèces  de  Pezizes,  bien  que  comestibles,  ont  fort 
peu  de  valeur,  par  suite  d'une  odeur  nitreuse  bien  marquée  : 
P.  Acetabulum  (flg.  396),  P.  coccinea,  etc. 

Pour  compléter  rénumération  des  espèces  comestibles  et 
vénéneuses,  il  ne  reste  plus  qu'à  parler  des  Champignons  sou- 
terrains, dont  la  Truffe  exquise  est  le  type  et  donne  en  France  les 
produits  les  plus  parfumés,  Tuber  cibarium  (flg.  390),  T.  melanos- 
permum,  T.  magnatum.  Les  Truffes  viennent  de  préférence  au 
milieu  du  chevelu  des  racines  des  arbres  et,  en  particulier,  du 
chêne  rouvre,  Quercus  robur.  Lin,  du  chêne  yeuse,  Q.  ilex,  Lin,  du 
chêne  kermès,  Q.  coccifera  Lin.  Elles  acquièrent  sous  ces  arbres 
un  parfum  qui  leur  manque  lorsquelles  se  développent  entre 
les  racines  du  charme,  du  châtaignier.  La  Truffe  noire  (flg.  390) 
est  celle  que  Ton  récolte  de  préférence  en  Périgord;  elle  vient 
surtout  dans  les  bois  de  chêne  rouvre.  C'est  sur  les  terrains  juras- 
siques et  principalement  sur  les  oolithes,  que  les  Truffes  croissent 
en  plus  grand  nombre.  La  Champagne  et  la  Bourgogne  produi- 
sent la  Truffe  rousse  {Tuber  rufum),  etc.  Les  botanistes  regardent 
avec  raison  les  Truffes  comme  des  Champignons  souterrains  se 
reproduisant  de  spores  comme  les  autres  Champignons;  la  plupart 
des  cultivateurs,  tout  au  contraire,  n'y  voient  que  des  excrois- 
sances végétales  de  la  nature  des  noix  de  galle,  ou  un  accident 
dans  la  végétation  de  divers  arbres.  Telle  est  du  moins  l'opinion 
émise  par  M.  Martin-Ravel.  M.  Chatin,  déjà  cité,  fait  bonne  jus- 
tice de  toutes  les  hypothèses  émises  touchant  la  reproduction  de 
ces  végétaux. 

Les  enfants,  en  Auvergne,  mangent  presque  toujours  cru 
YElaphomyces  granulatus,  et  je  n'ai  pas  eu  connaissance  du  moin- 
dre malheur.  Les  moisissures  qui  viennent  sur  les  fruits  et  les 
confitures  (représentées  planche  LXXIV,  flg.  397,  399,  400,  40b) 


222  OBSERVATIONS   SUR   LES   CHAMPIGNONS   COMESTIBLES 

sont  moins  dangereuses  que  celles  des  céréales  et  du  pain. 
M.  Cordier  et  moi,  avons  mangé,  sans  en  être  incommodés,  le 
Pénicillium  glaucum,  venu  sur  un  pot  de  confitures.  Parmi  les 
Champignons  employés  en  médecine,  la  première  place  doit  être 
donnée  à  l'Ergot,  que  Ton  récolte  sur  le  seigle,  le  blé  et  beaucoup 
de  graminées  sauvages,  à  cause  de  son  principe  actif:  il  tient  son 
rang  dans  le  Codex.  D'autres,  qui  avaient  une  réputation  autrefois, 
sont  maintenant  écartés. 

En  1868  M.  le  docteur  Curie  et  M.  Pierre  Vigier,  savant  phar- 
macien de  Paris,  ont  cherché  à  isoler  l'alcaloïde  des  Champignons 
vénéneux,  dans  le  même  sens  que  MM.  Schmidberg  et  Koppe,  de 
Dorpat.  Ils  s'occupèrent  exclusivement  de  VAmanitamappa,  parce 
que  c'était  celui  qui  leur  avait  paru  le  plus  toxique.  M.  Vigier  a 
donné  à  cette  Amanite  deux  formes  pharmaceutiques  :  l°une  alcoo- 
lature  qui  se  prépare  en  laissant  quinze  jours  en  contact  un  kilo- 
gramme de  Champignons  vénéneux  frais  écrasés  avec  un  kilo- 
gramme d'alcool  à  90°,  on  passe  avec  expression  et  l'on  filtre. 
Cette  alcoolature  s'administre  à  la  dose  de  quatre  à  six  grammes 
par  jour  dans  certaines  affections  catarrhales  ;  2°  des  pilules 
de  cinq  centigrammes  d'extrait  provenant  de  la  distillation 
de  l'alcoolature.  Ces  pilules  se  prennent  à  la  dose  de  trois  à 
quatre  par  jour.  M.  le  docteur  Curie  publiera  certainement  bientôt 
le  résultat  de  ses  recherches  thérapeutiques  sur  ce  sujet. 

La  levure,  rangée  aussi  parmi  les  substances  pharmaceutiques, 
est  de  peu  d'importance.  Je  ne  dirai  qu'un  mot  de  l'amadou  qui  se 
prépare  avec  le  Pohjporus  fomentarius,  le  P.  ignarius  coupés  en 
tranches  séchés  et  battus  jusqu'à  ce  qu'ils  deviennent  mous.  Cela 
complète  la  liste  si  importante  des  Champignons  qui  rendent 
directement  service  à  l'humanité  dans  l'alimentation,  la  médecine 
ou  les  arts. 


INFLUENCE  DES   CHAMPIGNONS   SUR   L'HOMME  ET   LES   ANIMAUX  223 

CHAPITRE  III 

INFLUENCE  DES  CHAMPIGNONS  SUR  L'HOMME  ET  LES  ANIMAUX 

Après  l'examen  des  propriétés  physiques,  il  ne  sera  pas  sans 
intérêt  d'apprécier  l'influence  des  Champignons  sur  l'homme  et  les 
animaux,  plus  longuement.  En  décrivant  les  espèces,  j'ai  montré 
qu'un  grand  nombre  de  cryptogames  peuvent  être  utilisés  comme 
nourriture,  et  que  plusieurs  d'entre  eux  fournissent  des  aliments 
vraiment  délicats.  Il  est  nécessaire  aussi  de  déclarer,  d'une  façon 
plus  positive  encore,  que  beaucoup  sont  vénéneux  et  renferment 
des  poisons  violents  qui,  pris  même  en  petite  quantité,  peuvent 
donner  rapidement  la  mort. 

Les  journaux  mentionnent  chaque  année  des  empoisonnements, 
mais  ils  ne  disent  jamais  par  quelles  espèces  les  accidents  ont  été 
occasionnés.  Les  anciens  ont  dû  avoir  de  nombreux  malheurs  à 
déplorer  aussi  ;  la  preuve,  c'est  le  soin  que  mettent  les  auteurs, 
depuis  Dioscoride,  à  établir  une  distinction  et  à  donner  les  moyens 
de  combattre  le  poison.  Ils  faisaient  remarquer  pourtant  que  les 
Champignons  donnaient  la  mort,  non  seulement 'parce  qu'il  y  en 
avait  de  vénéneux,  mais  aussi  parce  qu'on  en  mangeait  sans  mesure, 
et  de  peu  cuits  ou  de  coriaces.  Dans  ces  conditions,  en  effet,  les 
accidents  sont  toujours  possibles,  et  il  est  probable,  vu  la  pauvre 
nature  humaine,  qu'ils  le  seraient  encore,  quand  même  chaque 
Champignon  nuisible  aurait  le  mot  poison  inscrit  sur  son  chapeau. 

On  nous  demande  sans  cesse  des  règles  claires  pour  distinguer 
les  Champignons  vénéneux  des  comestibles  ;  nous  ne  pouvons 
cependant  répondre  que  ceci  :  comment  reconnaître  le  persil  de  la 
morelle  ;  la  jusquiame  de  la  pomme  de  terre  ;  le  stramonium  du 
tabac  ou  de  l'oseille?  Il  n'y  a  pas  de  caractère  général,  mais  il  y  a 
des  différences  spécifiques.  Il  en  est  de  même  pour  les  Champi- 
gnons ;  on  doit  apprendre  à  les  discerner  de  la  même  manière  que 
l'on  distingue  le  persil  de  la  ciguë.  Les  Champignons  ont  encore 
un  grand  avantage  à  cet  égard,  puisqu'on  peut  donner  pour  eux 
une  ou  deux  indications  générales,  tandis  qu'il  n'y  en  a  aucune 
d'applicable  aux  plantes  supérieures.  Un  dicton  très  répandu  dans 


224  INFLUENCE  DES   CHAMPIGNONS   SUR   L' HOMME   ET   LES  ANIMAUX 

la  population  ries  villes  et  des  campagnes  et  qu'un  célèbre  natu- 
raliste, Bulliard,  avait  déjà  réfuté  dès  1791,  c'est  que  la  cuiller 
d'argent  noircit  au  contact  des  Champignons  vénéneux.  Jamais 
les  Champignons  vénéneux  n'altèrent  par  leur  cuisson  l'éclat  de 
l'or  ni  de  l'argent  :  ce  sont  des  expériences  faciles  à  répéter  et  que 
j'ai  faites  personnellement  sur  les  Agarics  et  les  Bolets  les  plus 
vénéneux,  c'est-à-dire  sur  ceux  qui  occasionnent  la  presque  tota- 
lité des  empoisonnements.  Persuadé  qu'il  est  important  de  faire 
connaître  au  public  l'insuffisance  absolue  de  ce  moyen,  j'aiderai 
peut-être  ainsi  à  prévenir  bien  des  malheurs.  Il  faut  se  souveuir 
que  la  cuiller  d'argent  brunit  par  la  cuisson  des  œufs  sur  le  plat  ; 
pourtant,  voilà  un  mets  qui  n'est  pas  vénéneux.  Quand  on  fait  cuire 
un  chou,  la  cuiller  prend  une  coloration  plombée  :  le  chou  n'est 
pas  malfaisant  cependant  ;  mais  les  œufs  et  les  choux,  comme  bien 
d'autres  substances  végétales  et  animales,  contiennent  une  essence 
formant  avec  l'argent,  sous  l'influence  de  la  chaleur,  du  sulfure 
qui  est  noir.  Je  ne  dis  pas  que,  dans  certains  cas,  la  cuiller  ne 
puisse  prendre  une  coloration  brunâtre,  résultat  seulement  de 
l'état  avancé  des  Champignons,  qui  contiennent  des  substances 
albuminoïdes,  dégageant  de  l'hydrogène  sulfuré,  sous  l'action  de 
la  chaleur. 

On  rejette  de  la  consommation  toutes  les  substances  altérées  ; 
il  est  bon  d'agir  pareillement  à  l'égard  des  Champignons,  et  de  se 
bien  convaincre  qu'une  seule  exception,  à  des  caractères  donnés, 
peut,  dans  le  cas  qui  nous  occupe,  entraîner  la  mort  de  familles 
entières,  et  que  les  exceptions  sont  presque  aussi  nombreuses  que 
la  règle  même. 

Une  des  espèces  les  plus  belles,  mais  des  plus  vénéneuses  que 
nous  possédions,  c'est  la  fausse  Oronge  ou  Agaric  mouche 
(planche  II,  fig.  7),  qu'on  emploie  quelquefois  comme  poison  pour 
détruire  les  mouches.  Mérat  (Dictionnaire  de  matière  médicale) 
dit  que  jamais  les  insectes  et  les  limaces  n'attaquent  ce  Champi- 
gnon. Je  puis  assurer,  et  ne  suis  pas  le  seul,  qu'on  trouve 
fréquemment  ce  joli  cryptogame  mangé  par  des  larves  de  Diptères 
et  de  Staphylinides.  Les  limaces  ont  un  goût  très  prononcé  pour 
ses  feuillets  ;  le  docteur  Léveillé  a  nourri  plusieurs  jours  des 
limaces  grises  et  rouges  avec  les  plus  vénéneuses  Amanites,  telles 
que  le  muscaria,    le  mappa,  Am.   bulbosa  et  phalloïdes.    On 


INFLUENCE  DES   CHAMPIGNONS   SUR   L'HOMME  ET   LES   ANIMAUX  225 

sait  que  les  Champignons  se  rapprochent  des  substances  animales 
par  l'abondance  de  leurs  principes  azotés;  ils  contiennent  un  prin- 
cipe acre  détruit  par  la  dessiccation  et  l'ébullition,  et  un  principe 
vénéneux,  nommé  Amanitine  quand  on  l'extrait  du  genre  Amanite, 
et  Fungine,  lorsqu'on  l'obtient  dans  les  autres  classes;  ce  principe 
vénéneux  doit  être  regardé  comme  doué  d'un  caractère  basique, 
parce  qu'il  est  susceptible  de  s'unir  aux  acides  pour  donner  nais- 
sance à  des  sels.  (Schoras  et  moi,  avons  présenté  à  ce  sujet  à 
l'Académie  des  sciences,  dans  sa  séance  du  2b  avril  186b,  un 
mémoire  sur  l'alcaloïde  des  espèces  vénéneuses,  travail  dont 
M.  Fbémy  a  été  nommé  rapporteur.) 

Les  Champignons  comestibles,  bien  préparés,  sont  un  aliment 
très  nourrissant  ;  aussi  les  Russes,  qui  en  consomment  une  grande 
quantité  donnent-ils  une  attention  particulière  au  mode  de  cuisson, 
en  y  ajoutant  force  sel  et  vinaigre  ;  l'un  ou  l'autre  de  ces  condi- 
ments, par  une  longue  ébullition,  devant  puissamment  agir  pour 
détruire  le  poison. 

Je  connais  un  garde,  dans  nos  environs,  qui  mange  tous  les 
Champignons,  comestibles  ou  vénéneux,  par  le  procédé  Gérard, 
très  praticable,  du  reste.  Il  consiste  à  jeter,  chaque  500  grammes 
de  Champignons,  coupés  en  morceaux  d'assez  médiocre  grandeur, 
en  quatre  pour  les  moyens,  en  huit  pour  les  plus  gros,  dans  un 
litre  d'eau  acidulée  par  trois  cuillerées  de  vinaigre  ou  deux  cuille- 
rées de  sel  gris  ;  si  l'on  n'a  que  de  l'eau  à  sa  disposition,  il  faut  la 
renouveler  une  ou  deux  fois.  On  laisse  les  Champignons  macérer 
pendant  deux  heures,  puis  on  les  lave  à  grande  eau  ;  ils  sont  alors 
mis  dans  l'eau  froide  qu'on  porte  à  l'ébullition,  et,  après  un  quart 
d'heure  ou  mieux  encore  une  demi-heure,  on  les  retire,  on  les 
lave,  on  les  essuie  et  on  les  apprête. 

Le  procédé  a  été  expérimenté  par  F.  Gérard  sur  lui-même,  en 
présence  des  membres  désignés  par  le  Conseil  de  salubrité  : 
MM.  Beaude,  Flandin,  Cadet  de  Gassicourt  et  le  docteur  Cordier. 
Parmi  les  espèces  que  Gérard  avaient  préparées,  se  trouvaient 
quelques  pieds  de  fausse  Oronge  (figure  7),  d'Agaric  bulbeux 
(planche  V,  fig.  14),  le  Phalloïde  (planche  V,  fig.  16),  tous  Cham- 
pignons essentiellement  vénéneux.  Gérard  et  sa  famille  les  ont 
mangés  devant  la  Commission,  dont  plusieurs  membres  en  ont 
goûté  ;  personne  ne  fut  incommodé. 


226  INFLUENCE  DES   CHAMPIGNONS   SUR   L'HOMME   ET   LES   ANIMAUX 

M.  Pouchet  de  Rouen  (1)  a  fait  bouillir  dans  un  litre  d'eau, 
pendant  un  quart  d'heure,  six  fausses  Oronges;  la  décoction, 
donnée  à  un  chien,  le  tua  peu  d'heures  après,  tandis  que  les  Cham- 
pignons eux-mêmes  furent  mangés  sans  inconvénient  par  un  autre 
chien.  Cette  expérience,  répétée  un  grand  nombre  de  fois,  soit 
avec  la  fausse  Oronge,  soit  avec  l'Agaric  bulbeux,  lui  a  toujours 
donné  des  résultats  semblables.  D'après  mes  expériences  person- 
nelles, le  blanchiment  ne  suffit  pas  pour  détruire  entièrement  le 
principe  actif  de  certains  Agarics  ;  des  chiens  sont  morts  après 
avoir  absorbé  des  Champignons  traités  par  l'eau  bouillante,  tandis 
que  je  n'ai  jamais  vu  d'accidents  par  le  procédé  Gérard.  Bulliard 
a  mangé  des  fausses  Oronges  avant  Gérard,  par  le  même  procédé, 
sans  en  avoir  ressenti  autre  chose  qu'une  légère  âcreté  à  la  gorge, 
due  sans  doute  à  l'huile  essentielle  qui  est  émulsionnée  par  une 
cuisson  suffisante  ;  le  principe  vénéneux  est  sans  saveur  et  sans 
odeur.  Mais  la  fausse  Oronge  est-elle  vraiment  un  poison  éner- 
gique? Ce  qui  en  ferait  douter,  c'est  qu'elle  compte  parmi  les 
Champignons  alimentaires  à  Bonneville  et  sur  d'autres  points  de 
la  Savoie. 

En  résumé,  dans  l'état  actuel  de  nos  connaissances,  personne 
n'oserait  se  permettre  de  donner  un  procédé  infaillible  pour  neu- 
traliser le  toxique  introduit  dans  l'économie.  L'action  du  vinaigre, 
quelque  peu  dilué  qu'il  soit,  a  pour  effet  de  favoriser  la  sortie  du 
suc  des  Champignons  ;  c'est  pourquoi  l'eau  acidulée  qui  a  servi  à 
la  macération  est  bien  plus  colorée  que  l'eau  pure  provenant 
de  leur  ébullition. 

Le  vinaigre  est  donc,  malgré  ses  défauts,  le  seul  préservatif  que 
l'on  puisse  indiquer  pour  atténuer  le  principe  vénéneux. 

(1)  Journal  des  Connaissances  médieales.  1838-1839,  tome  VI,  p.  347. 


EFFETS  DES  CHAMPIGNONS  VÉNÉNEUX  SUR  L'HOMME  ET  LES  ANIMAUX     227 


CHAPITRE  IV 

EFFETS  DES  CHAMPIGNONS  YËNÉNEUX  SUR  L'HOME  ET  LES  ANIMAUX. 

TRAITEMENT. 

Sans  vouloir  rapporter  ici  des  exemples  particuliers  d'empoi- 
sonnement sur  l'homme,  et  je  pourrais  en  citer  un  grand  nombre, 
je  crois  avoir  fait  connaître  la  dangereuse  influence  des  Champi- 
gnons autant  que  le  permet  l'état  actuel  de  la  question;  voyons 
les  effets  qu'ils  peuvent  déterminer.  Ces  effets  varient  un  peu  avec 
l'espèce  qui  les  produit,  mais  en  général,  ils  se  réduisent  aux 
suivants:  tranchées,  envies  de  vomir,  évacuations  par  haut  et  par 
bas,  chaleur  d'entrailles,  langueurs,  douleurs  vives  presque  con- 
tinues, crampes,  mouvements  convulsifs  de  telle  ou  telle  par- 
tie du  corps,  soif  dévorante,  pouls  petit,  dur,  tendu  et  fréquent; 
dans  certaines  circonstances,  il  se  manifeste  une  sorte  d'ivresse, 
un  délire  sourd  et  une  espèce  d'assoupissement  qui  endort  le  ma- 
lade, jusqu'à  ce  que  les  douleurs  ou  les  convulsions  le  réveillent. 
Quelquefois  l'infortuné  conserve  toutes  ses  facultés  intellectuelles; 
des  douleurs  et  des  convulsions  atroces  épuisent  ses  forces  et 
finissent  par  amener  la  mort.  Presque  toujours,  les  effets  des 
Champignons  vénéneux  ne  se  manifestent  que  5,  7,  12  ou  môme 
24  heures  après  qu'ils  ont  été  mangés. 

TRAITEMENT 

Débarrasser  les  voies  digestives  des  Champignons  qui  s'y  trou- 
vent par  l'émétique,  à  la  dose  de  0,15  centigrammes  que  l'on 
dissout  dans  un  verre  d'eau.  On  fera  boire  la  dissolution  d'émé- 
tique  tiède  par  gorgées,  de  cinq  en  cinq  minutes  jusqu'à  ce  que  le 
vomissement  ait  lieu.  Si  Ton  agit  immédiatement  après  le  repas, 
le  vomissement  suffit  quelquefois  pour  entraîner  tous  les  Cham- 
pignons et  faire  cesser  les  accidents;  mais  si  les  secours  conve- 
nables ont  été  différés,  si  les  symptômes  ne  sont  survenus  qu'au 
bout  de  plusieurs  heures,  on  doit  présumer  qu'une  partie  des 
Champignons  vénéneux  a  passé  dans  l'intestin,  et  il  faut  avoir 


228  TRAITEMENT 

recours  au  médecin.  En  l'attendant  on  peut  donner  un  purgatif; 
60  grammes  d'huile  de  ricin  avec  60  grammes  de  sirop  de  fleurs 
de  pêcher,  que  Ton  fait  prendre  en  trois  fois  de  quart  d'heure  en 
quart  d'heure;  si  on  parvient  à  chasser  les  Champignons,  il  faut 
combattre  l'inflammation  qu'ils  ont  produite  ;  on  fait  boire  à  cet 
effet  de  l'eau  de  riz  gommée,  ou  de  la  tisane  de  racine  de  gui- 
mauve, du  café  noir.  Dans  le  cas  de  convulsions,  on  calme  le 
système  nerveux  avec  une  potion  éthérée  :  60  grammes  de  sirop 
d'éther  pour  100  grammes  d'eau  de  fleurs  d'oranger.  En  même 
temps,  on  donnera  au  malade  d'heure  en  heure  un  paquet  de 
0,25  centigrammes  de  sulfate  de  quinine  ;  ce  moyen  m'a  réussi  une 
fois.  On  fera  des  frictions  sur  le  ventre  avec  de  l'huile  de  camo- 
mille camphrée  tiède  pendant  S  minutes  avec  la  main  et  toutes  les 
heures;  des  bains  peuvent  être  prescrits. 

Quand  on  veut  expérimenter  un  Champignon  vénéneux  sur  un 
chien,  c'est  toujours  à  jeun  qu'on  le  fait,  pour  que  l'absorption 
ait  lieu  avec  une  plus  grande  rapidité.  Que  ce  soit  avec  les 
Amanites  ou  les  Bolets  vénéneux  ou  suspects,  on  donne  généra- 
lement 100  grammes  de  Champignons  en  pâtée;  une  ou  deux 
heures  après  l'ingestion  du  Champignon,  j'ai  toujours  constaté 
chez  les  animaux  une  tendance  à  la  syncope.  Mais  ce  qui  frappe 
surtout,  c'est  la  dilatation  effrayante  de  la  pupille,  une  soif 
ardente,  la  gorge  toujours  sèche  ;  le  chien  meurt  quelques  heures 
après. 

J'ai  cherché  naturellement  bien  des  fois  à  enrayer  les  effets 
toxiques,  en  introduisant  dans  la  gueule  des  chiens  0,1b  centi- 
grammes de  turbith  minéral  pour  favoriser  les  vomissements,  et 
en  leur  faisant  prendre  une  grande  quantité  de  sirop  de  nerprun. 
Quand  la  substance  toxique  était  absorbée,  on  les  laissait  mourir. 
Dans  ces  dernières  années,  j'ai  cherché  un  contre-poison  phy- 
siologique, un  contre-poison  dont  les  effets  après  absorption 
fussent  diamétralement  opposés  dans  l'organisme  à  ceux  produits 
par  l'alcaloïde  du  Champignon,  caractérisé  comme  poison  acre  et 
stupéfiant.  J'ai  fait  quelquefois,  au  moyen  de  la  seringue  de 
Pravaz,  d'abord  sous  la  peau  au  milieu  du  dos,  une  injection  avec 
deux  milligrammes  de  nitrate  de  pilocarpine.  Une  demi-heure 
après  je  commençais  à  donner  une  seconde  injection  avec  la 
môme  dose,  mais  cette  fois  un  peu  à  gauche  du  cœur.  Trois  quarts 


CULTURE   DES    CHAMPIGNONS    POUR    L'ALIMENTATION  229 

d'heure  après  la  première,  un  quart  d'heure  après  la  seconde, 
sous  l'influence  de  ce  médicament  sudorifique  par  excellence,  on 
constate  à  la  surface  de  la  peau  un  faible  retour  de  chaleur,  que 
l'on  active  encore  par  des  frictions  avec  un  bouchon  de  foin. 
Aussitôt  que  possible  on  fait  boire  à  l'animal  S  grammes  de  nitrate 
de  potasse  dissous  dans  100  grammes  d'eau  de  guimauve.  Avec 
l'aide  de  ces  divers  moyens  combinés,  la  pupille  devient  sensible, 
se  contracte,  ce  qui  n'avait  pas  lieu  précédemment.  Pour  être 
rigoureusement  vrai,  je  dirai  que  jamais  le  chien  ne  revient  à 
son  état  normal,  mais  il  vit,  et  l'empoisonnement  cesse.  Ce  qui 
réussit  chez  le  chien  est  indiqué  pour  l'homme. 


CHAPITRE  V 

CULTURE  DES  CHAMPIGNONS  POUR  L'ALIMENTATION 

Les  Champignons  poussent  partout  où  la  végétation  peut  se 
manifester;  cependant  on  doit  dire  que,  pour  le  plus  grand 
nombre  des  Agarics,  l'ombre,  une  humidité  modérée,  une  chaleur 
continue,  mais  douce,  sont  nécessaires.  Il  n'est  ni  sans  profit  ni 
sans  intérêt,  pour  ceux  mêmes  qui  ne  se  proposent  pas  une  étude 
spéciale,  d'avoir  des  notions  sur  les  habitudes  de  ces  organismes 
et  d'apprendre  jusqu'à  quel  point  les  circonstances  et  les  corps 
environnants  influent  sur  leur  production.  Une  promenade  dans 
un  bois  en  automne  démontrera  la  prédilection  des  Agarics  et  de 
quelques  autres  petits  groupes  pour  de  semblables  lieux,  où  ils 
trouvent  plus  d'ombre  que  dans  les  bruyères  et  les  pâturages  décou- 
verts. On  peut  remarquer  que  certaines  espèces  croissant  sur  le  sol 
préfèrent  l'ombre  d'arbres  d'essences  particulières  ;  les  Agarics  qui 
poussent  dans  les  bois  de  hêtres  diffèrent  beaucoup  de  ceux  des 
bois  de  chênes,  et  les  uns  et  les  autres  se  distinguent  de  ceux  que 
l'on  cueille  dans  les  bois  de  pins  ou  de  sapins.  Comme  beaucoup 
de  ces  Agarics  servent  à  l'alimentation,  l'homme  a  cherché  des 


230  CULTURE  DES   CHAMPIGNONS   POUR   L'ALIMENTATION 

moyens  factices  pour  les  faire  croître  et  les  multiplier  à  son  gré. 
Ce  n'est  pas,  du  reste,  un  art  moderne  ;  du  temps  de  Dioscoride, 
et  probablement  avant  lui,  on  reproduisait  artificiellement  des 
espèces  comestibles.  D'après  cet  auteur  il  suffirait,  pour  avoir  des 
Champignons,  de  répandre  de  l'écorce  de  peuplier  réduite  en 
poudre,  sur  une  couche  de  terre  bien  fumée.  Selon  Ménandre,  un 
des  procédés  mis  en  usage  chez  les  Grecs  consistait  à  couvrir  de 
fumier  une  souche  de  figuier  et  à  l'humecter  fréquemment.  Le 
docteur  Badham  a  obtenu  lui-même  le  Pohjporus  avellanus  en  flam- 
bant au-dessus  d'une  poignée  de  paille,  un  morceau  de  noisetier, 
arrosé  ensuite  et  mis  de  côté;  au  bout  d'un  mois  environ  les 
Champignons  se  montrent  tout  blancs,  ayant  de  six  à  quinze  cen- 
timètres de  diamètre,  et  excellents  à  manger;  leur  profusion  est 
souvent  telle  qu'ils  cachent  le  bois  sur  lequel  ils  poussent.  Dans 
quelques  provinces  du  midi  de  la  France,  on  cultive  presque  de  la 
sorte  VAgaricus  attenuatus.  M.  A.  Saint-Hilaire,  dit  de  son 
côté,  qu'en  Languedoc  on  se  procure  abondamment,  dans  presque 
toutes  les  saisons  de  l'année,  YAgaricus  segerita.  Il  suffit  pour  cela 
de  recouvrir  d'une  couche  de  terre  des  tranches  de  peuplier  que 
l'on  arrose  de  temps  en  temps  afin  d'activer  leur  développement. 
En  Italie  on  soumet  à  une  sorte  de  culture  le  Bolet  tubérastre, 
qui  est  un  Champignon  très  délicat  et  fort  recherché  en  tous  pays. 
Dans  les  environs  de  Naples,  un  Polypore  inconnu  dans  notre 
pays  s'obtient  en  mouillant  la  Piclra  funghaia,  ou  pierre  à 
Champignons,  sorte  de  tuf  imprégné  de  mycélium.  Les  Pohjporus 
mettent,  dit-on,  sept  jours  à  atteindre  leur  développement,  et  on 
peut  obtenir  six  récoltes  par  an  de  la  masse,  en  la  maintenant 
convenablement  humide.  Brugerin,  médecin  de  François  Ier, 
auteur  d'un  traité  ayant  pour  :  titre  De  Re  Cibaria,  dit  en  parlant 
de  cette  production  :  «  Qui  ne  verrait  pas  avec  admiration  des 
Champignons  sortir  d'un  fragment  de  roche,  et  qui,  détachés  de  la 
pierre,  sont  toute  l'année  remplacés  par  d'autres,  car  il  semble 
qu'une  partie  de  leur  pédicule  se  pétrifie  pour  grossir  la  pierre 
qui  en  est  ensemencée,  phénomène  qui  nous  découvre  une  vie 
d'un  nouveau  genre.  »  Le  mycélium  de  ce  Champignon  est  ample, 
consistant,  englobe  et  lie  ensemble  de  la  terre,  des  fragments  de 
pierres,  des  bois  et  autres  corps  qui  se  trouvent  dans  le  voisinage, 
de  façon  à  former  des  masses  quelquefois  très  considérables  ;  ces 


CULTURE  DES   CHAMPIGNONS   POUR   L'ALIMENTATION  231 

masses  retiennent  constamment  à  leur  superficie  des  spores  du 
mycélium  de  ce  Polypore.  Peut-être  devrait-on  rapportera  cet 
ordre  de  faits  l'apparition  de  l'Oronge  comestible ,  Amanita 
csesarea,  tous  les  deux  ans,  dans  un  petit  carré  du  bois  de 
Verrières,  près  Paris.  Ce  Champignon  est  très  commun  au  delà  de 
la  Loire,  mais,  clans  nos  environs,  je  ne  connais  que  Verrières  et  le 
bois  des  Essarts-le-Roi,  propriété  appartenante  M.  le  professeur 
Chatin,  où  l'on  rencontre  cette  délicieuse  Amanite.  Il  y  a  quelques 
années  M.  Chevreul  présentait  à  l'Académie  des  Sciences  quelques 
magnifiques  Champignons  produits,  au  moyen  du  procédé  sui- 
vant, par  le  docteur  Labordette:  il  fait  d'abord  naître  les  Cham- 
pignons en  semant  les  spores  sur  une  vitre  couverte  de  sable 
mouillé  ;  ensuite  il  choisit  dans  le  nombre  les  individus  les  plus 
vigoureux  et  sème  ou  plante  le  mycélium  dans  le  sol  humide 
d'une  cave,  sol  consistant  en  terreau  couvert  d'une  couche  de 
sable  et  de  gravier  de  six  à  huit  centimètres  d'épaisseur;  puis 
d'une  autre  couche  de  gravois  épaisse  de  cinq  à  six  centimètres. 
Ce  lit  est  arrosé  avec  une  solution  étendue  de  nitrate  de  potasse, 
et,  au  bout  de  six  à  huit  jours,  les  Champignons  atteignent  une 
grande  taille. 

Comme  on  le  sait,  il  se  récolte  dans  les  carrières  qui  avoisinent 
Paris  d'immenses  quantités  de  Champignons;  dans  une  seule  car- 
rière, à  Noisy-le-Sec,  le  propriétaire  fait  chaque  jour  d'abondantes 
récoltes,  et  en  envoie  quelquefois  au  marché  plus  de  deux  cent 
livres.  Dans  ce  milieu  la  température  est  si  égale  que  la  culture  y 
est  possible  en  toute  saison,  mais  surtout  en  hiver.  Du  reste  ce 
que  l'on  pourrait  appeler  la  culture  domestique  des  Champignons, 
faite  par  des  personnes  presque  inexpérimentées,  pour  la  consom- 
mation de  la  famille,  est  très  facile.  Il  suffit  d'avoir  une  cave,  des 
cabanes  de  bois,  de  vieilles  boîtes,  un  coin  de  jardin,  etc.  Môme 
dans  les  villes  cette  opération  n'est  pas  impraticable,  puisque  les 
écuries  et  les  poulaillers  fournissent  toujours  du  fumier,  et  la 
méthode  fort  simple,  consiste  en  ces  deux  opérations  nécessaires 
et  distinctes  : 

1°  Préparation  du  fumier  destiné  à  former  les  couches. 

2°  Confection  et  conduite  de  ces  couches. 


232  PRÉPARATION   DU   FUMIER 

CHAPITRE  VI 

PRÉPARATION  DU  FUMIER 

En  toute  saison,  que  l'on  veuille  opérer  à  l'air  libre,  ou  à  cou- 
vert, on  prend  du  fumier  de  cheval,  de  mulet  ou  d'âne,  en  quantité 
proportionnée  au  nombre  de  couches  que  l'on  veut  établir.  Des 
auteurs  en  chambre  disent  que  le  fumier  des  chevaux  de  trait  ou  de 
travail  est  préférable  à  celui  des  chevaux  de  luxe,  ordinairement 
trop  pailleux  et  pas  assez  assoupli  par  le  piétinement.  Je  réponds 
qu'un  peu  de  paille  n'est  pas  nuisible,  carie  blanc  de  Champignon 
est  bien  plus  beau,  plus  long,  et  produit  aussi  davantage.  M'adres- 
sant  aux  classes  ouvrières  dans  nos  campagnes,  je  leur  conseille 
d'abord  d'occuper  leurs  enfants  à  ramasser  le  crottin  sur  les 
routes  ;  s'il  est  mêlé  avec  un  peu  de  sable  du  chemin,  tant  mieux. 
On  choisit  un  terrain  uni  et  sain,  les  endroits  non  pavés  sont  pré- 
férables pour  disposer  le  fumier  en  toisé  ou  plancher  d'un  mètre 
vingt  centimètres  d'épaisseur;  plus  le  tas  est  gros,  mieux  le 
fumier  se  prépare.  Le  crottin  de  cheval  seul,  doit  être  trépigné 
solidement;  plus  il  sera  pressé,  plus  il  s'échauffera;  mais  il  y 
faut  une  certaine  limite,  car  si  le  bâton  qu'on  y  plonge  à  dessein 
devient  trop  chaud  pour  être  tenu  à  la  main,  le  Champignon  se 
détruira.  Alors  on  retournera  deux  fois  par  jour  le  fumier  pour 
laisser  échapper  la  chaleur  et  la  vapeur  ;  si  l'on  néglige  cette 
précaution,  le  blanc  naturel  du  crottin  n'existe  plus  ;  il  faut  se 
servir  de  blanc  artificiel  quand  la  couche  est  faite,  mais  cet  ex- 
pédient est  à  éviter  pour  cause  de  dépense. 

On  fait  un  tas  de  fumier  de  cheval  uni  comme  un  toisé  de 
moellons  et  on  trépigne  avec  les  pieds;  plus  il  sera  serré,  mieux  il 
s'échauffera;  si  c'est  en  été  et  que  le  temps  soit  très  sec  et 
chaud,  on  le  mouille  abondamment  ;  dans  le  cas  contraire  on 
n'arrose  pas,  le  fumier  ne  devant  être  ni  sec,  ni  trop  humecté. 
On  le  laisse  pendant  huit  jours  sans  y  toucher  pour  que  la 
fermentation  se  fasse,  ce  que  l'on  reconnaît  à  la  couleur  blanche 
qu'il  prend  intérieurement  et  qui  se  manifeste  même  à  sa  surface. 
On  procède  alors  au  premier  remaniement  ;  on  prend  le  dessus 


PRÉPARATION    DU    FUMIER  233 

et  les  côtés  pour  former  le  lit  d'un  nouveau  tas,  et  ainsi  de 
suite  en  ayant  soin  de  mettre  dans  l'intérieur  le  fumier  qui  était 
sur  les  côtés  et  à  la  superficie,  de  bien  mélanger  le  tout  et 
d'en  retirer  les  impuretés  ;  le  tas  établi,  on  le  laisse  reposer 
encore  une  dizaine  de  jours,  pendant  lesquels  il  acquiert  autant 
de  chaleur  que  la  première  fois.  On  remanie  de  nouveau  de 
la  môme  façon  ;  une  huitaine  de  jours  après,  le  fumier  a  acquis 
le  degré  de  douceur  nécessaire  pour  être  employé. 

C'est  de  ces  opérations  précises  que  dépend  la  parfaite  con- 
fection d'une  meule.  Pour  s'assurer  si  le  fumier  est  bon,  on 
sonde  le  milieu  de  la  surface  supérieure  avec  une  fourche  jusqu'à 
une  profondeur  de  SO  à  60  centimètres.  Le  fumier  retiré  de 
cette  profondeur  doit  être  onctueux,  avoir  une  chaleur  moite, 
surtout  ne  plus  rendre  d'eau  si  on  le  comprime  entre  les  mains. 
Sec,  sa  liaison  se  fait  difficilement,  il  n'est  pas  au  point  voulu  ; 
en  Thumectant  convenablement  on  peut  l'y  ramener,  et  souvent 
on  lui  donne  un  quatrième  remaniement.  Que  se  passe-t-il 
dans  ces  diverses  opérations  ?  On  sait  que  le  fumier  est 
formé  par  le  mélange,  et  la  combinaison  des  déjections  ani- 
males avec  diverses  matières  végétales  employées  comme  litière. 

Or,  la  qualité  du  fumier  dépend  de  celle  des  aliments  que 
l'animal  consomme,  et  sous  ce  rapport  on  peut  dire  que  tout 
leur  azote  se  retrouve  intégralement  dans  l'organisme  des 
animaux,   ou  clans  leurs  excréments. 

Les  réactions  que  subit  le  fumier  pendant  le  remaniement  sont 
des  plus  complexes.  Avant  les  travaux  publiés  par  le  baron 
Paul  Thénard,  on  n'avait  que  des  idées  assez  confuses  sur  ce 
sujet;  le  premier  il  a  su  distinguer  les  trois  groupes  de  corps 
azotés  qui  se  forment  successivement  dans  l'ordre  suivant  : 

1°  Le  groupe  de  corps  bruns  solubles  dans  tous  les  réactifs, 
prenant  naissance  au  moment  où  les  matières  ammoniacales 
commencent  à  réagir  sur  la  litière  ; 

2°  Le  groupe  des  corps  bruns  insolubles  dans  les  acides  et 
dans  tous  les  réactifs,  sauf  la  potasse,  la  soude,  l'ammoniaque, 
leurs  carbonates,  et  leurs  phosphates  ; 

3°  Le  groupe  des  corps  bruns  insolubles  dans  tous  les  réactifs, 
qu'ils  soient  acides,  neutres  ou  alcalins. 

11  est  inutile  de  connaître  un  mot  de  chimie  pour  distinguer 


234  PRÉPARATION    DU    FUMIER 

la  différence  qui  existe  entre  la  première  réaction  et  la  troi- 
sième. On  savait  que,  quand  l'urine  se  putréfie,  tout  son  azote 
passe  rapidement  à  l'état  de  phosphate,  de  benzoate  et  de  car- 
bonate d'ammoniaque,  mais  sans  former  de  corps  fumiques, 
car,  ceux-ci  se  produisent  seulement  par  l'association  des  ma- 
tières végétales  aux  substances  animales.  M.  P.  Thénard,  pour 
dégager  ce  qui  se  passe  dans  les  réactions  complexes  du  fumier, 
a  eu  recours  à  l'analyse  ;  de  plus  il  a  obtenu  ces  produits  synthéti- 
quement,  pour  le  premier  groupe,  en  faisant  réagir  l'ammoniaque 
sur  la  glycose,  maintenue  à  la  température  de  100°,  sachant 
qu'à  100°  l'absorption  de  l'ammoniaque  s'opère  vivement;  le 
produit  distillé  donne  de  l'eau  tenant  en  dissolution  du  car- 
bonate d'ammoniaque  :  c'est  la  glycose  azotée  de  M.  P.  Thénard, 
renfermant  9,72  pour  100  d'azote,  soluble  dans  tous  les  réactifs. 
Pour  obtenir  la  formation  par  synthèse  des  corps  du  second 
groupe,  le  savant  agronome  met  en  contact  pendant  quinze  à 
vingt  jours,  de  l'humate  d'ammoniaque  et  du  glycose  azoté  ; 
ce  dernier  corps  se  combine  directement  et  donne  naissance  à 
un  produit  qui  contient  4.10  d'azote,  ce  qui  représente,  à  peu 
de  chose  près,  un  équivalent  d'acide  humique  avec  un  équiva- 
lent de  glycose  azotée  :  c'est  l'acide  fumique  qui  se  forme  dans 
le  fumier  pendant  le  second  remaniement,  insoluble  dans  les 
acides,  sauf  la  potasse,  la  soude.  Le  troisième  groupe  est  le 
résultat  de  la  combinaison  d'un  équivalent  de  glycose  azotée 
avec  5  équivalents  de  glycose  ordinaire  ;  le  produit  de  cette 
réaction  est  insoluble  dans  tous  les  réactifs.  Cette  courte  analyse 
fait  voir  que  M.  P.  Thénard,  a  non  seulement  étudié  les  réactions 
opérées  dans  le  fumier,  mais  y  ajoute  ce  fait  très  important, 
que,  des  matières  animales  ou  des  sels  ammoniacaux,  mêlés 
en  abondance  au  fumier  vierge,  constituent  des  corps  fumiques. 


FORMATION    DES    COUCHES  235 

CHAPITRE  YII 

FORMATION  DES  COUCHES 

Le  fumier  réunissant  toutes  les  conditions  de  réussite,  il  ne 
s'agit  plus  que  d'établir  une  couche  semblable  à  la  figure  401 
(planche  LXXV).  On  prend  et  on  place  le  fumier  avec  une  fourche 
de  façon  à  donner  à  la  couche  50  ou  60  centimètres  de  base. 
On  l'élève  à  la  même  hauteur  en  la  rétrécissant  graduellement 
de  manière  à  la  terminer  au  sommet  en  dos  d'âne.  Si  on  peut 
construire  plusieurs  couches  les  unes  à  côté  des  autres,  on  doit 
laisser  entre  chacune  d'elles  une  distance  de  quarante  centi- 
mètres, pour  faciliter  les  soins  à  leur  donner  et  pour  opérer 
plus  aisément  la  cueillette. 

Le  fumier  sera  placé  de  manière  à  ne  pas  laisser  de  vide 
dans  l'intérieur,  et  il  ne  faut  jamais  l'arroser  en  montant  la 
couche  ;  celle-ci  achevée,  on  bat  doucement  les  côtés  avec  les 
dos  d'une  pelle  pour  la  régulariser  et  la  consolider  en  même 
temps  ;  puis  on  la  peigne,  c'est-à-dire  qu'avec  les  doigts  ou 
une  fauche  on  ratisse  légèrement  de  haut  en  bas  les  deux  surfaces 
en  retirant  les  brins  de  paille  qui  dépassent.  On  la  laisse  en 
cet  état  de  cinq  à  huit  jours,  temps  indispensable  pour  que  la 
couche  ait  environ  de  30  à  35  degrés.  Si  le  fumier  ne  pouvait 
atteindre  cette  température,  on  couvrirait  les  couches  de  che- 
mises de  longues  pailles,  afin  d'activer  la  chaleur  et  l'humidité: 
avec  l'habitude  on  voit  d'un  coup  d'œil  si  le  fumier  jette  trop 
ou  pas  assez  d'humidité  ;  et  s'il  est  bon  de  laisser  deux  ou 
trois  jours  de  plus.  Dans  les  caves,  on  établit  un  courant  d'air 
si  la  couche  rend  trop  d'humidité  ;  il  faut  comme  la  pratique 
le  demande,  qu'elle  soit  en  moiteur  et  douce  au  toucher,  attendre 
en  un  mot  que  le  coup  de  feu  soit  passé,  et  que  la  tem- 
pérature de  l'intérieur  de  la  couche  ne  fasse  pas  monter  le  ther- 
momètre à  plus  de  35  degrés,  dans  les  caves  ou  à  l'air  libre. 

LARD  AGE  (Planche  LXXV,  Fig.  401,  A) 

La  couche  terminée  ainsi  qu'il  est  dit  au  chapitre  précédent, 
on  procède  à  la  plantation  du  blanc  ou  mycélium  :  cette  opé- 


236  FORMATION   DES   COUCHES 

ration  se  nomme  lardage.  Pour  l'effectuer  on  se  procure,  chez 
les  marchands  grainiers  qui  les  expédient  en  bourriches,  des 
galettes  de  fumier  chargées  de  ces  filaments  blanchâtres  et 
feutrés  qui  constituent  le  mycélium,  et  ont  la  propriété  de  sur- 
vivre plusieurs  années  ;  il  est  môme  très  commode  quand  on 
détruit  une  vieille  couche,  de  conserver  le  blanc  qu'on  trouve  sur 
ses  bords  et  ses  parties  plus  sèches  ;  on  le  garde  avec  soin 
dans  un  endroit  très  sec,  et,  lorsqu'on  refait  une  nouvelle  couche, 
on  l'emploie  seul  ou  bien  on  le  mêle  au  fumier  d'été,  s'assu- 
rant  ainsi  la  continuation  d'une  excellente  récolte. 

Pour  l'opération  du  lardage,  on  relève  le  fumier  comme  le 
montre  la  fig.  401  ;  à  la  distance  de  25  ou  30  centimètres,  puis 
on  fait  des  trous  d'environ  quatre  ou  cinq  centimètres  de  pro- 
fondeur et  de  cinq  à  huit  centimètres  de  largeur,  dirigés  oblique- 
ment de  bas  en  haut  ;  on  introduit  dans  chacun  d'eux  une 
galette  de  blanc  de  Champignon  de  môme  dimension,  et  on 
l'applique  à  fleur  de  couche,  c'est-à-dire  que  l'ouverture,  faite 
avec  les  doigts  se  trouve  exactement  remplie  par  la  galette, 
sur  laquelle  on  rabat  soigneusement  le  fumier  qui  était  relevé  ; 
on  appuie  légèrement  avec  le  dos  de  la  main  pour  consolider 
la  mise  de  blanc,  qui  doit  être  couverte  entièrement  ou  en 
partie,  le  premier  rang  se  met  à  10  centimètres  de  la  base 
(fig.  A'),  le  deuxième  et  le  quatrième  s'espacent  dans  une  pro- 
portion convenable  pour  utiliser  la  couche,  de  façon  cependant 
qu'une  distance  de  12  à  15  centimètres  soit  toujours  gardée. 
Après  le  lardage,  quelques  champignonnistes  arrosent  par-dessus 
une  couverture  en  grande  litière,  appelée  chemise  ;  mais  l'ar- 
rosage et  la  chemise  ne  sont  utiles  que  pour  les  couches  à 
air  libre  :  les  caves  et  les  carrières  n'exigent  pas  cette  précau- 
tion. Une  dizaine  de  jours  après  la  mise  en  place  de  la  galette, 
on  commence  à  pouvoir  se  rendre  compte  des  chances  de  succès 
ou  d'insuccès. 

Si  les  endroits  où  se  trouvent  les  galettes  rougissent,  le  mycé- 
lium était  mauvais  ;  il  faut  remettre  de  nouveau  blanc  entre  les 
premiers,  à  moins  que  la  couche  n'ait  pris  trop  de  chaleur, 
car  on  la  laisserait  alors  reposer  jusqu'à  ce  qu'elle  revienne 
au  degré  de  température  convenable.  Quand  on  s'aperçoit  que 
le  mycélium  a  pris,  on   peut  compter  sur  une  bonne  réussite 


FORMATION    DES   COUCHES  237 

lorsque  les  filaments  blancs  s'anastomosent  dans  le  voisinage 
des  galettes  et  que  celles-ci  font  corps  avec  la  couche.  Le  blanc 
est  bien  attaché  s'il  a  pénétré  jusqu'au  sommet  de  la  couche 
et  s'unit  étroitement  au  fumier. 


GOBLAGE  (Fig.  402,  C) 

Huit  à  dix  jours  après  le  lardage,  on  tasse  fortement  la  couche 
avec  les  mains,  puis  on  en  recouvre  la  surface  d'un  mélange 
de  sciure  de  pierre,  de  sable  et  d'un  huitième  de  terre  ;  on 
peut  se  servir  avantageusement  de  terre  de  décombres  ou  de 
démolitions  tamisée  très  fin.  Ce  mélange  se  fait  à  pelle,  et  doit 
être  répandu  le  plus  uniformément  possible,  ni  trop  sec,  ni 
trop  humide  ;  une  fois  placé  sur  la  couche,  on  l'humecte  légè- 
rement, puis,  quelques  heures  après,  on  le  bat  modérément 
avec  le  dos  d'une  pelle,  d'une  bêche,  ou  encore  avec  une  planche  ; 
c'est  ce  que  l'on  nomme  le  talochage.  Ce  travail  terminé,  on 
n'a  plus  qu'à  attendre  la  pousse  des  Champignons  que  fait 
voir  la  figure  C  ;  une  bonne  couche  donne  trois  mois,  hiver 
comme  été,  dans  les  caves  et  les  carrières  ;  il  en  est  de  même 
à  l'air  libre  de  mai  à  octobre.  Quelquefois  il  arrive  qu'une  couche 
cesse  de  produire  tout  à  coup  et  sans  cause  apparente  ;  il  faut 
toujours  se  souvenir  que  les  Champignons  respirent  comme  les 
animaux,  absorbent  de  l'oxygène  et  dégagent  de  l'acide  car- 
bonique en  proportion  nuisible  et  qu'on  doit  renouveler  l'air 
pour  chasser  l'humidité  et  le  carbone.  Quelques-uns  croient 
qu'on  peut  faire  une  couche  nouvelle  sur  une  ancienne  ;  erreur  ! 
le  fumier  qui  a  servi  ne  produit  plus,  bien  qu'il  ne  soit  pas 
épuisé  d'azote  ;  on  ne  doit  pas  non  plus,  lorsqu'on  cueille  des 
Champignons  mettre  de  la  terre  dans  le  trou  laissé  vide  par 
le  pédicelle,  mais  raffermir  simplement  avec  le  dos  de  la  main; 
dans  les  jardins,  à  air  libre,  on  donne  une  légère  mouillure 
si  la  terre  paraît  par  trop  sèche;  ici,  à  Noisy-le-Sec,  dans  les 
carrières,  on  n'opère  pas  autrement.  L'époque  la  plus  favorable 
pour  établir  une  couche  à  l'air  est  le  milieu  du  printemps  : 
la  récolte  se  fait  alors  en  juillet  ;  en  l'établissant  au  commen- 
cement de  l'été  la  récolte  se  fera  en  septembre. 

Paris  fournit  dans  ses  anciennes  carrières  d'immenses  quan- 


238  HABITATION    DES    CHAMPIGNONS 

tités  de  Champignons;  on  en  apporte  par  jour  de  20  à 
30,000  maniveaux  au  carreau  de  la  Halle  ;  chaque  maniveau 
contient  de  8  à  12  individus  et  se  vend,  suivant  la  saison  de 
20  à  40  centimes.  On  voit  quelquefois  d'autres  espèces  croissant 
dans  les  couches  à  côté  des  Champignons  communs  ;  il  est 
probable  que  le  blanc  étranger,  dans  ces  cas,  est  introduit 
avec   les  substances  employées. 

La  culture  des  truffes  se  pratique  couramment  en  Provence,  etc., 
en  semant  des  glands  dits  truffiers,  c'est-à-dire  tombés  des 
chênes  sur  le  sol  des  truffières  placées  à  leur  ombre.  On  doit 
admettre  que  les  aspérités  du  gland  emportent,  avec  des  parcelles 
du  sol,  quelques-unes  des  spores  de  la  truffe.  Deux  conditions 
sont  indispensables  :  sol  calcaire  et  climat  de  la  vigne. 


CHAPITRE  VIII 

HABITATION  DES  CHAMPIGNONS 

En  toute  région,  quelle  qu'elle  soit,  écrit  Fries,  il  est  nécessaire 
d'abord  d'établir  une  distinction  entre  ses  parties  nues  et  décou- 
vertes et  ses  parties  boisées.  Dans  le  pays  plat  et  découvert  l'éva- 
poration  est  plus  rapide,  grâce  à  l'action  combinée  du  soleil  et  du 
vent:  il  en  résulte  qu'il  y  a  moins  de  Champignons  que  dans  les 
endroits  montagneux  et  boisés  comme  le  Limousin,  où  on  récolte 
plusieurs  espèces  qui  lui  sont  propres,  l'Oronge,  Amanita  cœsarea, 
l'oreille  de  chardon,  Ag.  eryngii,  habite  spécialement  la  Touraine. 

Les  Coprins,  qui  augmentent  en  nombre,  surtout  dans  les 
environs  de  Paris,  région  extraordinairement  cultivée  et  fertile. 
Les  pays  bien  boisés  comme  Villers-Cotterets,  Chantilly,  où 
l'humidité  se  conserve  plus  longtemps,  produisent  par  consé- 
quent, d'immenses  quantités  de  Champignons.  Les  Agarics  et  les 
Bolets  dépendent  beaucoup  de  la  nature  des  forêts.  Quand  les  bois 
sont  coupés  d'une  façon  périodique,  les  espèces  semblent  changer 


HABITATION    DES   CHAMPIGNONS  239 

de  place:  celles  qui  abondent  dans  les  fourrés  épais  deviennent 
rares  ou  disparaissent  par  suite  de  la  coupe,  comme  nous  l'avons 
remarqué  à  Meudon,  et  d'autres,  inobservés  jusque-là,  les  rempla- 
cent. Quelques  espèces  aussi  sont  particulières  à  certaines  essences 
forestières  et  diffèrent  par  exemple  sous  les  hêtres  et  les  sapins. 
Sous  l'ombrage  des  forets  de  sapins  comme  à  Ory,  près  Chantilly, 
où  à  Vincennes  près  le  champ  de  course,  les  Champignons  se  mon- 
trent plus  tôt;  c'est  au  point  que  souvent  j'ai  fait  une  belle  récolte 
à  Ory,  tandis  qu'à  Chantilly,  sous  les  bois  feuillus,  je  voyais  à 
peine  commencer  la  croissance.  Il  est  vrai  que,  dans  les  grands 
bois,  les  feuilles  tombées  formant  des  couches  épaisses,  retiennent 
l'humidité  dans  le  sol  et  retardent  ainsi  la  végétation  des  Champi- 
gnons; d'un  autre  côté,  ces  bois  conservent  l'humidité  plus  long- 
temps, circonstances  qui  permettent  aux  grandes  et  belles  espèces 
de  se  mieux  développer.  Tous  les  botanistes  qui  observent  une  loca- 
lité sous  le  rapport  de  sa  Flore  mycologique  pendant  une  période 
de  dix  ans,  ont  dû  être  frappés  de  la  différence  produite  dans  le 
nombre  et  la  variété  des  espèces  par  ce  que  Ton  peut  appeler  une 
saison  favorable.  Il  est  raisonnable  de  supposer  qu'une  succession 
d'années  sèches  exerce  une  influence  considérable  sur  la  Flore 
d'un  lieu,  et  que  la  chaleur  et  l'humidité  jouent  un  rôle  important 
dans  la  végétation  mycologique.  J'ai  remarqué  que  la  véritable 
Oronge  d'abord  commune  dans  une  petite  localité  du  bois  de  Ver- 
rières, devient  de  plus  en  plus  rare  ;  il  y  a  des  années  même  où 
l'on  n'en  rencontre  plus,  sans  cependant  qu'elle  disparaisse  entiè- 
rement. Bien  que  nous  sachions  fort  peu  de  chose  sur  les  condi- 
tions de  germination  de  cette  Amanite,  la  cause  de  ce  fait  est  due 
sans   doute  à  un  changement  dans  la  constitution  physique  du 
terrain,  car,  on  a  fait  une  coupe  de  bois,  qui  a  pu  détruire  la  végé- 
tation de  ce  Champignon.  Si  on  compare  la  Flore  cryptogamique 
de  la  forêt  de  Fontainebleau  à  celle  de  la  forêt  de  Compiègne,  on 
peut  observer  que  la  première  est  moins  riche  en  variétés  que  la 
seconde,  la  forêt  de  Sénart  s'appauvrit  depuis  quelques  années 
par  suite  des  progrès  de  la  culture. 

C'est  surtout  pendant  les  temps  frais  et  humides  de  l'automne 
que  les  grands  Champignons  prospèrent  le  plus  vigoureusement 
dans  notre  pays,  et  on  remarquera  facilement  que  leur  nombre 
s'accroît  avec  l'humidité  de  la  saison.  Pour  s'en  convaincre,  il 


240  HABITATION    DES   CHAMPIGNONS 

suffit  de  considérer  la  production  de  la  zone  centrale  Européenne, 
où  la  température  est  moyenne  et  les  pluies  assez  fréquentes;  les 
récoltes  sont  moindres  dans  le  midi,  où  il  y  a  trop  de  chaleur  et 
pas  assez  d'humidité,  et  dans  le  nord,  où  la  température  moyenne 
est  peu  élevée.  Le  nombre  des  espèces  varie  dans  chaque  zone 
suivant  la  nature,  les  accidents  du  sol  ;  et,  comme  elles  préfèrent 
généralement  un  arbre  à  un  autre,  plus  ceux-ci  seront  variés, 
plus  elles  le  seront  aussi.  Sous  le  rapport  de  l'altitude  que  les 
Champignons  peuvent  atteindre,  Oswald  Heer,  nous  a  fourni 
quelques  renseignements  précieux  pour  les  Alpes.  A  5,000  pieds 
il  a  rencontré  très  abondamment  YAgaricus  muscarius  et  le  Me- 
rulius  cantharellus ;  l'un  et  l'autre  avaient  totalement  disparu  à 
2,550;  il  a  vu  un  très  bel  échantillon  de  Clavaria  cristata  à  5,600 
pieds.  De  6,500  pieds  jusqu'à  7,000,  il  a  trouvé  un  très  grand 
nombre  d'Agarics,  et  enfin  à  6,780,  deux  Pezizes  :  l'une  d'elles 
croissait  sur  les  tiges  mortes  du  Chrysanthemum  atratnm. 

Phillipi  rapporte  que,  dans  son  ascension  de  l'Etna,  il  observa 
à  3,000  pieds  de  hauteur  le  Nidularia  crucibulum  et  à  5,100  le 
Geastrum  hygromctricum.  M.  Agassiz,  qui  parcourut  si  longtemps 
les  régions  froides  et  élevées,  a  vu  un  Mycène  dont  le  pied  était 
très  long  croître  parmi  les  mousses,  sur  les  bords  du  glacier  de 
l'Aar,  à  8,000  pieds  d'altitude.  Les  observations  de  M.  Junghuhn, 
faites  sur  le  Meropi,  Kendang,  Burang-Rang,  Tyermai,  etc., 
hautes  montagnes  de  Java,  ne  sont  pas  moins  intéressantes;  elles 
nous  apprennent  que  la  plus  grande  partie  des  Champignons  se 
montre  à  la  hauteur  de  3,000  à  5,000  pieds,  qu'ils  croissent  dans 
toutes  les  saisons  et  presque  toujours  solitaires.  Au  delà  de 
5.000  pieds,  ils  deviennent  fort  rares.  Le  Schizophillum  commun, 
que  l'on  trouve  presque  dans  tous  le  pays,  croît  depuis  le  niveau 
de  la  mer  jusqu'à  6,000  pieds;  de  1,000  à  2,000  pieds,  on  ren- 
contre les  Polyporus  minimus,  flavus,  Xanthopus ,  Xerotus 
indiens,  Telephora  papyracea,  Sphœria  peltata,  Hypoxylon  alu- 
tacea,  Cenangium  paradoxum;  de  2,000  à  4,000,  le  Polyporus 
vulgaris,  spadicus,  lacevus,  bicolor,  versicolor,  Dœdelea  crustacea, 
Thelephora  ostrea,  Clavraria  cristata,  Peziza  scutellata,  Stilbum 
incamatum;  de  4,000  à  5,000  YAgaricus  campestris,  Favolus 
pustulatus,  Cyphella  musœ,  Arcyria  punicea,  Hysterium  flexuo- 
sum,  Sphœria,  Peziza;  enfin  de  5,000  à  8,000,  le  Chantharellus 


HABITATION    DES    CHAMPIGNONS  241 

redivivus.  MM.  de  Humboldt,  Bonpland  et  Galeoti,  ont  trouvé  des 
Champignons  à  des  hauteurs  considérables,  sur  les  Cordillières. 

On  voit  par  cet  exposé  que  les  Champignons  diminuent  en 
nombre  quand  on  atteint  le  sommet  des  montagnes;  par  consé- 
quent à  mesure  que  la  température  s'abaisse.  Le  résultat  est  le 
même  si  l'on  considère  la  latitude  sous  laquelle  ils  se  développent. 
Dans  la  zone  équatoriale,  et  dans  la  tropicale  surtout,  ils  pa- 
raissent plus  abondants  et  plus  variés  que  clans  la  zone  tempérée, 
où  ils  sont  partout  très  nombreux;  ils  diminuent  ensuite  à  mesure 
que  l'on  avance  vers  les  régions  polaires.  Nous  devons  à  Ber- 
keley, que  j'ai  déjà  souvent  cité,  la  description  d'un  grand 
nombre  de  Champignons  de  l'hémisphère  austral.  MM.  Gaudichaud 
et  Raoul  ont  enrichi  la  collection  du  Muséum  de  Paris  d'espèces 
récoltées  dans  les  îles  Malouines  et  la  Nouvelle-Zélande. 

Le  professeur  Ehrenberg,  qui  a  décrit  les  Champignons  du 
voyage  de  Chamisso,  note  encore  les  Uredo  interstiiialis  et  rosœ,  à 
Unalaska,  par  S4°  lat.  sept;  les  Œcidium  epilobi,  Uredo  pijrolœ, 
puccinia,  vesiculosa, Eurotium  herbarium,  etc.  par  65°  lat.  sept, 
dans  l'île  Saint-Laurent,  les  Sphseriahederse,  Triblidium  arclicum, 
et,  dans  l'île  de  Chamisso,  située  au  66e  degré,  le  Sphsevia  her- 
barum.  Enfin  Robert  Brown  ,  dans  sa  Flore  de  l'île  de 
Melville,  par  74°  47'  lat.  sept.,  mentionne  deux  Champignons; 
c'est  le  point  le  plus  reculé  où  l'on  en  ait  jamais  rencontré. 

11  est  donc  impossible,  sur  des  données  aussi  faibles,  de  pou- 
voir tracer  les  premières  lignes  de  l'arithmétique  des  cryptogames; 
nous  nous  contenterons  de  remarquer  que  la  Flore  cryptogamique 
de  l'Amérique  boréale  a  les  plus  grands  rapports  avec  celle  de 
l'Europe.  Quelques  genres  paraissent  appartenir  à  certaines 
régions  :  ainsi  on  n'a  observé  jusqu'à  ce  jour  les  genres  Broomcia, 
Phcllorina,  Scoleiocarpus ,  Polyplocium,  qu'au  cap  de  Bonne- 
Espérance;  H  y  mono  gramme,  Cymoioderma,  Trichocoma,  Tri- 
champhora,  qu'à  Java;  Hyperrhiza en  Caroline;  Peter vphyllus  en 
Egypte  ;  mais  rien  ne  prouve  qu'ils  n'existent  point  dans  d'autres 
pays,  ou  qu'ils  ne  sont  pas  représentés  par  des  espèces  analogues. 
Dans  mon  second  volume,  les  «Champignons  parasites»,  je  démon- 
trerai que  les  différents  genres  de  Champignons  ne  se  renferment 
pas  dans  des  limites  aussi  étroites  que  certaines  familles  des 
plantes  phanérogames. 

16 


2   2  ACTION   DES   AGENTS   EXTÉRIEURS 

CHAPITRE  IX 

ACTION  DES  AGENTS  EXTÉRIEURS 

L'absence  de  la  lumière,  d'une  influence  si  remarquable  sur  les 
autres  plantes,  l'est  beaucoup  moins  sur  les  Champignons.  Dans  les 
caves,  les  souterrains,  les  galeries  de  mines,  où  il  y  a  beaucoup 
de  soutiens  en  bois,  ces  parties  sont  couvertes  de  rosettes  blanches 
plus  ou  moins  larges,  ou  supportent  de  longs  flocons  blancs,  qui 
ressemblent  à  des  houppes,  à  des  globes;  tantôt  ce  sont  des  Rhizo- 
morpha  qui  montent,  qui  descendent  ou  se  laissent  pendre:  toutes 
ces  végétations,  incomplètement  développées,  appartiennent  aux 
Champignons.  Hoffmann  Scopoli  ,  de  Humboldt  nous  en  ont 
fait  connaître  un  grand  nombre.  On  a  observé  que  les  bois  des 
mines  de  sel  gemme  présentent  moins  de  productions  fongiques, 
probablement  parce  que,  pénétrés  de  sel,  ils  se  décomposent 
beaucoup  plus  lentement.  L'action  de  l'air  est  aussi  marquée  que 
celle  de  la  lumière.  Les  Champignons  n'arrivent  jamais  à  leur  état 
normal  quand  l'air  est  vicié  ou  qu'il  ne  circule  pas  librement  ;  ils 
éprouvent  la  même  modification  qu'à  l'obscurité,  s'étiolent  et 
s'allongent  indéfiniment.  Une  température  assez  haute,  jointe  à 
l'humidité,  favorise  singulièrement  leur  croissance  :  c'est  à  ces 
deux  causes  réunies  que  l'on  doit  rapporter  le  développement  de 
Champignons  que  Meri,  célèbre  chirurgien  du  commencement  du 
XVIIIe  siècle,  observa  chez  un  malade,  sur  les  différentes  pièces 
d'un  appareil  de  fracture.  L'action  directe  du  soleil  en  fait  périr 
un  grand  nombre  ;  elle  n'épargne  guère  que  ces  petits  parasites 
qui  vivent  sur  les  feuilles  et  ceux  qui  poussent  dans  les  prairies. 

Au-dessous  de  zéro,  les  spores  et  les  Champignons  sommeillent, 
mais  la  rapidité  avec  laquelle  nous  voyons,  sous  la  latitude  de 
Paris,  l'Agaric  pulvérulent,  Bull.,  et  l'Agaric  à  pied  noir,  Bull., 
se  montrer  à  divers  intervalles,  pendant  l'hiver,  quand  le  froid 
vient  à  cesser,  nous  prouvent  que  quelques-uns  n'y  sont  pas  très 
sensibles.  L'Agaric  champêtre,  Caryophyllœus,  comatus,  arundi- 
naceus,  etc.,  ne  paraissent  en  aucune  manière  influencés  par  les 
gelées  blanches  ;  d'autres,  brusquement  surpris  par  le  froid,  con- 


ACTION    DES   AGENTS    EXTÉRIEURS  243 

servent  leur  forme  et  ne  pourrissent  que  lorsque  le  dégel  survient. 
UAgaricus  stipticus  et  le  Schizophillum  commun  me  semblent 
faire  exception  cependant  ;  car,  dans  les  forêts,  on  les  voit  alter- 
nativement se  flétrir  et  revenir  à  leur  état  naturel,  suivant  les 
circonstances.  Mais  les  Téléphores,  les  Dœdaleas,  les  Polypores, 
surtout  ceux  qui  sont  épais,  subéreux,  résistent  aux  froids  les  plus 
intenses  de  nos  pays  :  ils  gèlent,  dégèlent  et  continuent  de  croître 
quand  leur  bonne  saison  arrive. 

Les  effets  de  l'électricité  ne  sont  pas  nuisibles  aux  Champignons, 
puisqu'on  en  trouve  un  bien  plus  grand  nombre  après  les  pluies 
orageuses  qu'après  les  ondées  ordinaires.  Les  anciens  avaient  déjà 
remarqué  que,  plus  les  orages  étaient  fréquents,  plus  les  truffes  se 
montraient  abondantes.  Cette  croyance  est  encore  généralement 
répandue  aujourd'hui  dans  le  pays  où  croissent  ces  précieux 
tubercules  ;  la  Sphacélie,  petit  Champignon  qui  produit  l'ergot 
des  graminées,  ne  se  rencontre  que  si  les  mois  de  mai  et  juin 
sont  chauds  et  orageux. 

Les  brouillards  ont-ils  une  action  sur  le  développement  des 
Champignons?  Aucune  observation  ne  le  confirme,  quoique, 
dans  les  campagnes,,  on  attribue  la  rouille  et  le  charbon  à  leur 
présence.  Toutefois,  en  automne,  époque  où  l'on  observe  plus 
fréquemment  ces  maladies,  l'humidité  continuelle  qu'ils  entre- 
tiennent prolonge  leur  existence. 

L'acide  arsénieux  a  une  action  fort  vive  sur  les  Champignons  et 
les  fait  périr  très  promptement.  De  nombreuses  expériences  prou- 
vent que  la  germination  des  graines  est  empêchée  quand  elles  sont 
plongées  dans  un  sol  inerte,  comme  le  sable  lavé,  le  verre  pilé, 
et  qui  est  arrosé  seulement  avec  de  l'eau,  tenant  en  solution  de 
l'arsenic.  Le  bichlorure  de  mercure  est  aussi  un  poison  violent 
pour  les  Champignons;  soumis  à  son  action,  on  les  voit  se  ramollir 
à  l'instant  même,  perdre  leurs  formes  et  leurs  couleurs  ;  jusqu'à 
ce  jour,  on  ne  s'en  est  servi  pour  leur  conservation  que  quand  ils 
ont  été  préalablement  desséchés. 

Quelques  Champignons,  comme  les  Boletus  cyanesceus,  Bull., 
luridus  F.,  Erythropus  pers,  etc.,  dont  la  chair  est  blanche, 
deviennent  presque  instantanément  bleus  au  contact  de  l'air,  si 
on  les  rompt.  Comment  ce  phénomène  a-t-il  lieu,  et  comment  se 
fait-il  qu'en  les  exposant  à  la  chaleur  de  l'ammoniaque  liquide, 


244  RÉCOLTÉ  ET   CONSERVATION   DES   CHAMPIGNONS 

il  ne  se  manifeste  pas,  tandis  que  ce  môme  réactif,  d'après  les 
belles  recherches  de  M.  Decaisne,  convertit  à  l'instant  môme  le 
principe  colorant  jaune  de  la  garance  en  rouge?  Aux  chimistes 
de  donner  la  solution  de  cet  intéressant  problème. 


CHAPITRE   X 

RÉCOLTE  ET  CONSERVATION  DES  CHAMPIGNONS 

Le  botaniste  qui  récolte  des  Champignons  doit  savoir  les  pré- 
parer, afin  que  les  matériaux,  qu'il  a  souvent  acquis  avec  beaucoup 
de  peine,  puissent  servir  à  l'étude.  Tous  les  parasites,  comme  les 
Œcidium,  Urcclo,  Puccinia,  et  ceux  qui  se  rencontrent  sur  les 
feuilles  mortes,  ne  demandent  pas  d'autres  soins  que  n'en  exigent 
les  plantes  sur  lesquelles  ils  se  sont  développés.  Les  nombreuses 
espèces  de  Sphéries  qui  ont  une  certaine  consistance,  doivent  être 
enlevées  avec  la  portion  de  l'écorce  ou  du  bois  qui  les  porte, 
mais  en  lame  très  mince,  afin  de  pouvoir  se  prêter  à  la  compres- 
sion. Si  les  écorces  sont  trop  dures  ou  desséchées,  on  peut  les 
amincir  ou  les  rendre  flexibles  à  l'aide  de  l'humidité  ;  sans  cette 
précaution,  on  a  un  petit  nombre  d'espèces  pour  un  volume  très 
considérable  et  fort  incommode.  Si  les  Champignons  sont  visqueux 
ou  d'une  consistance  gélatineuse,  il  faut  les  laisser  sécher  à  l'air 
libre  et  ne  les  comprimer  que  quand  ils  ne  peuvent  plus  adhérer 
au  papier.  On  les  conserve  encore  en  les  fixant  solidement  sur  une 
planche,  à  l'aide  d'une  ficelle  qui  les  enroule  et  que  l'on  fait  passer 
entre  les  individus,  pour  ne  pas  les  déformer.  Les  Champignons 
rameux,  comme  les  Clavaires,  lesMérisma,  présentent  quelquefois 
des  masses  considérables  ;  on  est  alors  obligé  de  les  diviser,  mais 
il  faut  avoir  la  précaution  de  noter  leur  couleur  et  de  recevoir  les 
spores  sur  un  papier  ;  on  les  laisse  exposés  à  l'air  et,  quand  ils 
sont  flétris,  on  les  soumet  à  une  légère  pression,  afin  de  ne  pas 
trop  altérer  leur  forme. 


RÉCOLTE   ET   CONSERVATION   DES   CHAMPIGNONS  245 

Les  Téléphores  et  toutes  les  espèces  membraneuses  se  dessèchent 
très  facilement  ;  si  elles  sont  contournées,  irrégulières,  on  leur 
rend  la  souplesse  en  les  exposant  à  l'humidité.  Les  Pezizes  perdent 
constamment  leur  forme  et  leur  couleur,  dont  on  doit  toujours  tenir 
note  ;  si  elles  sont  terricoles,  on  les  dépouille  de  la  terre  ou  du 
sable  qu'elles  ont  à  leur  base  et  on  les  expose  quelque  temps  à 
l'air  avant  de  les  comprimer  ;  si  elles  vivent  sur  des  bois,  des  tiges 
de  plantes,  'on  divise  ces  parties  de  manière  qu'elles  aient  peu  de 
volume.  Il  est  facile  de  sécher  entièrement  les  Tubéracés  ou  de  les 
couper  par  tronches  ;  on  les  conserve  aussi  très  bien  dans  l'alcool 
ou  dans  l'eau  salée.  Les  Lycoperdacés,  quand  on  les  trouve  secs, 
peuvent  être  soumis  à  la  pression,  après  avoir  passé  une  nuit 
dehors  ;  comme  ils  contiennent  des  sels  déliquescents,  ils  se 
ramollissent  et  se  laissent  comprimer  sans  peine  ;  si  ce  sont  des 
Geaster,  des  Tylostoma,  il  faut  s'arranger  de  manière  que  leur 
mode  de  déhiscence  soit  visible.  Quand  on  récolte  ces  Champignons 
frais,  il  faut,  de  toute  nécessité,  les  laisser  à  l'air  parcourir  leurs 
périodes  de  végétation  ;  on  les  voit  alors  se  ramollir,  changer  de 
couleur  comme  s'ils  étaient  décomposés;  plus  tard,  le  liquide 
qu'ils  contenaient  s'évapore  entièrement,  et  on  agit  avec  eux  comme 
s'ils  eussent  été  récoltés  secs.  On  peut  encore,  après  les  avoir  arra- 
chés de  terre,  les  tremper  une  ou  deux  fois  dans  une  solution  de 
sublimé  corrosif:  alors  ils  meurent  promptement,  leur  réceptacle 
prend  de  la  consistance,  et  on  les  conserve  avec  leur  forme  et  leur 
volume.  Ce  dernier  moyen  est  le  seul  qui  permette  de  garderies 
Trichiacés  et  autres  Myxogastères ;  mais  dans  les  uns  et  les  autres, 
il  faut  avoir  soin  de  noler  la  forme  des  écailles  et  surtout  la  couleur, 
constamment  altérée  par  l'agent  conservateur. 

Les  Phalloïdes,  les  Clathroïdes,  dont  il  existe  un  si  petit 
nombre  daus  les  herbiers,  sont  beaucoup  plus  faciles  à  préparer 
qu'ils  ne  le  paraissent.  La  planche  LXV,  vient  tout  entière  de 
l'herbier  du  docteur  Léveillé.  Ces  champignons  ont  été  arrachés 
avec  leur  volve  et,  à  l'aide  d'une  ficelle,  on  les  a  suspendus  dans 
l'air,  le  réceptacle  en  bas';  le  latex  s'écoule  ou  se  dessèche,  les 
autres  parties  se  déforment  un  peu  ;  quand  ils  sont  presque  secs, 
on  les  met  en  presse,  mais  auparavant  il  faut  les  ajusler  et  rétablir 
les  rapports  des  différentes  parties.  Cette  opéralion ,  quoique 
longue,  réussit  toujours  quand  elle  est  faite  patiemment. 


24G  RÉCOLTE   ET   CONSERVATION   DES   CHAMPIGNONS 

Les  Morilles,  les  Helvelles,  les  grandes  Pezizes,  les  Clavaires, 
se  conservent  très  bien  en  entier,  presque  avec  leurs  couleurs  na- 
turelles, lorsqu'on  les  met  dans  du  sable  fin  et  très  sec,  ou  bien 
dans  du  sable  stéarine,  mais  il  faut  d'abord  leur  laisser  perdre  à 
l'air  une  forte  partie  de  l'eau  de  végétation. 

Les  Champignons  coriaces  ou  subéreux,  comme  la  plupart  des 
Polypores,  des  Agarics,  n'ont  pas  besoin  d'être  préparés;  ceux 
qui  peuvent  s'aplatir  sont  soumis  à  une  pression  plus  ou  moins 
forte.  Les  Lentinus,  quand  ils  sont  frais,  se  dessèchent  avec  la 
plus  grande  facilité;  s'ils  sont  secs,  un  peu  d'humidité  leur  rend  la 
forme,  la  souplesse,  et  ils  se  prêtent  à  toutes  les  opérations.  Beau- 
coup d'espèces  ontle  chapeau  en  forme  d'entonnoir;  en  se  servant 
du  sable  stéarine,  comme  je  l'ai  dit  plus  haut,  elles  gardent  forme 
et  couleurs  naturelles.  Le  sable  stéarine  se  prépare  en  faisant  dis- 
soudre 100  grammes  de  stéarine  pour  un  kilogramme  de  sable: 
on  le  conserve  dans  un  endroit  bien  sec. 

Klotzsch  indique,  pour  les  Bolets  et  les  Agarics  charnus,  un 
procédé  ingénieux,  qui  respecte  assez  bien  les  caractères  prin- 
cipaux: j'en  emprunte  la  description  aux  archives  de  botanique, 
(t.  I,  p.  287).  «  Avec  un  instrument  en  forme  de  scalpel,  parta- 
geant la  plante  en  trois  portions  verticales,  a  partir  du  sommet 
du  chapeau  jusqu'à  la  base  du  pédicule,  de  manière  à  pouvoir  en 
retirer  la  tranche  du  milieu,  on  apercevra  distinctement  les  con- 
tours du  Champignon,  la  nature  interne  de  son  pédicule  creux, 
spongieux  ou  solide,  l'épaisseur  du  chapeau,  la  disposition  de  ses 
feuillets  égaux  ou  inégaux  en  longueur,  décurrents  ou  non  sur  le 
pédicule,  etc.  Il  reste  alors  deux  portions  extérieures,  qui  donnent 
une  idée  parfaite  de  tous  les  contours  de  l'échantillon.  Avant  de 
procéder  à  la  dessiccation,  il  est  aussi  nécessaire  de  séparer  le 
pédicule  du  chapeau,  et  de  gratter  les  lames  ou  feuillets  si  c'est 
un  Agaric,  et  les  tubes  si  c'est  un  Bolet.  Nous  avons  cinq  portions 
savoir:  la  tranche  intérieure,  les  deux  côtés  du  pédicule,  et  ceux 
du  chapeau.  Cette  opération  terminée,  on  expose  la  plante  à  l'air, 
le  temps  indispensable  pour  enlever  une  partie  de  son  humidité 
sans  rider  sa  surface  ;  on  le  met  ensuite  en  presse,  comme  pour 
les  autres  plantes,  dans  une  feuille  de  papier  non  collée,  qu'on  a 
soin  de  renouveler  journellement  jusqu'à  ce  que  le  Champignon 
soit  parfaitement  sec.  Il  suffit  alors  d'attacher  sur  du  papier  blanc 


RÉCOLTE   ET   CONSERVATION   DES   CHAMPIGNONS  247 

chaque  pièce  dans  sa  position  naturelle  pour  avoir  une  idée  nette 
du  Champignon.  La  volve  ou  bourse  et  l'anneau  sont  pareillement 
conservés;  dans  quelques  petites  espèces.,  comme  les  Agaricus 
fllopcs,  supinus,  Galericulatus ,  il  devient  inutile  d'enlever  les 
feuillets.  »  Cette  méthode,  comme  on  le  voit,  est  extrêmement 
ingénieuse  et  offre  de  sérieux  avantages. 

Le  Botaniste  qui  veut  utiliser  ses  collections  de  Champignons 
charnus,  doit  en  faire  un  croquis  afin  d'avoir  le  port  et  les  propor- 
tions; noter  s'il  y  a  une  volve  ou  un  anneau,  reconnaître  la  colo- 
ration des  spores,  indiquer  l'épaisseur  du  chapeau,  surtout  la  dis- 
position des  lames,  leur  rapport  avec  le  pédicule,  et  enfin  exprimer 
par  une  teinte  plate  la  couleur  des  diverses  parties. 


Pour  conclure,  je  dirai  à  tous  ceux  qui  ont  bien  voulu  me 
suivre  jusqu'ici  :  Vous  avez  vu  que,  depuis  une  cinquantaine  d'an- 
nées, cette  partie  de  la  botanique  est  beaucoup  mieux  connue; 
quoique  le  nombre  des  espèces  ait  prodigieusement  augmenté; 
vous  savez  aussi  que  la  vie  de  presque  toutes  ces  espèces  est 
encore  à  décrire.  Elles  sont  grandes  les  perspectives  de  décou- 
vertes nouvelles,  pour  le  chercheur  persévérant  et  laborieux. 
Aujourd'hui,  l'admiration  n'est  plus  fondée  sur  un  fol  engouement  ; 
la  célébrité  du  savant  croît  en  raison  du  degré  d'utilité  de  ses  tra- 
vaux; le  plus  populaire  est  celui  qui  fait  contribuer  la  science  au 
bien-être  de  tous,  et  qui  comprend  qu'elle  est  moins  un  but  qu'un 
moyen.  L'homme  ne  veut  plus  se  livrer  à  l'empirisme,  depuis  qu'il 
a  reconnu  qu'en  vivifiant  l'intelligence,  l'expérience  et  l'obser- 
vation le  préservent  du  malheur  d'errer  à  l'aventure.  Aussi  les 
peuples  civilisés  se  sont-ils  jetés  à  l'envi  dans  les  larges  voies 
que  leur  ouvrait  la  science,  et  se  sont-ils  empressés  de  réunir 
tout  ce  qui  pouvait  contribuer  à  ses  progrès. 

Les  bibliothèques  s'enrichissent  chaque  année  de  tous  les 
trésors  de  l'esprit;  les  musées  accumulent,  conservent  et  classent 
les  produits  des  trois  règnes.  Chaque  ville  de  quelque  importance 
a  son  cabinet  d'histoire  naturelle,  son  jardin  botanique,  sa  biblio- 
thèque, son  académie.  Des  chaires  d'enseignement  sont  confiées 
aux  hommes  les  plus  éclairés  et  les  plus  dévoués  aux  progrès  de  la 


248  SUPPLÉMENT   A   LA   DESCRIPTION   DES   ESTÈCES 

science;  l'étude  de  la  nature  a  sa  part  aujourd'hui,  même  dans 
l'instruction  la  plus  humble.  C'est  pour  m'associer  à  ce  grand 
mouvement  que  j'apporte  ma  pierre  ;  quelque  laborieuses  qu'aient 
pu  être  mes  recherches,  je  livre  à  tous  les  amis  de  l'instruction  un 
ouvrage  qui  a  de  nombreuses  imperfections  sans  doute,  mais  un 
livre  consciencieux.  Je  le  crois  pourtant  plus  pratiquement  utile 
qu'aucun  des  travaux  du  même  genre  qui  l'ont  précédé,  et,  si 
peu  modeste  que  semble  cette  assertion,  elle  n'en  est  pas  moins 
l'expression  de  ma  pensée. 


SUPPLÉMENT  A  LA  DESCRIPTION  DES  ESPÈCES 


LEPÏOTA 

Agaric  granuleux,  Ag.  granulo,  planche  XXIV,  fîg.  127. 
Batscli.,  t.  G,  f.  24  ;  Hartz.,  t.  44,  f.  1  ;  Sclium.,  p.  200;  A.  granul.  ferru- 
f/ineus,  Pers.,  Fr.  Epie,  p.  30;  Quel.  p.  36. 

Chapeau  convexe-plan,  d'une  couleur  jaune,  large  de  3  à 
5  centimètres,  élégamment  granulé  et  floconneux.  Lamelles 
légèrement  adnées  ou  libres,  blanches.  Pédicelle  grêle,  de 
la  couleur  du  chapeau,  épaissi  à  la  base,  muni  d'un  anneau 
membraneux,  pulvérulent  et  floconneux,  jaune.  Spores  blanches. 

De  juillet  à  novembre,  dans  les  bois,  parmi  les  mousses, 
les  bruyères.  —  Comestible. 

GYMNOPUS 

Agaric  de  souris,  Ag.  myomyces,  planche  XXIV,  fig.  120. 
Alb.  et  Schw.,  Letell.,  t.  003,  1'.  G  ;  Laoch.,  n.  505. 

Chapeau  charnu  mince,  irrégulier,  gris  à  écailles  fîbrilleuses, 
grises  et  blanchâtres,  chair  peu  épaisse,  jaunâtre.  Lamelles 
émarginées,   blanches  puis  cendrées  de  brun.  Pédicelle  cylin- 


SUPPLÉMENT   A   LA   DESCRIPTION   DES  ESPÈCES  249 

drique,  blanc  grisâtre  écailleux,  floconneux,  muni  d'une  cortine 
grise.   Spores  ocracés. 

Été,  automne,   dans  les  bois.  —  Comestible  peu  délicat. 

PRATELLA 

Agaric  foramineux,  Ag.  foraminulosus,  planche  XXII,  fig.  100. 
Bull.,  t.  535;  f.  1. 

Chapeau  membraneux,  campanule,  large  de  3  à  4  centi- 
mètres, jaune  pelle,  lisse,  plus  clair  et  luisant  par  le  sec. 
Lamelles  en  cône,  adnées,  paraissant  libres,  couleur  cannelle 
pâle.  Pédicelle  raide,  grêle,  long  de  5  à  8  centimètres,  jaune 
pâle.    Spores  jaunes,   ovales. 

De  juin  à  novembre,  dans  les  herbes,  sur  les  détritus  et 
les  vieilles   souches.  —  Comestible. 

Agaric  crétacé,  Ag.  cretaceus,  planche  XXXIII,  fig.  174. 
Syst.  Myc,  I,  p.  28;  Sv.  Bot.,  t.  59G,  f.  2;  Scyn.  Mont.,  p.  85;  Quel., 
p.  107;  Fr.  Epie,  p.  279. 

Chapeau  charnu,  convexe  et  aplani,  obtus,  sec,  écailleux, 
est  très  légèrement  fauve  à  son  sommet,  large  de  8  à  10  centi- 
mètres, chair  épaisse,  blanche.  Lamelles  écartées,  ventrues, 
étroites  vers  le  pédicelle,  blanches,  brunissant  avec  l'âge.  Pédi- 
celle ferme,  allongé,  atténué  en  haut,  lisse,  blanc,  anneau 
supérieur  ample,   blanc,  réfléchi,   à  bords  retroussés. 

Été,  automne,  dans  les  champs,   les  prés.  —  Comestible. 

LACTARIUS 

Agaric  délicieux,  Lact.  deliciosus,  planche  XLIV,  fig.  237. 

llussey,  I,  p.  G7;  Agaricus,  Linn.,  Suec,  n.  1211;  Schœff.,  t.  1 1  ;  FI. 
dan.,  I.  1751;  Letell.,  t.  632;  Barlat.,  t.  19;  Vittad.,  t.  42;  Krombh.,  t.  1 1  ; 
Fr.  Epie,  431. 

Chapeau  charnu,  convexe-plan,  ombiliqué,  glabre,  rouge- 
brique  ou  jaunâtre,  zone,  rugueux  et  finement  écailleux.  Lait 
et  chair  orangés  puis  verddtres;  saveur  douce.  Lamelles  planes, 
assez  épaisses,  orangées,  verdissant  ainsi  que  les  blessures. 
Pédicelle  creux,  orangé-pâle,  souvent  maculé,  long  de  8  à 
12   centimètres.   Spore  sphérique  muriquée  jaune. 

Été  et   automne,  sous  les  pins.  —  Comestible  délicieux. 


SUPPLÉMENT   À   LA   DESCRIPTION    DES   ESPÈCES 

Agaric  douceâtre,  Lact.  subdulcis,  planche  XLIV,  fig.  238. 
Berk.,  Outl.,  p.  208;  Agaricus,  Bull.,  t.  227;    Sowerb.,  t.  204;   Barla, 
t.  20,  f,  4,  10;  Quel.,  t.  11,  f.  3;  Leiiz.,  f.  11  ;  Fr.  Epie,  437. 

Chapeau  charnu,  large  de  5  à  8  centimètres,  peu  épais, 
avec  un  petit  mamelon  au  centre,  d'une  couleur  roux-cannelle 
plus  ou  moins  foncé  ;  chair  rousse  douceâtre  ;  lait  blanc. 
Lamelles  décurrentes,  minces,  serrées,  de  la  môme  couleur 
du  chapeau.  Pédicelle  peu  épais,  long  de  3  à  G  centimètres, 
égal,  de  couleur  fauve   rougeâtre. 

Été,  automne,  dans  tous  les  bois.  —  Comestible. 

Agaric  à  toison,  Lact.  vellereus,  planche  XLV,  fig.  239. 
Hussey,  I,  t.  C3;   Berkl.,  Ou//.,  p.  206;  Kickx.,  p.   200;  Barla.,  t.   22, 
.  6,  8;  Krombh.,  t.  57,  f.  10,  13;  A.  piperatus,  Poil.,  Pal.,  3;  p.  289;  Fr. 
Epie,  p.  430. 

Chapeau  compacte,  convexe,  puis  en  entonnoir,  large  de 
de  10  à  20  centimètres,  blanc  finement  velouté;  chair  et  lait 
blancs.  Lamelles  épaisses,  assez  espacées,  larges,  un  peu 
rameuses,  pâles,  blanchâtres  à  reflets  rougeâtres,  décurrentes. 
Pédicelle   obèse,  court,  plein,  blanc,  légèrement  velouté. 

Été,  automne,  dans  tous  les  bois.  —  Comestible. 


FIN 


INDEX    BIBLIOGRAPHIQUE 


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42  planches  color. 
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in-4°,  12  pi. 
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—  Essai  d'une  classification  naturelle  des  champignons.  Paris,  1825, 
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1872. 

Paulet  (J.-J.)  et  Léveillé.  —  Iconographie  des  Champignons.  Recueil 
de  217  planches,  dessinées  d'après  nature  et  coloriées,  1855,  in-fol. 


INDEX    BI1SU0URAPIUUUE  2S3 

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Mycologia  curopea,  1822-1828,  3  vol.  in-8°  avec  30  planches  color. 
Pline  (G. -P. -S.).  —  Histoire  naturelle  en  37  livres. 
Pouchet.  —  Expériences  sur  les  champignons  vénéneux.  — Journal  des 

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Roques  (G.).  —  Histoire  des  Champignons  comestibles  et  vénéneux.  Paris, 

1841. 
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bonum  nascuntur,  icônes.  Ratisbona?,  1762-1774,  4  vol.  in-4°. 
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Sowerby  (G.).  —   Couloured  figures  of  English  fungi   or  mushrooms. 

London,  1797-1813,  400  pi. 
Tessier.  —  Expériences  sur  la  carie  des  blés.  178a,  in-8°. 
Tiieopiirasti.  —  De   historia  plantarum  libri   decem,  grœce   et   latine. 

Amstelodami,  1644,  in-folio,  fig. 
Tode  (H. -G.).  —  Fungi  Mecklenburgenses  selecti.  Luneburgi,  1790-1791. 

1  vol.  in-4°,  17  pi. 
Trattinick  (L.).  —  Fungi  austriaci  delectis  singulari  iconibus,  40  obser- 

vationibusque  illustrati.  Vindobonee,  1809-1830,  20  planches. 
Tulasne  (L.-R.   et  G.).  —  Fungi  hypogœi.  Histoire  et  monographie  des 

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rum carpologia,  gr.  in-4°,  1861-1866. 
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Vittadini  (C).  —  Descrizione  dei  funghi  mungereci  piu  communi  delF 

Ralia  et  de  velenosi,  che  possono  co'  medesimi  confondersi.  Milan, 

1835,  fig.  —  Monographia  tuberacearum.  Milan,  1831,  fig.  in-4°. 
Wallroth  (C.-F.).  —  Flora  cryptogamica  Germanise.  1831-1833,  in-12. 
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Ann.  dcsSci.  nat.,  1873,  XVII,  p.  211. 


TABLE  DES  MATIÈRES 


Pages. 

Préface v 

PREMIÈRE     PARTIE 

CHAPITRE  PREMIER 

Disposition  du  livre 1 

CHAPITRE  II 

Considérations  générales o 

Bibliographie 8 

CHAPITRE  III 

Des  classifications 11 

CHAPITRE  IV 

Distribution  méthodique  des  Champignons,  par  J.-H.  Léveillé 17, 18 

CHAPITRE  V 

Germination  des  spores 36 

§  I.    —Des  Mycélium -13 

§  II.  — Fécondation 44 

§  III. —  Fécondations  assexuée,  sexuée,  par  conjugaison,  par  copu-  46 

lation 47 

§  IV. —  Polymorphisme.  —  Générations  alternantes 40 

CHAPITRE  VI 

Respiration  des  Champignons 52 

§  I.  —  De  la  nutrition . .  • 54 

§  II. —  Développement  des  tissus 50 

CHAPITRE  VII 

Structure.  —  Organisation  des  Champignons 59 

§  I.  —  Du  pédicelle 00 

§  IL—  Du  chapeau 01 

CHAPITRE  VIII 

Des  lames  ou  feuillets  des  Agaricinées 03 

CHAPITRE  IX 

Genèse  de  l'Hyménium.  —  Basides.  —  Cystides 6b 


TABLE   DES    MATIERES  '255 

Pages. 

CHAPITRE  X 

Du  genre  Agaric 67 

Division  du  genre  Agaric  en  10  sous-genres 69 

CHAPITRE  XI 

Description  des  espèces 71  à  206 

DEUXIÈME     PARTIE 

CHAPITRE  PREMIER 
Examen  chimique  des  Champignons 207 

CHAPITRE  II 
Observations  sur  les  Champignons  comestibles  et  vénéneux 216 

CHAPITRE  III 

Influence  des  Champignons  sur  l'homme  et  les  animaux 223 

CHAPITRE  IV 
Effets  des  Champignons  sur  l'homme  et  les  animaux.  —  Traitement 227 

CHAPITRE  V 

Culture  des  Champignons  pour  l'alimentation 229 

CHAPITRE  VI 

Préparation  du  fumier 232 

CHAPITRE  VII 

Construction  des  couches 235 

Lardages 235 

Gobtage 237 

CHAPITRE  VIII 
Habitation  des  Champignons 238 

CHAPITRE  IX 
Action  des  agents  extérieurs 242 

CHAPITRE  X 
Récolte  et  conservation  des  Champignons 244 

Supplément  à  la  description  des  espèces 248 

Index  bibliographique 251 

Table  des  matières 254 

Table  alphabétique 256 


TABLE    ALPHABÉTIQUE 


A 

Tages. 

£cidium 51 

Aclion  des  agents  extérieur  sur  les  champignons 242 

Agarioinès 71 

Agaric 07 

Ag.  acerbe,  acerbus,  Bull.,  pi.  XVII,  fig.  72 83 

Ag.  erugineux,  œruginosus,  Cuit.,  pi.  XIX,  fig.  84 110 

Ag.  mousseaon,  albellus,  D.  C,  pi.  XIII,  fig.  48 82 

Ag.  alliacé,  alliaceus,  Jacq.,  pi.  XLIX,  fig.  263 140 

Ag.  de  l'aune,  alnicola,  Fr.,  pi.  XX,  fig.  89 105 

Ag.  alutacé,  alutaceus,  Pers.,  pi.  XLV,  fig.  241 132 

Ag.  réuni,  amadelphus,  Bull.,  pi.  XXIV,  fig.  130 140 

Ag.  aman.,  amanita,  pi.  II,  fig.  7 71 

Ag.  amanite,  Coupe  de  l'œuf,  pi.  III,  fig.  9 72 

Ag.  couleur  d'amianthe,  amianthinus,  Scop.,  pi.  VIII,  fig.  2'i 77 

Ag.  anisé,  anisatus,  Pers.,  pi.  XV,  fig,  05 88 

Ag.  anomal,  anomalus,  Fr.,  pi.  XXXVIII,  fig.  199 123 

Ag.  apicré,  apicreus,  Fr.,  pi.  XXXI,  fig.  161 106 

Ag.  à  appendice,  appindiculatus,  Bull.,  pi.  XXX,  fig.  158 113 

Ag.  aqueux,  aquosus,  Bull.,  pi.  XVIII,  fig.  81 92 

Ag.  à  collier  araneux,  arachnostreptus,  Letell.,  pi.  XXIV,  fig.  128 120 

Ag.  arqué,  arquatus,  Bull.,  pi.  X,  fig.  31 79 

Ag.  ardoisé,  ardosiacus,  Bull.,  pi.  XXVII,  fig.  143 99 

Ag.  sablé,  arenatus,  Pers.,  pi.  XVII,  fig.  73 120 

Ag.  à  bracelet,  armilaria,  pi.  IX 76 

Ag.  des  moissons,  arvalis,  Weinm,  pi.  XIX,  fig.  87 106 

Ag.  des  champs,  arvensis,  Schœlï,  pi.  XXXIII,  fig.  172 109 

Ag.  atramentaire,  atramentarius,  Bull  ,  pi.  XLI,  fig.  215 110 

Ag.  atténue,  attenuatus,  D.  C,  pi.  XXXII,  fig.  166 104 

Ag.  doré,  aurata,  Kromb.,  pi.  XLVI,  fig.  2i5 133 

Ag.  sans-zone,  azonites,  Bull.,  pi.  XLIII,  fig.  231 130 

Ag.  trapu,  brevipes,  Bull.,  pi.  XIII,  fig.  49 82 

Ag.  bulbeux,  bulbosa,  Vaill.,  pi.  V,  fig.  14 74 

Agaric  de  bulliard,  bulliardi,  Pers.,  pi.  XXXVIII,  fig.  203 124 

Ag.  de  l'automne,  brumalis,  Fr.,  pi.  XV,  fig.  64 87 

Ag.  butireux,  butyraceus,  Bull.,  pi.  XV,  fig.  62 91 

Ag.  oronge,  cœsarea,  Scop.,  pi.  III,  fig.  8 72 

Ag.  champêtre,  campestris,  Lin,  pi.  XXXII,  fig.  165 108 

Ag.  odeur  de  camphre,  camphoratus,  Bull.,  pi.  XLIII,  fig.  234 131 

Ag.  de  de  candolle,  candolleanus,  Fr.  XXI,  fig.  98 111 

Ag.  du  chien,  caninus,  Fr.,  pi.  XXXVI,  fig.  191 122 

Ag.  cartilagineux,  cartilagineux,  Bull.,  pi.  X,  fig.  33 80 

Aj.  chàlain,  castaneus,  Bull.,  pi.  XXXVII,  fig.  190 122 


TABLE  ALPHABÉTIQUE  257 

Pages. 

Ag.  en  bassin,  catinus,  Fr.,  pi.  XVI,  68 88 

Ag.  à  tête  jaune,  chrysenterus,  Bull.,  pi.  XX,  fig.  92 84 

Ag.  blanc  cendré,  cinerascens,  Bull.,  pi.  X,  fig.  32 80 

Ag.  cendré,  cinereus,  Bull.,  pi.  XL1I,  fig.  225 118 

Ag.  couleur  cannelle,  cinnamomeus,  Bull.,  pi.  XXXVIII,  fig.  19S 123 

Ag.  pied  en  clef,  clavipes,  Lin.,  pi.  XXI,  fig.  99 89 

Ag.  clou,  clavus,  Lin,  pi.  XXIV,  fig.  124 93 

Ag.  contraclile,  clusillis,  Fr.,  pi.  XVIII,  fig.  80 92 

Ag.  en  bouclier,  clypeolarius,  Bull.,  pi.  VIII,  fig.  2b 78 

Ag.  muqueux,  collinitus,  Pers.,  pl.  XXXV,  fig.  186 121 

Ag.  des  collines,  collinus,  Scop.,  pl.  XXII,  fig.  102 94 

Ag.  chevelu,  comatus,  FI.  Dan.,  pl.  XLI,  fig.  214 115 

Ag.  en  conque,  conchatus,  Bull.,  pl.  XLIX,  fig.  267 142 

Ag.  entassé,  congresatus,  Bull.,  pl.  pl.  XXIII,  fig.  11  i 114 

Ag.  conique,  conicus,  Scop.,  pl.  XXXIV,  fig.  178 127 

Ag.  à  tête  conique,  conocephalus,  Bull.,  pl.  XX 11.  fig.    101 126 

Ag.  pulvérulent,  conissans,  Fr.,  pl.  XXXI,  fi--.  162 100 

Ag,  tonlu,  contortus,  Bull.,  pl.  XVIII,  fig.  NJ 92 

Ag.  coronille,  coronilla,  Bull.,  pl.  XXVI,  li'.i 110 

Ag.  des  écorces,  corticalis,  Schum.,  pl.  XXIII,  fig.  121 97 

Ag.  crétacé,  cretaceus,  Fr.,  pl.  XXXIII,  fig.  174 249 

Ag.  échaude,  crustiliniformis,  Bull.  XXVI,  fig.  137 104 

Ag.  des  caves,  cryptarum,  Letell.,  pl.  XXXII,  fig.  170 90 

Ag.  feuillets  en  coin,  cuneifo'.ius,  Fr.,  pl.  XVII,  fig.  76 83 

Ag.  en  coupe,  cupularis,  Bull.,  pl.  XXXI,  fig.  164 102 

Ag.  jaune  bleuâtre,  cyanoxantha,  Pers.,  pl.  XLVII,  (1g.  232 135 

Ag.  délicieux,  de'iciosus,  Lin,  pl.  XLIV,  fig.  237 250 

Ag.  déliquescent,  deliquescens,  Fr.,  pl.  XL,  fig.  212 Mu 

Ag.  destructeur,  destrictus,  Fr.,  pl.  XXXV,  fig.  182 125 

Ag.  disséminé,  disseminatus,  Pers.,  pl.  XLII,  fig.  223 118 

Ag.  ami  des  feuilles,  driophilus,  Bull.,  pl.  XVI,  fig.  70 91 

Ag.  à  lamelles  olivâtres,  elœodes,  Fr.,  pl.  XXX,  fig.  159 112 

Ag.  comestible,  edulis,  Bull.,  pl.  XXXIII,  fig.  17b 109 

Ag.  émétique,  emeticus,  Fr.,  pl.  XLV,  fig.  242 133 

Ag.  velu,  ephebeus,  Fr.,  pl.  XXXIV,  fig.  181 97 

Ag.  éphémère,  ephemereus,  Bull.,  pl.  XLII,  fig.  224 118 

Ag.  faux  éphémère,  ephemeroïdes,  Bull.,  pl.  XLII,  fig.  229 119 

Ag.  des  feuilles  mortes,  epiphyllus,  FI.  Dan,  pl.  XXII,  fig.  106 140 

Ag.  des  bruyères,  ericeus,  Pers.,  pl.  XIX,  fig.  86 112 

Ag.  des  bruyères,  ericetorum,  Bull.,  pl.  XIII,  fig.  50 86 

Ag.  du  chardon,  eryngii,  D.  C,  pl.  XXIX,  fig.  153 137 

Ag.  pied  rouge,  erythropus,  Pers.,  pl.  XVI.  fig.  71 139 

Ag.  comestible,  esculentus,  Jacq.,  pl.  XXV,  fig.  134 94 

Ag.  excorié,  escoriatus,  pl-  VII,  fig.  23 77 

Ag.  éteignoir,  extinctorius,  Paul,  pl.  XLII,  fig.  219 117 

Ag.  en  faisceaux,  fascicularis,  Huds,  pl.  XXI,  fig.  96 111 

Ag.  fertile,  fertilis,  Bull.,  pl.  XXVII,  142 99 

Ag.  fichet,  fibula,  Bull.,  pl.  XXII,  fig.  110 95 

Ag.  fimetaire,  fimetarius,  Lour.,  pl.  XLI,  fig.  216 116 

Ag.  du  terreas,  limi-putris,  Boit,  pl.  XL,  fig.  211 115 

Ag.  ferme,  firmus,  Fr.,  pl.  XXXV,  fig.  183 129 

Ag.  flasque,  flaccidus,  Sow.,  pl.  XVI,  fig.  69 88 

Ag.  fauve  blanc,  flavo-alhus,  Fr.,  pl.  XXIII,  fig.  120 97 

Ag.  foramineux,  foraminulosus,  Fr.  pl.  XXII,  fig.  100 249 

17 


258  TABLE   ALPHABÉTIQUE 

Pa  ,    . 

Ag.  fétide,  fœtens,  Pers.,  pi.  XLVII,  fig.  250 135 

Ag.  fétide,  fœtens,  Secret.,  pi.  XLIX,  fig.  264 142 

Ag.  parfumé,  fragans,  Sow.  pi.  XIII,  fig.  51 86 

Ag.  fragile,  fragilis,  Lin,  pi.  XLVI,  fig.  247 134 

Ag.  couleur  de  froment,  frumentaceus,  Fr.,  pi.   XII,  fig.  42 81 

Ag.  pied  en  fuseau,  fusipes,  Bull.,  pi.  X,  fig.  34 90 

Ag.  fuseau,  fusus,  Fr.,  pi.  XXXI,  fig.  160 105 

Ag.  fourchu,  furcata,  Pers.,  pi.  XLVII,  fig.  251 135 

Ag.  en  casque,  galericulatus,  Scop.,  pi.  XXII,  fig.  103 96 

Ag.  blanc  verdâtre,  galochrea,  Bull.,  pi.  XLVI,  fig.  244 133 

Ag.  géotrope,  geotropus,  Miill.,  pi.  XI,  fig.  38 85 

Ag.  gigantesque,  giganteus,  Sow.,  pi.  XV,  fig.  60 87 

Ag.  glutineux,  glutinifer,  SchœlT.,  pi.  XXXIX,  fig.  207 129 

Ag.  granuleux,  granulosus,  Batsch.,  pi.  XXIV,  fig.  127 249 

Ag.  à  pied  rayé,  grammopodius,  Bull.,  pi.  XI,  fig.  39 81 

Ag.  à  odeur  forte,  graveolens,  Pers.,  pi.  XIV,  fig.  55 82 

Ag.  pied  nu,  gymnopodius,  Bull.,  pi.  XXXI,  fig.  163 106 

Ag.  à  pied  flexueux,  gyroflexus,  Paul,  pi.  XXIII,  fig.  118 113 

Ag.  des  devins,  hariolorum,  Bull.,  pi.  XX,  fig.  93 93 

Ag.  taché  de  rouge,  hœmatochelis ,  Fr.,  pi.  XXXVII ,  fig.  193 122 

Ag.  à  graines  rouges,  hosmastospermus,  Bull.,  pi.  XXXIII,  fig.  173 109 

Ag.  hétérophylle,  heteropnilla,  Fr.,  pi.  XLV,  fig.  243 133 

Ag.  nivelé,  hydrogrammus,  Bull.,  pi.  XI,  fig.  37 95 

Ag.  hydrophile,  hydrophilus,  Bull.,  pi.  XXXIV,  fig.  179 120 

Ag.  horizontal,  horizontalis,  Fr.  XXIII,  117 107 

Ag.  pied  grêle,  iliopodius,  Fr.,  pi.  XXXVIII,  fig.  201 124 

Ag.  incisé,  incisus,  Fr.,  pi.  XXXVIII,  fig.  200 123 

Ag.  inodore,  inodorus,  Sev.,  pi.  XXII,  fig.  111 98 

Ag.  ïonide,  ionides,  Bull.,  pi.  XX,  fig.  94 85 

Ag.  irrégulier,  irregularis,  Pers.,  pi.  XXXVIII,  fig.  205 125 

Ag.  retourné,  inversas,  Scop.,  pi.  XVI,  fig.  67 91 

Ag.  roulé,  involutus,  Batsch,  pi.  XXXIX,  fig.  206 128 

Ag.  éclatant,  jubarinus,  Bull.,  pi.  XXXVI,  fig.  190 121 

Ag.  couleur  de  laque,  laccatus,  Scop..  pi.  XIII  fig.  52 90 

Ag.  piep  en  forme  de  lance,  lancipes,  Paul,  pi.  XXI,  fig.  97 93 

Ag.  pied  brillant,  lampropus,  Fr.,  pi.  XXVII,   fig.  146 100 

Ag.  lanugineux,  lanuginosus,  Bull.,  plXXXV  fig.  185 126 

Ag.  à  tète  blanche,  leucocephalus,  Bull.,  pi.  XX,   fig.  91 84 

Ag.  de  léveillé,  leveillei,  Sic,   pi.  XXXV11I,  fig.  202 124 

Ag.  pied  vêtu,  licinipes,  Bull.,  pi.  XXXVIII  fig.  20 i 124 

Ag.  rayé,  lineatus,  Bull.,  pi.  XXII,  fig.   109 96 

Ag.  livide,  lividus,  Bull.,  pi.  XXXIV,  fig.   177 99 

Ag.  long  pied,  longipes,  Bull.,  pi.  XIX,  fig.  85 92 

Ag.  lustré,  lustratUS,  Pers.,  pi.  XX,  fig.  93 120 

Ag.  papille,  mammosus,  Lin.,  pi.  XXV,  fig.  130 101 

Ag.  mappa,  mappa,  Batsch.  pi.  V,  fig.  15 74 

Ag.  à  graine  noire,  melaspermus,  Bull.,  pi.  XXV,  fig.  132 110 

Ag.  couleur  de  miel,  melleus,  FI.  Dan.,  pi.  IX,  fig.  2S 78 

Ag.  de  moyenne  taille,  mesomorphus,  A  et  S.,  pi.  VIII  fig.  26 78 

Ag.  micacé,  micaceus,  Bull.,  pi.  XL  fig.  213 115 

Ag.  vermillon,  miniatus,  Fr.,  pi.  XXXIV  fig.  180 128 

Ag.  mou,  mollis,  Schaff.,  pi.  XX1V,  fig.  125 108 

Ag.  couleur  bronzée,  molibdinus,  Bull.,  pi.  XIV  fig.  57 87 

Ag.  momentané,  momentaneus,  Bull.,  pi.  XL1I.  fig.  218 116 


TABLE   ALPHABÉTIQUE  259 

Pages. 

Ag.  mucilagineux,  mucidus,  Schrad.,  pi.  IX,  fig.  29 79 

Ag.  à  mouche,  muscaria,  L.,  pi.  Il ,  fig.  7 72 

Ag.  gris  de  souris,  murinaceus,  Bull.,  pi.  VIII,  fig.  27 80 

Ag.  changeant,  mutabilis,  FI.  Batt.,  pi.  XXVIII,  fig.  150 103 

Ag.  de  souris,  Myomyces,  Pers.,  pi.  XXIV  fig.  126 -  '>'■  ' 

Ag.  nain,  nanus,  Bull.,  pi.  XXVII,  fig.  143 Û7 

Ag.  nébuleux,  nebulosus,  Batch.,  pi.  XVII,  fig.  75 89 

Ag.  noircissant,  nigricans,  Bull.,  pi.  XLVII,  Qg.  233 136 

Ag.  clignotant,  nictitans,  Hussey,  pi.  X  fig.  35 80 

Ag.  nu,  nudUS,  Bull.,  pi.  XII,  fig.  43 SI  37 

Ag.  jarre,  obbatus,  Buxb.,  pi.  XIII,  fig.  53 86 

Ag.  obturé,  obturatus,  Fr.,  pi.  XXXII ,  fig.  169 HO 

Ag.  pied  gonflé,  œdematopus,  SchœlT.,  pi-  XIV,  fig.  59 91 

Ag.  odorant,  odorus,  l'ers.,  pi.  XV,  fig.  65 88 

Ag.  odorant,  odorus  jeune,  Pers.,  pi.  XV  fig.  66 

Ag.  blanc  olive,  olivaceo-albus,  Fr..  pi.  XXXV,  fig.  187 128 

Ag.  faux  mouceron,  oreades,  Boit.,  pi.  XII,  fig.  44 139 

Ag.  faux  mouceron  sec,  oreades,  Boit.,  pi.  XII,  fig.  45 139 

Ag.  orcelle,  orcella,  Bull.,  pi.  XXVIII.  fig.  147 100 

Ag.  orellan,  orellanus,  Fr.,  pi.  XXXVI,  fig.  192 122 

Ag.  en  coquille,  ostreatus,  Jacq,  pi.  XXIX,  fig.155 137 

Ag.  des  pacages,  ovinus,  Bull.,  pi.  XVII,  fig.  77 83 

Ag.  ovoïde,  ovoidea,  Bull.,  pi.  IV,  fig.  11 "3 

Ag.  papilionacé,  papilionaceus,  Bull.,  pi.  XL,  fig,  209 114 

Ag.  transparent,  pellucidus,  Bull.,  pi.  XXII,  fig.  113 102 

Ag.  pied  châtain,  phaeopodins,  Bull.,  pi.  XXXVII,  fig.  193 94 

Ag.  pied  noir,  phaeospermus,  Bull.,  pi.  XXIX  fig.  151 110 

Ag.  phaloïde,  phalloides,  Seer.,  pi.  V  fig.  16 75 

Ag.  physaloide,  physaloides,  pi.  XX,  fig.  90 113 

Ag.  pie,  picaceus,  Bull.,  pi.  XL  fig.  210 114 

Ag.  piluliforme,  pilulœformis,  Bull.,  pi.  XXII1,  fig.  115 111 

Ag.  poivré  acre,  piperatus,  Bull.,  pi.  XLIV,  fig.  235 131 

Ag.  pliant,  plicatilis,  Curt.,  pi.  XL1I  fig.  226 118 

Ag.  couleur  de  plomb,  plumbeus,  Bull.,  pi.  XLI1I,  fig.  230 130 

Ag.  odeur  de  ciboule,  prasiosmus,  Fr.,  pi.  XLIX,  fig.  265 141 

Ag.  des  près,  pratensis,  Pers.,  pi.  XXXIX,  fig.  20S 129 

Ag.  couleuvre,  procerus,  Boll.,  pi.  VII,  fig.  21 76  37 

Ag.  couleuvre  jeune,  procerus,  Boit.,  pi.  VII,  fig.  23 76 

Ag.  pruineux,  pruinosus,  Lasch.,  pi.  XI,  fig.  40 86 

Ag.  prunelle,  prunulus,  Pers.,  pi.  XXVIII,  fig.  149 100 

Ag.  perroquet,  psittacinus,  Schœff.,  pi.  XXXIV,  fig.  176 127 

Ag.  pudique,  pudicus,  Bull.,  pi.  XXXII,  fig.  167 104 

Ag.  pur,  purus,  Pers.,  pi.  XXII,  fig.  107 96 

Ag.  pygmée,  pygmeus,  Bull.,  pi.  XXIV,  fig.  129 101 

Ag.  odeur  de  poire,  pyriodorus,  Pers.,  pi.  XII,  fig.  46 125 

Ag.  pirolriche,  pyrotrichus,  Holmsk.,  pi.  XXX.  fig.  156 111 

Ag.  caustique,  pyrogalus,  Bull.,  pi.  XLV,  fig.  240 132 

Ag.  radié,  radiatus,  Boit.,  pi.  XLII,  fig.  228 1 19 

Ag.  racine  de  navet,  radicosus,  Bull.,  pi.  XXV,  fig.  133 103 

Ag.  des  rameaux,  ramealis,  Bull.,  pi.  XXIII,  fig.  116 140 

Ag.  raclé,  ramentaceus,  Bull.,  pi.  IX  fig.  30 79 

Ag.  gris  jaunâtre  ravida,  Bulf.,  pi.  XLVI,  ûg.  246 134 

Ag.  déchiré,  recutita,  Fr.,  pi.  IV,  fig.  13 74 

Ag.  ondulé,  répandus,  Bull.,  pi.  X,  fig.  36 98 


260  TABLE   ALPHABÉTIQUE 

Pages. 

Ag.  crevassé,  rimosus,  Bull.,  pi.  XXXV,  fi  g.  184 126 

Ag.  rose  blanc,  rhodopolius,  Fi\,  pi.  XI,  fig.  41 98 

Ag.  rose,  roseus,  FI.  Dan.,  pi.  XXII,  fig.  104 % 

Ag.  rutule,  rotula,  Scop.,  pi.  XXIII,  fig.  119 140 

Ag.  rougeâtre,  rubescens,  Pers.,  pi.  111,  fig.  10 73 

Ag.  sanguin,  sanguinea,  Albet.  Schw.,  pi.  XLV1I,  fig.  219 134 

Ag.  odeur  de  savon,  saponaceus,  Fr.,  pi.  XVIII,  fig.  78 84 

Ag.  excorié,  scoriatus,  Sohœff.,  pi.  VII,  fig.  22 77 

Ag.  demi-orbiculaire,  semi-orbicularis,  Bull.,  pi.  XXV,  fig.  133 107 

Ag.  satiné,  sericeus,  Bull.,  pi.  XXVIII,  fig.  loi 99 

Ag.  dentelé,  serrulatus,  Pers.,  XXVIII,  fig.  148 101 

Ag.  sidéroïde,  sideroïdes,  Bull.,  pi.  XXII,  fig.  108 107 

Ag.  sinué,  sinuatus,  Pers.,  pi.  XXVII,  fig.  144 99 

Ag.  chapeau  sinué  sinuosus,  Bull.,  pi.  XXVI,  fig.  138 105 

Ag.  sordide,  sordidus,  Fr.,  pi.  XV,  fig.  63 83 

Ag.  écailleux,  squarrosus,  Miill.,  pi.  XX1X,  fig.  1"2 103 

Ag.  à  odeur  agréable  suaveolens,  Troe.,  pi.  XV,  fig.  Cl 87 

Ag.  douceâtre,  SuMulciS,  FI.  Dan.,  pi.  XLIV,  fig.  238 250 

Ag.  couleur  de  soufre  sulfureus,  Bull.,  pi.  XIV,  fig.  56 83 

Ag.  sans  chair,  spectrum,  Ed.,  pi.  XL.II,  fig.  227 119 

Ag.  sphaleromorphe,  splialeromorphus,  Bull.,  pi,  XXV,  fig.  131 103 

Ag.  remarquable,  spectabilis,  Bull.,  pi.  XII,  fig.  47 102 

Ag.  stercoraire,  stercoriarius,  Fr.,  pi.  XLI,  fig.  217 116 

Ag.  pomme  de  pin,  strobiliformis,  Vilt.,  pi.  IV,  fig.  12 74 

Ag.  sliplique,  stipticus,  Fr.,  pi.  XXIV,  fig.  122 141 

Ag.  sauvage,  sylvicola,  Vitl.,  pi.  XXXII,  fig.  108 108 

Ag.  couleur  d'airain,  tabularis,  Fr.,  pi.  XVII  fig.  74 120 

Ag.  à  lait  jaune,  thejogalus,  Bull.,  pi.  XLII1  fig.  233 131 

Ag.  grêle,  tener,  Schœff.,  pi.   XXII,  fig.  103 107 

Ag.  marqueté,  tessulatus,  Bull.,  pi.  XXVI,  fig.  l 'il 136 

Ag.  terreux,  terreus,  Schœff.,  pi.  XXXII,  fig.  171 83 

Ag.  turbiné,  turbinatus,  Bull.,  pi.  XXXVII  fig.  197 123 

Ag.  tigré,  tignnus,  Schœfi'.,  pi.  XLIX,  fig.  206 141 

Ag.  chancelant,  titubans ,  pi.  XL1I,  fig.  221 117 

Ag.  drapé,  tomentosus,  Bull.,  pi.  XL1I,  fig.  220 117 

Ag.  à  coliques,  torminosus,  Schœff.,  pi.  XL11I,  fig.  232 130 

Ag.  dorme,  ulmarius,  Bull.,  pi.  XXVI  fig.  140 136 

Ag.  ombellifère,  umbeliferus,  Lin.,  pi.  XXII,  fig.  112 93 

Ag.  ondulé,  undulatus,  Bull.,  pi.  XIX,  fig.  83 89 

Ag.  brûlant,  urens,  Bull.,  pi.  XIII  fig.  34 139 

Ag.  engainé,  vaginata,  Bull.,  pi.  VI,  fig.  18 75 

Ag.  engainé,  vaginata,  Bull.,  pi.  VI,  fig.  19 76 

Ag.  engainé,  vaginata,  Bull.,  pi.  VI,  fig.  20 76 

Ag.  engainé,  livide,  vaginata,  Bull.,  pi.  VI,  fig.  20  bis 76 

Ag.  variable,  variabilis,  Pers.,  pi.  XXIV,  fig.  123 101 

Ag.  à  toison,  vellereus,  Fr.,  pi.  XLV,  fig.  239 250 

Ag.  toisonné,  velutinus,  Pers.,  XXX,  fig.  157 112 

Ag.  à  pied  velouté,  velutipes,  Curt.,  pi.  XIV,  fig.  58 90 

Ag  ventru,  ventricosus,  Bull.,  pi.  XVIII,  fig.  79 92 

Ag.  vibratile,  vibratilis,  Fr.,  pi.  XXXVI,  fig.  183 127 

Ag.  violet,  violaceus,  Lin.,  pi.  XXXVI,  fig.  189 121 

Ag.  verdoyant,  virescens,  Schœff.,  pi.  XLVI,  fig.  248 134 

Ag.  visqueux,  viscidus,  Lin.,  pi.  XIX,  fig.  83 89 

Ag.  jaune  d'œuf,  vitelinus,  Pers.,  pi.  XXXVII,  fig.  194 127 


TABLE  ALPHABÉTIQUE  261 

Pages 

Ag.  pâle  jaunâtre,  volemus,  Fr.,  pi.  XLIV,  fig.  236 131 

Amanita,  pi.  II,  fig.  7 72 

Am.  bulbeux,  bulbosa,  Bull.,  pi.  V,  fig.  14 : 74 

Am.  oronge,  cœsaera,  Schœff.,  pi.  III,  fig.  8 72 

Am.  mappa,  mappa,  Bals.,  pi.  V,  fig.  lo 74 

Am.  mouche,  muscaria,  Lin.,  pi.  II ,  fig.  7 72 

Am.  ovoïde,  ovoidea,  Bull.,  pi.  IV,  fig.  11 73 

Am.  ciguë,  phalloïdes,  Secr.,  pi.  V,  fig.  10 73 

Am.  déchiré,  recutita,  Ed.,  pi.  IV,  fig.  13 74 

Am.  rougeàtre,  rubescens,  l'ers.,  pi.  III,  fig.  10 73 

Am.  pomme  de  pin,  strobiliformis,  Vitt.,  pi.  IV,  fig.  12 7i 

Am.  engainé,  vaginata,  Bull.,  pi.  VI,  fig.  18 75 

Am.  petite  coiffé,  volvaceus  (minor),  Bull.,  pi.  V,  fig.  17 75 

Adnées  (lames),  pi.  1 63 

Angioridium  sinuosum,  pi.  LXVIX,  fig.  371 173 

jEcidium SI  52 

iEthalium  flavum,  pi.  LXVIII ,  fig.  356 170 

Alternante  génération 49 

Antheridie 46 

Anthérozoïdes 46 

Annularia 14 

Antennaria  pinophyla,  pi.  LXXIV,  fig.  402 205 

Antennariés 201 

Arciria  incarnata,  pi.  LXVIX,  fig.  374 174 

Armilaria, 70  14 

Arthrosporés 17,  33  201 

Ascobolus  furfuraceus,  pi.  LXXI1I,  fig.  394 187 

Asexuée  fécondation 46 

Ascomycètes 13 

Asques  et  sporidiss 191 

Aspergillus  glancus,  pi.  LXXIV,  fig.  399 -<  < S 

Atmosphère,  ses  spores 184  194 

Auricularinés 13 

Auricularia  mesenterica,  pi.  LV1I,  fig.  291 136 

Autoïque 31 

Azygospore 48 

B 

Basides 65 

Basidiosporés 17  18 

Blanc  de  (champignon) 44  233 

Blé,  nielle  et  rouille 150  193 

Bulets  (chapeaux  des) 143 

Boletus 143 

Bulet,  orangé,  aurantiacus,  Fr.,  pi.  LU,  fig.  274 146 

Bol.  lulbeux,  bulbosus,  Pers.,  pi.  LI,  fig.  270 145 

Bol.  châtain,  castaneus,  Bull.,  pi.  LU,  fig.  275 146 

Bol.  bleuissant,  cyanescens,  Bull.,  pi.  LU,  fig.  276 146 

Bol.  comestible,  edulis,  Bull.,  pi.  L,  fig.  208 145 

Bol.  chicotin,  felleus,  Bull.,  pi.  LI  fig.  272 1 10 

Bol.  luride,  luridus,  Schœff.,  pi.  LUI,  fig.  273  bis 147 

Bol.  jaunâtre,  luteus,  Lin.,  pi.  LIV,  fig.  277 147 


262  TABLE   ALPHABÉTIQUE 

Pages. 

Bol.  pruiné,  pruinatus,  Bull.,  pi.  LUI,  fig.  276  bis 147 

Bol.  scabre,  scaber,  F.,  pi.  Ll,  fig.  271 143 

Bol.  sub-tomenteux,  sub-tomentosus,  Lin.,  pi.  LU,  fig.  273 146 

Bol.  tubéreux,  tuberosus,  Bull.,  pi.  LUI,  fig.  274  bis 147 

Botrytis,  agaricina,  Fr.,  pi.  LXX1V,  fig.  404 199  198 

Bot,  diffusa,  Bals.,  pi.  LXX1V,  fig.  397 199 

Bovista 167 

Bulgaria  inquinans,  F.,  pi.  LXXIII,  11g.  393 188  187 

—        fécondation 180  181 


Calocsra 100 

Calorara,  cornea,  Batsch.,  pi.  LXII1,  fig.  327 ICO 

—       palmata,  Schum.,  pi  LV1I,  fig.  290 160 

Car.tharellus 137 

Chanterelle  orangé,  aurantiacus,  Fr.,  pi.  XLV11I,  fig.  256 138 

Chant,  comestible,  cibarius,  Fr.,  pi.  XLV1I1.  fig.  254 137 

Chant,  dentér,  dentatus,  Pers.,  XLVIII,  fig.  23b 138 

Chant,  des  grandes  mousses,  muscigenus,  Fr.,  pi.  XLVIII,  fig.  237 138 

Chant,  en  tube,  tubœformis,  Fr.,  pi.  XLVIII,  fig.  2:19 138 

Caves,  carrières 231 

Carie  et  nielle  du  blé 30  194 

Carcithe G 

Carpogone 44 

Cellules  accouplées 42 

Changement  de  couleur  des  bolets 145 

Chapeau  des  agarics  et  des  bolets 61  143 

Chêne  (truffes  du) 221 

Chlamydospores 43 

Chromospores 69 

Ciliciocarpus ,  hypogeus,  Cord.,  pi.  LXX,  fig.  381 176 

Cionium,  Iridis,  Lk.,  pi.  LXIX,  fig.  366 172 

Cladosporium,  Lk 50 

Classification  des  Champignons 11 

de  Nées  d'Esexbeck 11  12 

De   Bary 15 

Ad.  Brongniart 12 

Persoon • 07  13 

Fries 14 

Bonofden 14 

Berkeley 15 

Cooke 16  68 

LÉVE1LLÉ 69  17 

QUELET 68 

Rabenhorts  ,  etc 68 

Clathrus,  cancellatus,  Pers.,  pi.  LXV,  fig.  339 165 

Clathracés,  pi.  LXV 163 

Claudopus 14 

Clavaria 157 

Clavaire  améthyste,  amethystina,  Bull.,  pi.  LXI,  fi.  315 158 

Clav.  en  grappe,  botrytis,  Pers.,  pi.  LXI,  fig.  317 158 

C.lav.  canaliculée,  canaliculata,  Fr.,  pi.  LXII,  fi..  319 158 


TABLE  ALPHABÉTIQUE  263 

Pages. 

Clav.  cendrée,  cinerea,  Bull.,  pi.  LXII,  fig.  320 159 

Clav.  compacte,  condensata,  Fr.,  pi.  LXI,  fig.  310 138 

Clav.  coquette,  crispula,  Fr.,  pi.  LXII,  fig.  321 159 

Clav.  en  crête,  cristata,  Pers.,  pi.  LXII,  fig.  31  i 158 

Clav.  en  crête,  cristatum,  Bull.,  pi.  LXIII,  fig.  330 160 

Clav.  jaunâtre  fllava,  Pers.,  pi.  LXI,  p..  318 138 

Clav.  blonde,  helvola,  Pers..  pi.  LXIII,  fig.  329 1G0 

Clav.  hydnoïde,  hydnoides,  Jungh.,  pi.  LXIII,  fig.  331 ICO 

Clav.  inégale,  inequalis,  FI.  dan.,  pi.  LXIII,  fig.  325 159 

Clav.  petit  jonc,  juncea,  Fr.,  pi.  LXIII,  fig.  326 159 

Clav.  pilon,  pistillaris,  Pers.,  pi.  LXII,  fig.  322 159 

Clav.  pistilliforme,  pistilliforma,  Pers.,  pi.  LXIII,  fig.  32S 159 

Clinosporés 17,  27,  35  191 

Clissosporium  carii,  Fr.,  pi.  LXX,  fig.  380 175 

Clitocybe 14 

Clitopilus 1  i 

Collybia 79 

Co  léus  hirudinosus,  Chev.  et  Lech,  pi.  LXV,  fig,  33C ICI 

Coloration  des  spores 38 

Champignon  de  couche,  son  analyse 208  209 

Conceptacles 203 

Considérations  générales 5 

Condition  de  végétation 55 

Chitonia 14 

Cbiamydospores 43 

Conidies  des  Erysiphe 42 

—  des  fistuline 50 

—  des  mucor 195 

—  des  peziza 50 

—  des  sphœria 42 

Comdifères 19C 

Conidiophores 198 

Coniomycètes 13  14 

Coprin,  pi.  XL,  fig.  200 114 

Coprinus,  pi.  XL,  fig.  223 114 

Copulation 47  180 

Copulative 48 

Cortinaria 119 

Couches,  confection  des  couches  :  à  air  libre  :  les  caves  ;  les  carrières 235  23G 

Couches  en  fructification,  pi.  LXXV,  fig.  407 237 

Coupe  de  l'œuf  d'ammanite,  pi.  III,  fig.  9 72 

Coremium 204 

Corticium,  ochraceum,  Fr.,  pi.  LX,  fig.  312 157 

Coryne  sarcoides 50 

Couvain 199 

Craterellus .• 155 

Craterelle,  trompette  des  morts,  cornucopioïdes,  Pers.,  pi.  XLVIII,  fig.  258 135 

Craterelle,  tubeformis,  Pers.,  pi.  XLVIII,  fig.  259 155 

Craterium,  leucocephalum,  Dem.,  pi.  LXIX,  pi.  367 171  172 

Crepidotus 1  ï 

Cribaria,  vulgaris,  Pers.,  pi.  LXX,  fig.  375 173 

Cryptomycètes 15 

Cryptatrichei 15 

Culture  des  Champignons  pour  l'alimentation 229 


264  TABLE  ALPHABÉTIQUE 

Pages. 

Cyatus,  striatus,  Wild.,  pi.  LXVI,  fig.  349 176 

Cyphella,  digitalis,  Fr.,  pi.  L1X,  fig.  306 157 

Cyrrholus,  flavus,  Mart.,  pi.  LXX,  fig.  37C 174 

Cystides Oi,  Go  66 

Cystisporés 47 

Cystopus,  candidus,  Lév 42 

D 

Dcedalea  du  chêne,  quercina,  Pers.,  pi.  LIX,  fig.  300 151 

Decurrentes  (lames),  pi.  1 63 

Dématiées 198 

Dermini 14 

Derminus 68 

Desséchés  Champignons 244 

Développement  des  tissus 56 

Dictydium,  cernuum,  Schrad.,  pi.  LXX,  fig.  377 174 

Diderma,  contextum,  Pers.,  pi.  LXIX,  fig,  370 172 

Didymium,  lobatum,  N^es.,  pi.  LXVI1I,  fig.  358 171 

Didymium,  cinereum,  pi.  LXIX,  fig.  367 171 

Dimorphisme 49 

Discomycètes 13  14 

Dissémination  des  spores 38  180 

Disposition  des  lames  des  agaricinées,  pi.  I 63 

Disposition  du  livre 2 

Distribution  méthodique  des  Champignons 17 

Division  du  genre  agaric 14  69 

Division  des  Champignons 17 

Dualisme 

E 

Ecartées  (lames) 63 

Effets  des  Champignons  vénéneux  sur  l'homme  et  les  animaux 227 

Eccilia 14 

Ectobarides 18 

Ectoclines 18 

Ectothèques 18 

Elaphomices 190 

Elaphomice,  muricatus,  Fr..  pi.  LXVI,  fig.  348 190 

Emarginées  (lames) 63 

Endoclines 18 

Endosporés 15  38 

Endothèques 18 

Entobasides 18 

Entoloma. 14 

Enthophytes 13  15 

Ephyphytes 13 

Epine-vinette 51 

Ergot  des  graminées 191  192 

Erysiphe,  Cichoraceum,  D.  C 49 

Eurotium  herbarium 203 

Examen  chimique  des  Champignons 207 

Excipulini 15 


TABLE  ALPHABÉTIQUE  265 

Pages. 

Exidie 161 

Exidia,  plicata,  KL,  pi.  LIX,  fig.  30b 161 

Exospore 39  40 

F 

Favolus,  Boucheanus,  Kl.,  pi.  LIX,  fig.  301 240 

Fécondation  asexuée 46 

Fécond,  sexuée 46 

Fécond,  des  basidiosporés 44 

Fécond,  des  pepizes 49 

Fécond,  des  thécasporés 180 

Feuillets  ou  lames  des  agarics 63 

Fistulina 148 

Fistuline  hépatique,  Fr.,  pi.  LIV,  fig.  278 148 

Fistul.  Buglosoïdes,  Bull.,  pi.  LIV,  fig.  27S 148 

Flammula 9b  102 

Formation  des  stroma,  pi.  LXXV,  fig.  4I1„ 56  57 

Fumagine 50 

Fumier,  sa  préparation 232 

G 

Galera 1  '•,  9b  102 

Gasleromycètes lb 

Ganthiera  morchelliformis,  Vin.,  pi.  LXVIII,  fig.  363  177 

Geasterum  rufescens,  Fr.,  pi.  LXVI,  fig.  343 : 167 

Genèse  de  l'hymenium 0b 

Genre  et  sous-genre  des  Agarics 67  09 

Génération  alternante 49 

Germination  des  spores 36 

Germination  de  mucor  des  £cidium 41  43 

Germinal,  des  spores  du  Campestris,  pi.  LXXV,  pi.  409 39 

Gobtage 237 

Geoglossum,  glabium,  Pers.,  pi.  LXII,  fig.  323 184 

Gomphius 1  '«  67 

Gonosphere 47 

Gymnopus 67,  G9  79 

Gymnope 79 

Gymnosporangiuni 52 

Gyromitra 

H 

Habitation  des  Champignons 238 

Hebeloma 9o"  102 

Helvelles '5  179 

Helvella *8b 

Helvelle,  Barinosa,  pi.  LXXII,  fig.  389 186 

Hel  crépue,  crispa,  Fr  ,  pi.  LXXII,  fig.  3S8 186 

Hétéroïque 51 

Hidnum 1S2 


26G  TABLE  ALPHABÉTIQUE 

Pages. 

Hidne,  cure-oreille,  auriscalpium,  Lin.,  pi.  LVIII,  fig.  299 133 

Hid.  cendré,  Cinereum,  Bull.,  pi.  LVIII,  fig.  297 153 

Hid.  en  forme  de  coupe,  cyathiforme,  Bull.,  pi.  LVIII,  fig.  294 153 

Hid.  hybride,  hybridum,  Bull.,  pi.  LVIII,  fig.  298 153 

Hid.  membraneux,  membranaceum,  Bull.,  pi.  LVIII,  fig.  295 153 

Hid.  Sinué,  repandum,  Lin.,  pi.  LVIII,  fig.  293 182 

Hirneola  sambuci 161 

Hirn.  oreille  de  juda,  auricula  judoe,  Fr.,  pi.  LX,  fig.  311 1G1 

Hydnangium,  carneum,  Wallr.,  LXVIII,  fig.  364 177 

Hygrocibe 14 

Hygrophorus 1  4 

Hymenium  des  Champignons 65 

Hymenomycées 12 

Hymenomicètes 14 

Hymenogaster 1  i 

Hymenularii 14 

Hypogées 15 

Hypholoma 14  102 

Hyphes 183 

Hyphomicètes •. . . .     13,  15  197 

Hyphomycées 12 

Hyphelia,  rosea,  Fr.,  pi.  LXVIII,  fig.  359 169 

Hyporrhodii 14 

Hyporhodius 68 

Hypodermès 15 

Hypoxilées 13 

Hypoxilon 12 

I 

Index  bibliographique 251 

Influence  des  champignons  sur  l'homme  et  les  animaux 223 

Inocybe 14 

Inoloma 14 

Irpex,  canescens,  Bull.,  pi.  LVIX,  fig.  303 154 

Isariei 14 

Isaria 197 

L 

Lactaire 130 

Lactifluus 67 

Lactarius 69  130 

Laiteux  champignons 130 

Lames  des  agaricinées 63 

Lames  adnées,  pi.  I 63 

Lames  écartées,  pi.  1 63 

Lames  émarginées,  pi.  1 63 

Lames  décurrentes,  pi.  I 63 

Lames  libres,  pi.  1 63 

Lames  sinuées,  pi.  1 63 

Lardage,  pi.  LXXV 235 

Laternea,  columnata,  ïurp.,  pi.  I.XV,  fig.  338 165 


TABLE  ALPHABÉTIQUE  267 

Pages. 

Leangium ,  lepidotum,  Ditm.  pi.  LXIX,  fi  g.  368 173 

Lentinus,  tigrinus,  Fr.,  pi.  XLIX,  fig.  260 141 

Lenziles,  Betulina,  Fr.,  p!.  LVII,  fig.  2S8 143 

Leocarpus,  vermicosus,  Lk.,  pi.  LXIX,  fig.  373 173 

Lepiota 15  76 

Lépiote 76 

Lepista 68 

Leptonia 15  9S 

Leucospore 69 

Leucosporii 1  i  144 

Leucosporus 68 

Licea  strobilina,  Alb.  et  Schwz.  pi.  LXX,  fig.  379 17b 

Lignidium,  vesiculiferum,  Lk.,  LXVIII,  fig.  337 170 

Lycogala,  miniata,  Ditm.  in  Sturm.,  pi.  LXVII,  fig.  332 168 

Lycoperdon 166 

Lyc.  gigantesque,  giganteum,  Batsch.,  pi.  LXVII,  fig.  354 167 

Lyc.  hyemale,  duret,  mont.,  pi.  LXVII,  fig.  331 166 

Lyc.  pratense,  Bull.,  pi.  LXVI,  fig.  342 166 

Lyc.  perlatum,  Pers.,  pi.  LXVI,  fig.  346 166 

Lyc.  pyriformis,  Schœff,  pi.  LXVII,  fig.  330 ICO 

Lysurus,  Mokusin,  Cib.,  pi.  LXV,  fig.  337 164 


M 

Macrocyle 4b 

Marasmius 139 

Mar.  amadelphus,  pi.  XXIV,  fig.  130 140 

Mar.  alliaceus,  pi.  LXIX,  fig.  263 140 

Mar.  oreades,  pi.  XLIX,  fig.  262 139 

Mar.  prasiosmus,  pi.  XLIX,  fig.  263 141 

Mélanconiées 27 

Mesenterica 44 

Meruluis 67 

Mer.  tremollosus,  Lamk.,  pi.  L1X,  fig.  302 152 

Monoblepharis 47 

Monoxène bl 

Moisissure,  leur  culture,  leur  dimorphisme,  leur  structure 199  201 

Morchella 18b  221 

Morille,  sa  germination 178 

Mor.  esculenta,  Pers.,  pi.  LXXI,  fig.  38b 185 

Mor.  nigra,  pi.  LXXI,  fig.  384 18b 

Mouche  commune  (champignon  de) 197 

Mucédinées 12  198 

Mucor,  muce:lo,  Pers.,  pi.  LXXII,  fig.  391  bis 196 

Mucorées 12 

Mucorinii 14 

Mucorinées 42,  48  193 

Mycélium  hymenoïde 44,  43  48 

Myc.  malacoïde 44 

Myc.  nematoïde 44 

Myc.  scloroïdes 44 

Mycelini 14 


268  TABLE  ALPHABÉTIQUE 

Pages. 

Mycena 14      95 

Mycene 94 

Myxomycètes \  .5 


N 

Nancaria 14  102 

Nolanea 11  95 

Nemasporei ig 

Nidularies 177 

Nidularia,  granulifera,  pi.  LXVIII,  fig.  365 177 

Nielle  des  céréales go  193 

Nyetalis,  asterophora,  Fr.,  pi.  LX,  fig.  313 177 

Nutrition  des  champignons 54 


O 

Ochrospore I44 

Observation  sur  les  champignons  comestible  et  vénéneux 216 

Observation  sur  le  Peronospora  infestans 199 

Œuf  damanita  cœsarea,  pi.  111,  fig.  9 71 

Œuf  de  Phallus  impudicus,  pi.  LX1V,  fig.  334 1G3 

Œuf  de  Phallus  caninus,  pi.  LXV,  fig.  341 1C3 

Oidium  Tuckeri 204 

Omphalia 14 

Oocystes 4g 

Oogones  des  saprolegniées 47 

Organisation  des  Champignons 159 

Osphère 47 

Oospore 37  47 

Oxycladées 193 


P 

Panus,  conchatus,  Fr.,  pi.  XLIX,  fig.  267 142 

Pan.  fœtens,  pi.  XLIX,  fig.  264 142 

Pan.  stipticus,  pi.  XXIV,  fig.  122 \.\\ 

Paraphyses  et  thèques I79 

Parasites  des  plantes 194 

Pedicelle,  pi.  II,  fig.  7 72  qq 

Pédicule,  pi.  II,  fig.  7 72 

Pénicillium,  glaucum,  Link.,  pi.  LXXIV,  fig.  405 206 

Pen.  sparsum,  grev.,  pi.  LXXIV,  fig.  398 206 

Peridermium 41 

Perisporiacées ig 

Peronospora,  infestans,  Caps.,  pi.  LXXIV,  fig.  403 199  200 

Peziza 186 

Pezize.  abietina,  Pers.,  pi.  LXXIII,  fig.  395 1S6 

Pez.  acetabulum,  Lin.,  pi.  LXXIII,  fig.  390 187 

Pez.  coccinea,  Jacq.,  pi.  LXXIII,  fig.  392 1S6 

Pez.  inquinans,  Fr.,  pi.  LXXIII,  fig.  393 1S8 

Phacidiées jg 


TABLE  ALPHABÉTIQUE  269 

Pages. 

Phalloïdées  structure 163 

Plullus  du  chien,  caninus,  Huds.,  pi.  LXV,  fig.  340 163 

Phal.  impudique,  impudicus,  Lin.,  pi.  LXIV,  fig.  332 163 

Phlebia,  merismoides,  Fr.,  pi.  LVII,  fig.  2S9 155 

Phlebomorpha 44 

Pholiota 14  102 

Pholiote 102 

Phycoeladés 198 

Phycomyoètes 15 

Phycomyces,  nitens,  Kye 43  48 

Physarum,  bullatum,  Dit.  in  Sturm.,  pi.  LX1X,  fig.  369 171 

Physariées 44 

Pietra  funghaia 230 

Planche  à  couche  de  champignons,  pi.  LXXV,  (ig.  406 235 

Pleurope 136 

Pleuropus 67,  70  130 

Pluteus 14 

Podissoma  et  Rœstelia 41  52 

Polymorphisme 49 

Polyangium,  vitelinum,  Lk.,  pi.  LXX,  fig.  382 175 

l 'i  ilypore 144  149 

Polyporus,  espèces  comestibles 149 

Pol.  élégant,  elegans,  Boit.,  pi.  LV,  fig.  2S2 150 

Pol.  gigantesque,  giganteus,  Boit.,  pi.  LV,  fig.  280 149 

Pol.  hispide,  hispidus,  Bull.,  pi.  LV,  fig.  2S3 150 

Pol.  du  noyer,  juglandis,  Bull.,  pi.  LV,  fig.  279 149 

Pol.  oblique,  obliquatus,  Bull.,  pi.  LVI,  fig.  286 150 

Pol.  sulfureux,  sulfureus,  Fr.,  pi.  LVI,  fig.  284 150 

Pol.  varié,  varius,  Fr.,  pi.  LV,  fig.  281 149 

Pol.  bigarée,  versicolor,  Fr.,  pi.  LVI,  fig.  285 150 

Pomme  de  terre  (maladie  delà) 199 

Pratella 09  102 

Préface v 

Préparation  du  fumier 232 

Protomycètes 15 

Psalliota 14 

Psathyra 14 

Psatyrella 14 

Pseudospores 41 

Psilocybe 14  102 

Puccinia  et  structure 50 

Pycnides 50 

Pyrénomicès 13 

Pyronema  confluens 48 


R 

Radulum,  orbiculare,  Fr.,  pi.  LVIX,  fig.  304 154 

Reproduction  sexuée 46 

Respiration  des  champignons 52 

Rœstelia  et  podisma 52 

Rliizoctonia 44 

44  M9 


Rhyzomorpha . 


270  TABLE  ALPHABÉTIQUE 

Pages. 

Rhizopus  nigricans 'a 

Rhyzopus f 

Rhodospores D 

Rouille  du  blé  ;  des  herbes 

Russula,  espèces  comestible 

'MO 
Russule 


S 

Saprelognia  monoica ;'7 

Saprolegniées,  accouplement '' 

Satyre •;  ^3 

Schizophillum,  commune,  Fr.,  pi.  LVII,  fig.  287 62  142 

Sclérochètes 

Scléromycées 

Sclerotium *' 

Scoleeites 

Scol.  des  Bulgaria 

Peziza '™ 

Scleroderma,  verrucosum,  Ter.,  pi.  LXV1,  fig.  347 10° 

Sclerod.  vulgare,  Fr.,  pi.  LXVII,  fig.  353 l69 

Sexuée,  reproduction 

Simblum,  periphragmoïdes,  Berk. ,  pi.  LXV,  fig.  335 163 

Sisiotrema,  confluens,  Pers.,  pi.  LVIII,  fig.  296 1S^ 

Solenia,  fasciculata,  Pers.,  pi.  LX,  fig.  309 1® 

n        a  il-  20ô 

Soutrage  de  la  vigne 

Sous-genre,  amanita '  ' 

■  fiQ      114 

Sous-genre,  coprinus 

.  .  AQ  1  1 0 

Sous-genre,  cortinana VJ 

po       70 
Sous-genre,  gymnopus "J 

Sous-genre,  Lactarius "J 

Sous-genre,  Lepiota 69 

Sous-genre,  Mycena 69       9ù 

Sous-genre,  Omphalia °9       9* 

Sous-genre,  pratella 69      102 

Sous-genre,  pleuropus '  ■ 

Sous-genre,  Russula 6J      lo" 

10 
Spermogonies 

Sphacélïe 191  129 

Sphœria,  Hypoxilon,  Ehrh.,  pi.  LXV1,  fig.  34b 189 

Sphœ.  ophioglosoïdes,  Ehrh.,  pi.  LXII,  fig.  324 189 

Sphœronemei ° 

Spores  ou  conidies — 

Sporanges 43  47 

Spores  d'été  et  d'hiver ol 

39 


Spores  en  germination,  fig.  409 

Spores  en  chapelet "^ 

30 

]]...... 38 

197 


Spores  de  campestris,  pi.  LXXV,  fig.  408 

Spores  des  agaricinées 

Sporendonema 

Sporidies 

KO 

Sporidies  du  Rœstelia °- 

Spumaria ,  abba,  DC,  pi.  LXV1I1,  fig.  3ob 17° 


TABLE  ALPHABÉTIQUE  271 

Pages. 

Sucre  des  Champignons 213 

Supplément  à  la  description  des  espèces 249 

Stereum,  sanguinolentum,  Fr.,  pi.  LX,  fig.  310 156 

Stemonitis,  typhyna,  Purs.  pi.  LXVIII,  fig.  361 169 

Stroma 36 

Stropharia 15  102 

Structure  et  organisation  des  champignons 51 

Structure   des  Agaricinées 56,  60  61 

—  Aspergillées 201 

—  Bolets 143 

—  Clavariées 157 

—  Coprins 64 

—  Helvellées 179 

—  Ilydnées 64,  152  220 

—  Mucedinées 198 

Mucorinées 42,   195,  19G  221 

—  Nidulariées 177 

—  phalloïdëes 220 

—  polypores 149  220 

pucciniées 50 

—  sphceriaoées 188 

Truffes 179,  1S0  189 

—  Uredinées 193 

— ■           ustilaginées 42  194 

Stylospores 181 

Sympixidei 15 

Syzigites  megalocarpus i7  49 

Système  reproducteur 57 

—       végétatif 57 


Table  alphabétique 257 

Table  des  matières 255 

Telamonia 240 

Teleutospores 51 

Thèques 13,  49,  1*2  179 

Thecasporés 17  178 

Thelephora,  purpurea,  Schum.,  pi.  LX,  fig.  30? 156 

Tilletia,  caries 42 

Torrubia  et  isaria 197  198 

Torula 50 

Torulacées 197 

Trametes,  pini,  Fr. ,  pi.  LX,  fig.  307 151 

Tremella,  foliacea,  Pers.,  pi.  LVI1,  fig.  292 162 

Trémelle 162 

Trichia,  cerina,  Ditm.  in  Sturm.,  pi.  LXX,  fig.  378 173 

Trichiacées 44 

Trichobasis,  rubigo-vera 50 

Trichoderma,  viride,  Pers.,  pi.  LXVIII,  fig.  360 169 

Trichodormacei 14 

Trichocoma 1  »  241 

Trichosporés 17  197 


272  TABLE  ALPHABÉTIQUE 

Tages. 

Truffe  cullure 238 

Tubaria 14 

Tuber,  cibarium,  Sibth.,  pi.  LXXII,  Hg.  390 190 

Tuberacées 12  1S9 

Tubercularia 191 

Tylostoma,  Brurnale,  Berlero,  pi.  LXVI,  fig.  3ii 168 

Tympanis,  aucupariee,  Fr.,  pi.  LXXI,  fig.  367 173 

Typhula,  erytropus,  Fr.,  pi.  LXX,  fig.  383 161 

U 

Uredinées,  polymorphismes 193 

Dredo,  caries,  EC 193 

Uredo,  rubigo-vera,  DC SI 

Uredospores SI 

Usage  dus  champignons 22o 

Uslilaginées,  germination 193 

Ustilago,  segetum,  Fr.,  Dilm.,  pi.  LXXI V,  fig.  401 193  19'. 

—  maydis ■ , 194 

V 

Vénéneux  (champignons) 216 

Vers  à  soie  (maladie  des) 198 

Verpa,  digitaliformis  Pers.,  pi.  LXXI,  fig.  386 185 

Vesseloup  comestible 166 

Verticillium,  allocbroum,  cord.,  pi.  LXXIV,  fig.  400 200 

Volvaria 14  9b 

Vigne  (sa  maladie) 204 

X 

Xanthopus ' 240 

Xerotus • 240 

Xyloma 240 

Z 

Zoospores 36 

Zoospores  des  algues 42 

—  cystopus 47 

—  peronospora 200 

Zygospores 37,  47  48 

Zygospores  du  mucor 43  48 


10236.  —  Paris.  Imp.  Félii  Maltiste  et  C«,  rue  Dussoubs,  22. 


ADDITIONS  ET  CORRECTIONS 


A  FAIRE  DANS  L'INDICATION  DES  PAGES  ET  DES  PLANCHES 


Dages 

Lignes 

Au  lieu 

de  : 

Lisez  ; 

VI 

23 

ou  le  Posidonia  du  Sabinier, 

ou  le  Puccinia. 

9 

18 

SOWBRBIJ, 

Sowbrbii. 

69 

17 

4°  Sous-genre,  Mycena, 

4'  Sous-genre,  Omphalia. 

69 

20 

5e  Sous-genre,  Omphalia, 

5e  Sous-genre,  Mycena. 

72 

31 

en  dessus, 

en  dessous. 

73 

14 

au  sommet,  long. 

au  sommet,  pédicelle  long 

77 

16 

la  fig.  22, 

la  fig.  23. 

77 

19 

fig.  23, 

fig.  22. 

77 

29 

Amiantinus, 

amianthinus. 

80 

7 

cinerasceus, 

cinerascens. 

80 

24 

mince, 

minces. 

81 

22 

toujous, 

toujours. 

84 

37 

Comestible, 

Suspect. 

87 

18 

plan, 

plein. 

89 

1 

nebulosus, 

nebularis. 

90 

31 

velutinus, 

velutipes. 

91 

0 

blanches, 

de  la  couleur  du  chapeau. 

99 

9 

sinuatus,  planche 

XXVI,  fig.  138,     planche  XXVII,  fig.  144. 

100 

19 

planche  XXVII, 

planche  XXVIII. 

109 

24 

planche  XXXII, 

planche  XXXIII. 

111 

14 

Candoleanus, 

Candolleanus. 

118 

28 

fig.  326, 

fig.  226. 

125 

20 

Ag.  piriodorus, 

Cort.  pyriodorus. 

125 

31 

Ag., 

Cort. 

126 

5 

Ag., 

Cort. 

126 

16 

Ag., 

Cort. 

126 

22 

Ag.  conocephaleus, 

Cort.  conocephalus. 

127 

1 

Ag., 

Cort. 

127 

11 

Ag., 

Cort. 

127 

24 

Ag., 

Cort. 

127 

33 

Ag., 

Cort. 

128 

5 

Ag., 

Cort. 

228 

13 

Ag., 

Cort. 

128 

19 

blanches, 

jaunâtres. 

128 

26 

Ag., 

Cort. 

129 

1 

Ag., 

Cort. 

129 

10 

Ag., 

Cort. 

129 

22 

Ag., 

Cort. 

Pages 

Lignes 

Au  lieu  de  : 

Lisez  : 

130 

10 

conveve, 

convexe. 

130 

26 

Agaric  mouton, 

Agaric  à  coliques. 

133 

20 

Russ.  galochrea, 

Russ.  galochroa. 

136 

23 

rondes, 

linéaires. 

138 

17 

Cant.  mucigenus, 

Cant.  muscigenus. 

139 

8 

protensis, 

pratcnsis. 

139 

17 

Mar.  urens, 

Mar.  prasiosmus. 

141 

6 

Mar.  urens,  fig.  261. 

141 

31 

styptique, 

stiptique. 

141 

fig.  265. 

Mollis. 

142 

14 

Pan. concatus, 

Pan  conchatus. 

143 

15 

ordinairemet, 

ordinairement. 

145 

14 

Vieux, 

Vient. 

146 

31 

planche  LI, 

planche  LU. 

147 

5 

planche  LU, 

planche  LUI. 

147 

14 

planche  LU, 

planche  LUI. 

147 

24 

planche  LU, 

planche  LUI. 

133 

27 

planche  LVU, 

planche  LXIII. 

159 

28 

Cl.  juncea,  planche  LXII, 

planche  LXIII. 

165 

8 

La  fig.  337, 

La  fig.  337  (a). 

166 

25 

Lyc.  piriformis, 

Lyc.  pyriforme. 

172 

21 

Réceptacle  grossi  en  N, 

Réceptacle  grossi  en  M. 

173 

4 

Leocarpus  vermicosus,  fig.  363, 

vernicosus,  fig.  368, 

176 

18 

66'  GENRE,  CYATUS, 

CYATHUS. 

181 

9 

petit  sphère, 

petite  sphère. 

185 

7 

planche  LXXII, 

planche  LXXI. 

18b 

12 

planche  LXX, 

planche  LXXI. 

185 

23 

planche  LXX. 

planche  LXXI. 

186 

7 

Helvella  farinosa, 

Helvella  barinosa. 

189 

4 

Spgaeria  ophroglossoides, 

Sphaeria  ophioglossoides 

190 

4 

planche  LXXI, 

planche  LXXII. 

190 

25 

Elaphomices, 

Elaphomyces. 

199 

5 

planche  LXX1II, 

planche  LXXIV. 

202 

8 

fig.  394,  G, 

fig.  399,  F. 

202 

19 

(fig.  394,  H), 

(fig.  399,  E). 

206 

1 

fig.  379, 

fig,  399. 

206 

23 

fig.  L, 

fig.  G- 

206 

27 

La  fig.  M, 

La  fig.  D. 

219 

17 

Marasmius  orcades, 

Marasmius  oreades, 

237 

5 

GOBLAGE. 

GOBTAGE. 

248 

12 

Ag.  granulo, 

Ag.  granulosus. 

256 

4 

Action  des  agents  extérieur, 

Action  des  agents  extérieurs 

257 

23 

Crustiliniformis, 

crustuliniformis. 

257 

27 

Page  250, 

Page  249, 

258 

14 

Page  249,  . 

Page  248. 

258 

21 

hœmastospermus, 

hœmatospermus . 

259 

5 

Page  249, 

Page  248. 

259 

17 

faux  mouceron, 

faux  mousseron. 

Pages 

Lignes 

Au  lieu  de 

Lisez  ■. 

259 

18 

faux  mouceron, 

faux  mousseron. 

2S9 

26 

phaeopodins, 

phaeopodius. 

259 

44 

pygmeus, 

pygmoeus. 

260 

36 

Ag,  à  coliques, 

Ag.  mouton. 

260 

38 

umbeliferus, 

umbell  ifer  erus . 

260 

40 

urens, 

prasiosmus. 

261 

Ib 

pi.  LXVIX,  fig.  371. 

pi.  LXIX,  fig,  366. 

261 

24 

Arciria.pl.  LXVIX, 

%■ 

374. 

Arcyria,  pi.  LXIX,  fig.  369 

262 

31 

fig.  360, 

fig.  461. 

263 

4 

pi.  LXII, 

pi.  LXI. 

263 

18 

Colléus, 

Coléus. 

263 

47 

Page  135, 

Page  155. 

263 

48 

Craterelle,  tubeformis, 

Craterelle,  lutiformis. 

263 

49 

fig.  367. 

fig.  362. 

264 

1 

pi.  LXVI,  fig,  349, 

pi.  LXVIII,  fig.  362. 

264 

16 

fig.  370, 

fig.  365. 

264 

36 

Elaphomice, 

Elaphomices. 

265 

23 

Geasterum, 

Geastrum. 

266 

7 

Hirneola  sambuci, 

Hirneola  judœ. 

266 

33 

pi.  LVIX, 

pi.  LIX. 

267 

1 

fig.  368, 

fig.  363. 

267 

4 

Leocarpus  vermicosus,  fig.  373, 

vernicosus,  fig.  368. 

267 

20 

Lyc.  pxriformis, 

Lyc.  pyriforme. 

267 

26 

pi.  LXIX, 

pi.  XLIX. 

267 

27 

Page  139, 

Page  219. 

268 

11 

Nyetalis, 

Nyetalis. 

Planche  X,  fig.  31,  Arenatus, 

Arquatus. 

Planche  LXVIX, 

LXIX. 

11817.  —  Paris.  Imp.  Félii  Malteste  et  O,  rue  Dussoubs,  22. 


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Sicard,  Guillaume/Histoire  naturel  e  des